‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 13 sur 34 · DE LA BLENNORRHAGIE ANALE · texte numérisé non relu

DE LA BLENNORRHAGIE ANALE

A la suite fie certaines relations honteuses, que nos mœurs frappent de réprobation, la femme peut présenter des inflammations gonorrhéïques du rectum.

Cette maladie est annoncée par des pesanteurs, des douleurs pongitives vers le sacrum , de fréquentes envies daller à la selle, des cuissons au passage des matières fécales et surtout par un écoulement muqueux de quantité variable , de couleur semblable à la matière des gonorrhées ordinaires , ou quelquefois , particulièrement dans les premiers temps , rougeâtre et sanieux. Le toucher fait constater une chaleur sensiblement plus élevée que dans l’état normal, ainsi qu’une turgescence plus ou moins prononcée , et le spéculum ani démontre habituellement l’existence d’une rougeur uniforme ou pointillée de la muqueuse du rectum.

Chez les femmes affectées de flux blennorrhagique abondant, le inuco-pus qui sort de la vulve ayant de la tendance, surtout pendant le décubitus sur le dos , à se porter vers l’anus , ce qu’expliquent facilement le voisinage et la conformation des parties , peut y déterminer une inflammation suppurative fort analogue à la véritable blennorrhagie anale.

Mais cette circonstance ne doit pas être invoquée comme la cause la plus fréquente de la maladie dont je m’occupe , malgré les assertions de quelques auteurs et entr’autres de M. Baumes. C'est au contact immédiat , dû à des relations à prœposterâ venere , qu'il faut presque toujours l’attribuer , lorsque ne se bornant pas aux parties extérieures de l’anus, elle atteint une portion plus ou moins notable de l’intestin.

Des soins de propreté et des lotions froides ou légèrement résolutives suffisent, presque toujours, pour prévenir ou pour guérir les inflammations de l’anus qui ne sont dues qu’aux souillures par le pus vaginal.

Dans les cas de véritable blennorrhagie du rectum, les bains généraux ou les bains de fauteuil, les lavemens émolliens, les boissons raffraicliissantes , un régime convenable , le repos , amènent presque toujours promptement la disparition des phénomènes inflammatoires , et il est bien rare qu’il faille recourir à des anti-phlogistiques plus puissants.

Ensuite il faut s’adresser aux injections astringentes, à quelques-unes des préparations anti-blennorrhagiques que j’ai indiquées dans un autre chapitre et particulièrement au poivre cubèbe et au copahu en suppositoires ou en fractions de lavement*, et dans les cas les plus opiniâtres, à des injections avec le nitrate d’argent assez fortes pour modifier un peu profondément la muqueuse malade.

Ces moyens procurent d’ordinaire et en peu de

temps, une guérison complète, à moins que la maladie ne soit entretenue par quelqu'une des lésions organiques du rectum dout se complique parfois la syphilis

constitutionnelle et que j’aurai plus tard occasion d'étudier.

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