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CHAPITRE XVII

LÉSIONS I)U TUBE DIGESTIF T. — Lésions de l'oesophage.

Il est certain que des ulcérations syphilitiques peuvent se développer sur les parois de l’œsophage et donner lieu, en se cicatrisant, à des rétrécissements de ce conduit; mais ce sont là des lésions fort rares. Elles semblent, il est vrai, avoir été reconnues par quelques anciens auteurs : Severinus, Rhodius, Haller, Pa-

LÉSIONS DU TUBE DIGESTIF

letta, Ruysch, Turner, Carmichael, mais aucun ne nous a laissé de description concluante. De nos jours, leur histoire repose sur dix observations à peine ; nous résumerons en quelques mots les plus importantes.

Un malade de Follin portant un psoriasis palmaire syphilitique, et qui souffrait de dysphagie, fut guéri sous la seule influence du traitement interne. Unautre, plus profondémentatteint, ne fut qu’amélioré. Nous devons à J. Teissier (de Lyon) la connaissance d’un cas semblable observé par lui dans la clinique du professeur Valette.

Chez un syphilitique qui mourut à la clinique de Wurtzbourg en ;1850, Virchow vit l’isthme du gosier entièrement atrésié, la portion supérieure de l’œsophage rétrécie par une cicatrice, et sa portion inférieure couverte d’érosions hémorrhagiques.

James West, chirurgien du Queen’s Hospital, à Birmingham, a pu faire l’autopsie d’un de ses malades et a trouvé les lésions suivantes : la partie supérieure de l’œsophage, dans l’étendue de 10 centimètres et demi, est très-dilatée; la membrane muqueuse, fortement épaissie, présente çà et là des taches qui paraissent être dues à des cicatrices récentes. Au-dessous de la dilatation, l’œsophage se rétrécit subitement et forme nn canal étroit qui admet à peine une sonde de n° 4. Le rétrécissement, qui a une longueur de 6 centimètres, est produit par un épaississement de la muqueuse et par des dépôts fibreux sous forme de bandes, et de brides qui ressemblent beaucoup à ceux que l’on voit dans les rétrécissements anciens de l’urèthre. Au-dessous du point rétréci et jusqu’à l’estomac, l’œsophage est parfaitement sain.

Le même auteur a vu un autre fait presque semblable, et rapporte que.'Langston Parker a eu l’occasion de rencontrer la même altération due incontestablement à la syphilis.

La symptomatologie de ces lésions n’empruntant aucun trait saillant à leur origine spécifique, je n’ai pas à la développer ici. Je me borne à rappeler qu’elles entraînent fréquemment la phthisie pulmonaire, et que, lorsque les malades meurent, c’est parcelle complication qu’ils sont emportés.

Le traitement doit être dirigé à la fois contre la diathèse au moyen de l’iodure à haute dose, et contre le processus de coarctation locale, par le cathétérisme. En même temps, on suppléera au mode normal d’alimentation par des lavements, et même des injections sous-cutanées de liquides nutritifs (Billroth). Toutefois, il ne faut pas attendre grande efficacité des anlisyphililiques contre le rétrécissement fibreux confirmé. En pareil cas, si, par le faitd’une

lésions de l’estomac, de l’intestin grêle, etc.

angustie infranchissable, le malade semble condamné à mourir d’inanition, il y a lieu de recourir à l’intervention chirurgicale. A noire connaissance, la formation d’une bouche stomacale a clé tentée une fois, par F. Maury (de Philadelphie), dans un cas de stricture syphilitique de l’œsophage, et la mort s’en est suivie à bref délai. Toutefois le beau succès obtenu récemment par Verneuil chez un jeune homme atteint d’un rétrécissement consécutif à l’ingestion d’un liquide caustique, et la netteté avec laquelle ce professeur a indiqué le manuel de cette opération, sont bien faits pour encourager ceux qui croiraient devoir recourir à la gastrostomie.

II. — Lésions de l’estomac, de l’intestin grêle, du gros intestin et du péritoine, g 1. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

Les anciens syphiligraphes ont presque tous noté des accidents du côté de l’intestin dans le cours de la vérole. « Autres ont des flux de ventre jettans les matières sanguinolentes et corrompues, » écrit Paré; et Délia Croee dit de même en énumérant les symptômes du mal lorsqu’il est invétéré : « Ce qu’il y a de pire, c’est que les viscères peuvent aussi souffrir; tantôt ce sont les poumons, et les malades deviennent phthisiques; tantôt les reins, et l’on voit se produire un écoulement de semence ou la pierre ; d’autres fois les intestins, dont la lésion amène une évacuation continuelle de fèces, etc. 1 » Toutefois les auteurs modernes, et surtout les anatomo-pathologistes, sont moins explicites sur ce point, que très-peu d’observations viennent éclairer. Aussi est-il à supposer que bien souvent autrefois on attribuait au virus des symptômes de diarrhée qui sont la manifestation 'vulgaire de toute cachexie. .

De nos jours, on a noté sur les intestins les altérations sui-

vantes :

a. La tumeur gommeuse. Les nécropsies n’ont que rarement permis de constater le syphilome à cette période. Une très-remarquable observation de Laurenzi va nous éclairer. Les dépôts gommeux couvraient le péritoine pariétal et viscéral et rappelaient, par leur disposition les éléments d’une variole discrète. De la grosseur d’une

1 « Ma quello che è peggio, quando il mal francese s’invecchia, e le viscere malamentc patiscono, s’offendono talvolta i polmoni, e l’infermo diverta tisico talvolta le reni, e ne segue o lo scolamento perpetuo dcl seine o la pietra, lalvolta gli intestini, c lefeccie continuamente s’evacuano. » ^Della Croee, Cirurgia universale, lib. V, tratt. XII, cap. III. Venetia, M XXIII.)

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lentille, d’une couleur blanc jaunâtre ; ils offraient à la coupe, les uns l’aspect d’un Lissu scléreux, les autres une apparence colloïde. L’examen microscopique permit de reconnaître qu’ils étaient formés d’un tissu fibreux, au sein duquel se voyaient de nombreux éléments nucléés réunis par petits groupes. Ces néoplasmes siégeaient à la fois et dans le tissu sous-séreux et dans les coucbes sous-muqueuses du grêle.

b. L’ infiltration diffuse. C’est principalement sur l’estomac et au voisinage du pylore qu’on a rencontré cette lésion peu étudiée encore et caractérisée par une hypertrophie plus ou moins étendue de la muqueuse (Leudet, Virchow, Fauvel). Quand le processus siège sur un point naturellement plus resserré du canal alimentaire, il peut produire la sténose. Cette conséquence était particulièrement appréciable dans le cas rapporté par Luigi Laurenzi, où l’on voyait sur le grêle une série de rétrécissements fusiformes alterner avec un égal nombre de dilatations ampullaires. Chez un autre sujet observé par Oser, la muqueuse de l’iléon au niveau des plaques de Peyer était le siège d’un infiltrât, gris rougeâtre avec ulcération centrale.

c. L'ulcère. Il y a longtemps déjà que l’on a remarqué la fréquence de l’ulcère perforant de l’estomac chez les syphilitiques (Engel, Fioupe); mais les recherches histologiques, qui seules pourraient nous donner la raison de ce fait, font presque complètement défaut. Toujours est-il que, dans nombre de cas, l’autopsie a révélé des lésions qu’il est vraisemblable de rapporter à la présence de gommes ulcérées; tantôt elles sont multiples, limitées à un segment du tube digestif, estomac, gros intestin (Cullerier, Huet) ou grêle (E. Millier, Meschede) ; dans un cas, on a pu en compter jusqu’à cinquante-quatre. Tantôt la perte de substance est unique, arrondie, large comme une pièce de dix centimes (Lancereaux) ou irrégulière et beaucoup plus considérable, comme dans un cas (Capposi) où elle s’étendait du pylore au cardia. Ces ulcérations offrent une base dure, un fond déprimé gris jaunâtre, livide, des bords décollés ; quelques-unes n’entament que la muqueuse, mais beaucoup pénètrent jusqu’à la tunique musculeuse, il en est même qui aboutissent à la perforation.

d. Sclérose. Consécutive aux ulcérations, elle se présente sous la forme de bride rubanée, avec épanouissement plus ou moins étendu, mais n’amène que rarement Fanguslie, Citons cependant un cas (Leudet) où l’on a pu constater sur le côlon un rétrécissement admettant à peine l’indicateur. — Sur le péritoine,

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