CHAPITRE XIII
ADÉNITE.
Le commencement de la chaudepisse est parfois annoncé par une intumescence ganglionnaire avec endolorissement de la région. Ce symptôme précède tout phénomène apparent. Nous l’avons mentionné précédemment pour combattre l’idée d’une incubation blennorrhagiqüe. Comme au début de l’érysipèle, il est la preuve, en effet, qu'un travail intime s’est établi au sein des tissus.
Plus ordinairement c’est pendant la période aiguë que se montre l’adénite soit spontanée, soit consécutive à un traumatisme local.
Le malade éprouve en marchant une certaine gêne, des tiraillements, parfois quelques douleurs lancinantes; ou bien il s’en aperçoit fortuitement. Un choc lui a révélé une sensibilité plus grande de la région; en y portant la main, il découvre une petite tumeur mobile sous la peau, de la grosseur d’une olive.
Le caractère particulier de celle complication peu grave, d’ailleurs, c’est la facilité avec laquelle elle se dissipe pour se montrer derechef, rappelée par une excitation nouvelle. Durant le cours d’une blennorrhagie il n’est pas rare d’assister à cinq ou six de ces réapparitions, qui sont pour ainsi dire à la merci du patient.
La terminaison par résolution est la règle, on peut même dire qu’elle est nécessaire, fatale. C’est un fait d’observation qui ne
ÉTIOLOGIE.
souffre guère d’exception, toutes les fois du moins que l’adénite est sous la seule dépendance de la chaudcpisse.
Mais la scrofule entre-t-elle enjeu, la tumeur augmente; sans réaction, sans phénomène inflammatoire, elle apparaît peu à peu, soulevant la peau qui n’est encore ni rouge, ni adhérente. Il n’y a pas de fluctuation, mais, si l’on plonge le bistouri dans cette masse empâtée, on en fera sortir un pus épais, crémeux, collecté au sein des cloisons de la glande (adénite blenno-strumeuse).
Et pourtant, même arrivé à ce degré, le bubon peut aboutir à l’absorption du pus, à la résolution lente.
La chaudepisse semble parfois réveiller la diathèse strumeuse. On voit alors se produire des intumescences ganglionnaires dans des régions plus ou moins éloignées du siège de la suppuration (adénites cervicales, sous-maxillaires, sous-claviculaires, etc.).
Outre la médication générale, qui doit être non-seulement tonique et réconfortante, mais encore antistrumeuse, on devra mettre en usage: la compression, les frictions iodées, les vésicatoires coup sur coup, la ponction capillaire, etc.