ÉTUI) F. CHIMIQUE DU SANG
pu le supposer, mais lorsque déjà le poumon est en grande partie détruit, la fibrine augmente de quantité et la température du corps peut s'élever, comme dans la fièvre typhoïde ou dans une pneumonie aiguë; j'ai vu cette température monter à 39 et 40 degrés dans la fièvre hectique qui accompagne ordinairement le dernier degré de la phthisie.
» Parmi les 30 phthisiques dont j'ai analysé le sang, il n'y en a qu'un seul chez lequel j'ai entendu un bruit de souffle aux artères carotides : c'est celui qui n'avait plus dans son sang que 72 en globules. Le sujet de cette observation était un homme d'une trentaine d'années. L'apparition du souffle carotidien fut chez lui parfaitement expliquée par la diminution plus considérable des globules que chez aucun autre, et l'existence du bruit des artères, dans ce cas isolé, vient très bien justifier les principes que nous avons déjà posés sur le rapport qui lie la manifestation du bruit avec un certain degré de diminution des globules.
» L'aspect que présente le sang dans les différentes périodes de la phthisie pulmonaire s'explique aussi très bien par les changements qui surviennent alors dans sa composition.
» En effet , dans la première période de la maladie , le sang n'offre rien de particulier, si ce n'est que le caillot est généralement assez petit et assez dense , ce qui s'explique par la médiocre quantité des globules et par la conservation du chiffre normal de la fibrine.
» Mais à mesure que la maladie avance, et que les tubercules se ramollissent d'abord, puis se creusent en cavernes, le caillot, tout en devenant de moins en moins volumineux, se recouvre d'une couenne qui se montre d'autant plus épaisse et d'autant mieux formée que la désorganisation pulmonaire est plus avancée. Deux circonstances contribuent évidemment ici à la production de cette couenne ; la première, c'est l'augmentation de la fibrine qui a lieu si fréquemment dans le dernier degré de la phthisie, et la seconde , c'est la diminution de plus en plus grande que subissent alors les globules ; il y a donc alors, par une double cause , excès de la fibrine par rapport aux globules , et si le sang coule convenablement , une couenne doit nécessairement se former. C'est effectivement ce qui arrive, et l'existence de la couenne à la surface du caillot est un phénomène presque aussi constant dans les périodes avancées de la phthisie pulmonaire que dans la pneumonie ou dans le rhumatisme articulaire aigu. Relativement aux causes qui président à sa formation , elle tient