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CHAPITRE XVI

BLENNORRHAGIE ANALE g 1. — ÉTIOLOGIE.

L’inflammation avec sécrétion purulente des téguments de l’anus peut se produire dans bien des circonstances. — L 'intertrigo des fesses, si fréquent chez les enfants, détermine souvent des érosions, qui sont le siège d’un écoulement purifluent fo'rt abondant. Il en est de même de cette singulière affection sur laquelle Velpeau a appelé l’attention, et qui se produit par la vicieuse implantation des poils, ou leur section au ras de la peau. Les auteurs ont encore noté la présence ù? oxyures, les polypes du rectum, les fluxions hémorrhoïdaires, les lésions organiques comme causes d’écoulement.

Nous ne nous occuperons ici que de l'inflammation produite par l'action du pus blennorhagique. Et tout d’abord établissons la réalité de cette condition étiologique que quelques auteurs ont contestée.

V inoculation ne laisse aucun doute à cet égard. Un expérimentateur dont nous avons déjà plusieurs fois parlé, en donnant des soins à une malade atteinte de chaudepisse et d’ophthamne blennorrhagique, ne craignit pas de barbouiller la muqueuse anale avec le produit de sécrétion de la muqueuse oculaire. Le troisième jour l’anus inoculé offrait des traces d’inflammation, et le sixième la blennorrhagie était évidente. L’anus est donc bien susceptible de subir l’inflammation gonnorrhéique.

Mais là ne s’arrêtent pas les ingénieuses expérimentations de l’auteur. La réceptivité de l’anus étant constatée, il s’agissait de reconnaître si l’extrémité du tube disgestif ne pourrait pas s’enflammer sous cette influence ; ce qui avait été fait pour l’anus fut fait pour la muqueuse rectale. L’auteur introduisit un tube mousse dans le rectum, et, par son conduit, fit pénétrer un pinceau de blaireau imprégné de l’humeur anale et de sécrétion muco-purulcnte de l’urèthre, bien au delà du sphincter; or, il ne se développa aucune inflammation rectale. La blennorrhagie ne saurait donc dépasser les limites de l'orifice mucoso-cutané où s’arrête l'épithélium cylindrique pour laisser place aux cellules pavimenteuses.

La blennorrhagie anale est fréquente cnez la femme , rare chez l'homme. La disposition respective de l’anus et des organes génitaux

BLENN0RRI1AH1E ANALE.

rend compte de cette particularité. Chez la femme, l’inoculation serait presque fatale, si la muqueuse anale présentait une grande susceptibilité; mais, de même que nous avons montré la tolérance dont fait preuve le gland en présence de la sécrétion uréthrale, de même on voit parfois chez les femmes peu soigneuses le muco-pus baigner le périnée et la région anale sans qu’il en résulte aucune contagion. C’est aussi chez les femmes que s’exercent le plus fréquemment les contacts impurs qui peuvent donner lieu d’emblée à la chaudepisse de l’anus. Cette affection survenue dans ces circonstances est tellement rare chez l'homme, que M. Tardieu prétend n’en avoir vu qu’un cas; encore, ajoute-t-il, ne serait-il pas suffisamment établi. Hecker en son temps paraît pourtant l’avoir observée plus souvent.il en parle comme d’une affection moins exceptionnelle, sinon fréquente. M. Rollet en a vu des cas assez nombreux chez des hommes et des enfants, qui avouaient avoir été victimes de manœuvres pédérastiques. Cet auteur rapporte l’histoire d’un malade qui, pour vaincre une constipation habituelle, avait coutume d’introduire son doigt dans le fondement chaque fois qu’il allait à la selle, et transporta ainsi sur l’anus le pus d’une gonorrhée dont il était atteint.

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