‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 178 sur 262 · I)E LA SYPHILIS MALIGNE · texte numérisé non relu

I)E LA SYPHILIS MALIGNE

de moins en moins épaisses, deviennent foliacées, psoriasiformes et font place à une cicatrice plus ou moins irrégulière.

La syphilide tuberculo-ulcéreuse consiste d’abord en une éruption de petits boutons gros comme une tète d’épingle, qui grossissent au point d’atteindre le volume d’une groseille ou d’une cerise. — D’un rouge sombre, recouverts de squames blanchâtres, quelquefois assez abondantes pour simuler un psoriasis, ils ne tardent pas û devenir le siège de vives douleurs et à se couronner de croûtes jaune-verdâtre, généralement peu épaisses, parfois même légèrement excavées, sous lesquelles se creuse une perle de substance profonde; en même temps le système lymphatique s’engorge. L’ulcération peut persister assez longtemps à l’état stationnaire; rarement elle prend la marche serpigineuse. La réparation se produit enfin par bourgeonnement ; mais les tissus restent longtemps indurés, fournissant une abondante exfoliation épidermique. La cicatrice est toujours pigmentée ; comme il n’est pas rare que la peau soit entamée dans toute son épaisseur, elle est souvent le siège de dépressions et de brides modulaires. Cette éruption récidive fréquemment.

La syphilide tuberculo-ulcérante gangréneuse se produit quand l’intensité du processus a déterminé l’obstruction des capillaires à la périphérie du néoplasme. Ces troubles circulatoires sont attestés par la présence fréquente, autour des éléments ulcératifs, de petits points hémorrhagiques, sorte de purpura; au reste on a pu constater dans les mêmes points les signes caractéristiques de l’endarlérite (Hardy). La complication qui nous occupe (car la gangrène n’est en réalité qu’un accident, une complication), atteint en général de grosses papules, les unes saillantes comme des noisettes, les autres aplaties comme une pièce de monnaie; au bout de deux ou trois semaines, la surface cutanée qui les recouvre se mortifie et se transforme en une eschare noire et sèche, presque toujours excavée à son centre, semblable à une croûte de rupia retournée. Cette eschare s’élargit à sa périphérie par la mortification progressive d’un gros bourrelet induré, saillant qui se continue insensiblement avec les parties saines du tégument. Formation d’un sillon circonférentiel entre la zone infiltrée et les tissus sphacélés, élimination de ces derniers sous forme de membrane épaissie, feutrée, racornie, évolution d’un ulcère à fond grisâtre, à base indurée rappelant dans une certaine mesure le chancre primitif, et enfin réparation et cicatrisation sans oublier la période psoriasiforme ; telles sont lo différentes étapes par lesquelles passe ce grave accident poui

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