‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 194 sur 262 · IODURE DE POTASSIUM ET AUTRES COMPOSÉS IODIQUES · texte numérisé non relu

IODURE DE POTASSIUM ET AUTRES COMPOSÉS IODIQUES

C’est à Vallace que nous devons l’application de l’iodure de potassium à la thérapeutique delà syphilis. Cette découverte, qui compte, à juste titre, parmi les plus précieuses conquêtes de la médecine pendant notre siècle, date de Depuis lors, la

merveilleuse efficacité de ce médicament a été consacrée par l’expérience universelle. Gauthier (de Lyon), Daveri, Sperino, Biett, Klug, Kuss, Boinet, Robert Villiams, Ricord et tout récemment Gubler, Rabuteau, ont, entre beaucoup d’autres, particulièrement contribué à nous faire connaître son action.

Absorption, élimination. — L’absorption de l’iode présente quelques rapports avec celle du mercure, car ces deux corps sont très-volatils, même à la température ordinaire. Par la peau et la muqueuse des voies respiratoires, ils peuvent pénétrer dans l’organisme sous forme gazeuse ; dissous, la peau n’en absorbe qu’une quantité infinitésimale et à la longue, après imbibition des couches épidermiques. C’est ce dont on peut s’assurer à la suite de bains plus ou moins prolongés, si l’on a eu soin de recouvrir d’huile la surface de la solution iodée ou iodurée, afin d’empêcher le liquide d’émettre des vapeurs suceptibles d’être absorbées par la voie pulmonaire; c’est à peine, dans ce cas, et quelque longue qu’ait été la durée de l’immersion, si l’on peut retrouver des traces du médicament dans plusieurs kilogrammes d’urine 1 (Villemin, HofT-

1 De nombreux moyens ont été indiqués pour reconnaître l’iode dans les urines. Un procédé consiste à additionner l’urine de perchlorure de fer, puis à recouvrir le récipient qui la contient d’un verre de montre badigeonné à l’empois d’amidon • au bout de quelques minutes, le verre de montre présente une teinte caractéristique d’iodure d’amidon, due à l’iode mis en liberté par le perchlorure de fer et volatilisé. — On a préconisé également le procédé suivant : On ajoute à l’urine

TRAITEMENT ÜE LA SYPHILIS

mann, Rabuteau). — Incorporés aux graisses, ces composés sont à peine mieux absorbés par le tégument. Primavera, qui a fait de nombreuses expériences, est arrivé à des résultats presque négatifs : c’est ainsi que, pendant une durée de vingt-trois jours, ayant employé en frictions 69 grammes d'iodure, il ne put en retrouver que 2 grammes à peine dans le produit de l’excrétion rénale. D’un autre côté, quelques expérimentateurs, ayant porté pendant quelques jours une chemise trempée dans une solution iodurée, puis séchée, purent constater la présence de l’iode dans leurs urines ; mais, tandis que l’un d’eux attribue ce fait à ce que l’iodure, ayant formé une sorte de pommade avec les matières grasses de la peau, a pu la traverser (Roussin), Warlam l’explique plus exactement, croyons-nous, en démontrant que les graisses, rancissant à la longue, et les acides de la sueur, l’ozone peut-être, avaient mis en liberté l’iode volatil et par conséquent absorbable soit par la peau, soit par les poumons.

Dans le tube digestif, les iodures solubles sont facilement absorbés. Subissent-ils ultérieurement dans le sang des décompositions?L’iode est-il mis en liberté pour s’associer à d’autres corps? La chose est probable; mais nous ne saurions préciser actuellement dans quelles conditions s’accomplissent ces transformations.

Une fois introduit dans l’organisme, l’iodure de potassium s’y répand avec une extrême rapidité, en gagnant les voies de l’excré. tion. Au bout de quatre minutes, on peut le déceler dans l’urine, puis dans la salive, la sueur et bientôt dans tous les liquides de l’organisme ;. administré aux femmes ou aux femelles des animaux en état de lactation, il passe rapidement dans leur lait, puis dans l’urine des petits nourrissons (Vœhler, Péligot), heureuse circonstance qui a été utilisée pour le traitement indirect des enfants vérolés, au moyen d’un médicament rendu plus facilement assimilable par une première élaboration au sein de l’économie. On le retrouve également, alors même que l’introduction n’a pas eu lieu par le tube digestif, dans les matières vomies et les fèces.

une petite quantité d’acide azotique et d’empois d’amidon ; l’acide met en liberté l'iode, qui réagit sur l’amidon en donnant une teinte bleue caractéristique. — Tous ces procédés sont d’une sensibilité relative. Celui qui présente le plus d’avantage doit être exécuté de la façon suivante : On additionne l’urine de quelques gouttes d’acide azotique et de chloroforme; on agite, le chloroforme s’empare de l’iode mis en liberté, cl présente une coloration améthyste caractéristique. Si l’urine ne contient qu’une trace d’iodure, le chloroforme présente toujours une teinte rose tresmanifeste, qui apparaît dans l’émulsion des liquides dès l’agitation.

Page 1