ÉTAT DU SANG DANS LES AFFECTIONS SCHOFUL ET TUBEIICULEUSES
viennent si débiles et si pâles et qui en même ont encore si peu de symptômes locaux, qu'il arrive qu'on se méprend parfois sur la nature de leur maladie, et qu'on les prend pour des chlorotiques. Réciproquement il y a des cas de chlorose qui, se compliquant ou de bronchite ou d'une simple toux nerveuse, ont pu jeter les observateurs les plus consommés dans une grande incertitude, et leur faire craindre un développement de tubercules.
» Ainsi donc, dans toute phthisie pulmonaire qui débute, il existe un certain degré d'anémie; mais est-ce à dire qu'il suffit que le sang s'appauvrisse pour qu'il se produise des tubercules? Non sans doute, car, dans ces cas, on trouverait parmi les chlorotiques un plus grand nombre de phthisiques qu'on n'en rencontre, et je ne crois pas que les jeunes filles atteintes de chlorose deviennent plus souvent que d'autres tuberculeuses. La diminution de la quantité des globules du sang, dès les premiers temps de la phthisie, n'est donc pas la cause de la tuberculisation ; mais elle est pour nous un signe certain que cette maladie prend naissance au milieu d'un notable affaiblissement de la constitution, et, s'ajoutant à ceux fournis par l'observation clinique de tous les temps, ce signe vient encore nous éclairer dans le choix et dans la direction des méthodes thérapeutiques.
» Cependant, à mesure que les tubercules pulmonaires font des progrès, l'abaissement du chiffre des globules devient lui-même de plus en plus considérable, et c'est enfin lorsque les poumons sont creusés de cavernes, que les globules sont à leur minimum. Ce minimum toutefois n'est pas ce que la théorie pourrait faire supposer ; il semblerait, en effet, que, dans une maladie où l'organe essentiel de l'hématose est si gravement compromis et est devenu si peu propre à remplir ses fonctions, les globules devraient diminuer à peu près autant que dans la chlorose ; mais il s'en faut de beaucoup qu'il en soit ainsi. Dans la seconde et dans la troisième période de la phthisie pulmonaire, je n'ai encore vu qu'un seul cas où les globules se soient abaissés au-dessous du chiffre 80. Dans ce cas, il n'y avait plus en globules que 72; il y avait en même temps 5,5 en fibrine. Dans tous les autres, les chiffres oscillaient entre 80 et 100. N'est-il pas singulier de voir, sans aucune autre altération appréciable du poumon ni d'aucun autre solide, les globules descendre spontanément dans la chlorose jusqu'au-dessous de 30, tandis que le minimum reste à 72, dans une maladie où il semblerait que l'état du poumon dût à peine permettre au sang de se former encore. Et cependant non seulement les globules ne diminuent point alors autant qu'on aurait