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CHAPITRE XIII

LÉSIONS DE LA LANGUE g 1. — HISTORIQUE. — ÉTIOLOGIE.

Vers la fin du siècle dernier, quelques praticiens, Mark Akenside (de Londres), Bierchen (de Gœtlingue) signalèrent la guérison par les mercuriaux de certains ulcères de la langue. Un peu plus tard, Boyer, Bickerand, Lallemand insistent sur les caractères insidieux* de ces lésions, et Frank ne craint pas d’écrire « que le cancer de la langue est une maladie rare, et que la plupart des tumeurs, en apparence squirrheuses de cet organe sont des engorgements vénériens». Avec Ricord, Bouisson, Vidal (de Cassis), Lagneau, la question s’enrichit des observations les plus précises; mais la synthèse de tous ces faits, l’histoire didactique de la glossite syphilitique ne date véritablement que des dernières années, depuis les travaux de Clarke, et surtout d’Alfred Fournier [Leçons de l’hôpital Saint-Louis, 1876). C’est notamment à ce professeur que l’on doit la distinction des deux processus : sclérose et gomme, sans laquelle le groupe des lésions spécifiques de la langue restait si confus. Citons encore les excellentes thèses de Chapuis (1873), Hugonneau (1876), Simon (1877), et Bruno Charrayron (1877).

La glossite syphilitique est une affection de l’âge mûr; elle caractérise également une vérole âgée; elle ne se présente guère avant la cinquième année de l’infection et souvent entre la dixième et la quinzième. Elle est de beaucoup plus fréquente chez l’homme, et la cause de ce faitest probablement dans l’usage de l’alcool, et surtout du tabac, auxquels les femmes payent un tribut relativement léger. Il est constant, en effet, que l’on retrouve ces antécédents chez le plus grand nombre des malades, mais non chez tous cependant ; mais ce qui est surtout incontestable, c’est l’influence nocive que de pareilles habitudes peuvent exercer sur la marche et la durée des accidents une fois produits.

La langue est un organe musculeux recouvert d’une muqueuse. La syphilis tertiaire peut l’atteindre dans chacun de ces éléments, et la frapper, soit à sa surface, soit dans sa profondeur. Tantôt le néoplasme qu’elle fait naître subit à bref délai la nécrobiose granulo-graisseuse et s’élimine en laissant une ulcération ; ce sont là les effets de la g lossopathie gommeuse ; tanlôtl’hyperplasie spécifique

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