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LÉSIONS DES DOIGTS, DACTYLITE

Le mal attaque les doigs ou les orteils, et presque toujours la première phalange ou l’extrémité inférieure d’un métacarpien. Dans un seul cas, rapporté par Archambault, un enfant héréditairement frappé offrait une multiple lésion des phalangettes. Sous le rapport de la vulnérabilité, d’après une statistique de 21 cas, les doigts peuvent être rangés dans l’ordre suivant : index (6 fois), médius (5), petit doigt (4), pouce (3), annulaire (3). a. Dans une première forme la gomme se développe d’abord au

Fig. 107. — Dactylito (communiquée par Robert Taylor, de New-York).

sein du tissu connectif sous-cutané, et peut gagner de proche en proche, mais secondairement, les parties profondes, gaines, ligaments, articulations, cartilages, os. Le mal s’accuse par i/ne tuméfaction diffuse, partielle ou totale du doigt, dont les téguments sont durs, tendus, violacés et luisants, principalement sur la face dorsale (fig. 107). La déformation est toujours très-marquée; soumis à une coupe transversale, au lieu d’être circulaire, comme à l’état normal, l’organe offrirait une section carrée. L’ongle reste indemne, d’autant plus que la phalangette n’est que rarement atteinte. Du reste, pas de douleur, pas de phénomène d’inflammation

aiguë, pas d’ulcération; le néoplasme ne paraît offrir aucune tendance à la désorganisalion, et la marche de l’affection est essentiellement lente et chronique.

Quand le processus gagne en profondeur, c’est presque toujours l’articulation supérieure qu’il atteint. De très-petites gommes envahissent la capsule et s’y logent comme le miel dans les rayons. Incapables de se prêter à leur fonctionnement régulier, les ligaments infiltrés sont tantôt rigides, fixant l’article, tantôt distendus et flasques, permettant une mobilité anormale. Os et cartilages

Fig. 108-109. — Dactylite multiple à gauche. Suites éloignées de la dactylite à droite (communiquées par Robert Taylor, de New-Yorck).

sont également lésés; l’on perçoit souvent une crépitation liée à l’érosion des surfaces articulaires; mais il est remarquable que dans cette forme on ne trouve jamais d’épanchement séreux intraarliculaire.

Cette lésion coïncide en général avec de graves manifestations du côté du système locomoteur ou des viscères et atteste la sévérité de la dyscrasie. Sauf l’exagération ou la diminution des mouvements qui peut en être la conséquence, la guérison complète est la règle, mais elle ne se produit qu’à la longue.

b. Une deuxième forme de dactylite, liée aux lésions süperfi-

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