SYMPTÔMES
Dans l’expérience citée plus haut, le mal se déclara le troisième jour de l’inoculation, et atteignit la période confirmée au sixième jour. Une démangeaison, des picotements, un sentiment de chaleur incommode, en sont les premières manifestations. C’est surtout au moment où s’accomplit la défécation que les douleurs se montrent avec le plus d’intensité. Quand l’inflammation s’étend aux plis de la muqueuse et gagne l’anneau constricteur, il existe du ténesme et un sentiment de brûlure parfois très-pénible.
La muqueuse est rouge, les plis tuméfiés et accentués, séparés par des rainures plus profondes, au fond desquelles l’épithélium macéré s’exfolie. Les érosions se montrent rapidement, et rappellent par leur couleur, leur fond, leurs bords irrégulièrement arrondis, l’aspect de carte de géographie que nous avons déjà noté à propos de la balanite. Toutes ces parties sont d’une sensibilité qui rend l’examen très-difficile; le sphincter est resserré, et chaque tentative faite pour le distendre détermine par action réflexe une exagération de sa tension.
L’écoulement assez abondant est plus épais que le muco-pus uréthral et particulièrement àcre. 11 irrite les parties voisines, et
TRAITEMENT
détermine des ulcérations sur les fesses, comme celui de l’ophthalmie purulente sur les joues.
La réaction générale fait le plus souvent défaut. Cependant chez certains individus facilement excitables, on voit se développer un léger mouvement fébrile.
Chez les sujets livrés à la sodomie, ces symptômes peuvent être plus ou moins modifiés par l’état des parties : le relâchement du sphincter, l’effacement des plis, la déformation infundibuliforme de l’anus, les crêtes, les caroncules marisques, enfin les ulcérations et les rhagades que ne manquent pas de produire les habitudes invétérées.
La blennorrhagie anale aboutit dans le plus grand nombre des cas â la guérison, que l’on obtient très-simplement. Elle passe cependant à Y état chronique , si le défaut d’hygiène locale et de traitement, la persistance, des lésions organiques du rectum, ou des excitations physiologiques entretiennent un état d’irritation dans ces parties.
Le diagnostic ne présente pas, en général, de difficultés, grâce à la coïncidence fréquente de la blennorrhagie génitale. L’âge, la constitution, la profession, les antécédents des malades, suffisentà mettre en garde contre toute erreur. Au reste, V inter trigo est la seule affection qui détermine un écoulement susceptible de simuler la blennorrhagie. •
g 3. — TRAITEMENT.
Le traitement de la blennorrhagie anale ne diffère pas sensiblement de celui que nous avons tracé pour la balanite. Le nitrate d'argent (solution légère, âO à 60 centigr. sur 200 gr. d’eau distillée) en lotion sur toute l’étendue des surfaces amène leur dessèchement à bref délai. Cependant nous lui préférerions le tannin employé en poudre, ou en crayon, qui présente l’avantage d’être moins douloureux. On pourra d’abord appliquer cette substance pure. A mesure que la maladie diminuera, on la mêlera â une proportion croissante de poudre de riz et d’amidon. On fixera, pour retenir ces substances, un tampon de coton entre les cuisses et au niveau de la fente interfessière, au moyen d’un bandage en T.
Quand 1 inflammation aura disparu, on ne manquera pas de faite continuer 1 usage de cette dernière poudre pour prévenir plus sûrement tout contact irritant.
En même temps on prendra soin de combattre la constipation
ARTHROPATHIE.
par des lavements, des purgations, et, s’il se produit du ténesme, des suppositoires antispasmodiques appropriés.
Rollet, Dictionnaire des sciences médicales, art. Anus, t. V, p. 492. Paris, 1866. — Tardieu (Ambroise), Étude médico-légale sur les attentats aux mœurs, 2e édit. Paris, 1873. — Bonnière, Précis histologique de la blennorrhagie virulente. Paris, 1873.