CHAPITRE XVI
LÉSIONS DE LA TRACHÉE ET DES GROSSES BRONCHES g 1. — ÉTIOLOGIE.
C’est à Worthington (1842) que l’on doit la première observation de trachéopathie syphilitique. Plus tard parurentles mémoires de Lagneau, Charnal, Civet et Bœckel, et enfin, tout récemment, la thèse inaugurale de À. Rey, travail des plus complets et de tous points remarquable.
Dès la période secondaire, et coïncidant avec les manifestations laryngiennes précoces, quelques auteurs disent avoir observé des poussées fluxionnaires sur la trachée et les grosses bronches. Sans insister autrement sur ces accidents quelque peu problématiques, nous allons aborder l’étude des lésions tertiaires, ulcéreuses de ces canaux aériens. Disons immédiatement qu’une telle localisation du processus est extrêmement rare et que, à l’inverse de ce que nous avons constaté pour le larynx, la femme en a fourni jusqu’ici le plus grand nombre des cas (9 cas sur 13).
Les trachéopathies sont particulières à la période moyenne de l’âge tertiaire , de quatre à huit ans après le chancre ; mais elles ont été observées beaucoup plus tôt, au neuvième mois de l’infection et, plus lard, pendant la neuvième année. Dans bon nombre de cas, on a pu, il est vrai, noter l’existence d’une prédisposition née d’une irritation chronique ou l’origine professionnelle (telle que l’humidité chez les laveuses, l’inspiration de poussières chez les batteurs de blé, les chiffonniers, les matelassiers), ou bien Y influence déterminante d’une phlegmasie locale aiguë, le plus souvent consécutive à un refroidissement. — En fait d 'affection concomitante, nous rencontrons en première ligne, et avec une fréquence bien digne d’être notée, les nécroses des os du nez, puis les accidents qui caractérisent ordinairement les véroles d’intensité moyenne, onyxis , scléro-choroïdite , périoslose , ulcères tardifs de la peau, etc.; la coexistence de laryngopalhies est assez rare; les ulcérations de la trachée ne sont presque jamais le fait d’une propagation à travers le canal du cricoïde. Au contraire les