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LÉSIONS DES VAISSEAUX SANGUINS

malades observés par Gosselin, on put reconnaître la présence de gommes développées dans le tissu conjonctif qui forme la membrane externe et l’enveloppe des veines saphènes. Cette lésion s’accusait par une ou plusieurs tumeurs sous-cutanées, allongées en un cordon de 4 à 5 centimètres de longueur et fort douloureuses à la pression ; pas d’empâtement, pas de changement de couleur de la peau. Dans les deux cas l’accident était précoce, et disparut rapidement sous l’influence du traitement spécifique.

Les lésions syphilitiques des artères sont primitives ou consécutives; ces dernières, qui se montrent comme épiphénomène dans le cours des tumeurs gommeuses de voisinage, des exostoses, des ulcères, sont le fait de la compression ou de la destruction ulcérative. Nous devons à Yerneuil un très-remarquable exemple de dénudation artérielle au sein d’un foyer phagédénique ; ce cas se termina par la perforation de la fémorale suivie d’une hémorrhagie foudroyante. À l’autopsie on trouva la gaine vasculaire indurée, inextensible et le calibre de l’artère rétréci par l’épaississement et par le retrait concentrique de ses parois. De pareils cas sont rares ; l’artérite primitive qu’il nous reste â étudier est plus fréquente et donne lieu à des considérations d’un haut intérêt.

Bien que beaucoup d’auteurs anciens, Lancisi, Morgagni, Astruc, aient cru à l’influence de la vérole dans l’étiologie de certains anévrysmes, l’histoire de la syphilose artérielle ne date réellement que de l’époque, peu éloignée de nous, où l’anatomie pathologique jeta quelque lumière sur les maladies primitives des parois vasculaires. Les lésions de l’athérome et de l’endartérile chronique une fois connues, Yirchow, Heubner, Corazza, Lancereaux, Hughlings Jakson, Broadbent, Baumgarten, Rabot, se sont appliqués à faire l’histoire d’une variété de dégénérescence particulière à la syphilis. Rien n’est plus rationnel assurément que cette conception du syphilome se développant au sein des tuniques artérielles, dont l’invulnérabilité aurait lieu de surprendre; mais il faut bien avouer que l’on peut conserver des doutes sur la spécificité des lésions décrites jusqu’ici. Quoi qu’il en soit, voici en quoi elles consistent.

Anatomie pathologique. — C’est sur les petites artères, principalement celles du cerveau, rarement sur les carotides, que ces lésions ont été reconnues; le plus souvent, à l’œil nu, le vaisseau offre dans les points malades une coloration blanche, opaque, les parties saines étant d’une teinte bleuâtre; quelquefois de petites nodosités font saillie à l'extérieur. Par une incision longitudinale on peut apercevoir des épaississements limités et des soulèvements delà

tunique interne, qui rétrécissent le calibre des vaisseaux, au point de l’obturer et d’y déterminer la coagulation du sang. L’aorte, siège si fréquent de l’athérome, n’est qu’atteinte par ces lésions.

Au microscope, on voit l’adventice doublée de volume par une infiltration extrêmement intense de petites cellules ou noyaux, et sillonnée de vaisseaux fortement dilatés. Comme celte lésion accompagne constamment celle des autres tuniques et se montre quelquefois isolément, il est permis de croire que c’est là le fait primitif de l’altération qui nous occupe. Dans la tunique moyenne la prolifération atteint presque toujours un degré moins marqué; les éléments jeunes se réunissent en petits amas formant des élevures cunéiformes du côté de la tunique interne qu’ils repoussent, d’où la proéminence à l’intérieur du vaisseau d’une masse cellulaire formée par des corps protoplasmatiques, fusiformes ou plats, à un seul noyau, et pourvus de prolongements. Ce néoplasme est d’abord recouvert par l’endothélium resté dans un état absolu d’intégrité; plus tard la prolifération s’établit au sein de cette couche et devient le phénomène dominant. La dissociation plus ou moins complète de ce revêtement interne, le bourgeonnement irrégulier du tissu embryonnaire du côté de la lumière du vaisveau deviennent alors une cause puissante de thrombose.

Le processus que nous venons de décrire diffère notablement de celui de l’artérite vulgaire : 1° par sa localisation plus fréquente aux petites artères; 2° par son extension plus rapide à une grande étendue du système circulatoire; l’artérite syphilitique met des mois à atteindre le terme de son évolution et l’athérome met des années; 3° par le gonflement de toutes les membranes amenant une angustie du vaisseau, au lieu que, dans l’athérome, il y a plus généralement dilatation par amincissement des parois qui sont dégénérées (transformation graisseuse ou calcaire, ramollissement athéromateux, anévrysme). En somme, ce qu’il y a de remarquable dans la lésion syphilitique, c’est que l’exsudât néoplasique, tissu nouveau, jouissant d’une organisation relative, s’établit au sein des éléments normaux, les écarte, les dissocie, mais sans amener fatalement la dégénérescence d’aucun d’eux. Cette particularité permet de comprendre la possibilité d’une rcstitutio ad integrum sous l’influence d’uu traitement hâtif.

Symptomatologie. — C’est par des troubles trophiques viscéraux que se décèlent les lésions spécifiques vasculaires. Plusieurs cas d’oblitération carotidienne complète se caractérisèrent par des douleurs de tête, des accès épileptiformes, et l’affaiblissement de

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