I. — Glandes lacrymales
La science ne possède qu’un seul cas propre à démontrer la vulnérabilité des glandes lacrymales sous l’influence de la syphilis tertiaire. 11 s’agit d’un malade, vu par Chàlons (de Luxembourg) qui souffrit d’un gonflement des deux glandes. La tumeur qu’elles formaient sur le côté externe de l’œil soulevait la paupière, qui pendait comme un sac au-devant l’œil. On pouvait sentir à travers cette membrane le bord saillant et dur de la glande tuméfiée. Du reste pas de douleur et pas de trouble appréciable dans les fonctions de l’organe. En quelques jours le traitement mercuriel eut raison de cet accident, ainsi que d’un coryza ulcéreux qui l’accompagnait. Il est probable que, dans ce cas, il s’agissait d’une poussée de sclérose, qui eût abouti par la suite à l’atrophie de l’organe.
IL — Glandes mammaires.
On répète û l’envi que les manifestations de la syphilis sur les glandes profondes ne sontsi rarement observées que parce qu’elles se dérobent à l’observation directe et qu’on en néglige l’inspection nécroscopique. Tel n’est pas notre avis ; car, s’il en était ainsi, pourquoi les mamelles, dontles lésions ne sauraient passer inaperçues, nous offriraient-elles si rarement des exemples de pareils accidents ? En effet, bien que, dès le siècle dernier, les anciens auteurs, parmi lesquels nous citeronsSauvage, aient appelé l’attention sur le cancer vérolique du sein, bien que, à une époque moins éloignée de nous et dans un but que nous préférons ne pas approfondir, Troncinait présenté avec une exagération peu scientifique le tableau très-noirci des suites cancéreuses cle la vérole , c’est à peine si j’ai pu réunir vingt observations authentiques de syphilose mammaire. Une des plus remarquables appartient à Lancereaux et a été publié dans la thèse d’agrégation de (1872) P. Horteloup.
Ces observations se divisent en deux catégories, suivant qu’elles se rapportent à. une infiltration scléreuse diffuse ou à un processus gommeux circonscrit.