CAUSE DES AFFECTIONS SCROFULE USES
du mouvement , du sentiment et des perceptions des sens, et que son influence sur la nutrition n'est que secondaire. Par exclusion , il ne reste donc comme seul véhicule des matières morbifiques constitutionnelles répandues dans tout l'organisme que le liquide qui le parcourt dans toutes ses parties , et qui préside à la nutrition normale. 11 doit nécessairement jouer le plus grand rôle dans la nutrition morbide et dans les dépôts hétéromorphes.
2° Un autre argument en faveur de la préexistence de ces matières dans le sang est que les affections scrofuleuses et tuberculeuses, ces dernières surtout , se localisent de préférence dans les parties très riches en vaisseaux et en sang , et notamment là où les parties qui entourent les vaisseaux ne sont pas trop serrées et trop denses ; de là leur fréquence dans les poumons et le tissu sous-séreux, ainsi que dans les glandes lymphatiques ; dans la pie-mère nous voyons même souvent les granulations tuberculeuses déposées de préférence immédiatement autour des petits vaisseaux. Par cette même raison, nous trouvons le tubercule pulmonaire plus souvent déposé dans le tissu cellulaire des poumons que dans les parois plus résistantes des petites bronches ou des bronches capillaires. Les scrofules, qui se montrent plutôt sous forme d'affection éliminatoire , souvent d'apparence inflammatoire et pyogénique, sans déposer une matière saisissable par les sens , peuvent avoir pour siège des parties et des tissus plus denses et plus résistants , tels que la peau , les os , et les articulations. Mais toujours est-il qu'elles ont aussi une prédilection marquée pour les parties riches en vaisseaux.
En résumé nous arrivons donc aux conclusions suivantes :
1° L'existence des tubercules et des scrofules clans la masse du *ang n'est point prouvée jusqu'à présent par l'observation directe.
2° L'hypothèse que la dernière cause des tubercules et des scrofules réside dans une altération particulière du sang a pour elle des raisons de probabilité.
3° On ne peut donc pas , d'après cela , décider s'il y a analogie ou différence entre le principe tuberculeux et le principe scrofuleux , tel qu'il se trouverait dans le sang.
4° La fréquente coïncidence des deux maladies chez le même individu ferait croire , pour les deux maladies , à un principe semblable, qui ne serait cependant pas identique parce que l'une et l'autre des deux affections peut se localiser sans être compliquée l'une de l'autre chez le même individu.
Nous ne regardons , par conséquent , que la première conclusion ,
&6 SIÈGE ET AFFECTIONS DES SCROFULES ET DES TUBERCULES, toute négative qu'elle est , comme certaine ; la seconde est une hypothèse probable , et les deux autres sont plutôt des sujets de discussion et de méditation que même des hypothèses.