‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 15 sur 262 · MARCHE. — TERMINAISON · texte numérisé non relu

MARCHE. — TERMINAISON

aussi plus difficile, et peut môme être absolument empêchée, si l’on n’a pas eu soin de se munir d’un instrument approprié.

Par le rectum, le doigt perçoit au niveau de la prostate une tumeur chaude, proéminente, de forme variable, plus souvent carrée, si l’inflammation a envahi l’organe tout entier. Au début, la consistance en est dure ; plus tard, en même temps que la suppuration, arrive le ramollissement de l’organe qui peut aller jusqu’à la fluctuation.

Quelques auteurs recommandent de pratiquer simultanément le toucher et le cathétérisme. Mais les vives douleurs que provoque cette manœuvre doivent en faire restreindre l’emploi.

g 3. — MARCHE. — TERMINAISON.

C’est vers le huitième jour que, dans les cas ordinaires, le processus inflammatoire atteint son apogée. A partir de cette époque il décline et s’achemine vers la résolution, souvent entravée par le passage à l’état chronique, ou s’affirme de plus en plus pour aboutir à la suppuration.

La résolution est la terminaison la plus commune ; les symptômes s’apaisent peu à peu; en deux ou trois septénaires la guérison est complète. Cependant les rechutes sont fréquentes : aussi le convalescent devra-t-il se montrer particulièrement attentif à toutes les règles d’une hygiène sévère, car il est presque toujours coupable des recrudescences de sa maladie.

État chronique. Engorgement chronique. Prostatorrliêe —

La prostatite chronique peut survenir d’emblée ou après suppuration; mais le plus souvent il n’en est pas ainsi. Après une inflammation plus ou moins aiguë, la résolution s’arrête à mi-chemin, la glande reste engorgée, dure et proéminente au toucher. Les différents symptômes de la prostatite persistent plus ou moins amendés : sensations de pesanteur , de fourmillements et comme de mouvements vermiculaires dans l'anus et le rectum ; dans le fond du canal, chatouillements, picotements se renouvelant de temps à autre dans la journée, surtout le matin ; quelquefois douleur sourde, obtuse, gravative; impatience du col vésical, exigences de la vessie et besoin plus pressant d’y satisfaire; douleur au moment ou l’urine pénètre dans le canal; jet hésitant, moins énergique, déformé, contourné en vrille et bifurqué à la fin ; impossibilité de débarrasser complètement le canal des dernières gouttes d’urine qui, par leur séjour dans sa portion prostatique, provoquent un

PROSTATITE.

spasme réflexe qui les élimine, sans le secours de la volonté et presque à l’insu du malade.

Ce spasme se produit parfois indépendamment de la miction,, pour chasser le liquide que les follicules prostatiques irrités versent à la surface de la muqueuse, principalement après les efforts de la défécation. C’est surtout au réveil que le malade s’aperçoit de ce phénomène d’ hypersécrétion ; en pressant le canal, il peut presque toujours amener à son orifice une goutte blanchâtre ; il voit les lèvres du méat boursouflées, agglutinées ; au premier jet d’urine, il éprouve comme une sensation de décollement. Le liquide est assez variable : tantôt clair et filant, plus souvent blanchâtre et d’apparence laiteuse, assez semblable au sperme, avec lequel les malades le confondent habituellement, mais dont on le distinguera toujours, sinon à l’œil nu, du moins au microscope. Il ne présente, en effet, ni les animalcules, ni les granulations du sperme ; il a un aspect homogène et renferme :

1° Du sérum ;

2° Un grand nombre de corpuscules solides irréguliers de 0,001 à 0,002 de millimètres, de teinte jaunâtre, et fort réfringents;

3° Des granulations moléculaires grisâtres plus ou moins nombreuses ;

U° Des cellules épithéliales prismatiques, pyramidales, quelquesunes pourvues de cils vibratils ;

5° Des concrétions calculeuses de la prostate, ressemblant à des grains de fécule, formées de plusieurs couches imbriquées, avec noyau central (fig. 7) ;

6° Quelques granulations rougeâtres d’hématosine, isolées ou fixées sur des cellules;

7° Divers cristaux de phosphate de chaux.

Le coït reste souvent normal; d’autres fois il s’accompagne d’une sensation, de déchirure ou de chaleur brûlante ressentie habituellement au fond du canal, mais qui peut aussi se propager jusqu’au méat. En dépit de ces troubles fonctionnels les rapprochements semblent, dans certains cas, améliorer Tétât local, diminuer l’engorgement des tissus, apaiser la douleur et les épreintes. Mais les malades ne tardent pas à s’apercevoir que ce soulagement est éphémère, et tombent alors dans une hypochondrie que leur crainte à l'égard de la spermatorrhée vient encore accroître.

Enfin on voit quelquefois survenir des complications du côté des voies spermatiques ; l’engorgement d’un ou de plusieurs lobes de

Page 1