‹ Traité pratique des maladies nerveusesChapitre 87 sur 96 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

[ Dans la première édition de ce litre, nous n'avions dit que* quelques mot» de la névralgie du foie, et encore Tavions-nous plutôt considérée moins comme une affection de cet organe luimême que comme une névralgie du conduit biliaire Depuis ce temps, la science s'est enrichie de nouveaux faits; et M. Fau* conneau-Dufresne, cet infatigable chercheur des maladies hépatiques, a publié, soit dans son livre sur les maladies du foie, soit dans VUnion médicale, 1851, t. V, p. 209 et 214, des remarques importantes sur Thépatalgie, qui a été étudiée aussi par le docteur Eugène Guibout, dont le mémoire a été inséré dans les numéros du 1*' et du 3 avril de VUnion médicale^ 4851.

Je ne peux pas mieux faire pour décrire Thépatalgie que de rapporter texUieliement les caractères que lui attribue N. Fau^ conneau-Dufresne(f/>»ion m^rfîWe, t. V, 1851, p. 215).

« Une douleur vive, inconstante, revenant par accès, quelquefois périodique, ayant pour siège la région épigastrique et celle derhypochondredroit,s'étendantparfoisàrhypochondregauche, s'irradiant souvent à l'épaule et à la clavicule du côté correspondant, et, dans quelques cas, rares il est vrai, à la plupart des organes thoraciques ou abdominaux, et môme à toutes les partie» du corps, quittant facilement la région du foie pour s'établir dans une autre, y revenant avec la même facilité, offrant pour caractère principal un sentimentdeconstriction, des élancements, parfois des battements, s'exaspérant dans quelques circonstances à un point extraordinaire, ne s'accompagnant d'aucun symptôme fébrile, se calmant en général par la pression plutôt que d'en être augmentée comme dans toutes les autres affections du foie, mais cependant dans quelques cas rares, se renouvelant avec intensité au moindre attouchement, enfin, s^accompagnant assez fréquemment d'ictère, de même que toutes les autres aflfectioDs de ce genre, supposant l'existence antérieure d'autres

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névralgies, ou une disposition particulière aux affections nerveuses. »

Pour que rien ne manque à ce tableau, je complélerai lasynv ptomalologie par trois observations abrégées empruntées au même auteur, el dont les deux premières lui ont été communiquées par M. le docteur Cerise, la troisième par M. le docteur Foissac {Union médicale, t. V, 1861, p. 210) .

< La première concerne un bamvie de trente-cinq ans, attai:l successivement d'encéphaialgîe> de palpijjiiitions, de gastralgie, d'entérulgie, de cystalgie, et enfin d'hépatalgie. Cette dernière aflection so caractérisait par des douleurs vives, quelquefois lancinantes, d'autres fois diffuses, sous les fausses côtes droites, avec sensibilité à la pression, augmentant après les digestioiiset pendant la nuit; elles duraient de cinq à six jours et se reproduisaient de temps à autre. Toutes les affections précédentes avaient été traitées par la méthode antipUlogistique et de la manière la plus extravagante, si bien qu'un état chlorotiquc en avaitété la conséquence. Quant à Thépatalgie, elle résista d'aboi-J aux purgatifs, aux frictions calmantes et aux sangsues & Tanus, mais elle céda parfaitement à la morphine, employée par la méthode endcrmiquesur le point correspondant au bord du petit lobe, siège le plus ordinaire de Thépatalgie.

Dans le second exemple, il s'agissait d'une demobelle de quaranle-cinq ans, atteinte aussi de névralgies diverses et de viscéralgies nombreuses (battements violents de l'artère coeliaque, boulimie, pica, besoin d'avaler du charbon, des croûtes de pain, névralgie occipito-frontale, etc.), et qui fut prise enCn d'une hépatalgie très violente, avec des douleurs dans le dos et vers la petite courbure de l'estomac, douleurs augmentant pr la pression, et s'accompagnant d'une gène de la respiration dans les exacerbations. Le soulagement fut encore obtenu au moyen de la morphine par la méthode endermique.

Je rapporterai encore un fait analogue que je doisà ruLligeanre de mou savant confrère et ami, M. le docteur Foissac. En 1SS3, il donnait des soins à madame la comtesse d'I..., àgêc de vingtquatre ans, ayant toutes les apparences d'une santé admirable ; jmaisqui , chaque mois,le jour avan t ou après la (lériodo menstruelle,

MÉVRALGIËS DU FOIE. 2<59

éprouvait, dans la région du foie correspondant à la vésiculo, une douleur sourde d'abord, puis aigu(^ et profonde, s'augmcntanl jusqu*àun degré intolérable, ôtantia parole et le mouvement. La sensation la plus générale était celle d'une pression horrible, comme dans un étau. Après une durée plus ou moins longue, le paroxysme diminuait progressivement, et cet état élait dissipé après vingt-quatre heures environ. Immédiatement après, il survenait un léger ictère, qui durait trois, quatre ou cinq jours. Au plus fort de la crise, la malade s^ cdachaita terre sur un tapis, et appliquait contre le point douloureux une bûche ou Tangle d*un meuble. Cette compression était le seul moyen de soulagement. Tous les antispasmodiques avaient éiSioué contre cette afleclion, généralement regardée comme hystérique» et que M. Foissac considéra, avec raison, comme une hépatalgie. Il institua en conséquence un traitement par la cigué, les sucs d'herbes et les eaux de Vichy ; ce traitement longtemps con« tinué diminua d'abord considérablement l'intensité des crises, et finit par eu procurer la guérison.

La cause la plus fréquente de l'hépatalgie se trouve dans Fextension que prennent, de proche en proche, les névralgies des organes digestifs et autres contenus dans Tabdomen; ainsi, la gastralgie et Tenléralgie en raison de la communauté d'origine des nerfs fournis à Festomac, a l'intestin et au foie, ne pourraient se produire souvent sans exciter la sensibilité pourtant si peu développée du foie. Quant au diagnostic, on pourrait prendre pour une hépatalgie, la colique nerveuse des conduits biliaires, soit de la glande hépatique, soit de son diverticulum, une gastralgie, une maladie du rein droit, une névralgie dorso-inlercoslaie du même côté, et même un anévrysme du tronc cœliaque, comme M. Andral en cite un exemple dans son Cours de pcUho- /ciyie. Je n'insisterai pas sur les caractères différentiels de chacune de ces maladies, attendu que l'erreur, si elle était commise, ne pourrait avoir de conséquences graves. Le symptôme principal qui pourrait donner le change est le phénomène douleur, et comme le traitement qu'on instituerait dans le but de le combattre, serait utile dans toutes ces afifections accompagnées d*hyperesthésie, il me parait su£Bsant d^appeler l'attention du

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lecteur sur la possibililé de commellre ces erreurs de diagnostic. Le traitemenl le plus avantageux consiste dans remploi de Topium et de la belladone àTinlérieur et à rextérieur, soit sous forme de pilules, soit en pommade, ou absorbés i la surface du derme dénudé par un vésicatoirâ. ]

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