DURÉE. — PRONOSTIC. — MARCHE
malade s’aperçoit d’un accroissement de volume de l’organe, complètement indolore et insensible même à la pression; tout au plus éprouve-t-il quelques tiraillements, une sensation de pesanteur; dans une seule observation, il est question d’une légère souffrance avec exaspération nocturne.
Que l’on suppose un corps de la grosseur d’un haricot introduit dans un épididyme sain, et l’on aura une excellente idée des caractères physiques offerts par l’organe malade. Jamais le volume du néoplasme n’a dépassé celui d’une petite noix et souvent il est resté égal à celui d’un pois, d’un grain de groseille; très-appréciable au toucher par sa consistance dure, la dureté de la base chancreuse.
La tumeur est toujours bien détachée du testicule.
La vaginale reste exempte d’épanchement, sauf dans des cas très-rares où le testicule subit, lui aussi, un léger degré de tuméfaction ; quand le canal déférent participe également à la lésion, il fait sous le doigt un relief comparable ù. celui d’une sonde de gomme élastique. La peau reste toujours saine.
Pas de troubles fonctionnels; chez tous les malades, l’éjaculation s’effectue bien; examiné, chez l’un d’eux, le sperme a été trouvé normal. Il est donc de toute évidence que la prolifération syphilomateuse a pour siège exclusif le tissu cellulaire qui entoure les vaisseaux efférents *.
g 3. — DURÉE. — PRONOSTIC. — TRAITEMENT.
Le fait d’avoir constaté cette lésion précoce à une période avancée de la vérole semble prouver que, abandonnée à elle-même, elle persiste indéfiniment. Sous l’influence du traitement, au contraire, la régression de l’exsudât n’exige pas plus de deux mois en
1 Le diagnostic de l’épididymite secondaire n’offre pas en général de grandes difficultés; voici cependant le signalement des lésions avec lesquelles on peut être exposé à la confondre :
Epididymite blennorrhagique. — Invasion brusque pendant une blennorrhagie; souffrances vives ; fièvre. Signes extérieurs d’inflammation. Tension, œdème, rougeur, sensibilité extrême du scrotum. Tumeur adhérente au testicule. Complication fréquente de funiculite, d’orchite et d’épanchement aigu dans la vaginale. Localisation des lésions dans la queue de l’organe, où elles persistent souvent à l’état chronique. Très-rarement bilaterale.
Epididymite tuberculeuse. — Bosselures souvent volumineuses s'accroissant progressivement; de bonne heure, production d’adhérences avec la peau. Ulcères, fistules. Coïncidence de tubercules dans le canal déférent (cordon moniliforme), dans les vésicules séminales et la prostrate (tumeur appréciable par le toucher rectal), et enfin dans les poumons; fréquemment, antécédents héréditaires. Très-souvent bilatérale.
moyenne; c’est donc, absolument parlant, une lésion bénigne. Mais en ce qui concerne le pronostic du mal constitutionnel dont elle dérive, il est d’observation qu’elle est généralement l’expression d’une infection profonde, qu’elle coïncide avec des formes graves de la syphilis, qu’elle dénote en un mot une vérole forte. Aussi ne doit-on pas hésiter dans l’administration des spécifiques. La durée du traitement nécessaire varie de quinze jours à plusieurs mois. La résolution la plus rapide a été obtenue en quinze jours parl’iodurede potassium, qui donne incontestablement des résultats plus complets dans ce cas que l’hydrargyre. Aussi, si la précocité de l’accident ou la coexistence de lésions manifestement secondaires commande l’usage du mercure, sera-t-il toujours bon de lui associer celui de l’iodure. Aucun traitement local n’est nécessaire.
Dron, De V épididymite syphilitique (Archives de médecine , 6e série, t. II, p. 513 et 724, 1863). — Fournier, Du sarcocelc syphilitique et de Vépiclidyme secondaire ( Mouvement médical , septembre, octobre et novembre 1874).. — Lancereaux, Affections des organes génito-urinaires , in Traité de la syphilis , p. 153, 1873. — Balme, De V épididymite syphilitique, précédé de quelques considérations sur les périodes secondaire et tertiaire, tbèse de Paris, 1876.