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CHAPITRE VII

FOLLICULITE ET PÉRIFOLLICULITE

Les parois du canal sont tapissées d’un nombre considérable de glandes, remarquables pour la plupart par l’obliquité et la longueur de leur conduit excréteur, étendu de la couche musculaire à la surface de l’urèthre. D’autre part, sur le gland, des glandes

FOLLICULITE ET PÉRI FOLLICULITE.

■de môme nature viennent s'ouvrir tout autour du méat par des pertuis extrêmement fins.

C’est à M. Didayetà Ch. Hardy qu’appartient l’honneur d’avoir, le premier en 1860, le second en 1864, attiré l’attention sur les lésions de ces organes dans la blennorrhagie.

a. Il est hors de doute que ces volumineux follicules participent h'Y inflammation gonorrhérique , et, pour une certaine part, contribuent à la formation du pus. La face inférieure du canal, spécialement aux environs de la fosse naviculaire, où Ton sait que se concentrent les lésions de la blennorrhagie à son début, paraît parfois au toucher comme parsemée de petites nodosités du volume d'une tête d'épingle, d’un petit pois ; tel est le premier degré de cette affection qui, le plus souvent, ne va pas au delà d'un simple engorgement du cul-de-sac glandulaire; lésion du reste absolument insignifiante, et qui, bien que la résolution en soit tardive, échappe souvent au malade lui-même.

Il n’en est pas de même lorsque la blennorrhagie se localise dans les follicules du gland. Une ouverture extrêmement étroite s’aperçoit sur les bords du méat, et, si l’on presse le gland entre deux doigts d’arrière en avant, donne issue à une gouttelette d’un liquide qui a tous les caractères physiques de l’écoulement uréthral coexistant'. Si l’on sonde ce pertuis on peut en général y faire pénétrer une fine aiguille à une profondeur de 3, 5, 6 millimètres, et dans une direction parallèle à celle de l’urèthre. L'aspect de cet orifice représente exactement celui des bords du méat; tous les deux sont à la fois rouges, tuméfiés, douloureux et luisants si l'affection est très-intense, pâles et indolents si elle est subaiguë ou chronique.

Celte inflammation du follicule peut atteindre un degré d’acuité extrême, et causer parfois des douleurs beaucoup plus vives que celles de l’uréthrite. Le gland est gonflé, chaud et tendu.

La disparition de cette blennorrhagie est lente, car les médicaments employés contre l'écoulement du canal sont sans action pour la modifier. Bien plus, comme les symptômes par lesquels elle s’accuse à l’état chronique sont en définitive fort peu de chose, il n'est pas rare que des malades, qui se croient guéris, persistent à porter une lésion qui, bien que restreinte, peut devenir un foyer d’infection, ainsi que M. Diday l’a observé à plusieurs reprises.

Pour obtenir la guérison de cet état, cet auteur a proposé l’ingénieux moyen suivant : on doit se munir d’une série d’ai-

FOLLICULITE ET PÉRIFOLLICULITE.

guilles de bas, de grosseurs diverses. Quand on est arrivé à cathétériser le follicule dont on cherche à tarir la sécrétion, on y maintient l’aiguille, que l’on chauffe ensuite avec la flamme d’une bougie jusqu’à ce que l’on entende le grésillement caractéristique qui annonce la cautérisation de la cavité. Pour protéger la muqueuse contre le rayonnement calorique, il suffit d’interposer entre le gland et la flamme un disque de papier, par le centre duquel on fait passer l’aiguille. Cette petite opération suffit généralement pour amener la guérison.

b. L’ hypersécrétion des follicules survit parfois à la chaudepisse, et constitue une variété spéciale de blennorrhée entrevue autrefois par Swediaur, mais fort peu étudiée de nos jours. Le liquide particulièrement fdant et visqueux qui forme la matière de cet écoulement est souvent mélangé de traînées de nmcosine. Cette substance se présente sous l’aspect de filaments sirupeux striés, englobant en général des cellules épithéliales mélangées à un nombre variable de globules de pus.

c. Le kyste folliculeux n’est autre chose que la tumeur formée aux dépens d’un follicule oblitéré, tumeur assez analogue aux loupes du cuir chevelu, aux chalazions des paupières, et à certaines variétés de grenouillelte, avec cette différence toutefois que son apparition suppose toujours un état aigu antérieur, soit tuméfaction de la muqueuse uréthrale, soit accolement mécanique ou cicatriciel de l’orifice des glandules ; la sécrétion, en même temps qu’elle est exagérée, ne trouve plus d’issue dans le canal. L’inflammation se trouve pour ainsi dire enfermée dans l’enveloppe de la glande. La tumeur qui se forme tient à la fois de l’abcès et du kyste. Aussi M. Hardy l’a-t-il nommée avec raison kyste suppuré de Morgagni.

La marche en peut être rapide. En quelques jours le kyste atteint le volume d’une noisette, et proéinine sous la peau, où il ne tarde pas à s’ouvrir spontanément. Quelquefois on en observe plusieurs, deux, trois, et même quatre, qui se développent simultanément. Ces abcès ont peu de tendance à perforer l’urèthre quand ils restent exempts de complications ; maisr de même que ceux qui prennent naissance dans les organes de Cowper, ils peuvent s’accompagner d’une inflammation du tissu cellulaire, périlolliculite dont les conséquences souvent fort graves seront étudiées dans un chapitre ultérieur.

Dans la grande majorité des cas, la folliculite est une lésion

ÉTIOLOGIE.

essentiellement chronique. La petite tumeur se développe sans douleur, sans rougeur de la peau, sans chaleur, sans aucun phénomène d'inflammation. Elle peut persister longtemps dans le tissu cellulaire, donnant à la pression la sensation d’une petite boule mobile. Mais, sous une influence minime, (excitation, choc), et le plus communément sans cause connue, il n’est pas rare de la voir subitement s’enflammer, ulcérer la peau, et rejeter son contenu par un orifice très-étroit. Une fistule est habituellement la conséquence de cette perforation spontanée.

Traitement. — La seule conduite à tenir en présence de ces abcès, dont le diagnostic n’offre pas en général de difficulté sérieuse, consiste à les ouvrir le plus tôt possible. Quand la lenteur du processus a permis à l’enveloppe du follicule de s’épaissir, il est bon de l’enlever, sinon en entier, du moins partiellement. Dans ces cas là on usera avec avantage des caustiques. Une pastille de potasse est placée sur le sommet de la tumeur, et à travers l’eschare on introduit dans la poche un petit fragment de caustique. On peut encore, une fois l’incision faite, badigeonner la paroi interne du kyste avec une solution de perchlorure de fer. Tous ces procédés ont pour but de prévenir les fistules en détruisant complètement la poche par une suppuration à ciel ouvert.

Diday, De la blennorrhagie des follicules muqueux du méat de l'urèthre chez l’homme (Gaz. hebdom. de méd. et de chir., 1860). — Venot, Sur les abcès au voisinage de l’urèthre (Journ. de Bordeaux, 2° série, V, p. 113, mars 1860; Annales de Sydenham, 1860). — Aribaud, Recherches sur les abcès péri-uréthraux (thèse de Paris, 1861). — Lagneau, Abcès péri-uréthraux de la partie antérieure du pénis survenus à la suite de la blennorrhagie (Gaz. hebdom. de méd., 1862). — G. Hardy, Mémoire sur les abcès blennorrhagiques. Paris, 1864.

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