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LÉSIONS I)E LA LANGUE

conduit au développement d’un produit plus vivace, organisable en un tissu conjonctif très-dense, très-rétractile, et susceptible d’amener l’induration et l’atrophie de l’organe; ce second processus constitue la glossopal/ne scléreuse.

§ 2. — SYMPTOMATOLOGIE.

Symptômes objectifs. — Giossopathic gommeuse* — Quand elles sont superficielles, elles se présentent sous la forme de tumeurs noueuses, ayant constamment pour siège le dos ou les bords de l'organe, jamais la face inférieure. En moyenne, leur grosseur n’excède pas celle d’une fève ou d’un noyeau de cerise; leur nombre est de deux ou trois, mais quelquefois beaucoup plus considérable; elles sont alors groupées en bouquets, en fer à cheval, comme nous avons vu qu’elles le sont souvent sur la peau.

Au début elles offrent, au toucher, un relief dur ; plus tard elles se ramollissent, et la muqueuse détruite, puis progressivement érodée à leur surface et à leur périphérie, laisse apercevoir le tissu jaune, bout billonneux qui constitue le fond de toutes les gommes. La solution de continuité persiste un certain temps et se répare comme toutes les gommes en laissant à sa suite une cicatrice déprmée.

Au sein des fibres musculaires, la gomme, le plus souvent latérale, peut atteindre le volume d’une noisette, d’une amande, et même d’un petit œuf. Au nombre d’une ou de deux dans la plupart des cas, on les voit' parfois s’accumuler en poussées confluentes, et exagérer à tel point les proportions de l’organe, que la cavité buccale a peine à le contenir ; mais ce sont là des cas exceptionnels, et généralement la déformation des parties est bien moindre. Pendant la période de développement ou de crudité, quelle que soit sa profondeur, la tumeur se rapproche de la face supérieure. Au bout de deux à trois mois, elle se ramollit, et, rompant son enveloppe, donne issue à son contenu. La petite fistule, ainsi produite, devient l’origine d’une ulcération trèscreuse, de plusieurs millimètres de profondeur, à bords nettement entaillés, formés par une auréole infiltrée, très-résistante au toucher et de couleur rouge sombre. Combien de temps persiste ainsi la lésion? c’est ce qu’il est assez difficile de préciser. Quand le traitement intervient, la réparation ne se fait pas attendre, les bords se rapprochent et comblent en peu de jours la perte de substance dont la place reste marquée par une dépression stellaire,

Irès-ingénieusemenl comparée à un capiton. Privé des spécifiques, ]e mal peut durer indéfiniment, soit en progressant, soit à l’état stationnaire; un malade, dont le cas est rapporté par Yealc, garda une lésion de ce genre pendant vingt ans et guérit ensuite par le mercure en vingt-huit jours.

Le phagédénisme est rare dans le cours de l’affection gommeuse de la langue, plus à craindre peut-être pour la répétition

Fig. 90. — Ulcération gommeuse de la langue (d’après un moule du musée de l’hôpital Saint-Louis, malade de M. Lailler).

des poussées que pour la gravité de chacune d’elles; on l’a pourtant observé dans ses types térébrant et serpigineux. Quelquefois l’infiltration de l’organe se fait avec une grande acuité ; il peut en résulter un accroissement de volume énorme avec gonflement œdémateux des parties voisines. En peu d’heures, si le processus se propage en arrière, les lèvres de la glotte se tuméfient, et l’asphyxie devient imminente. Nous appelons l’attention sur cette forme aiguë de la glossite syphilitique qui n’est point très-rare, puisque en deux ans le professeur Gailleton fit ou vit faire quatre fois, à Lyon,

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