‹ Traité pratique des maladies scrofuleuses et tuberculeusesChapitre 74 sur 98 · C. Altérations de la santé générale · texte numérisé non relu

C. Altérations de la santé générale

Peu affectée au début, la santé générale s'altère ordinairement dans le courant de lamaladie, mais d'une manière bien diverse, selon l'articulation malade La coxalgie est celle qui la trouble lepluspromptement et le plus profondément. L'arthrite tibio-tarsienne influe sur elle principalement, lorsqu'il y a de nombreuses fistules et une abondante suppuration. Quant aux affections du genou et du coude, la synovite, et surtout sa forme purulente l'altèrent bien plus promptement que l'ostéite articulaire. La formation du pus provoque plutôt la fièvre que tous les autres symptômes phlegmasiques, et la suppuration intra-articulaire exerce, en général, une plus fâcheuse influence que celle des parties osseuses ou molles extérieures. Des douleurs vives et continues peuvent aussi troubler l'état général, en privant les malades de sommeil ; les forces et l'embonpoint diminuent par cela même. La, diarrhée et les sueurs nocturnes ne surviennent ordinairement que vers la fin. Tous ces symptômes, cependant, peuvent se dissiper lorsque la maladie, après avoir été très grave, s'améliore et tend vers la guérison, ou lorsqu'on délivre le malade par l'amputation de la cause de toutes ses souffrances. Ce sont principalement la coxalgie et l'arthrite du genou qui entraînent la mort, lorsque les malades se refusent à l'amputation , ou lorsque celle-ci est devenue soit inutile, soit impossible. Il en est de même lorsqu'il survient des complications avec d'autres affections graves, parmi lesquelles la tuberculisation pulmonaire est assez fréquente et du plus mauvais pronostic. Du reste, les malades peuvent succomber aux progrès seuls de la fièvre hectique, lorsque la suppuration est très abondante , en l'absence même de complication tuberculeuse. Dans quelques cas, enfin, ils succombent à des inflammations intercurrentes des voies respiratoires.

La marche de l'arthrite chronique chez les scrofuleux est très variable ; elle peut exister pendant un certain temps presque à l'état

latent, avant de se manifester avec tous ses symptômes. 11 arrive souvent aussi qu'une de ces affections, primitivement lente, devient tout à coup aiguë; il n'est pas rare non plus d'observer des alternatives d'un état sub-aigu et d'une marche lente et chronique.

Chez les malades franchement scrofuleux, nous avons vu plusieurs fois des arthrites chroniques fort avancées, et en apparence très graves, rester d'abord stationn aires, faire place ensuite à une amélioration notable, et enfin arrivera une guérison presque complète, au point qu'il n'en restait que de la gêne dans les mouvements et de la difformité ; et encore ce reste de maladie pouvait-il , par la suite, être considérablement amendé par les ressources de l'orthopédie opératoire.

Les diverses périodes de l'arthrite chronique, bien que sans démarcation nette, correspondent cependant à des différences marquées et importantes sous le point de vue pratique. On peut ainsi admettre la période du début, celle de l'accroissement, et comme troisième période, celle de la guérison ou celle de la marche destructive. La première se caractérise par la gêne des mouvements et des douleurs sourdes; la seconde, par l'augmentation de ces symptômes, par l'engorgement, la déformation, l'altération de la santé générale. La période curative se signale par la diminution graduelle de la plupart des phénomènes morbides ; tandis que la période destructive , au contraire , présente un accroissement des souffrances et des altérations, s'accompagne de dépérissement, et se termine ou par la nécessité de l'amputation, ou par la mort.

Après ces remarques générales sur l'arthrite chronique des scrofuleux, nous allons passer en revue la phlegmasie des articulations que l'on trouve le plus fréquemment malades chez eux, savoir : celles de la hanche, du genou, du pied et du coude.

'1° Arthrite chronique iléo- fémorale.

Cette maladie a été décrite sous les noms divers de coxalgie , de coxarthrocace, de luxation spontanée, de tumeur blanche de la hanche, etc. Elle est, sans contredit, de toutes les maladies articulaires, celle qui a donné lieu aux discussions les plus multipliées depuis les temps de Jean-Louis Petit jusqu'à nos jours. On comprendra aisément que nous laissions de côté toute digression sur ces discussions reproduites aujourd'hui dans tous les traités de chirurgie : nous nous bornerons à donner d'abord un tableau général de la maladie, et à

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