‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 11 sur 34 · DE LA BLENNORRHAGIE · texte numérisé non relu

DE LA BLENNORRHAGIE

chez la Femme,

Nous avons vu que le canal de T urètre était le siège constant et exclusif de la blennorrhagie, chez l’homme. Les choses ne se passent pas ainsi chez la femme-, l’urètre est même moins souvent affecté que le vagin, et le nom d’Urétrite ne saurai t convenir à cette maladie, au moins dans les cas les plus communs. Il doit être remplacé par celui de Vaginite, d’Urétro- Vaginite ou mieux peut être par celui de Blennorrhagie qui , ne préjugeant rien sur le siège du mal , en indique bien la nature propre \ car c’est par un flux plus ou moins abondant de muco-pus qu’il est réellement constitué.

Tout le vagin est envahi par la phlegmasie. Celle-ci peut pourtant se borner quelquefois à n’affecter que la partie la plus profonde , le col utérin ou même la cavité de la matrice , ou les parties les plus extérieures , la vulve même seulement , et c’est ce qu’on rencontre particulièrement dans les écoulemens des petites filles soumises au travail de la deuxième dentition.

Il est très-rare que le canal de l’urètre soit seul enflamme'-, l’existence de l’urétrite proprement dite,

sans vaginite, est même niée , quoique à tort , par plusieurs auteurs. Le plus souvent l’urètre et le vagin sont en même temps le siège d’une phlogose, d’intensité absolue et relative fort variable, et contribuent l’un et l’autre à l’écoulement.

La présence du flux urétral ne peut pas être considérée uniquement comme une simple complication de la vaginite,* plusieurs sypbilographes sont portés aujourd’hui à lui attribuer , a titre de caractère étiologique et symptomatologique , une importance sur laquelle je vais revenir.

Les causes de la blennorrhagie de la femme sont nombreuses et variées. Le coït avec un homme porteur d’écoulement contagieux doit être naturellement cité en première ligne : c’est particulièrement dans ce cas qu’on observe l’inflammation de l’urètre coïncidemment avec celle de la muqueuse vaginale. Des observations assez nombreuses ont amené quelques auteurs à voir dans cette coïncidence un indice presque assuré que la maladie avait été contractée par suite d’un commerce suspect , et un moyen de la différencier de ces vaginites accidentelles, dues seulement à des flueurs blanches exaspérées par des causes quelconques , mais tout à fait étrangères aux affections vénériennes. Cette assertion mérite une attention sérieuse. Sans doute , avant de passer en principe , elle demande encore à être corroborée par de nouveaux faits 5 mais il faut convenir déjà , que l’écoulement par l’urètre se montre habituellement à la suite de la blennorrhagie provoquée par le coït, tandis qu’il est extrêmement rare et tout à fait exceptionnel

de le rencontrer dans les vaginites appartenant h d’autres causes.

Toutes les contusions du vagin peuvent aussi produire cette maladie } ainsi le coït trop souvent répété surtout avec des hommes à pénis relativement trop volumineux , les excès de masturbation, le passage de la tête de l’enfant pendant l’accouchement, l’introduction du forceps*, il faut mentionner également la présence de polypes utérins , l’équitation prolongée , l’usage” de certaines chaufferettes, l’état vermineux, le travail de la dentition, la constipation opiniâtre.

Les affections herpétiques étendues , paraissent avoir plus d’influence , comme causes , sur les écoulemens du vagin , qu’elles n’en ont sur les flux urétraux chez l’homme.

Il en est de même de la constitution lymphatique et des divers degrés de la maladie scrofuleuse. Tandis que le contraire a lieu pour les affections rhumatismales et goutteuses qui , du reste , sont bien plus fréquentes dans notre sexe que dans l’autre.

La possibilité de rattacher la blennorrhagie que présentent quelquefois les très-jeunes filles, au travail de la dentition , à un état vermineux , ou à certaines habitudes de masturbation , peut avoir une grande importance dans quelques cas de médecine légale. J’ai eu à donner mon avis, il y a plusieurs années déjà , dans un fait de ce genre fort embarrassant. Un industriel de Toulon ayant logé un jeune apprenti de seize ans , dans la même chambre que sa petite fille âgée de neuf ans, s’aperçut

un jour, que celle- ci portait souvent ses mains aux parties génitales , affectées , disait-elle , de prurit et de cuisson douloureuse , et que sa chemise présentait des taches jaunâtres. 11 apprit en même temps que le jeune apprenti était atteint d’une gonorrhée fort abondante , et n’hésita pas à croire à de coupables tentatives de sa part.

L’examen attentif de la petite fille me fit constater une dilatation notable de l’anneau vulvaire et une blennorrhagie bornée tout à fait à l’entrée du vagin. Mais cette maladie était-elle due au contact du pus gonorihéique de l’apprenti, et les parens étaient -ils en droit de poursuivre celui ci en justice? Ou bien était-elle seulemenf le résultat de la masturbation et la suite de la constitution fortement lymphatique de la jeune enfant?

Il m’a semblé dans les recherches que j’ai faites à ce sujet que la maladie était habituellement plus profonde et moins bien délimitée quand elle était le résultat de la contagion } tandis que lorsqu’elle était due à l’onanisme, elle n’occupait souvent que l’anneau vulvaire et s’accompagnait de cet évasement prononcé de l’entrée du vagin, que présentent les petites filles vouées à cette pernicieuse habitude.

C’est particulièrement chez la femme, qu’on voit la blennorrhagie survenir à une époque tout à fait voisine du moment ou elle a été contractée. Il n’est pas rare de trouver des femmes qui se plaignent de douleurs vives dans les organes génitaux, de difficulté dans l’émission de l’urine et de sécrétion anormale quelques heures après le coït, et c’est

dans ces cas que l’inflammation paraît habituellement reconnaître pour causes des irritations mécaniques et directes. Mais le plus communément , on observe une véritable période d’incubation analogue à celle que j’ai indiquée chez l’homme, quoique fréquemment moins longue, et variant du deuxième au quatrième ou cinquième jour.

Cette maladie débute quelquefois par des frissons généraux , des pesanteurs aux lombes et dans le bassin. Le plus souvent % elle est seulement annoncée par une espèce de titillation et de démangeaison à la vulve , qui se change bientôt en un prurit incommode et en une cuisson pénible que l’émission de l’urine augmente encore.

Après quelques heures ou un jour au plus, il s’écoule par le vagin ou par le vagin et l’urètre en même temps , un liquide muqueux , jaune ou jaune verdâtre qui tache fortement le linge , et qui est quelquefois assez âcre pour excorier les parties voisines. Le méat urétral s’irrite et se tuméfie, la sortie de l’urine est douloureuse, et, lorsque tout le canal de l’urètre est enflammé , on peut observer, quoiqu’à un moindre degré et moins fréquemment que chez l’homme , des phénomènes de dysurie et même, exceptionnellement, une strangurie complète.

Dans un cas de vaginite avec écoulement abondant que j’ai observé, l’entrée du canal était si fortement enflammée que , malgré l’absence d’urétrite véritable , l’urine n’était rendue que goutte à goutte avec de grands efforts , et qu’il me fallut recourir au cathétérisme.

Enfin , quand la maladie se montre très-intense, les femmes ne peuvent, sans souffrir beaucoup, ni marcher, ni s’asseoir. Elles éprouvent de la tension dans les aines , de l’engorgement dans les ganglions de cette région , des tiraillemens dans le ventre et de la fièvre.

On peut dire pourtant que dans la très-grande majorité des cas, les blennorrhagies présentent des symptômes bien moins violens chez la femme que chez l’homme,* qu elles entraînent bien moins fréquemment aussi des complications fâcheuses*, et si presque toujours, celles qui sont contractées par le çoït sont accompagnées de phénomènes inflammatoires, bien souvent ceux-ci sont assez légers pour passer inaperçus, et pour que les malades soient portées à les considérer comme des exagérations accidentelles et simples, de flueurs blanches habituelles.

La blennorrhagie est due à une véritable affection catarrhale de la muqueuse des voies génitales ou génito-urinaires. A l’état aigu, cette inflammation s’accompagne d’une rougeur plus ou moins vive avec turgescence et vascularisation manifeste , et parfois , dans les cas les plus intenses, avec une sorte d’érosion de quelques points de la muqueuse; mais sans que cet état puisse être confondu en aucune manière avec de vraies ulcérations chancreuses.

Le toucher fait reconnaître une chaleur plus ou moins vive et souvent une tuméfaction prononcée de la muqueuse vaginale.

Le spéculum , si souvent employé de nos jours, a permis de bien étudier les divers aspects de la

muqueuse du vagin frappëe de phlogose , mais il est pourtant encore souvent bien difficile, et quelquefois même impossible, de différencier les colorations de la vaginite contagieuse de celles qui accompagnent certaines flueurs blanches.

Le docteur Jacquemin a appelé l’attention des médecins sur des rougeurs circonscrites aux points déclives du vagin , liées à un écoulement muqueux, et reconnaissant pour cause la grossesse et la congestion des organes du bassin qu’elle occasionne.

Dans des cas de vaginite ancienne et permanente on trouve aussi des érosions , des ulcérations ou des granulations quelquefois fort saillantes au col de la matrice.

Chez toutes les femmes , la muqueuse vaginale sécrète à l’état normal une certaine quantité de mucus acide, blanc, épais, crémeux, non-filant, offrant des globules muqueux irréguliers qui pourraient bien appartenir à ces débris dus à la désorganisation normale et permanente de l'épithélium , signalés par M. Raspail.

Toutes les irritations de ce canal membraneux exagèrent bientôt sa sécrétion, et le mucus, en devenant plus abondant, se montre aussi plus liquide, moins blanc, souvent même jaunâtre ou jaune verdâtre et finit par présenter des globules purulens plus ou moins nombreux.

M. Donné a signalé dans ce muco-pus, avant qu’aucune injection astringente ou qu’aucune application caustique lui ait fait subir de modification notable, un animalcule particulier qu’il désigne sous le nom de Trico-monas vaginale. 11

attache une importance rëelle à la pre'sence de cet animalcule qui n’existe , d’après lui , que dans les cas ou l’écoulement est dû à une vaginite contractée par le coït, et il ne serait meme pas éloigné d’y voir un caractère spécial aux blennorrhagies virulentes. Mais l’observation des faits les plus communs dément cette dernière assertion. En comparant la fréquente existence de la trico-monas vaginale avec la rareté excessive des accidens consécutifs dans la gonorrhée simple chez la femme , il est impossible d’établir une relation entre ces deux faits. Peut être même ne faut -il pas admettre sans de [nouvelles preuves que la trico-monas ne se montre que dans les vaginites communiquées par le coït, diverses causes pouvant modifier une phlegmasie ordinaire du vagin au point de lui faire produire du muco-pus *, et peut être faut-il répéter ici ce que j’ai dit à l’occasion du vibriolineola , c’est qu’il n’est pas impossible que la texture et la conformation particulière des organes jouent dans sa production un rôle tout aussi important que la cause déterminante ou la nature spécifique de la maladie.

M. Ricord examinant au point de vue chimique la question d’infection de la femme par son commerce avec un homme affecté d’écoulement blennorrhagique, avoue qu’il ne peut se rendre compte de cette contagion. En effet , dit-il , quelques gouttes de ce liquide alcalin tombant dans la quantité de mucus acide qui lubréfie constamment le vagin et que le frottement et l’orgasme vénérien font sécréter en plus grande abondance encore, elles

devraient y être décomposées immédiatement et éprouver une neutralisation complète de leur principe contagieux. Mais en matière de syphilographie , comme dans toutes les choses humaines , il faut souvent accepter les faits bien établis sans trop chercher à les expliquer.

L’écoulement vaginal donne une urétrite par le coït-, il revêt cette faculté dans certaines conditions souvent inappréciables , il la perd sous certaines influences , sans que l’analyse chimique du muco-pus sécrété ou son étude microscopique, qui peut être sont destinées à fournir, un jour, des notions fort importantes , aient rien appris jusqu’à présent sur cette intéressante question.

Le liquide sécrété par l’utérus est alcalin -, il présente une viscosité analogue à celle du blanc d’œuf et ne contient jamais de trico-monas. Il ne possède qu’à un bien moindre degré la propriété contagieuse } quelques auteurs la lui contestent même tout à fait et attribuent toujours la contagion à l’union de la leucorrhée avec une vaginite plus ou moins apparente.

Ainsi , du reste , que je l’ai admis chez l’homme, l’humeur blennorrhagique de la femme , quelle qu’en soit la source , ne donne rien par l’inoculation 5 les piqûres guérissent promptement sans jamais faire naître de chancres. Cette humeur peut aussi impunément toucher les plaies des sangsues qui seraient placées dans le voisinage de la vulve , et si ces plaies viennent quelquefois à s’enflammer par ce contact irritant, elles n’offrent jamais de dégénérescences douteuses.

Le diagnostic de la blennorrhagie semble très-r facile chez la femme, au premier abord , et cependant il est souvent impossible de la distinguer sûrement des flueurs blanches non contagieuses.

La présence de l’écoulement urétral est d’une grande importance , car celui-ci ne se montre guère que dans les blennorrhagies dues à la contagion et il dénote ainsi , presque à coup sûr, la propriété de se transmettre, dans les vaginites qu’il accompagne. Mais en son absence , et il manque réellement bien des fois , l’existence d’accidens aigus, une coloration plus ou moins vive du vagin , la sortie d’un liquide jaunâtre ou verdâtre , la forme particulière des taches qu’il produit, peuvent-elles suffisamment établir le diagnostic différentiel? A plus forte raison , quelle importance faut-il attacher à la position particulière des taches sur la chemise des malades, circonstance à laquelle certains auteurs ont cherché à donner une valeur séméiotique , en signalant que le flus blennorrhagique souille de préférence le devant de la chemise, tandis que les flueurs blanches ordinaires salissent communément la partie postérieure } ainsi qu’à la persistance ou à la disparition de l’écoulement pendant l’époque des règles, quand l’abondance de celles-ci, chez certaines femmes, peut si facilement tromper l’observateur ?

L’existence même de la trico-monas vaginale peutelle réellement être prise en bien grande considération, dans l’état actuel de nos connaissances, comme le veut M. Donné} et l’importance de cet

animalcule n’a-t-elle pas besoin d’être établie sur de nouvelles observations?

Une circonspection plus grande encore est nécessaire quand on cbercbe à distinguer les vaginites simples et bénignes de celles qui sont réputées virulentes et syphilitiques, car rien ne peut les faire différencier d’une manière certaine. Aussi doit-on toujours attendre avant de recourir à des traitemens anti syphilitiques , l’apparition d’accidens incontestables de vérole , et ceux-ci se montrent encore plus rarement après la gonorrhée chez les femmes que dans notre sexe.

Chez elles aussi, le pronostic de la blennorrhagie est moins grave encore qu’il ne l’est pour nous. Elle laisse assez souvent, il est vrai, après elle., un écoulement de guérison difficile et quelquefois même des humidités vaginales intarissables *, mais les femmes confondent aisément ces restes de maladie avec des flueurs blanches de quantité variables auxquelles elles étaient habituées \ et , à part quelques complications dues particulièrement à l’intensité de la phlegmasie ou à sa grande opiniâtreté , et dont nous allons nous occuper bientôt, la gonorrhée ne donne vraiment lieu , que bien rarement, selon elles, à des accidens susceptibles d’en aggraver le pronostic.

Cette affection se termine fréquemment par résolution, mais souvent aussi elle passe à l’état de véritable blennorrhée.

Quant aux suppurations ou aux dégénérescences gangréneuses qui surviennent parfois dans la période d’acuité des vaginites les plus intenses , nous

nous en occuperons à l’occasion des complications qu’elles peuvent faire naître.

Les émissions sanguines générales ou locales sont rarement nécessitées par la blennorrhagie de la femme. Les urétro-vaginites les plus intenses et les plus étendues en réclament quelquefois à peine l’emploi; l’on doit recourir alors de préférence à la saignée du bras ou aux applications de sangsues au pli de l’aine. Celles-ci conviennent mieux là, qu’à la partie supérieure et interne | des cuisses où quelques auteurs conseillent de les placer habituellement.

Presque toujours les bains généraux tièdes ou les bains de fauteuil , les lavemens émolliens , un régime modéré, les boissons mucilagineuses et un peu de repos suffisent pour dissiper rapidement les phénomènes phlegmasiques qui caractérisent le début de la maladie.

On peut avec avantage prescrire dès les premiers jours les injections vaginales, soit avec de l’eau des bains , soit avec des liquides émolliens divers , de guimauve , de graines de lin , dont on augmente l’efficacité , lorsque la sensibilité est trèsexaltée et à plus forte raison quand les douleurs sont vives , par leur mélange avec les décoctions de tête de pavot , de ciguë , de morelle , ou par l’addition de quantités variables de laudanum ou d’extrait d’opium, et qu’on remplace quelquefois lorsqu’on a besoin d'une action plus soutenue, par des cataplasmes de farine de lin ou de farine de riz, cuits dans des décoctions émollientes ou sédatives.

Quelques auteurs ont conseillé aussi de joindre aux injections émollientes l’usage de tampons faits avec de la charpie douce et molle. Mais ce moyen fort utile à une époque plus avancée de la maladie et quand elle est réduite à un flux plus ou moins abondant , fatigue toujours un peu les parties , pendant la période d’acuité , à titre de corps étranger et par les attouchemens qu’il exige.

Lorsque les douleurs sont dissipées , que les malades n’éprouvent plus ni pesanteur, ni embarras dans le bassin ou dans les parties génitales , qu'il ne reste plus qu’un écoulement de couleur et de quantité variable, on peut avoir recours aux antiblennorrhagiques divers que j'ai indiqués dans le traitement de la gonorrhée chez l’homme.

Quelques uns de ces remèdes produisent réellement de bons effets. Ainsi le baume de copahu et le poivre cubèbe employés a l’intérieur ou en suppositoires, comme l’a proposé M. Donné, agissent efficacement sur le flux urétral $ ainsi le seigle ergoté à la dose de quelques décigrammes paraît avoir une puissance véritable contre les écoulemens fournis par l’utérus^ mais les uns et les autres n’exercent qu’une action insuffisante et souvent fort contestable contre les flux vaginaux.

Les injections astringentes jouissent, dans ces cas, d’une efficacité beaucoup mieux établie et doivent être toujours préférées. On doit les préparer avec l’acétate de plomb a la dose de dix , quinze ou vingt grammes pour cinq cents grammes d’eau commune , d’eau de plantain ou de roses rouges , ou bien avec le sulfate de zinc , le

sulfate de fer, le sulfate d’alumine et de potasse, à la dose de cinq, huit et dix grammes pour la même quantité de liquide, on peut employer aussi avec avantage le ratanhia , le tan , le tannin , l'écorce de chêne, l’écorce de grenade, etc., seuls ou unis aux sels astringeOs que je viens d’indiquer.

Il faut pratiquer ces injections avec une seringue de moyenne grandeur terminée par un syphon olivaire percé en arrosoir , ou à l’aide d’un clysopompe. Les bouts en caoutchouc conviennent mieux que ceux en métal ou tout autre corps dur. Les cataplasmes doivent être portés dans le vagin, au dire des auteurs, avec la seringue à matrice , privée de son syphon $ mais ce mode d’introduction n'est réellement applicable qu’aux femmes dont le vulve présente un certain évasement. J’ai pu les employer tout aussi souvent que les injections, en me servant de la seringue à matrice ordinaire garnie d’un bout en gomme élastique, de la longueur de douze à quinze centimètres, largement perforé à son extrémité, que je fais pénétrer dans le vagin et avec lequel le cataplasme est injecté facilement à la profondeur convenable.

Afin de prolonger l’action des injections et de les rendre plus efficaces, les femmes doivent, lorsqu’elles ne sont plus dans le bain , se placer sur un fauteuil à la Voltaire ou sur une chaise basse, allonger les jambes en les appuyant sur des tabourets un peu élevés , afin que le vagin soit sur un plan inférieur aux membres pelviens et puisse garder quelques instans les liquides qu’on

pousse dans sa cavité. Les injections faites sur les bidets ordinaires ne parviennent que rarement jusqu’au col utérin , ne font que traverser rapidement le vagin et ne peuvent dès lors, presque toujours , exercer qu’une action insuffisante.

Dans ces cas , un tampon de charpie molle , une mèche de grosseur convenable ou une petite éponge douce et fine , portés dans le vagin à une certaine profondeur, augmentent manifestement les bons effets du traitement , tant parce qu’ils maintiennent plus longtemps les substances médicamenteuses en contact avec les tissus affectés , que parce qu’ils s’imbibent des produits de sécrétion morbide dont la présence sur les parois vaginales, peut en entretenir la maladie.

Une injection ayant été préalablement pratiquée, on place ces tampons trempés dans le liquide qui a servi à la faire, et on pousse ensuite par-dessus une nouvelle injection afin de les imbiber convenablement. Mais comme ils doivent être renouvelés une ou deux fois par jour suivant la quantité et la nature de l’écoulement dont ils ne pourraient pas sans inconvénient trop favoriser la stagnation , il est presque toujours bon d’habituer les femmes à les introduire elles-mêmes, soit avec un doigt, soit avec le bout de la seringue*, seulement, presque toujours, elles les laissent trop près de l’ouverture vulvaire et ne les font pas arriver à une assez grande hauteur. Il faut employer les injections émollientes tièdes , mais les injections astringentes et résolutives sont prescrites froides , excepté pourtant en hiver où il est souvent utile

d’atténuer l’impression qu’elles produisent, en (devant un peu leur température. Elles doivent être répétées deux, trois ou quatre fois par jour suivant les maladies. Il convient d’en suspendre l’emploi , pour les dernières surtout , à l’approche des menstrues et pendant leur durée, et de ne les recommencer qu’après la cessation complette du flux périodique.

Cette pratique exige beaucoup de précautions chez les jeunes femmes, dont l’orifice vaginal est peu dilaté, et surtout chez les jeunes filles; il faut craindre aussi chez elles d’employer les tampons , les mèches ou les éponges.

Les injections avec les chlorures alcalins peuvent être substituées à celles qui sont douées de propriétés astringentes ou alterner avec elles, lorsque les liquides se'créte's sont d’une fétidité remarquable. On peut aussi se servir utilement, dans ce cas , d’une solution aqueuse de créosote , dans la proportion de dix à vingt gouttes de créosote pour cent grammes d’eau de fontaine.

Les injections avec l’acétate de plomb prennent quelquefois une coloration noirâtre, qui résulte de la formation d’une certaine quantité d’hydrogène sulfuré , et par suite , de sulfure de plomb dans les écoulemens très-fétides , ou de la pénétration des gaz intestinaux dans le vagin , chez quelques femmes à anneau vulvaire excessivement dilaté.

Les injections urétrales doivent être pratiquées avec les mêmes instrumens que chez l’homme ; elles parviennent presque toujours facilement à tarir le flux produit par l’urétrite lorsque les anti-

blennorrhagiques n’en avaient pas amené la guérison complète.

Les injections vaginales que j’ai indiquées réussissent presque toujours aussi à diminuer considérablement les flux qu’elles ont à combattre -, mais elles ne parviennent pas constamment à assécher toutà-fait le vagin. Les femmes restent fréquemment atteintes, après la blennorrhagie, d’un flux muqueux qu’elles confondent volontiers avec les flueurs blanches auxquelles elles étaient plus ou moins habituées avant la maladie et que présentent du reste bien souvent , sans aucun antécédent suspect , beaucoup de femmes et en particulier celles des grandes villes.

Lorsque pourtant la sécrétion vaginale est assez abondante pour constituer un état morbide véritable, il est utile de recourir à des injections avec une solution de deuto-chlorure de mercure, à la dose de cinquante centigrammes à un gramme ( neuf à dix-huit grains) pour cent grammes (trois onces à trois onces et demie) d’eau distillée, ou de nitrate d’argent cristallisé à la dose de vingt, trente, quarante et cinquante centigrammes (quatre, huit et dix grains) pour cent cinquante à deux cents grammes (cinq, six et sept onces de cette même eau , ou à l’application directe et immédiate d’un gros pinceau de charpie trempé dans une solution chargée d’une quantité double de nitrate d’argent, dans un mélange de uitrate acide de mercure avec quatre et cinq parties d’eau commune ; ou bien, enfin, on peut promener rapidement sur divers points de la muqueuse vaginale un gros crayon de nitrate d’argent bien fixé sur une plume à écrire.

M. Ricord a proposé pour faciliter cette opération, de saisir le nitrate d’argent avec une pince à trois branches emboilée dans une canule droite et tout à fait analogue pour la forme aux anciens instrumens de litliotritie.

Dans ces cas, je déplisse le vagin à l’aide du spéculum, j’applique ensuite le pinceau ou le crayon caustique à mesure que la muqueuse revient sur l’instrument au moment où on le retire, et de façon à toucher des points plus ou moins étendus suivant le degré de la maladie et la susceptibilité des tissus. Souvent , aussitôt après et sans attendre la sortie entière du spéculum , je pousse une injection d’eau froide ou d’un liquide émollient pour limiter exactement l'effet de ces cautérisations que les femmes supportent, du reste, presque toujours très-bien.

Lorsque ces derniers moyens ont échoué, ou lorsqu’ils n’ont amené qu’une guérison imparfaite , et même dans la belle saison avant de les mettre en usage, j’ai fréquemment recours aux bains de mer en pleine côte.

Je fais prendre chaque jour aux malades un hain de dix à quinze minutes seulement d’abord, et qu’elles prolongent bientôt pendant une demiheure , trois quarts d’heure ou une heure.

Je les engage à faire plusieurs injections pendant chaque immersion, à continuer ces bains pendant dix-huit à vingt jours, sans interruption, de manière à ne les cesser qu’à l’approche des menstrues pendant lesquelles il faut toujours les suspendre.

Je les engage ensuite à recommencer, s’il y a lieu, une nouvelle série de quinze, dix-huit à vingt bains après six ou huit jours de repos.

J’ai conseillé depuis plusieurs années l’usage des bains de mer à un très-grand nombre de femmes, comme traitement des flux morbides que la blennorrhagie laisse après elle, ainsi que des flueurs blanches qui ne sont liées à aucune affection particulière de l’utérus ou de son col , et s’ils n’ont pas toujours amené des guérisons complètes, ils sont presque toujours parvenus à amoindrir beaucoup les écoulemens vaginaux et à les réduire à des quantités trop faibles pour exiger d’autres soins.

Quelques auteurs ont proposé la méthode abortive chez la femme comme ils l'avaient fait pour l’homme ; ils ont pensé qu’on pouvait, sans tenir compte de l’époque de la maladie et même des accidens phlegmasiques qui quelquefois l’accompagnent au début , recourir immédiatement à des injections fortement chargées de nitrate d’argent, quinze, vingt, trente centigrammes (trois, quatre et six grammes) pour trente grammes d’eau distillée* (une once) ou aux applications immédiates du nitrate d’argent fondu sur les parois du vagin , à l’aide du spéculum.

Quoique cette méthode doive présenter réellement moins de chances défavorables que chez l’homme, je doute quelle soit aussi avantageuse et aussi complètement dépourvue d’inconvéniens que l’ont avancé les médecins qui l’ont préconisée.

et je lai ai préféré jusqu’à ce jour le traitement dont je viens de tracer les règles.

Enfin lorsque les écoulemens vaginaux sont lies à des altérations organiques (et c’est au col de l’utérus que siègent le plus habituellement ces altérations), il faut commencer par traiter celles-ci avant d’attaquer l’écoulement lui-même *, et les soins doivent naturellement varier suivant qu’il existe des érosions , des ulcérations véritables, des granulations papuleuses ou des végétations.

Dans tous les cas, la cautérisation faite avec un pinceau trempé dans l’acide hydrochlorique ou le nitrate acide de mercure seuls, ou étendus d’une ou de deux parties d’eau , dans une forte solution de nitrate d’argent ou de sublimé corrosif, ou pratiquée avec un crayon de nitrate d’argent solide, donne presque toujours des résultats heureux et parvient fréquemment à détruire la cause des flux morbides qu’on avait vainement combattus jusqu’à ce jour.

M. Ricord dit avoir souvent réussi en portant sur les parties malades de la poudre de calomélas et en appliquant ensuite un bourdonnet de charpie sèche.

Quelques auteurs ont conseillé des applications de pommades faites avec les oxides et les chlorures de mercure.

Je me sers presque exclusivement du nitrate acide de mercure pur ou mêlé à une ou deux parties d'eau de fontaine, sans pouvoir donner de raisons plausibles de la préférence que je lui accorde. Après chaque cautérisation, on doit faire ces injections et pratiquer ensuite le tamponnement

en employant, suivant les cas , les liquides émolliens, sédatifs ou légèrement astringens.

En résumé : il est convenable de commencer par faire disparaître les phénomènes inflammatoires qui peuvent accompagner la maladie à son début , et on obtient presque toujours facilement ce résultat.

11 faut mettre ensuite en usage des injections astringentes diverses et des tamponnemens méthodiques , afin de tarir le flux vaginal , car les antiblennorrhagiques ordinaires, le baume de copahu et le poivre cubèbe eux-mêmes , n’agissent guère que sur l’écoulement urétral , et le seigle ergoté sur l’écoulement utérin-, et lorsque les injections astringentes ordinaires ne suffisent pas , il convient de recourir à diverses préparations plus énergiques et à la cautérisation de la muqueuse vaginale ou aux bains de mer froids ainsi que je l’ai dit. Mais on doit toujours chercher à reconnaître si la ténacité des flux morbides n’est pas liée à certaines lésions particulières auxquelles doivent d’abord s’adresser les moyens curatifs.

Il faut dans tous les cas, dans les guérisons même les plus parfaites , conseiller de faire pendant quelque temps , plusieurs mois par exemple , une ou deux injections par jour avec l’eau fraîche, en ayant le soin de les suspendre, comme je l’ai déjà dit, à l’approche des règles, pour ne les reprendre que plusieurs jours après leur cessation complète.

Enfin si l’écoulement urétral a résisté aux premiers remèdes qu’on lui a opposés , on peut employer contre lui toutes les injections astringentes ou caustiques conseillées chez l’homme , et dans

les cas les plus opiniâtres la cautérisation superficielle à l'aide du porte-caustique dont je me sers chez celui-ci.

La maladie peut avoir pour siège l’utérus luimême et être compliquée d’un flux leucorrhéique plus ou moins abondant.

Lorsqu’elle atteint ainsi la matrice elle demeure ordinairement bornée au col de cet organe. Celui-ci est rouge, chaud et quelquefois, quoique fort rarement, sensible au toucher. Parfois la rougeur s’accompagne d’une turgescence manifeste et d’érosions très-superficielles. L’écoulement est opaque, très-visqueux, analogue au blanc d’œuf, il imprègne les deux lèvres du museau de tanche , la postérieure en particulier, et leur adhère assez fortement.

Le spéculum et l’examen des matières sécrétées permettent de bien reconnaître cette extension ou cette complication de la blennorrhagie vaginale qui, lorsqu’elle occupe la cavité du col et surtout la poche utérine elle-même, échappe réellement à faction des remèdes que je viens d’indiquer, à l’exception pourtant du seigle ergoté et surtout des bains de mer qui ont une efficacité notable contre les flux leucorrhéïques , le premier par son action spéciale sur 1 appareil utérin, et les bains de mer par les modifications puissantes qu’ils impriment à l’organisme tout entier.

Quelques auteurs modernes n’ont pas craint de recourir, dans ces cas, à des injections et à des applications de force variable dans le col de la matrice, et même dans la cavité de cet organe. Ainsi , M. Lisfranc a proposé de promener un pin-

ceau de charpie imbibe' de nitrate acide de mercure contre la surface interne de l’utérus \ mais est-il toujours facile d’y introduire ainsi un pinceau? Et il ne faut pas oublier; dans tous les cas, que tandis que lesfemmes supportent sans peine et sans souffrance toutes les cautérisations de l'extérieur du col, elles e'prouvent souvent des douleurs vives et des accidens hyste'riques alarmans , par suite d’applications bien moins e'nergiques dans son inte'rieur.

Les injections ont été pratiquées à l’aide du spe'culum avec la seringue à matrice armée d’un syphon mince en gomme élastique , avec le clysopompe ou avec la seringue à injection urétrale aidée d’une sonde de moyenne grosseur, dont l’extrémité est arrondie et percée en arrosoir. Il faut dans tous les cas que la canule employée ne remplisse pas complètement l’ouverture de l’utérus.

Elles ont été faites avec de l eau tiède , de l’eau de guimauve, la décoction de noix de galle, des mélanges très-étendus de nitrate acide de mercure dans l’eau commune , douze à quinze parties d’eau pour une partie du remède , ou des dissolutions médiocrement actives de nitrate d’argent dans l’eau distillée , un ou deux décigrammes (deux à quatre grains) de sel pour trente grammes (une once) d’eau.

Malgré les plus grandes précautions, ces injections ont donné lieu fréquemment à des phénomènes hystériques inquiétans , à des douleurs violentes et prolongées, et à des accidens plus graves encore, à des métrites ou à des ovarites dangereuses comme l’ont annoncé MM. Haurmann et Leroy d’Etiolles, à des péritonites violentes et

même mortelles ainsi que MM. Bretonneau et Tonnelé fils, de Tours, en ont cite des exemples, péritonites dont une des causes occasionnelles est sans doute la pénétration des liquides injectés dans la cavité péritonéale par les trompes de Fallope; et des faits nombreux et incontestables, forcent à admette la possibilité decette pénétration.

MM. Vidal de Cassis et Ricord ont été moins malheureux, il est vrai-, ils disent avoir employé, sans accidens fâcheux, les injections utérines avec des substances médicamenteuses actives, des décoctions mitigées de noix de galle , des mélanges étendus de nitrate acide de mercure et d’eau, etc., assez souvent pour pouvoir conclure à l’innocuité absolue de cette méthode de traitement. M. Vidal s’est cru même en droit d’accuser, en grande partie du moins, la manière dont on les avait pratiquées , des résultats peu encourageans qu elles avaient pu produire; et il a insisté sur la nécessité de l’emploi d’un tube arrondi à son extrémité et percé en arrosoir, et d’une petite seringue à injection , afin de pouvoir bien ménager la puissance du jet du liquide et de n’en introduire que de faibles quantités.

Mais malgré les heureux résultats annoncés par ces auteurs recommandables , on ne saurait réellement aujourd’hui considérer les injections utérines, faites même avec de l’eau tiède , de l’eau de mauve, avec les liquides les plus inoffensifs enfin , et à plus forte raison avec des liqueurs astringentes ou légèrement caustiques , comme un] moyen innocent et susceptible d’être employé sans crainte; et pour

bien fixer les idëes à cet egard , je ne saurais mieux faire que de transcrire textuellement une note rédigée par M. Robert, sur un certain nombre d’opérations de ce genre pratiquées par lui à l’hôpital de l’Ourcine , et insérée dans le VIIIe volume du Journal des Connaissances Médico- Chirurgical es , p. 1 3 9 .

« Pendant les années i836, 1887, i838, j’ai

fréquemment employé les injections intra-utérines h l’hôpital de l’Ourcine; je pensais que ce moyen, par l’action directe qu’il exerce sur la muqueuse de l’utérus, devait être efficace dans le traitement de ses maladies. Je Remployai surtout contre le catarrhe utérin chronique, et contre la leucorrhée du col et du corps de l’utérus , affections si souvent rebelles aux moyens connus.

)> J’ai pris toutes les précautions possibles pour éviter le passage de l’injection par les trompes ou tout autre accident grave. Dans ce but, je me suis servi d’un tube long et grêle terminé par un renflement olivaire percé de petits trous, auquel j’adaptais une petite seringue*, je l’introduisais dans l’utérus à la faveur du spéculum , et je poussais avec lenteur. ( J’entre dans ces détails pour prouver que M. Vidal s’est trompé en pensant qu’avant lui on n’avait pas fait convenablement ces injections).

» Les résultats qu’elles m’ont fournis diffèrent, suivant qu’elles ont été pratiquées dans la cavité du corps de l’utérus ou seulement dans celle du col. (Je tiens a cette distinction qui me paraît importante, et que M. Vidal n’a pas faite).

)> i .° Pour injecter la cavité du corps de l’utérus , j'ai employé d’abord une légère décoction de noix de galle. Sept malades furent opérées le même jour*, la première fois que j’eus recours à ce moyen , deux éprouvèrent seulement quelques douleurs passagères *, cinq présentèrent des symptômes tellement effrayans , qu’à sept heures du soir on vint me chercher pour aller à l’hôpital de l’Ourcine constater leur état. Elles enduraient des douleurs si cruelles dans le ventre , qu elles poussaient des cris perçans; chez deux d’entr’elles , il y avait de la fièvre, et la douleur occupait surtout l’hypogastre , symptômes que j’attribuai à une métrite. (Saignée du bras, bain entier, lavement émollient laudanisé , cataplasmes).

» Chez trois, il n’y avait que des accidens nerveux, hystériformes ; l’absence de la fièvre, une sensation pénible de strangulation me firent penser ainsi. (Bains frais, injection laudanisée dans le rectum, cataplasmes). Ces trois dernières étaient guéries le lendemain,* les deux autres eurent de la fièvre pendant trois ou quatre jours.

» Des symptômes aussi graves m’ôtèrent l’envie de recommencer immédiatement l’emploi des injections, et les malades elles-mêmes s’y seraient refusées*, du reste leur catarrhe utérin persista.

» J’attendis quelques semaines pour effacer des salles le souvenir de cet événement qui avait produit sur les malades une impression pénible. Lorsque je recommençai , ce fut sur une malade seulement à chaque fois, et j’employai l’eau de guimauve. Plusieurs malades y ont été soumises;

toutes ont éprouvé des douleurs dans l’hypogastre*, ces douleurs ont duré au moins plusieurs heures. Je n’avais recours aux injections que tous les deux ou trois jours *, quand les malades avaient supporté cinq ou six injections, je coupais l’eau de guimauve avec la décoction de noix de galle. Le plus souvent , les malades n’ont éprouvé qu’une amélioration à peine sensible- Une femme de cinquante ans ayant depuis quatre ans un catarrhe utérin , suite de blennorrhagie , fut cependant guérie au bout de deux mois. Chez les femmes réglées , il faut suspendre ce moyen quelque temps avant et après l’époque menstruelle, de sorte que le traitement est fort long. Ces inconvéniens, joints aux résultats peu prononcés que l’on obtient par ces injections, l’avaient fait abandonner la dernière année de mon séjour à l’hôpital de l’Ourcine. »

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