II. — Pai-alysies du larynx
Les paralysies syphilitiques du larynx n’ont guère été étudiées jusqu’ici que dans l’intéressante thèse de G. Poyet. Cet accident, dont la pathogénie est encore pleine d’obscurité, survient dès la fin de la période secondaire et plus tard. Faut-il l’attribuer h une jetée spécifique sur le récurrent (car dans aucun cas on n’a vu de trouble fonctionnel du laryngé externe), ou bien à la compression de cette branche nerveuse par quelque tumeur ganglionnaire intrathoracique ou cervicale? Nous l’ignorons. Quoi qu’il en soit, il est incontestable que l’on observe, bien qu’assez rarement, chez les sujets atteints de vérole, des paralysies laryngiennes qui coïncident avec d’autres manifestations spéciales et cèdent, comme elles, ou tout au moins s’améliorent par l’iodure de potassium.
La paralysie est généralement unilatérale et siège sur les cricoarythénoïdiens postérieurs, dont l’action est à la fois de dilater la glotte et de tendre les cordes vocales inférieures. La corde du côté lésé apparaît au laryngoscope immobilisée sur la ligne médiane et obstrue la moitié de l’ouverture ventriculaire; d’où troubles dans l’émission de la voix, qui est rauque et dure et surtout olfre le caractère bitonal, attendu que les deux lèvres de la glotte ne peuvent plus vibrer à l’unisson ; d’où encore gène de la respiration et toux assez intense.
La marche de l’affection est lente, soit quand elle progresse, soit quand elle décline. Le diagnostic en est facile, grâce à l’examen direct; quand la paralysie est complète dans certain cas de lésion articulaire crico-arylénoïdienne (voy. p. 833 et fig. 96), l’immobilité de la corde pourrait cependant en imposer pour une paralysie; il suffit d être prévenu de cette erreur pour l’éviter. Les cas de paralysie incomplète exigent au contraire une grande habitude de 1 examen laryngoscopique et une observation minutieuse et prolongée pour être reconnue.
Au traitement interne par les spécifiques (mercure en frictions, iodure à doses énergiques), on fera bien de joindre l’électrisation externe (les pôles étant appliqués sur chaque côté du cou), ou mieux interne. Celte dernière peut se pratiquer de deux façons : soit en n’introduisant qu’un seul pôle dans le larynx, pendant que l’autre est mis en communication avec la main du malade, ou avec un collier portant â sa partie antérieure une plaque métallique ; soit en se servant d’un rhéophore double, qui porte les deux pôles
LÉSIONS DU LARYNX
dans l’intérieur de l’organe malade. La convalescence sera complétée par une gymnastique laryngienne appropriée.
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