TRAITEMENT DES SCROFULES
valeur est bien plus rationnel que de trop les prôner en les regardant à travers le prisme de l'optimisme, ou de trop les dénigrer parce que leur action n'est pas infaillible, et parce que, même pour les meilleurs de ces moyens , il reste encore un champ pour le doute.
Quant aux principales indications que le praticien doit avoir en vue dans la thérapeutique des scrofules , nous pouvons les résumer dans les propositions suivantes ; il s'agit :
1° De modifier l'ensemble de la constitution au point de faire disparaître les diverses formes de localisation du mal , en cherchant à atteindre sa source qui est , à notre avis , dans le sang ; en un mot, modifier la qualité primitive et l'élaboration continuelle du sang, de façon à le ramener à l'état normal.
2° Chercher à atteindre les causes extérieures capables d'entretenir la maladie , et placer les malades dans des conditions favorables à la guérison en réunissant, autant que possible, toutes les circonstances dont l'ensemble constitue une bonne hygiène.
3° Chercher à remplir les indications spéciales qui ont rapport aux diverses formes de localisation des scrofules, en fixant son attention sur chaque maladie locale sous le triple point de vue de son apparition , comme reflet d'une maladie générale , comme affection localisée dont la marche naturelle donnée est à modifier avantageusement par l'art , et sous le point de vue, enfin, de parer à tous les accidents immédiats que peut entraîner chaque symptôme local en particulier.
4° La maladie étant éteinte dans l'économie, il reste au praticien la tâche de remédier aux conséquences d'une guérison incomplète , aux difformités qui survivent trop souvent aux scrofules. Il faut chercher, en un mot , à obtenir, par le secours de la chirurgie, ce que ni les seuls efforts de la nature, ni le traitement médical et hygiénique seuls ne sauraient atteindre. Les ressources de cette espèce se trouvent surtout dans cette belle conquête de la chirurgie moderne , dans l'orthopédie opératoire.
Le traitement à mettre en usage pour remplir ces indications se compose de l'hygiène , du traitement médical et du traitement chirurgical .
A. Traitement hygiénique.
Nous renvoyons pour les détails sur ce sujet au chapitre des tubercules glandulaires externes dont le traitement offre , en général , plus d'un rapport avec celui des scrofules proprement dites. Les
% THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE DES SCROFULES ET DLS TUBERCULES, conditions les plus essentielles à remplir clans l'hygiène des scrofuleux, qui constitue tout le traitement prophylactique, consistent à régler avec soin leur alimentation , la salubrité de leur habitation , l'exercice^ les vêtements , etc. Leur nourriture doit être, avant tout, substantielle et de bonne qualité. Chez les jeunes enfants, prédisposés par des antécédents de famille , on ne saurait mettre assez de soin dans le choix d'une bonne nourrice. Une mère qui a été scrofuleuse pendant son enfance ne doit pas nourrir ses enfants ; il faut que la nourrice qu'on choisira ait non seulement un lait convenable et les apparences d'une bonne santé , mais il faut aussi qu'il y ait chez elle absence de tout antécédent scrofuleux. Toute autre nourriture ne remplaçant qu'incomplètement, pour les jeunes enfants, le lait de la femme , il ne faut les sevrer qu'après la première année révolue ; mais on peut de bonne heure faire usage d'un régime en partie animalisé. La régularité dans les repas, le sommeil et le séjour à l'air, doivent faire le sujet de toute l'attention du médecin et des parents.
En thèse générale, les scrofuleux doivent suivre un régime tonique , mais il ne faut pas leur donner à manger trop souvent , ni trop à la fois. Leur nourriture doit se composer de potages bien apprêtés, de viandes succulentes , de bons légumes de la saison , de fruits bien mûrs, de bon vin coupé avec de l'eau ou de la bière légère. Le café de gland est un excellent adjuvant hygiénique ; le régime doit n'être ni trop exclusivement animalisé, ni trop végétal. Nous ne partageons pas le préjugé de beaucoup de médecins allemands contre les aliments farineux qu'ils proscrivent d'une manière trop exclusive.
La diète doit être beaucoup plus sévère lorque les malades sont atteints momentanément de ces inflammations intercurrentes aiguës ou sub-aiguës , si fréquentes dans les scrofules, surtout lorsqu'elles s'accompagnent de fièvre, de soif et d'inappétence ; mais il ne faut pas que cette diète sévère soit trop prolongée.
Respirer un air pur est une des conditions hygiéniques importantes dans cette maladie : il faut, par conséquent , opérer les changements d'air nécessaires, si la position du malade le permet. Les bords de la mer et les régions sub- alpines sont les plus recherchés, et tel air qui ne préserve pas les indigènes des scrofules, peut être utile comme changement à ceux qui arrivent d'une contrée différente.
L'habitation doit être saine ; il faut surtout éviter les appartements humides, sombres, entourés, de hautes murailles, mal aérés en un mot. Les scrofuleux doivent vivre, autant que possible, en plein air, et on doit plutôt les exciter à se livrer aux jeux de l'enfance que de
TRAITEMENT DES SCUOFULES. 97 les envoyer de trop bonne heure à l'école. La gymnastique et les bains de rivière doivent être mis en usage de très bonne heure.
En un mot : tonifier toute la constitution pour contre-balancer les effets d'une maladie essentiellement débilitante , tel est le but qu'on doit se proposer, avant tout, dans l'hygiène des scrofuleux.
B. Traitement médical.
Nous avons déjà dit, plus haut, que nous ne reconnaissons aucun spécifique direct contre les scrofules, tout en convenant de l'utilité d'un certain nombre de moyens dans le traitement de ces maladies. Nous allons donc jeter un coup d'œil sur la valeur générale des principaux d'entre eux.
1° L'iode. Dès que M. Coindet de Genève eut découvert l'action antistrumeuse des préparations d'iode , l'attention des médecins fut dirigée, d'une manière incessante, vers l'étude des propriétés thérapeutiques de cette substance et de ses diverses combinaisons, et presque immédiatement après cette découverte , on s'est hâté de les mettre v?n usage dans le traitement des scrofules. Ce sont surtout MM. Lugol (1) et Baudelocque en France, Kolley en Angleterre, Formey en Allemagne , qui les premiers ont étudié avec soin l'action de l'iode sur ces affections. Enhardis par quelques succès, ces auteurs, parmi lesquels M. Baudelocque se distingue par une grande impartialité , ont cru pendant quelque temps avoir trouvé un véritable spécifique contre les scrofules ; détrompés bientôt par de nombreux revers, beaucoup de médecins sont tombés dans l'excès contraire, et ont nié toute action de cette substance sur les affections scrofuleuses. Nier est toujours facile, et le doute qui n'approfondit pas est le propre des esprits à la fois superficiels et prétentieux.
Sans reconnaître à l'iodure de potassium, forme ordinaire sous laquelle nous employons l'iode, une action sur les scrofules aussi constante et aussi certaine que celle qu'il a révélée contre les accidents tertiaires de la syphilis constitutionnelle, nous l'avons cependant trouvé très propre à améliorer l'état général de la santé, principalement chez ceux des scrofuleux dont la constitution n'était pas trop détériorée par une diathèsc vraiment pyogénique et par une suppuration abondante et prolongée. Nous avons vu, sous l'influence de ce I édicament , les fistules se tarir et les ulcères se cicatriser en même
(4) Mémoires sur l'emploi de l iod<; , Paria , 1 829 a 1 831 , in~8.
98 THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE DES SCROFULES ET DES TUBERCULES, temps que les malades reprenaient de l'embonpoint , des forces et de la vigueur. Nous avons trouvé son emploi utile dans les affections chroniques des articulations et des os , surtout quand le travail phlegmasique chronique se manifestait par une tendance au dépôt fibro-plastique abondant ou à l'hypertrophie. Nous l'avons vu réussir plus rarement dans l'ophthalmie et les éruptions cutanées, et , en général, il nous a paru mieux convenir chez les sujets dont la maladie offrait un cachet d'atonie et de torpeur que chez les enfants très irritables , très disposés à des inflammations aiguës , à la formation d'abcès , etc., cas où son action nous a semblé moins sûre et moins efficace Quant à cet état vraiment cachectique que l'on dit survenir quelquefois à la suite de l'emploi de l'iode, même à doses très modérées , nous ne l'avons observé, à une seule exception près, que chez les individus atteints d'un goitre plus ou moins volumineux dont la diminution rapide a coïncidé avec l'apparition d'accidents hectiques. Nous avons déjà exposé ailleurs notre manière de voir sur la cause de ces symptômes que nous attribuons à la prompte absorption de la substance du goitre qui, transformée par l'endosmose et jetée dans le torrent de la circulation, produit un trouble assez marqué dans toute l'économie. Malgré la maigreur extrême à laquelle ces accidents réduisent les malades , ceux-ci se rétablissent ordinairement au bout de quelques mois. Cette opinion est aussi celle du docteur Prévost (de Genève) qui, il y a huit ans déjà, a attiré mon attention sur ce point ; elle a été , en outre , publiée avant nous par M. Roeser (1) qui, sans avoir eu connaissance des recherches de M. Prévost et des miennes sur ce sujet , est arrivé au même résultat. Il est positif qu'on peut donner les préparations d'iode pendant longtemps dans les scrofules et la syphilis sans le moindre inconvénient, et il n'est pas rare même de voir des malades engraisser sous l'influence de son usage. Pour les praticiens cependant qui ont exercé en Suisse ou dans d'autres pays de montagnes , il ne peut pas rester de doute sur les dangers de l'iode dans le traitement du goitre, sur lequel il a une telle influence , lorsqu'il n'y a qu'une simple hypertrophie de la thyroïde, sans formation de kystes et de concrétions, que des doses très petites suffisent souvent pour le faire diminuer rapidement ; aussi peut-on éviter tous les accidents , si on ne fait usage de l'iode, dans ces cas, qu'à très petites doses, avec de fréquentes interruptions et en mesurant attentivement la tumeur pour
(1) Archives de médecine et de physiologie , de Griesinger, année 4 847.
TRAITEMENT DES SCROFULES. 99 pouvoir surveiller, à coup sûr, le degré de diminution qu'elle subit. Cette digression nous a paru nécessaire parce que, si, d'un côté elle inspire la prudence dans le traitement du bronchocèle , elle montre cependant que l'on peut employer l'iode à fortes doses et pendant longtemps chez les scrofuleux non atteints de cette complication.
L'iodure de fer est une préparation utile surtout chez les scrofuleux dont la constitution est débilitée. Nous donnons l'iodure de potassium à la dose de 50 centigrammes , à un gramme par jour ; l'iodure de fer à celle de 20 à 50 centigrammes sous forme de sirop à la dose de 2 à 4 cuillerées à bouches dans les vingt-quatre heures. Nous alternons souvent ces deux préparations soit entre elles , soit avec l'huile de foie de morue.
Ajoutons enfin que , malgré l'utilité bien constatée de l'iode dans les scrofules, nous ne possédons pas encore, dans l'état actuel de la science , des règles fixes et des indications nettes et précises sur son emploi.
2° L'huile de foie de morue. Il est peu de médicaments dans la thérapeutique moderne qui , dans l'espace de quelques années , aient acquis une plus grande vogue dans le traitement des scrofules que l'huile de foie de morue. Employée depuis vingt ans déjà en Allemagne, depuis plus longtemps même sur les bords de la mer Baltique, c'est depuis dix ans à peine que ce nouveau médicament , dont cependant quelques érudits croient avoir trouvé l'indication dans Pline l'ancien , a été introduit dans la matière médicale française. Annoncer qu'un médicament est arrivé à une grande réputation , c'est dire à celui qui est au courant des fluctuations habituelles de l'esprit médical , que ses vertus curatives ont été tour à tour trop exaltées et trop rabaissées. Le résultat de notre propre expérience est que ce moyen s'adresse essentiellement à la nutrition en général, et que, mis en usage pendant longtemps, il peut améliorer notablement toute la constitution et agir ainsi sur la disposition scrofuleuse ; cependant l'on a vu assez souvent que la même quantité d'huile qui avait fait un bien marqué à certains malades , ne produisait aucun effet avantageux sur d'autres , placés en apparence dans les mêmes conditions morbides. Cette inégalité d'action est un fait important à signaler. Nous regrettons de ne pas pouvoir encore le formuler dans des proportions numériques exactes, ce qui, du reste, pour les maladies à marche très chronique, est toujours de la plus grande difficulté. C'est dans l'arthrite des scrofules, dans les maladies du système osseux et dans la carie articulaire surtout que nous avons
100 THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE DES SCROFULES ET MS TUBERCULESobservé les meilleurs effets de l'huile de foie de morue ; ajoutons cependant que ce n'est que dans $ de ces cas environ , que cette action favorable s'est manifestée. Nous n'avons pas constaté l'effet salutaire de l'huile de foie de morue dans l'ophthalmie des scrofuleux, quoique l'opinion contraire ait été avancée par beaucoup de médecins suisses , et consignée dans le rapport sur l'huile de foie de morue, lu par M. Lombard, à la Société helvétique de sciences naturelles, à Genève, le 12 août 1845 (1). Nous n'en avons pas observé non plus une action bien marquée dans les maladies éruptives des scrofuleux. Au total, ce médicament paraît donc, lorsqu'il opère, s'adresser de préférence à la nutrition ; il n'agit ainsi qu'indirectement sur les phénomènes locaux ; il semble toutefois doué d'une action plus directe sur les maladies du système osseux. 11 est essentiel d'en continuer l'usage longtemps , pendant des mois, pendant une année et au-delà; en ayant soin de l'interrompre après six semaines à deux mois, et d'alterner souvent son emploi avec celui des iodures. Il n'est pas nécessaire de porter la dose journalière au-delà de 30 grammes. Après un certain temps d'usage, il produit souvent des embarras gastriques qui cèdent ordinairement, au bout de quelque jours, à la diète et à l'emploi d'un purgatif , et bien mieux encore, à celui d'un vomitif.
3° Les mercuriaux ont été vantés dans le traitement des scrofules par les médecins anglais, ainsi que par l'ancienne école allemande. On a surtout recommandé le calomel , le bichlorure de mercure et le sulfure noir de mercure. Nous n'avons jamais observé que ces médicaments fussent d'une grande utilité contre les scrofules proprement dites. Nous aimons, il est vrai, à employer le calomel d'une manière passagère et intercurrente dans la période aiguë des inflammations chez les scrofuleux, il en diminue réellement l'intensité ; mais nous ne lui reconnaissons pas la moindre action spéciale sur la dernière cause de ces localisations phlegmasiques , sur les scrofules en elles-mêmes. Quant au sulfure noir, nous n'avons jamais compris ce qui l'avait fait introduire dans la thérapeutique de ces affections. Nous n'avons pas observé un seul cas d'amélioration réelle sous l'influence de ce sel de mercure ; et quant au bichlorure , nous manquons d'expérience personnelle sur l'opportunité de son emploi dans les scrofules , quoique les deux médecins qui insistent le plus sur son
(1) Schioeizerischè sëitschrifl fur medizin , etc., année 1845, p. 343-
IT. AITKMKN I' im:s scrofi i.i s. 101 etf'et .salutaire dans <'es circonstances méritent certainement de la confiance : l'un est !U. Kopp de Hanau, un des lions praticiens du midi de l'Allemagne'; l'autre M. Phillips, à Londres, observateur consciencieux et sagace.
On donne le calomel à la dose de 15 à 30 centigrammes par vingtquatre heures, divisé en 3 à 6 doses ; on peut porter celle du sulfure de mercure à 1 gramme et 2 et au-delà, dans le même laps de temps. Le sublimé s'administre à la dose de 1 à 2 centigrammes tout au plus par jour, soit en pilules , soit en solution avec du sirop de salsepareille. L'application locale des mercuriaux peut également devenir fort utile dans le traitement des diverses localisations ; l'action résolutive de l'onguent napolitain est généralement connue ; le sublimé en très forte dilution passe pour exercer une influence salutaire sur les maux d'yeux des scrofuleux 5 la pommade de précipité rouge est peutêtre ceïï$ qui est le plus généralement employée dans le traitement de la blépharite chronique. Une pommade de précipité rouge beaucoup plus forte constitue un des meilleurs topiques dans les ulcères atoniques des scrofuleux; les lotions de sublimé et la pommade de nitrate de mercure trouvent une application utile dans les dermatoses rebelles .
4° L'or , métal que nous avons peu expérimenté nous-même , a surtout été prôné par l'école de Montpellier; il compte encore aujourd'hui beaucoup de partisans qui le regardent comme un bon antiscrofuleux ; de ce nombre sont MM. Prévost, Lallemand et Legrand(l). En nous abstenant de nous prononcer sur la valeur curative de ce métal , nous nous bornerons à en indiquer le mode d'emploi, tel que notre ami, M. Prévost (de Genève), le met depuis longtemps en usage : La préparation la plus douce est l'or divisé par le mercure employé à la dose de 4 à 5 centigrammes, deux fois par jour, en friction sur la langue; on augmente la dose progressivement et, au bout de quinze jours, on passe à l'usage de l'oxyde d'or précipité par la potasse , pris intérieurement , deux fois par jour, à la dosede2à3centigram. ; quinze jours à trois semaines après, il est bon de passer à une préparation encore plus énergique , le muriate d'or et de soucie, à la dose de 3 à 4 milligram., que l'on combine avec 5 à 6 centigram. de poudre de lycopode, lavée à l'éther, parce que sans cela la quantité employée en friction sur la langue serait trop petite pour être bien dosée.
(4) De l'or dons le traitement des scrofules , Pnris , 1837, in-8.
On peut aussi prescrire avec avantage le muriate d'or sous une autre forme, assez commode à prpndre à l'intérieur. On fait dissoudre 20 à 30 centigram. de muriate d'or dans 60 grammes d'eau distillée, et on donne de ce mélange trois ou quatre fois par jour, 15 à 20 gouttes. Comme effet local de l'or, lorqu'on l'emploie en frictions sur la langue, on observe une légère irritation à la bouche et une salivation peu notable et peu incommode. En même temps le pouls se relève , l'appétit devient meilleur, l'état des forces et de toute la santé générale s'améliore. Quelquefois , l'or produit des crises fébriles. En général, il est bon, pendant son emploi, de bien surveiller la circulation et de préserver les malades des vicissitudes atmosphériques. (Note du docteur Prévost).
5° L' hydrochlorate de baryte , recommandé pour la première fois contre les scrofules par Crawford, a toujours joué un rôle important dans la thérapeutique antistrumeuse. Il a eu pour partisans , dans la génération de médecins qui nous a précédés , des hommes très célèbres , tels que Pearson , Hufeland , Pinel ; et des antagonistes non moins renommés, A. Portai , Jadelot et Guersant. De nos jours, nous trouvons les opinions également partagées ; Pirondi de Marseille a vanté outre mesure son utilité , et en a porté la dose beaucoup plus loin que les autres médecins. Nous avons vu, en 1835, expérimenter sa méthode par Lisfranc qui en disait beaucoup de bien dans ses leçons cliniques. Préférant toujours l'observation à la confiance aveugle dans les paroles d'un homme, nous avons suivi attentivement les malades qui avaient été soumis à ce traitement , et nous n'avons pas pu trouver un seul cas dans lequel le muriate de baryte ait amené une amélioration incontestable. M. Baudelocque est également grand partisan de ce médicament; M. Phillips de Londres en a aussi observé de bons résultats , comme améliorant l'ensemble de la santé des scrofuleux. Je n'ai pas été aussi heureux que ces auteurs, cependant il n'y a guère de forme de scrofules contre laquelle je n'aie eu occasion d'employer ce sel ; mais le peu de succès que j'en ai obtenu a fait que, depuis longtemps, j'ai eu peu recours à ce médicament. Nous pourrons en dire autant de l'hydrochlorate de chaux et des alcalis , parmi lesquels l'hydrate de potasse , sur la recommandation de Brandish , a été pendant quelque temps très usité comme antiscrofuleux ; il résulte de tout ce qui a été écrit sur ce moyen , qu'employé même pendant longtemps , il est mieux supporté qu'on ne l'aurait cru à priori ; sans que son influence curative sur les scrofules soit réellement démontrée.