LÉSIONS DE LA VULVE DU VAGIN ET DU COL UTÉRIN
Nous serons bref sur ces lésions qui diffèrent peu de celles que nous venons d’examiner chez l’homme, surtout pour ce qui a trait au diagnostic entre la chancrelle et la syphilide ulcéreuse chancrelliforme.
La syphilide pustulo -ulcéreuse s’y fait remarquer par ses contours si constamment ronds ou polycycliques, que ce caractère suffirait à lui seul pour faire reconnaître la nature de ces ulcérations. Comme nous l’avons vu pour les plaques syphilitiques (page 713), il n’est pas rare que les éléments se fusionnent bout à bout en longues traînées et figurent de haut en bas des lèvres des bandes ulcérées très-étendues. C’est là, du reste, un accident de peu de gravité, absolument aprurigineux et indolore, lorsqu’il n’est point irrité par le contact de sécrétions, la fatigue ou les excès vénériens, et (bien qu’il soit notablement plus persistant que les éruptions superficielles de la période secondaire), rarement rebelle au traitement général.
La syphilide tuberculeuse est circonscrite ou diffuse. Cette dernière forme, qui se caractérise par une infiltration en nappe sans tumeur bien apparente, peut atteindre des proportions considérables, et, lorsqu’elle s’ulcère causer des ravages très-étendus. Le processus est surtout remarquable parla rapidité avec laquelle il détruit les tissus qui, du jour au lendemain, peuvent se creuser d’ulcérations profondément entaillées ; crénelures des bords, excavations anfractueuses dans l’épaisseur des grandes lèvres, perforation des nymphes, telles en sont les conséquences habituelles. Ces accidents ne sont point à l’abri de la complication phagédémque, plus fréquente dans sa forme serpigineuse que dans sa forme térébrante ; de là l’extension progressive de ces ulcères sur les régions voisines, pli génito-crural, aines, etc. Et que, spontanément ou au prix d’une thérapeutique persévérante, on soit arrivé à en obtenir la cicatrisation, la malade n’est point à l’abri des récidives qui se produisent à brève échéance, au lieu même de la cicatrice, in situ.
Yoici un exemple frappant de ce phénomène : une femme est d’abord affectée d’une syphilide ulcéreuse qui ronge une partie de la petite lèvre droite et du segment correspondant de l’orifice vul vo-vaginal. Huit mois ne s’étaient pas écoulés après la guérison