‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 160 sur 262 · LÉSIONS DES VAISSEAUX SANGUINS · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES VAISSEAUX SANGUINS

toutes les fonctions cérébrales précédant le coma et la mort.

S’agit-il des artères cérébrales proprement dites? une céphalalgie gravative, presque toujours frontale, surtout intense pendant la nuit, jointe à différents changements dans les fonctions psychiques et des organes des sens, annoncent l’ischémie de l’encéphale et constituent la période prodromique. Vient ensuite un ictus apoplectique avec coma, ou sans perte de connaissance, avec abolition variable du mouvement, quelquefois avec hémiplégie de tout un côté y compris la face, ou bien avec aphasie, paralysie limitée à un seul membre, tantôt brusque, tantôt graduelle, généralement transitoire ; mais pouvant persister et se compliquer de contractures.

Il est assez fréquent de voir ces symptômes s’amender et même disparaître complètement, mais il faut craindre la récidive qui ne manquera guère de se produire au bout de quelques mois, d’une année. Alors surviendront le délire mélancolique ou érotique, la paralysie des sphincters, lescontractures, les crises épileptiformes, la fièvre presque continue, et le malade succombera.

La connaissance des antécédents, l’apparition du mal chez un jeune sujet suffisent presque toujours à en faire soupçonner la nature syphilitique, mais il faut encore le distinguer de la tumeur gommeuse, accident de la même période. Celte dernière affection s’annonce par des phénomènes de chorée, d’épilepsie partielle unilatérale, des vomissements, des troubles de la sensibilité ; au lieu de s’ébaucher graduellement, comme dans le ramollissement, les désordres psychiques et l’aphasie sont subits et atteignent d’emblée un haut degré; la céphalalgie est atroce et peut occuper toutes les parties du cerveau, dont elle révèle le point lésé; au lieu de contractures ce sont des convulsions que l’on voit se produire; enfin la gomme s’accompagne presque toujours de troubles variés du côté des organes des sens.

En ce qui concerne le pronostic de cette artérite, nous devons nous demander si lalésion spécifique des tuniques peut conduire à l’anévrysme. Sur ce point fort controversé de nos jours, la clinique et la thérapeutique s’accordent à répondre affirmativement. Il existe dans la science plusieurs observations de syphilitiques atteints d’anévrysmes considérables et que le traitement par Piodûre de potassium a complètement guéris (Wilks, Richet, I.ancereaux). Sans admettre les exagérations des chirurgiens militaires anglais qui rattachent à la vérole la moitié des anévrysmes, il faut donc se montrer attentif à la recherche des signes de contamination ancienne chez les malades atteints de celte grave

affection, et ne pas craindre d’administrer les spécifiques en cas de diathèse avérée. Quoi qu’il en soit, de nouveaux faits sont nécessaires pour arriver à la solution de ce problème.

Comme traitement , je me bornerai à mentionner l’emploi de l’iodure de potassium et du mercure, sans oublier les reconstituants.

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