ÉTAT DU SANG DANS LES AFFECTIONS SCROFUL. ET TUBERCULEUSES
tàté du pus d'un chancre récent peut suffire pour infecter en peu de temps toute l'économie. Nous avons aussi eu plusieurs fois occasion d'examiner le pus de la morve chez l'homme et chez le cheval ; nous n'avons jamais pu y saisir le moindre élément toxique particulier, appréciable aux sens ; et pourtant tout le monde sait que le simple contact du pus morveux du cheval avec la peau, souvent intacte , de l'homme qui panse un cheval morveux peut déterminer chez celui-ci une maladie qui, après avoir fait des ravages épouvantables dans tout l'organisme , entraîne infailliblement la mort. Prenons enfin un autre exemple non moins concluant. Il n'y a pas de praticien éclairé qui regarde la rougeole , la scarlatine ou la petite vérole comme une simple inflammation de la peau, on est généralement d'accord pour 3^ voir l'effet d'une espèce de miasme spécifique dont l'éruption n'est que la manifestation extérieure. Le pus de la vaccine et de la variole ne m'a rien montré de spécial au microscope , et je ne connais aucun travail dans la science qui nous aide à déterminer le principe qui produit ces diverses maladies éruptives ; et pourtant on est forcé d'admettre l'existence d'un pareil principe, que l'on désigne sous le nom de virus.
En résumant ce qui précède , nous arrivons à reconnaître l'existence d'une matière tuberculeuse caractérisée par un élément spécial , mais à nier formellement l'existence d'une matière scrofuleuse proprement dite.
Nous admettons donc : 1° une affection tuberculeuse essentielle ; 2° une affection scrofuleuse essentielle ; 3° une fréquente coïncidence de ces deux maladies chez les mêmes individus.