EXAMEN MICROSCOPIQUE
reproduisons l'extrait de son travail tel que M. Guersent l'a rapporté (1).
- Nous possédons encore très peu de notions exactes sur les alté.- » rations des liquides chez les scrofuleux ; cependant le sang a été
l'objet de quelques recherches microscopiques qui sont dues à
M. Dubois (d'Amiens).
Il a examiné le sang des enfants scrofuleux de six à dix ans , •> et chez des jeunes gens de vingt à trente, tous étaient dans un » état de cachexie scrofuleuse. Ce sang, recueilli dans un vase, a <> fourni des caillots d'un très petit volume relativement à la quan- » tité de sérum au milieu duquel ils nageaient; ce sang se coagulait » lentement , le caillot était sans consistance , le sérum avait perdu, » de sa densité normale par la présence d'une plus grande quantité »du principe aqueux, de telle sorte que la quantité d'albumine » soluble ou des sels dissolvants était trop faible par rapport à la » quantité de véhicule. Observée au microscope , la matière colorante » paraissait en dehors des globules , et leur était étrangère. Quand » le sérum offrait une coloration rosée, ce qui arrivait quelquefois , » ce véhicule et les globules étaient de la même couleur; mais quand » le sérum était très limpide , et le caillot de couleur foncée , la ma- -< tière colorante semblait étendue en nappes diversement distribuées, » tantôt éloignées et isolées des globules , tantôt confondues avec » eux. M. Dubois a constamment retrouvé dans le sang des scrofu- » leux les deux sortes de globules, les sphéroïdaux et les lenticu- » laires. Leur volume ne paraissait pas sensiblement diminué de » celui de l'état normal. Les sphéroïdaux ne lui ont offert aucune '-particularité, mais les lenticulaires paraissaient manifestement » altérés dans leur forme : les uns offraient une espèce de cercle , » un point tellement transparent au milieu, qu'on aurait pu les croire » perforés ; les autres étaient inégalement circulaires , échancrés ou - allongés. M. Dubois a remarqué ces particularités dans le sang » tiré de la veine ou obtenu des capillaires. Le sang artériel qu'il a » eu occasion d'observer une fois n'a pas paru différer du sang vei- » neux ; dans tous les cas , les globules se sont comportés de la même
manière avec les réactifs employés. La déformation des globules » lenticulaires, la proportion plus grande du véhicule aqueux clans » le sérum, et le peu d'adhérence de la matière colorante avec les
(1) Dictionnaire de médecine, article Scrofules, t. XXVIII, p. 224.
32 ETAT DU SANG DANS LES AFFECTIONS SCROFUL. ET TUBERCULEUSES. •• globules sont, jusqu'à présent, les seules altérations notables que <> l'observation microscopique ait constatées. »
Nous ajoutons une foi entière aux observations de M. Dubois sur la nature physique et chimique du sang scrofuleux; mais quant au changement microscopique qu'il a observé , nous nous permettrons quelques remarques. Nous ferons observer, avant tout, que d'après les nombreuses recherches auxquelles nous nous sommes livré nous-même sur le sang des tuberculeux et des scrofuleux, ainsi que sur celui d'individus atteints de diverses autres maladies, nous nous trouvons dans le cas d'avouer que l'investigation microscopique ne nous a guère fourni de résultats bien certains et bien positifs , et que même plus nous avons observé le sang dans les maladies , plus nous nous sommes méfié des résultats de nos premières recherches. Dans le sang pyogénique de l'infection purulente et dans le sang typhoïde les globules nous ont paru quelquefois altérés et décolorés. Dans nos expériences sur des animaux auxquels nous avions injecté du pus dans le torrent de la circulation , cette altération a plusieurs fois manqué , tandis que d'autres fois elle a été assez apparente ; une fois même , chez un lapin , nous avons vu disparaître à peu près entièrement les globules sanguins; mais comme le pus qui avait servi à l'injection était très fétide, nous avons supposé que ce phénomène était dû à un dégagement ammoniacal , et l'on sait que l'ammoniaque peut dissoudre les globules sanguins. Dans les affections tuberculeuses et scrofuleuses il nous a bien paru quelquefois que les globules étaient moins colorés et moins réguliers , mais le fait est que nous ne possédons guère de moyens d'une exactitude mathématique pour apprécier le degré de coloration rouge des globules sanguins. Nous savons , il est vrai, que M. de Saussure, dans sa célèbre ascension au Mont-Blanc, s'est servi d'un cyanomètre pour apprécier toutes les diverses nuances du bleu du ciel , et pour déterminer celui que présentait le ciel, vu du sommet du Mont-Blanc. Son observation a , de cette manière , bien plus de précision que s'il nous eût simplement dit que le bleu du ciel y paraissait plus foncé qu'ailleurs. Mais nous ne possédons point encore d'érythro mètre pour déterminer la rougeur des produits morbides , et l'assertion que les globules sanguins sont plus pâles clans telle maladie que dans telle autre est trop vague pour avoir une bien grande valeur.
Il nous paraît également impossible, dans l'état actuel de la science , de déterminer par le microscope la quantité plus ou moins grande des globules que renferme le sang. La chimie peut bien faire