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292 MALADIES DUBS A UMB AUGMCNTATION IIB l'BCITATIOII NERVECSB.
i votre alimentation journalière; que les JhfBlssons acidulées à un faible degré devront être essayées, attfmdiî qu'elles sont souvent fort utiles, dans les cas où l'urine a tebdinee à devenir alcaline et à contenir des sels en excès. Je peiàè^^fin que l'hydrothérapie concourrait à Tefficacité du trdtéméntf Les douches alternativement chaudes et froides précédées o|i non de sudation, sont tous les jours pour nous une précieuse ressource dans les névralgies chroniques et j*ai tout lieu de croire, en ce qui vous regarde, que des bains de siège à eau courante chaude puis froide vous procureraient quelque soulagement.
(Je donnais ici la formule des agents à employer. Je supprime ces détails comme n^ayant qu'un intérêt secondaire.)
Votre maladie n'est point incurable, elle le serait encore moins si vous aviez plus de foi médicale, et si je pouvais vous traiter i Bellevue, car cette affection fort complexe n'est pas de celles qu'on puisse facilement guérir par correspondance.
Celte observation, comme je le disais plus haut, est bien propre à donner une idée de l'obscurité que peut présenter le diagnostic de la névralgie vésicale; et cependant le sujet était médecin, il a pu exposer avec lucidité les causes probables de sa maladie, l'ensemble des symptômes, et si les médications conseillées n'ont donné aucun des résultats satisfaisants qu'on aimait i espérer, que doit-il advenir chez des sujets étrangers à l'exercice de notre art?]
[Traitement. «^ Quand on aura fait des causes unesévère appréciation, et arrêté aussi nettement que possible le diagnostic, on procédera à'Ia médication de la névralgie essentielle, simple ou compliquée de troubles organiques.
A la névralgie essentielle, on opposera tout d'abord et pendant un temps déterminé, suivant l'acuité des douleurs, la continence dans les rapports sexuels; on diminuera l'acidité des urines par l'usage en boisson d'une décoction de chiendent, d'une infusion de pariétaire, ou des eaux minérales de Fougues ou de Vichy, mais dans des proportions telles, que la diurèse et l'alcalinité des urines ne puissent être à leur tour une cause de mictions trop fréquentes. On prescrira des bains généraux et locaux; cet
derniers rendus calmants par Taddition de feuilles de belladone, de ciguë et de plusieurs tètes de pavots, seront pris une ou deux fois le jour; on ordonnera des pilules aux extraits d*opiuin et de belladone, incorporés au valérianate de quinine, qui seront prises au nombre de deux à trois en vingt-quatrerlieures. On fera sur les régions hypogastrique et périnéale des onctions à Faide d'une pommade aux mêmes extraits, et dans les propor* lions de 3 grammes de chacun d'eux pour 30 grammes d'axonge; enfin, on fera administrer un lavement avec addition de 6 à 10 gouttes de laudanum, le soir au moment du coucher.
Si les douleurs résistent à ce traitement, secondé par un régime approprié, on aura recours aux vésicatoires extempora* nés pansés avec de l'atropine ou de la morphine ; l'atropine à la dose de 2 à 5 milligrammes, la morphine à celle de 5 centigr. Dans le cas où la névralgie paraîtrait dépendre d'une cause rbu^ matismale, syphilitique, goutteuse ou herpétique, on imposerait au malade un traitement préventif siibordonné à l'élément diathésique prédominant ; s'il y avait dyscrasie nerveuse, hystérique, dépendant de l'anémie ou de la chlorose, le fer et les ana« leptiques seraient ordonnés à titre de modificateurs du sang, et l'électricité serait appliquée à dose hyposthénisante, i Taide du pinceau métallique. On compléterait cette médication par l'usage, dans ces cas quelquefois efficaces, des eaux minérales soit sulfureuses d'Aix-en-Savoie, si la cause rhumatismale était soupçonnée; soit de Bagnères-de-Luchon, si les diathèses herpétique ou syphilitique avaient trahi leur présence ; soit enfin celles de Néris, de Fougues ou de Vichy dans le cas de diathèse goutteuse. Ces eaux minérales seraient administrées en douches locales et en pluie, alternativement chaude et froide.
Tel sera l'ensemble du traitement conseillé aux névropathiqiies chez lesquels les maladies antécédentes n'auront déterminé aucune lésion organique appréciable.
Si la névralgie et la dysurie qui souvent l'accompagne ont produit l'atonie et Tatrophie des parois vésicales, on aura soin de vider la vessie à l'aide de la sonde, d'abord trois à quatre fois, puis une à deux fois seulement dans les vingt-quatre heu« res. On profitera de Tintroduction de la sonde pour faire des
3$$[' MALADIES DUES A UNS àUGMENTATIOR DE L-BXCITATION NBRYEDSE.
injections froides ; on dirigera un courant électrique, i l'aide d'eponges pour électrodes, sur les régions bypogastrique et périnéale, ou mieux, on mettra en contact avec la paroi interne de M vessie, l'un des électrodes consistant en un cathéter recouvert d*unecoucfi(e isolante, qui n'en laisserait de libre que TexUrémité, Faulre électrode armé d'une éponge étant appliqué au-dessus du pubis, ou bien enfin, on appliquera la cautérisation potentielle bypogastrique dont M. le docteur Hamon (loco citato) dit avoir eu à se louer (i).
Dans la névralgie à laquelle se sont ajoutées des lésions orga* aiques du canal de l'urèthre, de la prostate ou du col vésical, il Caut attaquer directement la cause du mal en introduisant des bougies enduites de pommade belladonée qu'on laisse i deiqeure dans le canal pendant un temps plus ou moins long, siiiyant le degré de tolérance qu'il pr^nte. Le contact de la iKNJgie émousse à la longue le ténesme vésical, et excite, sur le pli longitudinal ulcéré, une vitalité qui en sollicite la cicatrisation. Ap bout de quelques semaines, ce traitement, toujours secondé par l'usage de la belladone, de l'opium et des bains, procure, dans la plupart des cas, une guérison complète et définitive.— Lorsque l'érosion de la muqueuse est plus étendue, plus profonde, située sur la région prostatique, on ne doit pas craindre d'aller jusqu'à la cautérisation produite à l'aide de la sonde porte-caustique.
La cautérisation a, ici, une double action: elle opère Gomnie modificateur énergique de l'éréthisme nerveux, ainsi que le fait ^r la peau la cautérisation transcurrente, puis elle ravive les Jbords et le fond de l'ulcération linéaire, dont elle facilite ainsi U cicatrisation. Ajoutons, cependant, que ce traitement exige, ds
(1) Voici, nous dit If. Hamon, eommeot Je pratique cette cantéHaatloo ; Qac mèche de cotoo ou de laioe d*uoe grosaeur proportionnée è la laigenr que Teo .désire donoerA la cautérisation, est fiiée parcbacnne de ses extrémités à l*QDe tfe celles de deux bâtonnets. l\ suffit, pour opérer la caotériitUon, de Tcrser de Tacide nitrique dans une assiette et d*en imbiber la mèche dans ue éleodae di «10 à 12 cenUmètres, et de pratiquer à Thypogastre, le pabla étant MiTariaMe- »ent pris pour centre, une csatérisation rayonnée, coastitnée par cinq è sa IfSnes caustiques.
NÉVRALGIE DB Là VE88IS. 295
la part du malade, une telle patience, de la part du praticien, qui ne doit ni rester en deçà, ni aller au delà du degré de surex* citation nécessaire, une telle vigilance, une telle prudence, qu*il est rarement suivi d*un succès complet. Autant en dirai-je des rétrécissements du canal, des tumeurs variqueuses et fongoldes du col, des obstacles matériels que la valvule vésicale oppose à la libre excrétion de Turine. Ici encore le manuel opératoire doit venir en aide à la médication antinévralgique, mais on n'oubliera pas que souvent les dilatations forcées, les débride^ ments et les sections ont développé des névralgies plus étendues, des fièvres d*accès, et quelquefois des néphritesetdes cystites qui ont emporté les malades, dont la santé 4bît entièrement épuisée.
Si la névralgie est le résultat de Thyperesthésie des organes qui ont des rapports anatomiquesou fonctionnels avec la vessie; si rhystéralgie, par exemple, a été son point de départ, le trai* tement général et local de la névrose hystérique fixera tout d'abord l'attention.
Dans les cas où une fissure anale provoquerait par irradiation jusqu'au col vésical du ténesme, des épreintes et des douleurs, des suppositoires calmants anesthésieront les régions algésiquement afiectées, jusqu'à ce que l'on procède à la guérison de la fissure elle-même. Ces suppositoires, au beurre de cacao et aux extraits d'opium et de belladone, peuvent être d'ailleurs d'un utile emploi, alors même que la cystalgie n'est point liée à une fissure anale ou autre. M. le docteur Debout en a constaté l'eiBcacité dans la névralgie essentielle de la vessie, et je me joins i lui pour en recommander l'usage dans celte circonstance.
Quand les urines altérées par le fait d'une cause générale, contiendront de l'albumine, du sucre, des sels phosphatiques en excès; quand elles auront perdu leur qualité acide, et seront devenues pour la muqueuse vésicale une cause d'hypereslhésie, on modifiera Tétat morbide du sang, et la sécrétion véiihie^ipso facto j sera ramenée à son type normal. ' J*ai insisté en faisant la description des accidents nerveux sur la fièvre nerveuse, sur les troubles psychiques. Je dois, en terminant, dire quelques motç de leur IrailemeRt.
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La fièvre nerveuse peut être continue; dans ce cas, les bains, les calmants, une hygiène bien entendue dans le régime alimen* taire, une parfaite régularité dans toutes les fonctions, enCn le traitement delà névralgie elle-même en arrêteront le cours. Elle peut être périodique et présenter tous les types possibles de Tintermittcnce, depuis le typequotidien, jusqu'au typedouble tierce et à accès multiples dans la même journée; elle peut enfin être irrégulière, larvée. Quelle que soitla périodicité de cette fièvre, les agents les plus puissants que nous possédions pour les cornbattre sont le sulfate de quinine et les sels arsénieux.
M. le docteur Marotte, dans un mémoire fort remarquable sur les névralg^4iériodiques (i4rcAtt;e5 ^^i^a/«5 de médecine, 1862), me parait n'avoir pas donné une importance suffisante aux fièvres interaiittentes qui accompagnent les cystalgies et qui lui auraient peut-être fourni quelques éléments de diagnostic propres à établir nettement les types de la périodicité de la fièvre dans les névralgies. Quoi qu'il en soit, plusieurs observations publiées dans son mémoire démontreraient, s^il en était besoin, Vefficacité du quinquina et de Tarsenic administrés ensemble ou isolément dans ces fièvres nerveuses.
Pour ce qui me concerne, j*ai tendance à donner la préférence aux préparations arsenicales, qui m'ont toujours paru avoir une supériorité marquée sur celles du quinquina dans ces fièvres d*accès compliquées de névralgies. L'arsenic possède une action générale sur le système nerveux ; il triomphe de bien des névroses, de la choréo, par exemple; et pour ces diverses raisons, je l'oppose aux névralgies périodiques générales, aux fièvres périodiques. Je trouve plus commode d'employer la solution d'arséniate de potasse de Fowler, dont le malade prend suivant l'intermittence de la fièvre, une, deux ou trois prises par jour. Je me suis d'ailleurs longuement étendu sur l'action bienfaisante de l'arsenic dans ces névroses, au chapitre des a ffectùms intermittentes périodiques y dans le tome V\ et j'y renvois le lecteur.
L'hydrothérapie, d'une incontestable efficacité dans le traitement des névralgies en général, et qui, dans ces derniers temps, a triomphé de fièvres intermittentes rebelles à l'action du quinquina, m'a rendu de réels services dans deux circonstances ré-
centes ; les malades recevaient sur la région névralgiée desdou* ches à eau courante alternativement chaudes et froides, la douche générale en pluie puis enfin 1a douche en jets sur la région solénique.
Il me reste enfin à dire quelques mots du traitement moral à opposer aux troubles psychiques qui, bien que passagers, n'en portent pas moins quelquefois atteinte aux fonctions affectives et intellectuelles. Tai dit dans quel abattement, dans quelle prostration physique et morale ces névralgies compliquées jettent les malades. Ils redoutent d*étre a jamais frappés d'impuissance dans les rapports sexuels; cette crainte les accable tout autant que répuisement nerveux que les crises névralgiques laissent après elles, et si j'ajoute que le spasme génital névralgique annihile, plus que tout autre, Télan des nobles passions, Tamour de la vie, on comprendra la nécessité de relever les facultés psychit[ues, si indispensables d^ailleurs au libre exercice des fonctions organiques. Pénétré de toutes ces vérités, nous nous efforcerons par un langage ferme, convaincu, inspiré par les sentiments d'une sincère commisération, de relever Tàme de son abattement. Nous démontrerons, par des arguments habilement choisis et fondés d'ailleurs sur la vérité, qu'aucune maladie incurable n'est à redouter ; qu'avec la guérison prochaine reviendront Ténergie, Tamour du travail et de la vie, et même le bonheur! ! Nous réglerons remploi du temps; nous imposerons des distractions compatibles avec l'ensemble du traitement; et là où finira le rôle de l'homme de Fart, commencera celui du philanthrope. ]
[ Je veux citer en terminant, comme preuves de la possibilité de guérir des névralgies du canal de Turèthre par la cautérisation, deux observations *, Tune m'a été communiquée par mon honorable confrère M. le docteur Bois de Loury, l'autre a été rédigée d'après les renseignements fournis par un malade qui m'a été adressé d'un de nos déparlements, par le docteur Th.
Madame X..., âgée de quarante-six ans, d'une belle constitution, fut adressée à M. Bois de Loury, en avril 1856, pour être traitée d'une' maladie qui avait résisté jusque-là à toute espèce de médication.
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Madame X..., éprouvait des douleurs inlolérables et presque incessantes aux parties génitales, sans pouvoir en déterminer le siège d*une manière bien pnécise. C'étaient des élancements, parfois une douleur brûlante, qui lui permettaient à peine de prendre quelques heures de repos la nuit, et cela depuis plus de deux ans. La santé de madame X..., en était sérieusement affectée, elle maigrissait notablement, elle s'irritait a propos de tout; par moment elle ne pouvait supporter le moindre bruit, et craignait de tomber en convulsions générales.
L'examen au spéculum démontre que l'utérus soupçonné d'être le point de départ des douleurs est entièrement sain, sans apparence d^ulcération ; le corps seul est légèrement bypertro* phié et porté en antéversion. Ce qui ne peut rendre compte des phénomènes énoncés plus haut. Les parois du vagin ne préseo* tent pas une rougeur insolite, la muqueuse n'est ni brûlante, ni sèche, il n'y a aucune apparence de leucorrhée. L'oritice du canal de l'urèthre n^ofi're rien de particulier, pas de rougeur, pas de petites tumeurs fongueuses, et cependant, la pression du doigt dans toute la longueur de ce conduit y provoque une douleur très vive. L'urine est presque toujours limpide et incolore, son émission n^est pas douloureuse , bien que les besoins de vider la vessie soient très fréquents. L'action d'aller a la selle occasionne généralement des douleurs, qui sont d'autant plus vives qu'une constipation habituelle oblige alors la malade i faire de violents efforts.
Madame X... se plaint en outre de palpitations, d'oppression, bien que les poumons et le cœur fonctionnent normalement.
D'après l'ensemble de ces symptômes, M. Bois de Loury pensa qu'il avait affaire a une névralgie du canal de l'urèthre, s'étendant probablement jusqu'au col de la vessie, et il institut le traitement suivant. Il porta profondément dans le canal, un crayon au nitrate d'argent, et fit ainsi six cautérisations à cinq ou six jours d'intervalle. La douleur causée par ces petites opérations fut chaque fois excessive, mais un grand bain la calmait, et après une nouvelle cautérisation un plus grand intervalle séparait chaque accès de névralgie, en môme temps que les envies d'uriner étaient moins fréquentes.
NÉYRAL6IB DE LA VBMlK. S09
Madame X... fut en outre soumise à l'action deTiodure de potassium à Tintérieur et à des tisanes dépuratives ; des onctions furent faites autour de l'orifice de l'urètbre avec des pommades ayant pour bases, la jusquiame, le valérianate de zinc et l'hydrochlorate de morphine ; puis a deux jours de distance, une petite bougie enduite d'un mélange de valérianate de zinc et de beila* done, était laissée a demeure dans le canal pendant deux heures.
Ce traitement dura six semaines, et madame X... quitta Paris, sinon complètement guérie, du moins dans un tel état d'amélioration, que les douleurs étaient à peine ressenties, à l'occasion d'un excès de fatigue.
J'appelle l'attention du lecteur sur la dernière observation que je vais maintenant rapporter ; il comprendra facilement que, rapprochée de celle que nous avons insérée page 282 et suivantes, elle acquiert un grand intérêt surtout au point de vue de la pratique.
M. X..., professeur dans l'enseignement supérieur, est âgé de trente-cinq ans, et, sauf une prédisposition à l'état nerveux, ses parents ne lui ont transmis aucun principe diathésique. Cette prédisposition excessive à l'excitation nerveuse, cachée sous les apparences d'une nature placide, craintive et peu expansive, a été pour lui dès le jeune âge, un tourment incessant. Les phénomènes uévrosthéniques étaient surtout très développés vers le sens génital, et bien avant l'âge de la puberté, une surexcitation tout organique avait instinctivement fait naître l'habitude des plaisirs solitaires. Plus tard, de fréquentes érections nocturnes dont la persistance devenait un véritable supplice, ne trouvaient de soulagement momentané que dans la satisfaction donnée à cette funeste habitude.
M. X..., par position et par scrupules de conscience, n'avait €|u^ de rares rapprochements sexuels ; cependant, a vingt-cinq ans, il fut atteint de blennorrhagie, et l'on peut facilement imaginer quelle cause de désordres nouveaux dut être pour des organes ainsi prédisposés, une inflammation de la muqueuse uréihrale. Eu eflet, cette blennorrhagie ayant été longtemps abandonnée à elle-même sans traitement sérieux , de fréquentes de^leurs se firent sentir dans tout le canal d^ Turèthre, et
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bientôt chaque accès de névralgie Irop violent fut suivi de rétenlion d*urine, uh rétrécissement spasmodique s^opposant i la miction. A trente ans, M. X... se maria, mais contre son attente, rcxcitation du sens génital, loin de se calmer par le fait de libres rapports sexuels, ne fit que s'accroître et de nouvelles souffrances morales et physiques vinrent s'ajouter à celles qui déjà Tavaient sans cesse tourmenté. En effet, à la longue une doul^r plus vive, plus nettement localisée, se fit sentir au col vésicâli les rétentions d'urine devinrent plus fréquentes, de plus longue durée, et ce n'était que quand le spasme calmé par l'épuisement nerveux laissait les parois du canal contractées et rétrécies, se rel&cher et se détendre, que l'évacuation de l'urine pouvait s'effectuer.
Ces accidents se produisaient principalement à l'occasion des rapprochements sexuels, ou quand le besoin, d'ailleurs, fréquent d'uriner ne pouvait être promptement satisfait, ce qui arrivait plusieurs fois la semaine, eu égard à des occupations qui imposaient à M. X..., l'obligation de rester en séance pendant une ou deux heures. Jusque-là, il ne fut opposé à l'ensemble de ces accidents que de la résignation et peu de moyens sérieux de traitement. Mais un jour pendant un voyage que M. X... faisait en Suisse, Tobstacle à l'excrétion de Turine ne cédant pas, et li douleur devenant intolérable, un médecin fut appelé; il explora le canal, et rencontra des difficultés sérieuses à faire pénétrer l'algalie dans la vessie. Mais la sonde Mayor franchit en Suisse toutes les résistances ; elle fut employée. Le malade en éprouva une telle douleur qu'il tomba en syncope, et, grâce au relâchement dans lequel se trouvèrent bientôt tous les muscles, grâce aussi à cet état d'anesthésie momentanée, l'instrument parvint jusque dans le réservoir urinaire. On ne saurait dire quel obstacle il rencontra, quel désordre il laissa après son passage: M. X... se rappelle seulement que l'urine rejetée était teinte de sang et il assure qu'à partir de ce jour ces crises furent plus rapprochées les unes des autres, plus douloureuses, et qbe depuis lors le contact de toute algalie a été intolérable. Cependant il n'osé blâmer l'emploi qui fut fait de la sonde Mayor, il fallait à tout prix qu'on vidât sa vessie, etquel que fût le moyen mis en usage.
NÉVRALGIE DE lA VE88IB. SOI
il ne pouvait que remercier le médecin qui mettait fin à son supplice.
Depuis cette époque, une nouvelle complication s*est ajoutée aux troubles fonctionnels déjà signalés, et c«s désordres physiques, comme il arrive toujours en pareil cas, ont fâcheusement réagi sur le moral qui est resté vivement affecté. Je m'explique: une lésion organique parait s'être développée vers la région prostatique, le col vésical est plus que jamais le siège, le point- de départ de douleurs très aiguës pendant Térection, et, fait important à noter, Texcrétion spermatique n*est plus possible. Le rapport sexuel s'effectue normalement, mais à la sensation voluptueuse succède une douleur localisée vers la région prostatique, le sperme ne pouvant franchir les orifices des conduits éjaculateurs; soit que ces orifices, contrairement à Pacte physiologique se ferment spasmodiquement, soit que la muqueuse qui recouvre le verumontanumy soit tuméfiée, hypertrophiée, et oppose pendant l'érection un obstacle matériel à son libre cours. Plus tard, quand Téréthisme nerveux est calmé, quand toutes les parties sont dans une complète résolution, la liqueur séminale s'écoule^ bien qu'avec peine, et constitue alors une sorte de spermator- Aée. Celte rétention spermatique, comparable à la rétention urinaire est, on le comprend sans peine, une cause de stérilité.
Il va sans dire, que tous les efforts qui tendent à congestionner la région uréthro^vésicale, tels que ceux qui accompagnent l'acte de la défécation, réveillent les douleurs, et que l'en* semble du système nerveux a quelque peu ressenti l'influence des désordres localisés sur une partie importante de ses expansions périphériques. J*ai pourtant constaté avec satisfaction que l'action réflexe n^avait encore produit aucun trouble fonctionnel dans la motilité; ainsi les membranes ne sont le siège ni de fourmillttnents, ni d'engourdissements; la marche est facile; d'autre part les fonctions nutritives s'accomplissent normalement ;rarobon point est satisfaisant, et, sauf l'expression de souffirance morale ordinaire aux sujets frappés dans leur sensibilité affective ou purement nerveuse, M. X..., paraîtrait jouir d'une bonne santé.
Je dois maintenant pour que l'observation soit complète^ ex-
SM MALADIES DtlES A UMB AtGUtfNtATIO^ ÉK L^ÈlClTATlON NERVBCSB.
poser ce que rexploration du canal et Tanalyse des arines in'ont révélé d'important à noter.
Une boagie d'un petit Toluine et terminée en olire pénètre avec peine dans le canal où des rétrédesements spasroodiques Tarrèient momentanément de distance en distance : cependant je parviens, en y mettant toute la patience nécessaire, jusqo^à la région prostatique, mais je rencontre là un obstacle qui céderait peut-être sous une légère pression, et que je pourrais probablement franchir, si la douleur ressentie par le malade, les cris qu*il pousse et les supplications qu il m'adresse de ne pas aller au delà, ne m'empêchaient de pousser plus loin l'exploration. Gomme M. X. .., n'^t venu à Paris, que pour quelques jours et avec l'intention de remettre à quelques mois plus tard le traitement propre à amener sa complète guérison, je n'insiste pas dans la crainte de développer une trop vive irritation.
L'urine à analyser est de deux sortes : l'une qui a été rendue le soir est trouble et laisse un dépôt blanchâtre; Tautre excrétée le malin, bien que froide, est claire. Les deux urines contiennent de longs filaments en suspension; elles sont acides, et ne renferment ni sucre ni albumine. Le dépôt de celle du soir est produit par du mucus contenant des sels amorphes et cristil<^ lises, des phosphates, de l'oxalate de chaux et surtout des urates. L'analyse chimique donne des résultats conformes à ce que l'examen fait au microscope avait révélé,
La quantité d'urine rendue, les dépôts, les besoins fréquents d'émission, l'état névralgique du col et peut-être une hypertrophie de la muqueuse jouant le rôle de valvule, permettent de croire que la vessie ne se vide qu'incomplètement. L'exploratioo du canal donne, d'ailleurs, une facile explication de tous les phénomènes observés, et Ton peut résumer l'ensemble des faits, en ces quelques mots.
Prédisposition à l'état nerveux \ exaltation de la aensibilité des organes génitaux ; hy pères thésie entretenue par Tabus de soi-même, et augmentée par une blennorrhagie, qui a laissé dans les plis longitudinaux de la muqueuse une cause incessante de surexcitation nerveuse et de rétrécissements spasmodiques ; eniuiy introduction de la sonde Mayor, dilatation forcée de It
MÊVRaLOIË Dfe la VBSgltt. 309
muqueuse, fissure dans le point déjà antérieurement affecté ; état congestif de la région prostatique, hypertrophie de la inu-< queuse, puis rétention momentanée de Turine et du sperme.
Traitement. — Les antinévralgiques, les calmants locaux! et généraux pourraient-ils au bout d'un temps prolongé, remédier tant aux troubles nerveux qu'aux troubles fonctionnels? J*erl doute : j'aurais beaucoup plus de conGance dans l'action substitutive d'une cautérisation agissant principalement sur la région prostatique, modifiant Tétat de la muqueuse et provoquant une franche cicatrisation des points phlegmasiés, qui sont la cause principale de Thyperesthésie, de l'algésie et des contractions spasmodiques. Je n'oublie pas que la cautérisation a été vainement employée chez le confrère dont j'ai donné plus haut la consultation. Mais rien n'est plus commun que de voir le même moyen, employé dans des cas en apparence identiques, réussir dans l'un et échouer daus Tautre; c'est un fait d'expérience journalière; d'ailleurs, ici les deux malades ne sont pas dans les mômes conditions, et celui dont je m'occupe en ce moment est dans une position incomparablement plus favorable au succès que peut offrir la cautérisation. Je ne prétends certes pas avoir l'expérience de nos confrères spécialistes en ce qui concerne les maladies des voies urinaires. Cependant j'oserais agir, en en tenant sérieuse considération l'état nerveux, et ce n'est qu'après avoir préparé les voies et sondé le terrain que j'use* rais du caustique.
Quoi qu'il en soit, dans le cas présent je n'avais pas le choix^ le malade ne pouvait m'accorder le temps que devait exiger un traitement radical, et je dus me contenter de lui conseiller comme médication en quelque sorte palliative : i* d'introduire une sonde bougie, souple^ efiilée à son extrémité, préalablement enduite de pommade belladonée, et cela, tous les jours ou tous les deux jours, en la laissant chaque fois en place pendant un temps plus ou moins long, suivant la tolérance du canal-, 2^ de pousser des injections jusque dans la vessie, lorsqu'une fois la sonde aura franchi l'étroit passage de la région prostatique; 3"* d'employer des suppositoires calmants, dans le cas d'une trop vive excitation du col vésical, et des pommades efl
onctions sur la région périnéale ; &"" de faire usage de bains de siège, M. X..., ne pouvant tolérer les grands buins, et de recevoir des douches en pluie, puis en jet sur les régions vésicale et périnéale ; 5*^ de prendre à l'intérieur des pilules antinévralgiques à Topium, à la belladone et à l'aconit ; pour boisson de l'eau de Contrexéville et une infusion de bourgeons de sapin.]