SYPHILIDES DE LA MUQUEUSE ANALE
tion œdémateuse, inflammatoire, et plus tard scléreuse de la région pré-anale, se traduit par une hypertrophie des plis radiés entre lesquels se forment des fissures. Si l'on ajoute que sur ces plis proéminents en dos d’âne jusque dans la lumière de l’orifice, peuvent encore se développer des érosions, dés ulcérations planes ou bourgeonnantes, on comprendra quels obstacles peuvent être apportés aux fonctions de l'organe. Lorsque le malade fait effort pour arriver au relâchement du sphincter, les bords élevés des ulcérations üssuraires sont écartés,' leur fond, tantôt rouge, tantôt jaunâtre, tomenteux, subit une distension et souvent une déchirure toujours fort pénible qui, par une action réflexe instantanée, provoque une série de contractions énergiques non moins douloureuses. En d'autres termes, nous nous trouvons ici en présence de tous les accidents habituels de la fissure , compliqués en outre de lésions réelles et souvent fort étendues. Par elle-même, la plaque syphilitique est restée bénigne; ce sont les exigences fonctionnelles d’une région aussi complexe que celle de l’anus qui l’ont transformée en un accident des plus sérieux, sinon grave.
La conclusion est qu'on ne saurait y apporter trop tôt remède ; aux cautérisations par le nitrate d’argent ou le nitrate acide de mercure, qui feront disparaître la lésion originelle, on devra joindre les applications émollientes et surtout nareptiques, parmi lesquelles nous ne saurions trop recommander l’iodoforme.
Ili. — Syphilides du gland et du prépuce.
Pour compléter ce que nous en avons déjà dit page 7 là, j’appellerai l’attention sur les plaques muqueuses du gland, lésion fréquente et d’un diagnostic souvent fort difficile. Chez les phimosiques, elles peuvent ressembler à s’y méprendre à la balanoposlhite et au chancre épithélial , quand elles affectent la forme diffuse, caractérisée par le mamelonncment de la surface balanique et qu’elles se sont dépouillées de l’enduit opalin qui les recouvre. Plus ordinairement elles sont constituées par des éléments isolés, généralemeut de forme annulaire, érosifs ou végétants, plaqués en couronne sur le rebord postérieur du gland ; ou disséminés à sa surface, empiétant môme sur les commissures du méat. Dans certains cas la sécrétion d’une odeur âcre, piquante, horriblement fétide, qui les macère, est tellement irritante, qu’elles deviennent le siège d’un processus ulcératif susceptible de faire
SYPHILIDES SECONDAIRES.
croire à l’existence de syphilides ulcéreuses graves; mais sous rinduence des soins hygiéniques, ces lésions ne tardent pas à se dépouiller des détritus purulents qui occupent leur fond, et la guérison s’obtient aisément, sans perte de substance appréciable.
Les accidents secondaires peuvent-ils atteindre la muqueuse de l’urèthre? S’il faut en croire H. Lee, ce ne serait point là un fait très-rare. La lésion se manifesterait par un léger écoulement de pus comparable à la sécrétion de la balano-posthite qui accompagne les plaques du gland et du prépuce, et susceptible de transmettre la syphilis. Nous n’avons jamais observé de cas semblable.