LÉSIONS DES DOIGTS, DACTYLITE
cielles (ostéo-périostiie), ou profondes {ostéo-myélite) de l’os, nous est déjà en grande partie connue.
Tuméfaction fusiforme de la phalange malade, tension de la peau, effacement des plis; tels sont les signes par lesquels se traduit à l’extérieur le décollement du périoste, sous lequel s’étale le syphilôme semblable à une masse caséeuse, d’autant plus molle (colloïde) que le processus est plus aigu. Cette matière morbide s’introduit dans l’intérieur des canaux deHavers et détermine la résorption progressive de l’os {carie sèche de Virchow), d’où la pos-
FlG. 110-111. — Dactylite par ostéomyélite. Suites éloignées de cette lésion (communiquées par Robert Taylor, de New-Yorck).
sibilité de fractures. Dans un cas rapporté par Volkmann la première phalange du médius était complètement séparée en deux parties par le tissu de régression. Exceptionnellement le mal se propage aux parties molles, qui se tuméfient et deviennent rouges, dures et sensibles, mais jamais l’ongle n’est lésé. Après une durée presque toujours longue (un an, deux ans), le mal peut se terminer par résolution, sans qu’il y ait eu ouverture à l’extérieur, mais non toujours sans déformations définitives, car les parties du squelette qui ont été détruites ne se reproduisent pas (fig. 108-109).
La dactylite profonde {ostéo-myélite phalangienne ) est remarqua-
ble par la tuméfaction considérable et rapide de l’os malade, qui prend la forme caractéristique du spina ventosa (voy. la figure 111, relative à un malade de Berg).
La tumeur gommeuse, sous l’effort de laquelle le tissu compacte se distend et s amincit, aboutit le plus souvent à la formation d’un liquide filant, dépourvu de globules de pus/qui s’élimine à travers une ouverture spontanée ou chirurgicale de la coque ostéo-tégumen taire le contenant. De là résultent souvent des ulcères, dés méats fistuleux et, finalement, des déformations (fig. 109-110). Quand les tissus articulaires sont englobés dans la lésion, ce qui n est point rare, il faut compter en outre avec des infirmités durables, telles que raideur dans les mouvements, ankylosé, ou au contraire impuissance fonctionnelle par excès de mobilité h
Rien de particulier à signaler en ce qui concerne le traitement.
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' La dactylite syphilitique pourrait être confondue avec certaines lésions analogues, liées à l’évolution du rhumatisme, de la goutte et surtout de la scrofule. Les données suivantes en éclaireront le diagnostic souvent difficile.
Lésion rhumatismale chronique. — Rare chez l’enfant , a son maximum de fréquence chez le vieillard et surtout chez la femme. Presque jamais de phénomène d’inflammation apparente; lésion moins diffuse, mais plus multiple que dans la syphilis; à évolution beaucoup plus lente, très-rebelle au traitement. — Siège dans les articulations et les gaines; peau et tissu cellulaire sains; pas de fistules ni d’ulcérations. — Nodosités osseuses, épiphysaires pathognomoniques, et, à une période avancée, déformation au côté de la flexion vers le bord cubital. — Presque toujours douleur avec exacerbations. — Coïncidence d’antres symptômes' arthritiques : douleurs rhumatoïdes dans d’autres articulations, cystite, psoriasis.
Lésion chronique d'origine goutteuse. — Ne se montre que chez les sujets d’âge mûr. — Présence de l’acide urique dans le sang, tophus préarticulaires caractéristiques; nodules dans les gaines et dans les cartilages de l'oreille.
Dactylite strumeuse. — Particulière au jeune âge; quand elle est superficielle, liée à une périostite externe fongueuse, constituant une véritable gomme strumeuse péripériostique; tumeur molle, fluctuante; téguments livides et comme empâtés, fréquemment siège d’engelure. — Évolution relativement rapide, ulcération de la peau et issue de matière purulente; perte de substance blafarde, indolente, à bords amincis, décollés; os et articulations sains. — Lésion bénigne, guérison facile â obtenir sans opération par les antiscrofuleux. — Diagnostic fort épineux dans le cas de dactylite profonde, strumeuse et de spina ventosa, mais rendu possible par la recherche des antécédents et des lésions concomitantes ducs à la môme diathèse, blépharite, adénite, coryza, etc.
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(Voyez aussi la bibliographie de la page 678).