III. Analyse du tubercule crétacé
MM. Lombard et Thénard ont trouvé., sur 100 parties :
Matière animale 4
— saline 96
M. Henry a trouvé dans diverses concrétions pulmonaires : A, peu de carbonate et peu de phosphate de chaux ; B, peu de carbonate et phosphate de chaux , avec beaucoup de phosphate ammoniaco-magnésien ; C , peu de carbonate calcaire , du phosphate ammoniacomagnésien et beaucoup de phosphate de chaux ; D , phosphate de chaux , carbonate de chaux et matière animale (dans un ganglion bronchique tuberculeux (2) ).
(1) Op. cit., p. 359 et 360.
(2) Thomson, Annales, t. XV, p. 11 6 ; Gmel.n, Chimie, Francfurth 1 829 t. II, p. 1 350.
2p CARACTÈRES DE LA MATIERE TUBERCULEUSE.
M. Boudet enfin a trouvé dans la matière crétacée desséchée :
Sels solubles 0,701
Résidus 0,295
Le résidu renfermait 707 de phosphate de chaux , une assez forte quantité de carbonate de chaux, de la silice et un peu d'oxyde de fer. Les sels solubles étaient du chlorure de sodium , du sulfate de soude et du phosphate de soude.
J 'étais impatient de savoir jusqu'à quel point la matière crétaeée pouvait se trouver avec une composition toute semblable à celle des tubercules crétacés dans des parties non tuberculeuses. Une occasion favorable de satisfaire ce désir vient de se présenter à moi. Une femme , qui avait succombé à une affection tuberculeuse des poumons, avait dans la matrice un certain nombre de tumeurs fibreuses ; ces tumeurs, comme cela arrive souvent, étaient en partie remplies de concrétions minérales. Je rendrai compte, ailleurs de l'analyse chimique de ces concrétions ; ici je me contenterai de faire observer qu'elles offraient une assez grande analogie avec les éléments du tubercule crétacé. Outre les sels de soude, le chlorure de sodium, etc., ces Concrétions étaient en majeure partie composées de phosphate et de Carbonate de chaux , principes qui se trouvaient aussi en forte proportion chez la même malade , clans des concrétions répandues sur les parois d'une caverne en voie de cicatrisation.
En résumant nos connaissances actuelles sur la composition chimique des tubercules, nous ne pouvons nous dissimuler que, malgré des efforts très louables, la science ne soit encore bien arriérée sur ce point. La chimie a trouvé dans les tubercules des sels qui n'ont rien de spécifique, et quant à la matière animale, elle a été principalement rencontrée sous forme de combinaisons de protéine. Aujourd'hui, l'école de M. Liebig, de Giessen, met en doute l'existence même de la protéine comme corps naturel , et pense qu'elle est plutôt un produit de l'art. Cette opinion enlèverait aux travaux de M. Muldêr beaucoup de leur valeur. C'est ce chimiste qui, le premier, a déterminé les caractères de la protéine ; âes successeurs ont même cru trouver dans la diversité des combinaisons de ce corps la solution des plus grands problèmes de la chimie animale.
La chimie n'a rien signalé de spécial dans le tubercule, et pourtant la pathologie clinique, l'aspect physique à l'œil nu et les éléments microscopiques font voir en lui un produit morbide spécifique. Nous avons du reste montré plus haut à quelles fautes de méthode tènait en partie cette insuffisance de résultats.