CHAPITRE XIII
NÉVRALGIE DE l'UTÉRUS.
[Bn considérant les fonctions si importantes de Tutérus et l'étroite dépendance qui les rattache à celles d^un grand nombre d'autres organes de l'économie, on serait porté à croire que la névralgie utérine est fréquente, mais quand on examine avec soin les malades, on incline à conclure qu'elle est, au contraire, assez rare.
On se rend compte de ce fait, lorsqu'on remonte a la cause réelle des douleurs de la matrice et qu'on fait la part de celles qui sont dues originairement à des troubles organiques: en effet, on constate alors avec évidence, que les douleurs sym» ptomatiques appartenant a Yhystéralgie^ comparées aux douleurs purement nerveuses sont de beaucoup les plus communes. La lecture des auteurs qui ont écrit sur ce sujet conduit également aux mêmes conclusions. Ainsi MM. Bouvier et Dugès, qui ont admis une hystéralgie aiguè et chronique ; Gooch, Duparcque, qui cité deux observations de névralgie utérine; Lisfranc qui a décrit un état nerveux de la matrice dû à une subinflammalion ; Cliomel dans son article du Dictionnaire de médecine^ Malgaigne, Bcnnett, Ashwell, Dewees« Bassereau, Valleix, Becquerel et Nonat, ces deux derniers dans leur ouvrage sur les maladies de l'utérus, ont accordé une importance beau* coup plus grande a la névralgie symptomatique, a l'Ays/éralgie, qu'à la névralgie idiopathique ou essentielle; Seanzoni par exception, considère la névralgie utérine comme essentielle, idiopathique. Nais il dit ne Tavoir observée que trois fois» et il
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pense comme moi, qu'elle est loin d'être fréquente. Il compare avec raison les douleurs de Tutérus à celles de la mamelle, à la mastodynie.
On comprend à la rigueur que la plupart de ces auteurs aient fait cette distinction et qu'ils aient à la fois décrit les névralgies idiopathiques et symptomatiques, attendu qu'ils avaient a s'occuper des douleurs de la matrice en général, mais je ne peux les imiter dans un traité des maladies essentiellement ner^ veuses. Aussi vais-je borner ma description à la névralgie proprement dite ou essentielle, et passer avec intention sous silence, si ce n'est à l'article diagnostic, toutes les autres douleurs appartenant à rhystéralgie.
La névralgie utérine s'observe principalement pendant cette période de la vie de la femme, comprise entre Tàge de la puberté etTâge critique, c'est-à-dire pendant cette période active des fonctions génésiques, qui provoque dans la matrice tant de causes de surexcitation nerveuse. Les jeunes filles non pubères n'en sont pas absolument exemptes, car quelquefois elles prédisposent l'organe sexuel au spasme, à l'hyperesthésie, par l'abus des plaisirs solitaires ; quant aux femmes qui ont passé l'époque de la ménopause, elles y sont d'autant plus sujettes qu'elles sont plus névropathiques, et que l'utérus a été lui-même antécédemment plus névralgiquemcnt affecté. Cette part étant faite aux influences de l'âge, il est incontestable que la prédisposition la plus favorable au développement de la névralgie utérine est l'hystérie, prise dans son sens le plus général , et non considérée comme maladie locale ayant son point de départ dans la matrice.
Quelques auteurs, Valleix et M. Bassereau entre autres, ont, il est vrai, mais à tort, rattaché la névralgie utérine à d'autres névralgies plus générales, la considérant tantôt comme cause, tantôt comme effet, soit de la névralgie intercostale, soit de la névralgie lombo -abdominale. —La névralgie de l'utérus peut être sous la dépendance de Tétat nerveux hystérique, au même titre que les névralgies rachialgique , intercostale et lombo-abdominale, qui sont des signes en quelque sorte pathognomoniques de l'hystérie.
L'état nerveux hystérique n'est pas la seule cause générale
qui prédispose a la névraigio de rutcrus; je dois également mentionner les autres états diathésique, rhumatismal, goutteux, syphilitique et herpétique qui, tenant tout l'organisme sous le coup de névropathies diverses , par excès ou par insuffisaneo d*excitntion nerveuse, peuvent localiser dans une région donnée de Thyperesthésie ou des névralgies.
Quelle que soit celle de ces dialhèses hystérique, rhumatismale ou autre qui entretienne Thyperesthêsie, on comprend qu*un organe tel que Tutérus, qui est mensuellement soumis i une fluxion hémorrhagique et dont tant de causes troublent les fonctions , puisse être le siège de ces névralgies qui ont tendance » se transporter et à se Tixer sur tous les |)oints où l'organisme fait appel à leur localisation.
J*ai vu chez des malades affectées de l'une de ces diathèses, l'hyperesthésie céphalique, gastrique ou rachialgique, momentanément disparaître et se porter sur l'utérus à l'occasion de l'époque menstruelle. L'hystérique tourmentée de névralgie de la vessie , dont j'ai parlé dans le chapitre précédent, a été un frappant exemple de cette métastase. En temps ordinaire, elle se plaignait de points douloureux rachialgiques et intercostaux; dès que la fluxion périodique tendait à s'opérer vers la matrice, la fluxion nerveuse s'y portait en môme temps et devenait d'autant plus vive que la dysménorrhée était plus grande.
La prédisposition une fois admise, d'autres causes accidentelles peuvent jouer le rôle de la fluxion périodique menstruelle; tels sont les refroidisseinents (une malade soumise au traitement hydrothérapique à qui j*avais conseillé des douches vaginales froides continues , m'en a montré exceptionnellement un exemple), les excitations directes ou indirectes portées sur les organes sexuels, l'abus du eoïl, et tous les ébranlements (|ui réagissent sur le système nerveux hypogastri(|ue.
Les douleurs de la névralgie utérine sont ou continues, gravatives, profondes ou lancinantes, irradiées et très aigués, et suivies d'un court moment de calme. Elles sont très irrégulières dans leur intensité et dans leur rré(|ucnce ; j'ai vu cette névralgie revenir quotidiennement à la même heure, et coïncider avec des accès de nymphomanie chez une malade âgée de soixante-cinq
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ans, où lous les mois elle simule quant à l'acuité, a la fréquence et au retour des accès, les douleurs de l'accouchement.]
Il est parlé, dans la première édition, d'une dame affectée depuis son enfance de toutes les névralgies imaginables, exaspérées par un traitement antipblogistique, et qui fut pendant quatre ans tourmentée de douleurs névralgiques utérines intenses. Elle donnaît une parfaite idée de ses souffrances, en disant : « Je sais que 1 je ne suis pas enceinte, et pourtant je sens que j'accoucbe ; je 1 ne pourrais faire aucune différence entre les sensations que » j'éprouve dans le bas-ventre et celles que mes accouchements » m'ont occasionnées, m Ces douleurs se faisaient sentir, non pas aux époques des règles , mais à Toccasion de longues atteintes de névralgies, de vertiges effroyables, de palpitations du cœur, qui avaient fait croire à une hypertrophie de cet organe, ou de troubles de toutes sortes dans les digestions. Ches cette malade, tous ces désordres nerveux se montraient tantôt ensemble, tantôt séparés, se transformant, se remplaçant les uns les autres avec une incroyable rapidité.
[Chez l'hystérique citée plus haut, la névralgie utérine survienb périodiquement aux époques menstruelles, dure trois ou quatre jours, et présente également des douleurs qui simulent celles de la parturition. Ces douleurs se font sentir de dix minutes en dix minutes; et pendant l'accès dont la durée ne dépasse pas une minute, la malade se plaint de contractions expuls^ives produites par le spasme du diaphragme, des parties abdominales, ainsi que de celles qui s'opèrent dans Tutérus luimême. Ces efforts s'accompagnent d'une vive injection de la face, due à un arrêt momentané des fonctions respiratoires; de plus, si la malade est au lit pendant ses crises, elle se retourne en tous sens , afin de faire diversion à sa douleur ; si elle est debout, elle prend des points d'appui sur les meubles qui sont à sa portée, et comme pour expulser avec plus d'énergie un corps étranger qui serait contenu dans la matrice; puis Taccès passé, le calme le plus complet la repose de ses souffrances.
Chez, cette névropathique, la névralgie porte exclusivement sur le corps de l'utérus : on peut impunément toucher le col, y appliquer des sangsues, sans provoquer de nouvelles douleurs.
Lorsque, au contraire, on imprime à la matrice des déplacements d'ensemble, l'hy pères tbésie se réveille et passe facilement a Talgésie. — Certains auteurs rapportent même des observations de névralgie utérine limitée à IHin des côtés droit ou gauche de l'utérus, et s'étendant à l'ovaire du même côté ainsi qu'aux lombes. Ici, comme dans les névralgies d'origine hystérique, le côté gauche est plus fréquemment affecté que le côté droit. Assez souvent, la névralgie primitivement fixée sur la matrice s*étend à la vessie, soit sur son corps, soit sur son col ; quand c'est sur le corps, le réservoir urinaire, au moment des crises algésiques, chasse Turine qui y est contenue; quand c^est sur le col, des contractions spasmodiques s'opposent à la miction ; il y a dysurie.
De même que la névralgie utérine peut s'étendre aux organes contenus dans le petit bassin, et aux troncs nerveux dont les plexus hypogastriques émanent , de même aussi les névralgies des organes contenus dans le grand et le petit bassin peuvent s'étendre des intestins, des reins, de la vessie, à l'utérus. — M. Malgaigne dit avoir constaté qu'un seul côté du museau de tanche était le siège de la névralgie, quand les malades ser plaignaient de douleurs des lombes ou des parois thoraciques également limitées à l'un des côtés du corps. Toutes les fois, au contraire, qu'il a rencontré des malades affectées de névralgies paraissant procéder des annexes supérieures de l'utérus, ovaires, ligaments ou trompes, les douleurs étendaient plus particulièrement leurs irradiations vers les fesses et surtout vers les cuisses. La durée de la névralgie est très variable ; elle peut être de quelques heures, de quelques jours, et exceptionnellement constituer une névralgie chronique, en ce sens que toute action locale peut en provoquer le retour. Ainsi, les efforts pour excréter Turine et les fèces, les explorations de l'utérus ayant pour but d'éclairer le diagnostic, ou bien encore la marche sont aulanl de causes qui aggravent et rappellent les douleurs.
Ai-je besoin d'ajouter que rérélhisme nerveux envahit le plus souvent dans ces circonstances toute réconomie, et que les femmes sujettes à ces névralgies sont imprcssioimables, irritables au suprême degré, et que chez elles les fonctions de la cir-
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culalion et de la digestion s'accomplissent rarement suivant la loi physiologique.]
[Ce n'est point quand les douleurs se font sentir aux m^émes heures, plusieurs jours de suite, chez des femmes déjà tourmentées par d'autres névralgies, que le diagnostic offre quelques diOScuItés, mais bien quand la marche de ces douleurs varie d'intensité et de fréquence, sous l'influence de causes qui échappent à l'ohservation ou qui laissent soupçonner une lésion organique. — Telles sont les douleurs de l'hystéralgie qu'on observe dans les aiïections dont la nature n'est pas franchement inflammatoire, et celles qui accompagnent certaines fonctions temporaires.
Ainsi des sujets nevropatbiques ressentent quelquefois à une certaine période du cancer utérin , dans certains engorgements ou déplacements, dans ^quelques états subinflammatoires si* gnalés par Lisfranc, ou bien encore pendant les premiers jours de la gestation, des douleurs qui peuvent donner le change sur leur cause réelle. Cela est d'autant plus vrai, que l'hystéralgie présente, comme certaines névralgies utérines, de l'irrégularité, de l'intermittence dans la marche et la durée des douleurs qui en sont les symptômes subjectifs : en effet, le mode de sentir d^un organe à l'état physiologique se reproduit à des degrés plus ou moins marqués, même quand sa sensibilté est morbidement affectée. L'utérus doit à son système nerveux, aux fonctions qu'il est appelé à remplir pendant le travail de Taccouchement, par exemple, de suhir une hyperesthésie intermittente et plus qu'aucun autre organe; ces douleurs névralgiques revêtent la forme d'accès plus ou moins fréquemment répétés.
C'est surtout quand des douleurs se font sentir par crises passagères chez des sujets qui accusent des troubles fonctionnels vers la matrice , qu'il faut procéder au plus minutieux examen des organes; et si, dans ces cas, le loucher vaginal est douloureux, si rintroduction du spéculum excite une hyperesthésie à peine lolérable, cet excès de sensibilité des branches nerveuses non gaiiglioniiuires devra faire soupçonner que les douleurs sont d'une nature purement névralgique. Le soupçoo
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se changera en certitude, si le toucher utérin provoque lui-même des douleurs encore plus vives et de môme nature que celles spontanément ressenties par la malade. Si, au contraire, Teiploration vaginale est facilement tolérée ; si le col ou le corps de Tutérus, sensibles au toucher, présentent soit un engorgement ou des granulations avec ou sans leucorrhée, soit un déplacement quelconque; si le doigt porté profondément à droite et a gauche constate vers Tun des ligaments ou des ovaires, de la tuméfaction et de la sensibilité, on sera en droit de faire remonter les douleurs à ces états organiques morbides comme i leur véritable cause. Si on ne constate aucune de ces maladies, mais seulement un catarrhe utérin, sous forme de sécrétion épaisse, Glante, glaireuse, on rattachera encore, avec quelque probabilité, les douleurs à cette affection de la cavité utérine; car il est, à la rigueur, possible que là §pit le point de départ de rhyperesthésie.
Le diagnostic une fois clairement établi quant à la cause, soit essentielle, soit organique de la maladie, le traitement s*en déduit tout naturellement. Mais, arrivé à ce point, le médecin ne se croira pas néanmoins hors de tout embarras, car avoir élucidé la question de savoir si telles ou telles douleurs sont purement nerveuses n'est pas tout; il faut encore découvrir quelle est celle des diathèses nerveuse, rhumatismale, goutteuse, syphilitique ou herpétique qui a prédisposé la malade à sa névralgie. A cet égard, Télal actuel du sujet, une juste appréciation de li manière dont les fonctions de la peau, du cœur, de Testomac, etc., s'exécutent, fourniront au praticien des indications thérapeutiques quelquefois suffisantes. Mais c'est surtout en tenant compte des prédispositions héréditaires, des maladies antérieures ou de la constitution acquise dans de mauvaises conditions hygiéniques données, qu*il pourra formuler un traitement réellement efficace.
On n^oubliera pas d'ailleurs que la névralgie utérine peut, comme toutes les autres, résulter purement et simplement de Tirradiation d*une hyperesthesie fixée sur un autre organe; aussi portera-t-on son attention sur l'état du rectum, de li vessie, des ovaires et des trompes de Failope.
Des auteurs, à l'exemple de Valleix, ont insisté sur la difll*
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culte de distinguer la névralgie utérine des douleurs lomboabdominales. Autrefois, cette erreur de diagnostic pouvait sembler dtvoir être fréquente et importante ; mais aujourd'hui que nous connaissons les liens qui rattachent entre elles les névralgies hypogastrique, abdominale et utérine, quand Tétat nerveux hystérique est constitué, on saurait mieux faire la part locale de chacune d'elles, sans perdre de vue la cause unique et générale dont elles dépendent.]
Traitement. — [J'ai tout particulièrement appelé Tattenlion, en parlant des causes et des symptômes de la névralgie utérine, sur les prédispositions constitutionnelles et sur les phénomènes nerveux généraux, afin de faire pressentir que la médication générale devait tenir une large place dans le traitement.
Je ne peux passer ici en revue toutes les indications qu'on puisera dans la constatation d'un état nerveux général , simple ou hystérique, dans les diathèses chlorotique, herpétique ou autres. Il est entendu que le médecin fera avant tout reposer Tefficacité de son traitement, suivant les cas, sur l'action d'agents antispasmodiques, analeptiques et hyposthénisanls; qu'il s'efforcera de modifier la constitution que des maladies antécédentes ou des conditions hygiéniques vicieuses auraient à la longue développée. — Il y parviendra en conseillant l'usage habituel des préparations opiacées et belladonées; celui du fer, des iodureset des sels arsenicaux, dont l'action sera secondée par toutes les ressourcs que peut offrir une hygiène méthodiquement instituée jusque dans les moindres détails de l'emploi du temps et de l'exercice des fonctions.
Si l'une des diathèses précitées trahît sa morbide influence, il l'attaquera isolément, en lui opposant la médication spécifique dont l'expérience a démontré l'efficacité; et si la position de la malade le lui permet, il la transplantera sur un autre ^1, dans un autre milieu, en la dirigeant autant que possible vers quelques thermes, tels qu'à Ems, Néris, Vichy , Saint-Sauveur , Bagnères-de-Bigorre , etc., où l'action de l'eau minérale aidera à la reconstitution qu'on cherche à opérer.
Ces prescriptions clairement exposées, on instituera le traitement local, qui consisterez dans l'emploi en topiqqes et en injec«
lions des calmanls conseillés plus haut pour Tusage interne, et dont Taclion sera le plus souvent et immédiatement efficace. Ainsi une pommade aux extraits d*opium, de belladone et d'aconit, dans les proportions de 2 grammes de chacun d*eux pour 30 grammes d'axonge, sera appliquée sur la région hypogastrique, ou mieux directement sur le col utérin, à l'aide d'un tampon de ouate qui en sera abondamment recouvert.
Un mélange de ces extraits à l'état d'opiat solide et qu'on porte sur le col; les crayons de M. Becquerel, composés de gomme adragante, d'huile de ricin, puis de morphine, de codéine ou d'atropine, dans des proportions convenables, qu'on introduit dans la cavité du col utérin ; le magma laudanisé de M. Aran, composé d'une poudre inerte qu'on pousse dans le spéculum sur le col, qu'on arrose de laudanum et qu'on laisse en place, peuvent concourir au même résultat.
On peut, concurremment avec ces moyens, et pour en seconder l'action , surtout quand des névralgies hypogastrique et lomboabdominale s^ajoutent à la névralgie utérine, appliquer sur la région sus-pubienne, au moyen d'une rondelle de drap imbibée d'ammoniaque , des vésicatoires extemporanés qu'on panse avec ô centigrammes de morphine ou 2 milligrammes d'atropine.
Les injections vaginales, faites avec un décocté des espèces narcotiques, jouiraient des mêmes propriétés, mais à un moindre degré, et seulement a la condition d'y revenir deux ou trois fois le jour, et chaque fois pendant dix minutes.
Si la névralgie résiste à ce traitement, on pourra, à l'exemple du docteur Losada (^u//^/m de thérapeutique ^ aoOt 1857), appliquer sur le col de Tutérus un tampon de ouate recouvert d'une couche de chloroforme gélatineuse, ou y porter le fer rouge-, ou bien enfin, à l'exemple de M. Malgaigne (Revue nié* dicO'chirurgicale ^ 1848), inciser celle des lèvres où le point douloureux parait fixé. — Ces deux moyens, par leur action révulsive, par l'hyposthénisation locale qui succède a toute surexcitation de rhyperesthésie névralgique pourront calmer les douleurs.
On conseillera également des bains généraux et des bains de siège. Les premiers apaiseront Téréthisme nerveux général 9 les
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seconds, conlcnant quelques poignées des espèces narcotiques, jusquiame, morelle, belladone, stramonium, el, de plus, deux tétés de pavot, concourront à diminuer les douleurs locales. Enfin un lavement laudanisé sera pris soir et matin dans le même but.
J'ai maintes fois parlé d'une hystérique qui, chaque mois, souiïre d'une névralgie utérine due manifestement a de la dysménorrhée. Les narcotiques, portés à la dose toxique, ne lui procurent qu'un soulagement insuffisant, et des sangsues, appliquées directement sur le cul, peuvent seules calmer l'acuité de ses douleurs. Je conseille en pareil cas d^avoir recours au même moyen.
Le repos d'un organe malade, quand on peut l'obtenir, est la première condition à remplir dans tout traitement; ici, il est de première nécessité, en raison de Téréthisme nerveux qui succède chez quelques névropathiques aux rapprochements sexuels. On n'oubliera pas cependant que la névralgie utérine a été observée chez des femmes encore vierges, et qu'il faut au besoin faire la part de l'âge et du tempérament , la pléthore aphrodisiaque pouvant être aussi une cause de surexcitation nerveuse.]