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LÉSIONS DE LA LANGUE

la trachéotomie dans ces circonstances. Assurément, la spécificité d’un lel accident n’est pas douteuse, on ne saurait disconvenir cependant qu’en ce qui concerne son anatomie pathologique, nous ne soyons bien loin encore d’être fixés 1 .

Giossitc scléreuse. — L’hyperplasie conjonctive propre à la sclérose, se manifeste par une induration caractéristique, facilement appréciable au toucher. Dans certaine sclérose corticale, le derme muqueux est seul atteint par petits îlots, de l’étendue d’une lentille ou d’une pièce de 50 centimes, ou par plaques continues, en nappe, formant une carapace parcheminée. L’aspect des points malades est remarquable par la dépapillation de la muqueuse, qui offre une feinte rouge sombre avec reflet brillant, tandis que les parties saines, peut-être par l’effet du contraste, paraissent d’un blanc grisâtre très-accentué. Une conséquence nécessaire de cette altération est la production d’irrégularités à la surface de la langue; on voit bientôt en effet se dessiner des dépressions linéaires, d’abord une médiane longitudinale, puis une série de transversales qui, partant de la première, comme des nervures, divisent la face supérieure en un plus ou moins grand nombre de petits compartiments ( état parqueté).

D’autres fois, le processus a pour siège la charpente musculaire (sclérose parenchymateuse), et plus souvent encore le muscle et la muqueuse en même temps. La lésion est alors plus étendue et plus apparente. Il est habituel qu’elle occupe toute une moitié latérale de la langue, ou bien son tiers antérieur, en un mot, un département complet; la sclérose généralisée constitue, au contraire, une variété fort rare. En même temps, les parties malades, dont la consistance est devenue presque cartilagineuse, subissent une tuméfaction qui peut arriver à doubler l’épaisseur de l’organe. Dans certains cas, par suite de la rétraction irrégulière des trac-

1 Une observation de ce genre, dont nous devons la connaissance au professeur Gaillelon, fut remarquable par l’apparition précoce de l’accident, la rapidité de son développement et le calme relatif de l’état général. 11 s’agit d’une robuste paysanne des Dombes, qui entra à l’Antiquaille pour se faire soigner d’une syphilis et avorta le jour même au huitième mois; en même temps, elle souffrait d’un accès pernicieux d’impaludisme dont la quinine eut raison. Deux ou trois jours après, parurent les premiers signes d’une glossitc, la langue devint énorme, en peu d’heures, les lèvres de la glotte se tuméfièrent et l’asphyxie parut imminente. On dut pratiquer la trachéotomie et la guérison suivit de près. La malade était restée absolument insensible soit au mal, soit au traitement, ne se plaignant pas, ne se rendant compte de rien, et h ne réagissant pas plus qu’un lapin en expérience », s’étonnant seulement de cette manière de traiter la vérole en ouvrant la gorge aux malades.

SYMPTOMATOLOGIE.

tus fibreux, il se produit une sorte de lobulation de la muqueuse et des tissus sous-jacents, dont l’aspect rappelle celui des circonvolutions cérébrales, quelquefois aussi celui des circonvolutions cérébelleuses. Dans ce dernier cas, pour bien se rendre compte de l’état de la muqueuse qui, à première vue, peut paraître assez unie, ,il convient d’écarter le sommet des protubérances voisines. On met ainsi en évidence des sillons, parfois très-profonds, qui, grâce à l’accolement de leurs parois, eussent passé complètement inaperçus. On remarquera en outre la netteté avec laquelle les empreintes des dents se dessinent sur le bord lingual; s’il y a lacune dans l’arcade dentaire, on peut même voiries tissus malades faire hernie à travers celte ouverture.

Une fois le processus scléreux établi, l’affection a la plus grande tendance à suivre son cours, c’est-à-dire à passer de la période transitoire de la tuméfaction à l’état permanent de rétraction. Administrés de bonne heure, les spécifiques peuvent il est vrai, avoir raison du mal commençant, mais contre l’atrophie qui est la conclusion du processus ils sont dépourvus de toute influence; l’élément propre de l’organe est étouffé, détruit par le tissu fibreux qui l’enserre et le comprime, il n’est pas de thérapeutique qui puisse arriver à le restaurer.

Parmi les complications presque inévitables de la sclérose il faut noter la production d’inflammations localisées et d’ulcérations suite des irritations mécaniques. Que la langue frotte contre une dent malade, qu’elle se blesse au contact d’un os introduit avec les aliments, ou que des parcelles dures s’introduisent pendant la mastication et séjournent dans ses anfractuosités et ses sillons, et l’on verra survenir un état douloureux avec gonflement, solution de continuité et finalement ulcères. Ces ulcères sont bien différents de ceux qui sont dus à des gommes et qui coexistent fréquemment avec l’état cirrheux, soit qu’ils surviennent dans le cours de cette affection ou qu’au contraire la sclérose soit elle-même secondaire aux poussées syphilomateuses.

L’intégrité des ganglions est un des signes négatifs les plus précieux des glossites syphilitiques. Mais, si le fait est constant dans le cas de sclérose ou de gomme à leur début, il faut convenir que la suite de ces lésions en amenant des crevasses, des ulcères, du gonflement inflammatoire et surtout l’apparition de processus vulgaires greffés sur l’affection spécifique, expose à de nombreuses exceptions.

2° symptômes subjectifs et fonctionnels. — Pas de douleur au

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