DE LA NON EXISTENCE D>UNE MATIÈRE SCROFULEUSE PARTICULIÈRE
Avant d'aller plus loin, il faut que nous nous expliquions sur ce que nous entendons par maladie scrofuleuse :
Les scrofules sont une maladie de l'enfance et de la jeunesse, caractérisée par une série de localisations qui affectent le plus souvent des formes diverses de phlegmasies chroniques à tendance essentiellement ulcéreusé ou pyogénique, et plus rarement la forme de l'hypertrophie , soit primitive , soit consécutive à un travail inflammatoire.
Ces localisations ont lieu de préférence â la peau , dans le tissu cellulaire sous-cutané , dans les organes des sens (les yeux et les oreilles surtout) , les articulations et les os, plus rarement dans les glandes lymphatiques superficielles qui sont plus fréquemment tuberculeuses chez les scrofuleux. Elles ont une tendance à la multiplicité des localisations indépendamment de la continuité des parties, multiplicité qui se caractérise ou par la simultanéité ou par la succession de ces diverses maladies chroniques. Lorsque les scrofules se concentrent sur un seul organe, l'ensemble des phénomènes pathologiques suffira souvent , mais non toujours , pouf faire réconnaître la nature scrofuleuse de la maladie.
Toutes ces localisations n'impliquent aucun tissu spécial, ni des lésions anatomiques exclusivement propres aux scrofules , cë qui s'oppose à leur identification avec les tubercules. Semblables, dans cette absence d'un tissu propre et d'une matière spéciale reconnaissablés par les sens , aux affections syphilitiques , les scrofules en diffèrent cependant d'une manière notable par leur ensemble pathologique. La tendance à la généralisation et à la succession des lésions ne permet pas non plus de les classer parmi les phlegmasies chroniques simples.
Il faut donc admettre pour ces affections une disposition spéciale de l'organisme à laquelle on peut conserver le nom de scrofuleuse , tout en convenant de suite ici que nous ignorons la nature intime des scrofules , comme du reste celle de la plupart des diathèses morbides.