‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 6 sur 34 · DU BUBON · texte numérisé non relu

DU BUBON

ou Adénite Syphilitique .

Le mot Bubon, du grec (3ouêtov a été employé par les anciens pour désigner toutes les maladies des ganglions de l’aine ; et comme celles-ci sont très-souvent liées à l’affection vénérienne, cette dénomination a été appliquée à toute tumeur glanduleuse développée sous l’influence de la syphilis. Aussi, décrit-on des bubons axillaires, cervicaux, maxillaires, etc.

De nos jours on a voulu remplacer le nom peu convenable de bubon, par celui tout aussi impropre d’adénite, du grec A&rçv, glande \ et dans le peuple on se sert souvent du mot Poulain pour désigner le bubon inguinal à cause de la démarche toute particulière des personnes qui en sont atteintes.

On a aussi appelé bubon , les tumeurs inguinales , axillaires ou autres, qui se montrent fréquemment dans le typhus d’Orient.

Les bubons se divisent suivant le lieu qu’ils occupent, en bubons inguinaux, axillaires, cervicaux, maxillaires, etc.

Les bubons inguinaux sont excessivement communs, les bubons axillaires sont rares, et les bubons cervicaux et autres ne se montrent que de loin en loin dans la pratique.

La disposition anatomique des ganglions lympba-

tiques de l’aine, et des vaisseaux qui y aboutissent, ainsi que la manière dont se contracte et se développe le plus habituellement la syphilis, expliquent aisément la fréquence des bubons inguinaux et la rareté plus ou moins grande des autres adénites vénériennes.

Toute irritation du gland , du canal de l’urètre , des testicules ou de l’appareil génital externe de la femme peut occasionner l’engorgement des ganglions inguinaux^ les ulcérations syphilitiques ou chancres de ces parties en sont pourtant, sans contredit, les causes les plus puissantes et les plus efficaces.

Toutes les irritations des membres pelviens, cor, furoncle, plaies diverses, peuvent aussi déterminer cet engorgement, particulièrement chez certains sujets strumeux, et rendre difficile et obscur le diagnostic des adénites de l’aine , surtout lorsqu’elles coexistent avec des lésions des organes génitaux.

On a cherché à établir quelques autres divisions du bubon, suivant que l’inflammation envahit les ganglions lymphatiques eux-mêmes ou la gaine celluleuse qui les enveloppe , d’où les noms de bubon glanduleux et de bubon celluleux } mais les bubons exclusivement glanduleux sont rares, et un bubon qui ne serait que celluleux ne serait probablement qu’un phlegmon ordinaire} on les a distingués aussi en inflammatoires et en indolens , en aigus et en chroniques. On a voulu diviser les bubons inguinaux en particulier, et c’est à eux que j ai 1 intention de rattacher les préceptes que je vais

émettre , en superficiels et en profonds suivant qu’ils étaient dus à l’inflammation des ganglions sus ou sous-aponévrotiques} mais je dois dire que dans une pratique étendue et déjà un peu longue je n’ai jamais rencontré de bubon profond sans engorgement des ganglions superficiels.

Une division plus importante est celle qui repose sur la nature même et la cause réelle du bubon, celui-ci, peut résulter d’une inflammation quelconque des tissus où naissent les vaisseaux lymphatiques qui vont aux ganglions engorgés , et n’être pour ainsi dire que le retentissement de cette inflammation*, il est appelé alors bubon sympathique 5 il peut être ausi du à l’introduction et au transport par les mêmes vaisseaux d’un agent morbide particulier spécifique*, il porte alors le nom de Bubon symptomatique. 11 peut enfin survenir spontanément , et sans lésion appréciable des points qui ont éprouvé le contact infectant , et il constitue une troisième espèce nommée bubon d’emblée.

Les bubons sympathiques et symptomatiques ont été admis par tous les auteurs} il n’en est pas de même du bubon d’emblée.

Les anciens syphiiographes ont généralement cru à son existence. Plusieurs auteurs de nos jours la nient absolument} ils ne peuvent pas croire à des engorger.iens vénériens des ganglions lymphatiques sans lésion des parties d’où viennent les vaisseaux qui aboutissent à ces organes. M. Ricord soutient cette dernière opinion } il pense que souvent les prétendus bubons d’emblée ne sont que de véri-

tables bubons sympathiques ou symptomatiques, les malades ayant négligé de tenir compte d’accidens légers et peu profonds survenus pendant peu de temps aux parties génitales; et que dans d’autres circonstances, ces bubons ne se rattachent nullement à la syphilis*, il dit les avoir vus se terminer facilement par résolution , et n’avoir pas pu pro-duire de chancre lorsqu’il a tenté l’inoculation dans les cas où ils étaient arrivés à la suppuration. Certains auteurs supposent aussi que l’irritation du coït souvent réitéré , est réellement capable de produire des engorgemens des ganglions de l’aine, et peutêtre cette cause de bubon ne doit-elle pas être complètement négligée.

Mais MM. Gibert et Baumes disent avoir réussi à inoculer le pus provenant de bubons d’emblée -, j’ai moi-même plusieurs fois soigné des personnes qui , après des rélations suspectes , avaient examiné fréquemment leur verge , tourmentées qu’elles étaient par la crainte de la syphilis , et , qui ayant été atteintes de bubons aux aines sans traces de lésions préalables aux parties génitales , ont présenté plus tard des accidens vénériens consécutifs bien caractérisés.

Aussi m’est-il impossible de ne pas admettre l’existence de bubons d’emblée , mais dans une proportion très- minime, il est vrai, par rapport aux autres espèces d’adénites.

Ainsi, en résumé, j’établis trois classes distinctes de bubons: i bubon sympathique, 2. 0 symptomatique , 3.° d’emblée*, en passant sous silence avec intention le bubon pestilentiel et le scrophulcux ,

comme tout-à-fait étrangers à la maladie que j’étudie.

C’est à la région inguinale , ai-je dit , que les bubons se montrent le plus habituellement *, quelques auteurs ont cru observer qu’ils existaient plus souvent à gauche qu’à droite} d’autres, au contraire, que le coté droit était plus souvent atteint que le gauche. Dans mes premiers relevés cliniques, j’avais été porté à penser que les bubons droits étaient réellement plus communs que les gauches} plus tard j’ai été obligé de reconnaître que le côté gauche était au moins aussi souvent affecté que le droit, et j’en suis venu aujourd’hui à professer que les adénites occupent à peu près indistinctement les deux aines.

Elles peuvent envahir simultanément les deux côtés} les bubons doubles sont à peu près dans la proportion de douze pour cent.

Quelquefois le bubon crural coexiste avec l’adénite inguinale dont il est séparé par le ligament de Fallope , d’ou, les bubons dits bilobés.

Les bubons s’observent dans les deux sexes , mais les hommes en sont bien plus souvent atteints que les femmes. Cette différence tient peut-être pour les adénites inguinales en particulier à la disposition des vaisseaux lymphatiques qui se rendent aux aines} elle tient bien certainement aussi aux conditions peu semblables de régime et de travail de l’homme et de la femme.

C’est à ces dernières causes que l’on doit probablement aussi attribuer la plus grande fréquence

relative des bubons dans les classes ouvrières , comparées aux classes aisées ou élevées de la société.

Lorsque les bubons surviennent à la suite de chancres placés sur un seul côté de la verge , ils occupent ordinairement l’aine correspondante. Le contraire peut pourtant avoir lieu, et j’ai trouvé plusieurs fois des engorgemens ganglionnaires du côté opposé à celui des chancres.

L’apparition de l’adénite est souvent précédée de quelques-uns des prodromes de toutes les phlegmasies , tels que : malaise général , frissons irréguliers , fièvre plus ou moins vive } viennent ensuite des tiraillemens , de la tension dans les aines où se montre bientôt une tumeur dure , sensible au toucher, de grosseur variable. La peau ne tarde pas elle-même à participer à la maladie et à offrir de la chaleur et de la rougeur*, les mouvemens du membre pelvien correspondant sont gênés et déterminent de la douleur. Cette gêne donne à la démarche des malades un caractère particulier qui, comme je l’ai dit, a fait désigner le bubon inguinal sous le nom de Poulain, dans le langage pittoresque du peuple.

Quelquefois les ganglions s’engorgent peu à peu et sans fièvre , ni aucun des prodromes que je viens de signaler*, ils grossissent ensuite et deviennent sensibles à la pression , s’accompagnent de l’inflammation du tissu cellulaire voisin , et , comme dans le cas précédent , finissent par constituer une tumeur dure, rénitente , ordinairement ovoïde, ayant son grand diamètre dans le sens du pli de l’aine.

Lorsque le bubon est abandonné à lui -même ,

il marche souvent avec rapidité , du pus se forme en quelques jours, la peau rougit et s’amincit, les douleurs sont plus vives, elles deviennent pulsatives d’obtuses et de gravatives qu elles étaient d'abord , et les accidens de fièvre générale augmentent en proportion de l’e'tendue de la phlegmasie et de la susceptibilité particulière du malade.

D’autres fois l’inflammation cède peu à peu toute seule , sans que pour cela la tumeur diminue d’une manière bien sensible , et celle-ci prend graduellement un caractère indolent , qu elle peut même présenter quelquefois dès le début, par le fait seul de la constitution du malade ou de la faiblesse Féelle de la phlegmasie.

Il existe, du reste, on le conçoit, des nuances innombrables entre l’état indolent et l’état inflammatoire franc et phlegmoneux.

Les bubons peuvent se terminer de différentes manières : par résolution , par suppuration et par induration.

La résolution peut être spontanée ou provoquée. La résolution spontanée est fort rare*, la résolution par les anti-phlogistiques , les fondans , etc., peut être souvent obtenue malgré les assertions contraires de quelques auteurs.

La terminaison par suppuration est fréquente. M. Kicord a même avancé que le vrai bubon symptomatique amenait toujours ce résultat.

La terminaison par induration n’est pas rare. Elle est annoncée par la diminution et la cessation de la douleur et de tous les accidens phlegmasiques*, la tumeur n’en conservant pas moins en

meme temps son volume et sa dureté*, elle ne diminue quelquefois qu’avec lenteur sous l’influence des résolutifs les mieux dirigés*, d’autres fois elle repasse à l’état aigu et présente de petits abcès partiels ou des suppurations plus étendues qui en amènent la disparition plus ou moins complète.

3N ombre d’auteurs admettent un quatrième mode de terminaison , c’est la gangrène. Mais cette terminaison doit être bien rare , car je n’en ai pas rencontré un seul exemple pendant une étude de plusieurs années et malgré l’observation de plus de mille bubons.

Lorsqu’une adénite se développe en même temps que des chancres ou peu de temps après l’apparition de ceux-ci , que ces chancres sont petits , peu nombreux, peu enflammés, il est probable que cette adénite est réellement symptomatique; lorsque l’engorgement glanduleux se montre sous l’influence d’une urétrite violente , d’une balanite intense , d’une violente vaginite ou de toute pblegmasie aiguë et étendue des organes qui envoient leurs vaisseaux lymphatiques aux ganglions malades , on peut établir avec la plus grande chance de raison que le bubon est sympathique.

Mais lorsque des chancres se compliquent d’inflammation notable des parties qui les avoisinent , que cette inflammation soit spontanée et la suite directe de la maladie , ou qu’elle ait été produite par des applications caustiques destinées à guérir les chancres , il devient quelquefois très-difficile de décider si les bubons sont sympathiques ou véritablement symptomatiques , et l’inoculation peut alors

fournir des lumières réelles lorsque ceux-ci se terminent par suppuration ; seulement il faut avoir bien soin d’inoculer le pus des ganglions abcédés, et non le pus du tissu cellulaire ambiant; car le premier seul est inoculable , et c’est bien certainement à l’oubli de cette précaution qu’il faut attribuer, au moins en grande partie, les résultats négatifs cités récemment encore par divers expérimentateurs.

Cette difficulté de diagnostic est du reste bien moins embarrassante pour ceux qui , comme moi , admettent la nécessité des traitemens généraux contre les chancres véritables, (dans ces cas, en effet, le bubon aggrave la maladie, sans changer notablement ses indications thérapeutiques) ; que pour ceux qui traitant habituellement les chancres par des remèdes locaux , croient pourtant devoir recourir aux médications anti-syphilitiques , lorsque ceux-ci donnent lieu à des engorgemens glanduleux dont il importe alors de bien connaître la nature spéciale.

Le diagnostic des bubons d’emblée peut présenter aussi de l’obscurité. Mais les adénites spontanées de l’aine survenues sans traee de lésion au membre correspondant sont tellement rares que je ne balance pas à classer dans les bubons vénériens les tumeurs inguinales qui se montrent peu de jours après des relations suspectes, et dont rien autrement ne pourrait expliquer l’apparition.

Diverses tumeurs de l’aine peuvent être confondues avec le bubon de cette région; Heister, Verduc, J. L. Petit, Laurence, A. Gooper citent des cas où des hernies ont amené de fâcheuses erreurs; et quoique, le plus souvent, il soit facile de

faire la différence entre une hernie et un bubon , les faits cités par ces auteurs doivent mettre les chirurgiens en garde contre de pareilles méprises.

Un anévrisme de la partie inférieure de l’iliaque externe ou de la portion la plus élevée de la fémorale peut quelquefois aussi jeter dans un sérieux embarras , et la difficulté serait encore plus grande s’il y avait simultanément anévrisme et bubon en suppuration. Dans un cas semblable, une sage temporisation ne présente que peu d’inconvénient , tandis qu'une ponction hasardée pourrait avoir des conséquences désastreuses.

Les abcès par congestion venant souvent se manifester au dehors vers le pli de l’aine , peuvent encore quelquefois obscurcir le diagnostic du bubon -, mais ici les circonstances concomitantes doivent presque toujours mettre sur la voie, et dans tous les cas l’erreur serait moins regrettable.

L’inflammation du testicule resté dans l’anneau peut enfin aussi laisser momentanément quelque doute dans l’esprit.

Le pronostic des bubons ne présente jamais une gravité réelle. Les résultats fâcheux qu’ils entraînent quelquefois, tels que : cicatrices adhérentes, pourriture d’hôpital , etc. tiennent bien plus souvent à la timidité des traitemens et à des complications accidentelles qu’à la maladie elle-même.

Traitement local des Bubons .

Nous sommes bien loin de l’époque où Nicolas Massa et plusieurs autres auteurs conseillaient de ne rien négliger pour amener les bubons à suppuration. C’étaient pour eux des émonctoires par lesquels la matière morbide devait s’écouler au dehors. Ces préceptes sont tout à fait oubliés de nos jours, et la pratique la plus sage et la plus généralement adoptée consiste à tenter, dès le début et par tous les moyens, d’en obtenir la résolution.

Les applications de sangsues ordinairement sur la tumeur, ou à sa base et à son pourtour lorsque la peau est déjà malade , les topiques émolliens , tels que cataplasmes de farine de lin, de farine de riz, de la mie de pain, etc., les bains de siège ou mieux les bains généraux, les boissons rafraîchissantes et quelquefois laxatives , des ali— mens légers et peu abondans , le repos et même quelquefois le séjour au lit, le membre du côté malade étant placé dans la demi flexion, tels sont les moyens que je mets le plus habituellement en usage. Parmi ces moyens, le plus efficace est sans contredit l’emploi des sangsues appliquées en nombre suffisant autour de la tumeur, huit, dix, quinze et vingt suivant les circonstances et renouvelées autant de fois que le cas le réclame*, à leur aide, j’obtiens souvent la résolution de bubons très-volumineux et dont l’état déjà avancé ne permettait guère d’espérer cette heureuse terminaison. Dans

les circonstances les moins favorables , les saignées locales réitérées diminuent l’étendue de l’inflammation et la quantité de pus, et, par suite, le volume et les inconvéniens de l’abcès. Bien rarement l’adénite est assez violente et les accidens plilegmasiques assez intenses pour nécessiter la saignée générale.

Diverses autres méthodes ont été proposées pour arrêter le développement du bubon , ou en amener la résolution*, parmi elles je citerai les incisions sous-cutanées et la compression.

M. Ricord a été un des premiers à proposer les incisions sous-cutanées dans le traitement des adénites^ il n’y a recours que quand l’ engorgement n’a envahi que quelques ganglions isolés, que le tissu cellulaire n’est pas affecté et que la peau est libre d’adhérence *, il pénètre assez profondément pour diviser la coque fibreuse des ganglions , afin de faire cesser ainsi l’étranglement qui accompagne toujours l’inflammation de ces organes.

M. Diday, de Lyon, a aussi eu recours aux incisions sous-cutanées , mais d’une autre manière et dans un but tout-à-fait différent que M. Ricord. Le chirurgien de Lyon ne touche pas aux glandes elles-mêmes , il cherche h diviser les vaisseaux lymphatiques qui, des parties génitales, vont aux ganglions inguinaux , afin d’empêcher mécaniquement le transport du virus syphilitique élaboré par les chancres. Mais peut-on être sur de ne jamais laisser échapper un seul de ces vaisseaux lympathiques ? Doit-on tenter cette division dans tous les cas de chancres , et dans la suspicion de l’appari-

lion prochaine d’une adénite ? Ou bien faut-il attendre, comme le veut M. Diday que les ganglions commencent à se tuméfier ; et , dans ce cas, cette tuméfaction n’est- elle pas déjà l’indice du mal qu’on veut prévenir par cette opération? Cette incision sous-cutanée, je dois le dire, ne présente à mes yeux aucune valeur pratique réelle.

La compression a été aussi recommandée pour faire avorter le bubon et en amener la résolution. Elle a été surtout prônée par les chirurgiens anglais et entre autres par Fergusson en i8o5, et tout récemment par Schonlein; elle doit être établie méthodiquement , sans jamais produire de la douleur, ce qui , soit dit en passant , est chose à peu près impossible pendant l’acuité de la maladie. Ce moyen est très- utile contre les bubons indolens, ainsi que nous le verrons bientôt , tandis que son efficacité est fort contestable pendant la durée des phénomènes inflammatoires; et, si les individus porteurs de bandages herniaires offrent réellement moins d’engorgemens inguinaux du côté de la hernie que du côté opposé , ce fait parle plutôt en faveur des idées de M. Diday que de celles de M. Fergusson et de ses partisans.

On a conseillé de faire la compression avec des plaques de plomb ou de bois, avec les divers brayers, avec le simple spica de l’aine; je m’occuperai tout à l’heure de ces moyens à l’occasion du bubon indolent.

Souvent après la disparition des accidens inflammatoires, il reste encore de l’empâtement dans le

tissu cellulaire et surtout un gonflement ganglionnaire plus ou moins notable. Cet état est avantageusement attaqué par les applications résolutives et fondantes d’emplâtres de savon , de Vigo cum mercurio , de ciguë , de diapalme , de diacbylon } par les frictions locales avec les divers onguents mercuriels mitigé ou. double, les pommades d’iode, d’hydriodate de potasse , de proto-iodure de mercure, d'iodure de plomb. Ces moyens contribuent tous et réussissent souvent à ramollir et à fondre les traces d’engorgement qui restent fréquemment après l’emploi des anti-phlogistiques.

Quelquefois malgré les soins les mieux dirigés, du pus se forme dans la tumeur, celle-ci augmente de volume , occasionne des douleurs plus vives et de nature différente de celles qu’éprouvait déjà le malade, et donne bientôt au toucher la sensation d’une fluctuation plus ou moins manifeste. La peau elle-même rougit, s’amincit, se décolle et finit par se rompre -, si l’art n’intervient pas , et si , comme le conseillait Swédiaur , on abandonne l'abcès aux seules ressources de la nature.

Dans quelques cas heureux et rares , le pus s’écoule lentement par cette ouverture accidentelle et les parois de la tumeur se recollent graduellement à mesure qu’elle se vide $ mais le plus habituellement il s’établit des trajets fistuleux plus ou moins longs-, ou bien la peau décollée et amincie s’ulcère et se détruit rapidement , et cette destruction met à découvert une plaie à fond grisâtre, pultacé , à bords renversés et calleux dont la guérison

est toujours fort lente et ne peut s’obtenir qu’en laissant une cicatrice rayonnée, adhérente, susceptible souvent de gêner les mouvemens du membre correspondant.

On a propose' diverses me'tbodes pour donner issue au pus des bubons. La plus ancienne et la plus répandue est celle qui consiste à pratiquer sur l’abcès des incisions de grandeur variable depuis la simple ponction jusqu’à l’ouverture de tout le foyer. Presque tous les auteurs ont conseillé de faire des incisions dans le sens du pli de l’aine , afin de suivre le grand diamètre de la tumeur et dans l’espoir d’éviter les clapiers et les trajets fistuleux. Mais les résultats de ma pratique sont loin de confirmer les prétendus bons effets de cette incision. Par les mouvemens de la cuisse, les bords de cette ouverture transversale éprouvent des frottemens qui les irritent , les épaississent ou bien les portent à se renverser en dedans de manière à ralentir beaucoup la cicatrisation au lieu de la favoriser^ je préfère les incisions peu étendues et parallèles à l’axe du corps , qu’on rend béantes ou qu’on ferme à volonté suivant les positions qu’on donne au membre inférieur.

Je pratique une seule ponction lorsque la tumeur est peu considérable} j'en fais plusieurs, de quelques millimètres seulement, lorsqu’elle est volumineuse et que la peau qui la recouvre est fort amincie.

Cette méthode qui m’est familière depuis longtemps a été préconisée récemment par le docteur Blancbe , de Rouen ,* elle a été suggérée à ce me-*

decin par l’observation d’une adénite sur laquelle il avait appliqué des sangsues , et qui , ayant passé à la suppuration , se vida lentement par une sorte de suintement du pus à travers les plaies des sangsues et dont la peau amincie se recolla à mesure que la tumeur s’affaissait.

Voici de quelle manière procède M. Blanche : il pratique sur l’abcès , avec un bistouri à lame étroite , plusieurs ponctions à la distance de dix millimètres l’une de l’autre et en nombre variable suivant l’étendue du foyer. Cela fait , il introduit quelques brins de charpie dans chaque ouverture et applique ensuite un cataplasme émollient, en ayant soin de n’exercer aucune pression afin de ne pas hâter la sortie du pus. MM. Cullerier et Ricord adoptent aussi ordinairement cette méthode. de ponctions multiples*, seulement ils remplacent le bistouri par la lancette , espérant diminuer par là les douleurs produites par ces petites opérations.

Quand on suppose enfin que le pus est renfermé dans la coque fibreuse des ganglions , ce que l’on peut admettre jusqu’à un certain point lorsque malgré les signes de la fonte purulente la tumeur ne présente qu’une fluctuation douteuse ou même nulle, on peut avoir recours à de petites incisions souscutanées dans l’espoir d’éviter ainsi les décollemens et les cicatrices qui les suivent.

Les divers caustiques ont joui et jouissent encore d’une grande vogue dans le traitement des bubons abcédés , et parmi eux il faut mentionner surtout le cautère actuel. Ses effets sont très-rapides, il désorganise promptement les tissus sur

lesquels il est appliqué , et réveille en même temps énergiquement la vitalité dans les parties voisines. Les caustiques chimiques , tels que la potasse caustique , la poudre deVienne, sont loin de présenter ces avantages au même degré \ leur action est beaucoup plus lente et plus bornée *, mais ils effraient beaucoup moins les malades que le cautère actuel , et pour cette seule raison ils peuvent être employés chez les personnes pusillanimes auxquelles la vue du fer rouge inspire des frayeurs insurmontables.

On se sert pour pratiquer la cautérisation actuelle de petits cautères en roseau de quelques millimètres d’épaisseur, dont le bout est quelquefois surmonté d’une boule plus volumineuse-, on se sert très-souvent aussi d’un gros mandrin de sonde recourbé vers son extrémité.

Depuis longtemps dans les hôpitaux de la marine de Toulon nous avons appliqué à la cautérisation la méthode des ponctions multiples, mais seulement dans les bubons volumineux. Au lieu de pratiquer une seule pointe de feu dans la partie la plus amincie de l’abcès , nous faisons dans ce cas deux, trois ou quatre ouvertures suivant le volume de la tumeur.

M. Dayroe, de Marseille, a publié récemment un bon article sur cette méthode. Il propose de se servir d’un petit cautère en roseau à pointe mousse , et d’un petit conducteur en fer monté sur un manche en bois, afin de limiter l’action du feu. Mais nous n avons pas senti le besoin de ces précautions et nous ne nous donnons pas même

la peine de recouvrir la partie par une compresse fenétrée humide , comme on a raison de le faire dans les applications de cautères volumineux et qui rayonnent une grande quantité de calorique.

Les petits cautères doivent être portés au rouge blanc; ils doivent pénétrer jusqu’aux ganglions euxmêmes et être introduits et retirés rapidement. Cette manière d’ouvrir les bubons fait cesser instantanément la douleur, elle vide peu à peu lescollections purulentes et favorise manifestement le recollement de leurs parois. M. Dayme étend son application aux cas d’adénites chroniques et indolentes,- il larde de pointes de feu , pour ainsi dire, les ganglions indurés, et dit retirer réellement de très-heureux résultats de cette cautérisation.

Les divers moyens de donner issue au pus, que je viens de faire connaître, ont été employés comparativement par moi pendant longtemps sur un grand nombre de malades, lorsque j’avais vainement tenté d’empêcher la terminaison par suppuration.

J’ai fait aux bubons avec l’instrument tranchant des ouvertures dans toutes les directions et de toutes les grandeurs-, j’ai pratiqué ces ouvertures dès l’apparition du pus, et alors qu’il n’était pas réuni en foyer} j’ai attendu d’autres fois que la collection fût parfaitement formée , et que toutes les indurations du voisinage de l’abcès fussent détruites, comme on dit, par la fonte purulente. J’ai aussi souvent attendu que la peau fût très-amincie , ou même que la nature donnât elle-même issue au pus. J ai appliqué les caustiques chimiques sur les

bubons à toutes les époques de leur durée*, je les ai ouverts avec le cautère actuel , et je me suis servi tour à tour des cautères en roseau de quatre , six et huit millimètres de diamètre.

J’ai employé ces moyens comparativement sur des hommes placés dans les mêmes circonstances extérieures*, je les ai plusieurs fois employés comparativement aussi sur des malades atteints de bubons doubles j et après des essais variés de mille manières, j’étais arrivé à ce résultat : que les petites ouvertures sont plus avantageuses pour donner issue au pus que les grandes incisions*, que les caustiques chimiques valent mieux que l’instrument tranchant , et que la cautérisation à l’aide de petits cautères en fer de quelques millimètres de diamètre devait être préférée à tous les autres moyens. Mais malgré tous mes efforts, de nombreux malades présentaient souvent encore des plaies blafardes et à bords renversés, des décollemens et des destructions de peau, qui prolongeaient indéfiniment leur séjour dans les salles, et que la pourriture d’hôpital envahissait encore quelquefois.

J’avais tenté plusieurs fois d’appliquer des vésicatoires sur les bubons, à diverses époques de leur développement*, le peu de succès de mes expériences m’avait fait abandonner à peu près ce moyen, lorsque les observations que M. Malapert a publiées en i832, dans les archives générales de médecine, vinrent ranimer mes espérances*, j employai d’abord le vésicatoire, comme le recommande le docteur Malapert, mais plus tard je crus devoir modifier sa méthode comme je le dirai bientôt.

Ce médecin propose de placer des vésicatoires sur les bubons venus à maturité , d enlever la phlyctène, d’appliquer un plumasseau imbibé dune solution mercurielle concentrée sur le derme dénudé , et de déterminer ainsi une eschare qui à sa chute laisse écouler tout le pus *, alors il touche la surface interne de l’abcès, une fois chaque jour, à l’aide d’un pinceau trempé dans une solution trèsfaible, ou bien il pratique des injections de même nature dans toute la poche purulente.

M. Malapert n’a pas seulement cherché par l’application du vésicatoire et de la solution caustique à guérir les bubons , à combattre la maladie des ganglions *, l’action locale n’est même qu’accessoire pour lui ; il a surtout en vue de détruire la maladie générale, la syphilis elle -même, en faisant pénétrer dans l’économie à l’aide de ces applications sur le loyer une quantité de deuto-chlorure de mercure suffisante pour anéantir le principe morbide , tandis que mon but réel et mon seul désir a été de trouver dans cette méthode un moyen d’éviter les accidens qu’entraînent plus ou moins souvent après elles les diverses manières d’ouvrir les bubons que je viens d’énumérer plus haut. Ainsi , dès que la suppuration est bien établie , j’applique au centre du point fluctuant un vésicatoire de la grandeur d’une pièce de cinquante centimes à un franc, suivant l’étendue de la tumeur. Lorsque la phlyctène est bien formée, je l'enlève en entier, j’essuie la partie et je place sur le derme dénudé un plumasseau trempé dans la solution mercurielle n.° 2 , ou à un gramme de su-

— yi -

blimé pour trente grammes d’eau. Deux heures après cette application, la plaie est occupée par une eschare superficielle. Je réapplique un nouveau plumasseau dans les cas rares où l’eschare n’est pas entièrement formée , et je recouvre ensuite toute la tumeur d’un large cataplasme émollient. Le premier effet du vésicatoire et du plumasseau escharotique est l’épaississement marqué de la peau qui recouvre le foyer. Trente-six ou quarante-huit heures après la formation de l’eschare , et dès que cette eschare commence à se détacher, il se fait une filtration de liquide séro-purulent à travers le derme aminci *, cette filtration augmente à mesure que l’eschare tombe , et devient quelquefois fort abondante après sa chute complète. Pendant ce temps le bubon s’affaisse , et ses parois , dans lesquelles le vésicatoire a déterminé une inflammation adhésive , se recollent de la circonférence au centre.

Souvent le premier vésicatoire ne suffit pas pour laisser transsuder tout le pus, ou du moins les élé— mens les plus liquides du pus contenu dans l’abcès^ le recollement s’opère seulement dans une certaine étendue, le foyer se trouve circonscrit dans des limites plus étroites, et une nouvelle application est nécessaire pour achever la guérison.

Quelquefois , soit que la peau se trouve trop amincie , soit que cette enveloppe ne présente pas la même densité et la même résistance chez tous les individus, ou que le vésicatoire agisse avec plus d’énergie dans certains cas , l’eschare donne lieu à un pertuis capillaire par lequel le bubon se vide

lentement; mais l’inflammation de ses parois n’en suffit pas moins pour en déterminer l’adhe'sion , et la guérison a lieu avec une rapidité plus grande peut-être. Quelquefois enfin, et ces cas sont rares, le vésicatoire et le plumasseau escharotique agissant sur une peau plus amincie encore la détruisent dans toute son épaisseur et font un emporte-pièce fort semblable à celui que produit la pierre à cautère ou la poudre de Vienne; mais le recollement des parois de l’abcès a encore ici ordinairement lieu comme dans les cas précédens; et après quelques jours il ne reste plus qu’une plaie simple, que quelques pansemens bien dirigés feront aisément cicatriser.

Dans ce cas, qui est sans contredit le plus fâcheux, et qui se présente rarement dans ma pratique, les malades sont dans les conditions de ceux sur lesquels on a employé les caustiques physiques ou chimiques , et moins exposés même que ceux-là aux décollemens de peau et aux trajets fis— tuleux , le vésicatoire agissant bien plus puissamment que ces autres moyens , pour déterminer l’adhésion des parois des l’abcès. 11 ne faut pas perdre de vue que toutes les fois que la peau est trèsamincie , on doit surveiller attentivement l’action du plumasseau escharotique , ne le laisser qu’une heure s’il paraît agir rapidement, et éviter en un mot, le plus possible, la destruction du derme.

Tel est le moyen auquel j’ai recours depuis près de douze ans, et qui pendant un si long temps m a constamment donné les résultats les plus heureux.

Quand les malades m’arrivent avec des bubons déjà en pleine suppuration , quand la peau est si amincie que le vésicatoire ne pourrait avoir aucune chance de succès , j’ai alors recours aux petits cautères en roseau, et si des décollemens ont lieu, comme cela arrive quelquefois, je favorise l’adhésion des parties à l’aide du vésicatoire, et cette pratique était en usage dans les hôpitaux de la marine de Toulon bien avant qu’il en eût été parlé par les auteurs qui paraissent vouloir se l’approprier.

Quand les bubons ont été mal soignés , ou ouverts par l’instrument tranchant, j’ai dit que souvent les bords se renversaient en dehors , que des décollemens. étendus se présentaient et que la plaie se convertissait en un ulcère grisâtre, ayant une très-grande tendance à s’accroître et à s’agrandir. On conseille dans ces cas de faire des contre-ouvertures, de resequer les lambeaux de peau, ou les bords indurés et renversés de la plaie, de panser l’ulcère avec des plumasseaux trempés dans des liquides émolliens ou des liqueurs légèrement stimulantes, telles que le vin miellé, une solution de sulfate de cuivre, d’acétate de plomb, de chlorure de soude*, je préfère dans ce cas faire des injections entre les lèvres de la plaie avec une solution mercurielle ou des solutions de nitrate d’argent à des doses variables *, mais quand ces moyens ne réussissent pas, j’applique encore de petits vésicatoires sur les parties décollées au lieu de les détruire par l’instrument tranchant, ou par les caustiques, ou de les traverser par des bande-

lettes à séton *, et à l aide de l’ inflammation artificielle que je suscite ainsi, je parviens souvent à recoller les parois de l’abcès, et à obtenir une guérison solide.

Quand les malades présentent de larges ulcères dès leur arrivée à l’hôpital , comme malheureusement cela arrive quelquefois, il faut avoir recours aux solutions stimulantes dont je viens de parler*, j’ai aussi obtenu d’heureux résultats de l’usage de la poudre de camphre, sucre et charbon, employée seule ou coïncidemment avec la pommade créosotée*, je préféré ces applications à la poudre de cantharides que MM. Dieffenhach et Ricord ont conseillée.

Il me reste, pour terminer le traitement des bubons, à faire connaître les soins dirigés contre leur induration : j’ai déjà dit que dans quelques circonstances l’action inflammatoire n’était pas franche, que le bubon présentait un état indolent presque dès le début, ou bien que cet état succédait quelque fois à l’état aigu, malgré les antiphlogistiques les mieux dirigés. Les divers emplâtres fondans, les frictions locales avec la teinture d’iode comme l’a préconisé M Richond, ou avec les diverses préparations iodurées, telles que les pommades de proto-iodure de mercure , d’hydriodate de potasse, d’iodure de plomb, etc., les applications de pommade de tartre stibié dite d’Autenrieth doivent être tour à tour essayés.

J’ai eu recours dans ces cas, avec d’assez nombreux succès , à l’application des vésicatoires qui agissent, soit en stimulant le bubon et facilitant

ainsi sa résolution , soit en déterminant une recrudescence de l’inflammation et le retour à l’état aigu. Aujourd’hui je n'emploie plus guère cette méthode que j’ai remplacée par la compression avec des briques chaudes d’après le système du docteur Henrotay d’Anvers, Ce moyen que le médecin belge conseille dans le traitement des bubons chroniques, indolens , froids et indurés, amène très-souvent la résolution avec une promptitude remarquable ; la chaleur est une condition trèsimportante pour la réussite, car le docteur Henrotay avait remarqué que la même compression sans chaleur était loin de produire des effets aussi salutaires; et j’ai fait bien souvent la même observation.

Voici de quelle manière on applique ce mode de compression.

On prend la moitié d’une brique ordinaire , on en arrondit les angles, on la fait chauffer dans un four, une étuve , un poêle , jusqu’à un point tel que le malade puisse à peine en supporter la température. On l’enveloppe d’une compresse, on l’applique sur le bubon , et on l'y maintient au moyen d’un bandage inguinal carré ou triangulaire ou d’un spica de l aine , mais ce dernier bandage est plus long à faire et se dérange plus facilement que les deux autres. On engage le malade à exercer avec les mains une pression de plus en plus forte sur la partie sans toutefois provoquer de la douleur. Cette brique conserve sa chaleur pendant plusieurs heures, et est immédiatement remplacée par une autre , à mesure qu’elle se refroidit , car

il ne faut pas que la compression soit interrompue. Sous l’influence de ces moyens, les adénites indurées marchent souvent vers la guérison avec une promptitude qui étonne, et dans d’autres cas elles présentent de nouveau des phénomènes d’inflammation et un travail de suppuration qui les place dans les conditions ordinaires des bubons aigus. J’ai essayé , sans avantages réels , de remplacer les briques par d’autres matières, le galet de nos côtes par exemple , mais les briques sont presque toujours sous la main du médecin, elles se taillent facilement et m’ont paru mieux conserver la chaleur que les autres agens que j’avais voulu leur préférer. Les avantages manifestes que produit la chaleur jointe ainsi à la compression me font presque toujours donner aux briques chaudes la préférence sur les divers bandages herniaires et sur la planchette en bois, couverte de peau et garnie de courroies que M. Ricord propose.

Ces derniers moyens pouvant permettre aux malades de se lever et de vaquer à leurs affaires, ne doivent pourtant pas être entièrement négligés. Ils offrent, en effet, une ressource utile dans certains cas particuliers où les briques ne sauraient être employées.

Enfin il me reste à citer l’extirpation et l’excision des ganglions, auxquelles quelques auteurs, et entre autres M. Ricord ont recours, ainsi que l’écrasement avec un cachet de bureau ou le tourniquet de J. L. Petit, proposé par monsieur Malgaigne , mais seulement comme ressources dernières, lorsque tous les autres moyens ont échoué

et que les bubons menacent de subir des dégénérescences fâcheuses.

En résumé voici les divers traitemens auxquels j’ai l’habitude de recourir pour combattre les bubons. Dans tous les cas d’inflammation franche et aiguë , je cherche à obtenir la résolution à l’aide des anti-pblogistiques , et c’est aux sangsues et aux cataplasmes émolliens que je donne presque toujours la préférence. Quand la tumeur est en suppuration , le vésicatoire et les solutions caustiques , ainsi que les pointes de feu à l’aide de petits cautères en fer rougi à blanc , sont les moyens que je mets presque exclusivement en usage depuis longues années. Contre l’état d’induration, j’emploie quelquefois les emplâtres de cigiie , de Vigo cum mercurio , etc., mais le plus souvent je leur préfère l’onguent napolitain ou les diverses pommades résolutives préparées avec le proto-iodure de mercure surtout, l’hydriodate de potasse, etc., et lorsque ces applications n'amènent aucun résultat dans la tumeur, je prescris suivant le cas, quelquefois le vésicatoire, et, le plus ordinairement, les briques chaudes.

Ces divers agens ne sont destinés qu’à combattre l’adénite, abstraction faite de la cause première qui a pu lui donner naissance. Lorsque les bubons sont de nature syphilitique, je soumets, en outre, les malades à des traitemens généraux appropriés , dont je vais m’occuper bientôt.

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