‹ Traité pratique des maladies scrofuleuses et tuberculeusesChapitre 72 sur 98 · PATHOLOGIE DK U'ARTHRITE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE DK U'ARTHRITE CHRONIQUE

le pourtour de l'articulation. On rencontre autour du pied des ulcères parfois très étendus. Le tissu fongueux existe également en quantité assez notable; il est rare que la jointure contienne beaucoup de liquide. C'est dans cette articulation que l'on observe de préférence ce bourgeonnement uniforme et comme velouté de l'extrémité des os qui, en décollant le cartilage diarthrodial , a fait croire à la continuation de la synoviale entre l'os et le cartilage. Les os du tarse sont souvent assez mous, comme raréfiés et infiltrés de sérosité sanguine ; on observe, en outre, la carie ou la nécrose des os qui concourent à la formation de cette articulation, constituant tantôt la cause, tantôt un des effets de l'arthrite.

4° Le coude, si souvent malade chez les scrofuleux , présente moins souvent que le genou un développement fongueux considérable ; on y observe ou la forme pyogénique ou une inflammation tendant plutôt aux exsudations plastiques et à l'ankylose : c'est peut-être l'articulation dans laquelle l'arthrite se termine le plus souvent de cette manière.

La carie des condyles de l'humérus occasionne très souvent l'inflammation de cette jointure. Les cartilages n'y éprouvent que rare ment des altérations aussi profondes que dans le genou. L'enroidissement des tendons voisins , et surtout de celui du biceps , est une des causes qui y favorisent le plus la contracture et l'ankylose.

§ II. Pathologie de l'arthrite chronique des scrofuleux.

Nous ne pouvons énoncer dans les pages suivantes que les points les plus essentiels de la pathologie des maladies articulaires que l'on observe chez les scrofuleux ; nous renvoyons donc pour plus de détails , aux ouvrages de Brodie et surtout de Bonnet , ainsi qu'aux traités spéciaux de chirurgie de Boyer, de Vidal, de Nélaton.

Nous allons d'abord exposer les caractères communs de la phlegmasie chronique des diverses articulations ; nous donnerons ensuite quelques détails sur l'affection des principales jointures sur lesquelles on observe le plus souvent la localisation scrofuleuse. Pour mettre de l'ordre dans cette description générale, nous divisons les symptômes en trois groupes : A. Changements physiques. B, Changements physiologiques. C. Altérations de la santé générale. Nous indiquerons ensuite la marche et le groupement de ces divers symptômes.

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A. Ùliangements physiques.

a. La coloration de la surface de là peau reste normale au début; plus tardla peau est souvent tendue et luisante, offrant un développement veineux plus ou moins prononcé ; elle devient rose ou d'un rouge plus vif, lorsqu'il se forme des abcès.

b. La température de la surface reste normale, lorsque le siège de l'inflammation chronique est profond, comme, par exemple, dans l'arthrite de l'épaule ou de la hanche 5 elle est parfois notablement augmentée dans les articulations plus superficielles ; c'est surtout au genou qu'on aperçoit une augmentation de chaleur comparativement au genou sain.

c. Le volume augmente d'une manière marquée dans les articulations superficielles, comme au genou, au coude et au pied. Le siège de l'engorgement varie selon la conformation particulière de chaque articulation- Les saillies anormales déforment: au genou, la partie sus-rotulienne, ainsi que les côtés du tendon rotulien et le creux du jarret; au pied, la partie antérieure sous-malléoiaire ; au coude, la région postérieure de l'articulation, le pourtour des condyles de l'humérus et de l'olécrâne. Lorsque l'augmentation de volume est due à une accumulation de liquide , l'engorgement est plus diffus : on voit saillir sous les téguments la capsule et la membrane synoviale distendues partout où les os n'opposent point d'obstacle à leur ampliation.

d. La forme de l'articulation suit naturellement les phases de l'engorgement ; même dans les jointures où celui-ci ne peut être directement apprécié , il y a dans la forme des indices de quelque valeur. Tel est , par exemple, l'aplatissement de la fesse et l'effacement du pli au-dessous, dans la coxalgie. La déformation est irrégulière dans l'arthrite tibio- tarsienne, elle se rapproche souvent delà forme globuleuse dans le genou; l'engorgement est plutôt fusi forme dans la tumeur blanche avancée du coude.

e. Des déplacements de diverse nature sont également la conséquence des progrès de l'arthrite : ainsi l'engorgement des condyles du fémur peut déjeter le tibia en dehors ; ainsi la rétraction des parties ligamenteuses , des tendons du muscle semi- tendineux et du semimembraneux, peut rétracter le genou et altérer également les rapports de position entre le fémur et le tibia. Ainsi, dans la coxalgie, la tête du fémur peut s'enfoncer davantage dans le cot}de ou le quitter

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