de 28 ans
du v. dr., dyspnée, douleurs précordiales.
Gros nod. proéminents sur
Trouvé mort
19 Rruzclius (1877).
chacune des deux faces.
Hyp., palpitations.
Dépôts gris jaun., sclérose.
dans son lit Mort subite.
LÉSIONS DU COEUR
Le pronostic est particulièrement grave. Les malades, semblet-il, succombent fatalement, et, dans la grande majorité des cas, subitement; 13 observations sur 19 sont des exemples de cette terminaison soudaine. Un jeune homme (obs. 7) tombe dans la rue, un autre est trouvé mort dans son lit (obs. 18); 3 malades, singulière coincidence, expirent immédiatement après s’être livrés à la défécation (obs. 1, fi, 14). Est-ce embolie, spasme cardiaque, ou arrêt syncopal, suite d’effort? Enregistrons ces faits si frappants, mais sans chercher à les expliquer encore. — Une autre cause de mort est ce que j’appellerai la dyspnée aiguë ; les malades se plaignent de ne pouvoir respirer, en proie aux plus cruelles angoisses de la suffocation, ils demandent de l’air à grands cris, et l’asphyxie ou le coma terminent la scène au bout de quelques jours (obs. 4 et 10) — Au contraire la dyspnée chronique tue lentement; la température s’abaisse, les téguments sont livides et cyanosés, on a vu le lobule du nez tomber en gangrène (Morgan), et le malade s’éteint, par débilité progressive, par asthénie. — Rappelons en terminant que, dans deux cas, la mort a été précédée d’hémiplégie.
Rien de plus difficile que de diagnostiquer une telle affection; la très-rare localisation du mal aux orifices aidera à la distinguer du rhumatisme ; mais c’est surtout sur l’essoufflement, les palpitations, la douleur précordiale, les symptômes d’hypertrophie et la connaissance des antécédents qu’un jugement peut être basé ; dans trois cas de ce genre Lancereaux, Morgan et Cantani ont été assez heureux pour obtenir une guérison complète.
Le traitement consiste essenliellement dans l'administration de l’iodure, et l’emploi des toniques et des stimulants.
Endocardite. — L’endocarde est presque toujours altéré au contact ou au voisinage des lésions syphilitiques du muscle cardiaque. Une observation nous le montre épais de plus d’un millimètre, d’une consistance fibreuse, d’une coloration blanc mat (Ricord). Dans un autre cas, il est très-vascularisé, tacheté de jaune, et recouvert de papilles simples ou bifurquées (Lebert); dans un troisième il est terne, inégal, mamelonné, et en certains points semblable à du cartilage; les valvules pulmonaire et la lame postérieure de la tricuspide sont épaissies et allongées (Vichow).
L’endocarde peut en outre, bien que le fait soit discuté, subir isolément et primitivement les atteintes du virus. Comme partout, on y rencontre sclérose , gomme , ulcère ; on y voit en outre, particulièrement sur les valvules, de petites végétations analogues à des condylomes. Celte lésion, reconnue autrefois par Corvisart, niée par Laennec, est acceptée aujourd'hui par bon nombre d’anatomo-
pathologistes comme une conséquence plus ou moins directe de la vérole. (Julin, Virchow, Gamherini, Lombroso ) >.
Péricardite. — La péricardite plastique a été quelquefois observée coïncidemment avec des lésions spécifiques de la substance charnue. Ricord a vu le feuillet viscéral épaissi en un point et recouvert d’une fausse membrane. Chez un malade de Virchow, le péricarde présentait des taches d’aspect tendineux et assez étendues à la face pariétale; il était très-épaissi, collant, et donnait naissance à des appendices veloutés à large circonférence, trèsvasculaires, formés par du tissu conjonctif lâche, gélatineux.
Dans un troisième cas dû à Friedreich, il y avait oblitération complète de la cavité, mais moins peut-être par suite d’un processus spécifique que par péricardite irritative, fibreuse, chronique, développée sur un fond syphilitique.
La gomme de cette séreuse est une lésion fort rare. Des deux faits que nous en connaissons, l’un, rapporté par Wagner, nous montre le néoplasme parsemant le feuillet viscéral de petits tubercules miliaires; dans l’autre dû à Lancereaux, l’organe était le siège d’une tumeur gommeuse du volume d’un noyau de cerise, un peu molle, jaunâtre, formée de cellules plasmastiques granuleuses. Doit-on redouter en pareil cas l’ulcération de l’enveloppe et l’issue de son contenu dans l’intérieur du péricarde? C’est là une hypothèse rationnelle en théorie, mais aucun fait ne la confirme.
il. — Lésions des vaisseaux sanguins.
Les artères nous occuperont seules ici. Très-rares sont les documents sur les altérations des veines et des capillaires. Chez deux
1 1° Sur un malade mort à quarante-six ans de phthisie pulmonaire, et qui offrait en même temps les manifestations caractéristiques de la syphilis (chancre, ulcères, condylomes, douleurs ostéocopes) les valvules mitrales présentaient trois papules rosées, de la grosseur d’une lentille et composées de cellules épithéliales, de tissu conjonctif et de quelques vaisseaux (Scarenzio).
2° Le cœur d’un jeune homme de vingt-deux ans, non rhumatisant, emporté par la cachexie syphilitique, offrait au niveau des valvules sigmoïdes de l’aorte un agrandissement des nodules de Morgagni d’où surgissaient de petites végétations granuleuses semblables à des framboises, et en parfaite concordance d’évolution avec les autres lésions de la vérole (Gamherini).
3° Dans un autre cas, la face supérieure des valvules semi-lunaires était remarquable par l’altération de la tunique interne hypertrophiée et rouge qui contenait des nodules résistants. Le sujet sur lequel fut constaté cet exemple d’aortite végétante avait succombé à de nombreuses manifestations spécifiques (Lombroso).
4° Chez un mort-né syphilitique on a pu voir la tricuspide elles valvules pulmonaires irrégulièrement épaissies, avec le bord libre garni de petites nodosités; la face interne était elle-même déformée par des cicatrices et des plicatures (Wendt).