‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 45 sur 262 · PKONOSTlC · texte numérisé non relu

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La position du canal, sa configuration permettent l’accès des médicaments sur la muqueuse malade. De plus, comme il est à peu près isolé, les lésions dont il est frappé ne risquent pas comme chez l’homme de s’étendre à d’importants organes voisins. Par l’absence de complications, le pronostic immédiat est donc bénin.

Les conséquences ultérieures de l’uréthrite ne sont guère plus redoutables. Nous avons déjà mentionné la persistance et la recrudescence possibles de l’écoulement. L’état d’inflammation chronique qui se fixe alors sur la muqueuse amène presque infailliblement une deformation spéciale de l’organe. Au lieu de représenter une fente dont les bords sont accolés, l’orifice reste

URÉTHK1TE.

béant, ses parois s’indurent et deviennent rigides, la crête longitudinale du plancher de l’urèthre forme une saillie en dos d’âne, de plus en plus considérable.

Enfin divers néoplasmes peuvent prendre naissance sur ces tissus sans cesse irrités. Nous signalerons particulièrement les caroncules, excroissances fongueuses ou végétations du tissu cellulaire du méat, qui peuvent former des tumeurs de la grosseur d’un grain de chènevis à celle d’un œuf d’oie. Pédiculées ou sessiles, elles sont revêtues d’une stratification plus ou moins épaisse d’épithélium pavimcnteux, et sont constituées par un tissu cellulaire embryonnaire et des vaisseaux qui, s’il faut en croire Wedel, seraient groupées d’une façon régulière et présenteraient des ramifications analogues à celles des tourbillons de la choroïde ( Vasa vorticosa ); c’est à l’hyperplasie des papilles muqueuses que ces néoplasmes doivent leur origine. Par eux-mêmes ils n’occasionnent pas d’écoulement. Le muco-pus qui baigne presque toujours la muqueuse sur laquelle ils se sont développés est leur cause bien plutôt que leur effet. Telle est du moins l’opinion de Scanzoni, qui considère le catarrhe chronique comme l’une de leurs causes les plus fréquentes.

$5. — TRAITEMENT

Le traitement de Turéthrite chez la femme diffère sensiblement de celui que l’on doit mettre en pratique chez l’homme. En raison de la disposition anatomique des organes, les injections ne peuvent être renouvelées aussi fréquemment, et de plus le cubèbe et le copahu ne jouissent dans ce cas que d’une efficacité très-contestable. En revanche, les grands bains amènent parfois une guérison très-rapide. Déplus, on obtiendra les meilleurs résultats de Yacide picrique en solution au demi-millième. Chéron conseille d’injecter directement dans la vessie un demi-litre de ce liquide, en recommandant à la femme de le rejeter lentement. Ajoutons que 1 on peut recourir avec avantage aux différents astringents cités dans notre premier chapitre, en ayant soin toutefois d augmenter les doses.

L 'abortion peut aussi se pratiquer avec de grandes chances de succès; aux solutions plus ou moins concentrée de nitrate d argent que l’on emploie chez l’homme, on peut ici substituer le contact du crayon passé rapidement dans le canal. L’opération est douloureuse, mais sans dangers, en tous cas très-efficace.

Si l’on a reconnu que la chronicité de la chaudepisse soit liée à

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l'inflammation des follicules muci pares, il est bon de pratiquer une injection à l’aide d’une seringue à canule très-fine, dans la cavité même de ces organes.

Mercier, Quelques remarques sur la marche de la blennorrhagie chez les femmes (Rev. mèil., 1843). — Cullerier, Bu traitement abortif île l’urèthrite chez la femme (Journal île chirurgie de Malgaigne, Paris, 1845). — Fabrège, Observation de blennorrhagie urètliro-vaginale chez une petite fille de quatre ans 'Jour, de cliirur. de Malgaigne , p. 190, Paris,

1 846). — Scanzoni, Traité pratique des maladies des organes sexuels de la femme, traduit de l’allemand par Dor et Socin, in-8, Paris, 1858. — Guérin (Alphonse), Maladies des organes génitaux de la femme, Paris, 1864. — Clément Olliyier, Cystite chez une femme (Gaz. des hôp., p. 135, 1868).

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