ÉTUDE CHIMIQUE DU SANG
cette détermination , mais la microscopie ne le peut pas , parce que les quantités sur lesquelles le microscope opère sont trop minimes , et ordinairement plutôt divisées au hasard que d'une manière invariable. Quant à la déformation des globules , il faut, avant tout, tenir compte de tous les aspects différents et de toutes les déformations naturelles du globule sanguin normal avant d'aborder l'étude des altérations des globules du sang dans les maladies. L'aspect échancré dont parle M. Dubois survient bien souvent sans que , pour cela, le sang ait été malade. Ce fait a été signalé par M. Andral , ainsi que par d'autres observateurs. Quant à l'aspect troué, il se rencontre également à l'état normal. Le globule du sang, chez l'homme adulte, ne renferme point de noyaux, comme on le croyait il y a peu d'années, et, lorsqu'on voit ces globules de profil, la forte dépression qui existe sur leur milieu, plus forte d'un côté que de l'autre, leur donne cet aspect troué. Quant à la coloration rouge du sérum enfin, nous ne l'avons pas rencontrée dans le sang des scrofuleux, mais nous l'avons vue survenir comme altération factice dans toute espèce de sang lorsqu'on le délaie avec un peu d'eau ordinaire ; celle-ci en dissolvant la matière colorante du sang , même à travers la paroi des globules , décolore les globules et teint les liquides qui les entourent. C'est pour cela que nous avons l'habitude de délayer le sang que nous voulons étudier au microscope avec du sérum du sang pur, ou avec du blanc d'œufmêlé avec de l'eau salée, ou enfin avec de l'eau ordinaire tenant en dissolution du chlorure de sodium ou un sel neutre quelconque.
Nous ne voudrions pas qu'on vît dans ces remarques sur les observations de M. Dubois l'intention de critiquer les travaux de ce médecin. A l'époque où ces observations ont été faites, elles étaient d'une grande valeur; mais les connaissances récentes sur la composition microscopique du sang, tout en n'infirmant pas la vérité des faits par lui signalés, leur ôtent pourtant de leur poids comme caractères spéciaux des affections scrofuleuses.
§ II. Étude chimique du saug.
Nous passons à l'étude chimique du sang des tuberculeux et des scrofuleux. N'ayant pas sur cette matière d'observation qui nous soit propre, nous reproduirons fidèlement les trois principaux documents que la science possède sur ce point d'une si haute importance.