Pellizzari
5 Lindwurm (1861)
Moyennes
Dans tous ces cas, le résultat de l’inoculation fut un chancre des mieux caractérisés. Comme le produit de sécrétion du chancre induré ou de la plaque muqueuse, le sang à la seconde période de la syphilis peut donc transmettre l’infection. L’expérience rapportée par Pellizzari (de Florence) a été pratiquée le 6 février 1860 sur le docteur Gustave Bargioni qui se dévoua en môme temps que deux autres médecins, MM. Henri Rosi et Henri Passigli, pour élucider l’importante question dont nous nous occupons. L’inoculation faite avec du sang fourni par la céphalique d’un syphilitique secondaire n’eut de suite que chez M. Bargioni qui reçut le fluide immédiatement après sa sortie de la veine. Chez Rosi il fut appliqué déjà refroidi, et la coagulation était à peu près complète, quand le tour de Passi*gli fut venu. Cette différence d’état des liquides inoculés explique suffisamment la différence des résultats.
Enfin, nous avons dit que le sang n’était plus inoculable dans la période ultime de la syphilis. Dix-se.pt expériences de Diday et une de Profeta sont la preuve irréfragable de cette proposition. Celles de Diday remontent à 18à9, époque à laquelle ce syphilographe institua des recherches dans le but de trouver un vaccin pour la vérole. Le sang des syphilitiques, parvenus à la dernière
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phase de la maladie lui ayant paru réunir les conditions favorables, il choisit un malade porteur de diverses périostosesnon suppurées, tourmenté de douleurs ostéocopes nocturnes, et en inocula le sang sur lui-même d’abord, puis sur seize chancreux. A cette époque l’unicisme régnait encore, et, comme Diday avait recherché de préférence pour cet essai des malades dont les chancres fussent récents et non indurés, afin d’écarter toute chance d’infeclion préalable, il en résulta que son choix n’avait à peu près porté que sur des chancrelleux. Quinze de ses opérés furent exempts des symptômes secondaires, non parce qu’ils avaient été vaccinés, comme le pensait Diday, mais parce que le chancre dont ils avaient souffert n’était point syphilitique.
La découverte de la dualité vint dissiper les généreuses illusions du syphiligraphe lyonnais, mais ses expériences n’en restent pas moins à l’état de faits précis bien observés, et démontrent péremptoirement l’innocuité du sang des syphilitiques quand ils ont dépassé les premières phases de la maladie.
6° Les produits des sécrétions physiologiques d'un sujet infecté ne sont point par eux-mêmes susceptibles de transmettre la syphilis.
Le lait d'une syphilitique peut-il transmettre la vérole? Cette question est complexe. En elfct, on doit se demander : d’abord si le liquide ingéré peut déterminer l’éclosion de la maladie sans manifestation apparente, par la seule absorption d’une substance infectante; en second lieu, s’il est inoculable, c’est-à-dire susceptible de donner lieu à un chancre, chez un sujet sain, lorsqu’il est placé au contact d’une solution de continuité.
La première de ces hypothèses fut assez généralement acceptée par les anciens syphiligraphes, jusqu’à la fin du siècle dernier. Pour Cataneus (1505), par exemple, il faut parmi les causes de la syphilis compter la suivante : « Potus lactis malâ qualitate infecli, dato quod nulla cutanea infectio appareat. » Fracastor (1530) dit de même : « Yisi infantes quid e suctu lactis a matre aut nutrice infecta affecti sunt-. » Car le lait, dit Massa (1582), vient du sang malade. « Lac infectum fit ex sanguine infecto a matrice ad mamillas a naturâ transmisso. » Admise aussi par Paracelse (1536) qui la mentionne, sans la discuter : c< Lues venerea ad infantes transit conceptione ac lacté », cette opinion trouva dans Eustache Rudius (1610) son plus fidèle défenseur. « Qui gallicum virus sub lactis et alimenti specie dévorant, écrit cet auteur, de necessitate inficiuntur, nec ulio pacto ejus imperium elfugiunt, præsertim si infantes sint. » Blegny (1674) confirme celte manière de voir. « Une nourrice vérolée, dit-il, peut donner la maladie à son nour-
risson par l’usage corrompu du lait de ses mamelles. » Astruc (1773) et Bell (1795) sont du même avis. Nisbett proteste le premier en 1788 contre cette croyance universelle affirmant que « le lait lui-même est entièrement exempt de virulence. » Quelques années plus tard, Fritze (1795) insiste sur la nécessité des lésions locales pour qu’il y ait transmission de la vérole pendant l’allaitement. Enfin Hunter (1786) appuie bientôt de toute son autorité l’opinion de Nisbett. 11 serait long de consigner ici tous les témoignages des auteurs de notre siècle ; qu’il nous suffise de ranger ces derniers, suivant l’opinion qu’ils ont soutenue ou soutiennent encore, en trois catégories; ceux qui admettent la nocuité du lait : Mahon (1804), Beaumès (1840), Diday (1854), Robert (1861), Langlebert (1864), Ricordi (1865), Plaite (1865), Cerasi (1866); ceux qui croient à son innocuité : Berlin (1810), Swediaur (1877), Barbantini (1820), Rollet(1861-66), Pellizzari (1866), Profeta (1866-70), Geigel et Padova (1867); et enfin ceux qui doutent: Bumstead (1864), Galligo (1864), Belhomme et Martin (1864), Davasse (1865), Lancereaux (1866) et Scarenzio (1866).
Pour notre compte, nous n’hésitons pas à nous ranger parmi les défenseurs de l’innocuité, nous basant à la fois et sur la clinique et sur l’expérimentation. La clinique nous apprend en effet que des femmes contaminées portant les lésions les plus évidentes, mais n’en ayant pas au mamelon, ont pu allaiter pendant plusieurs mois, soit leurs propres enfants, soit des nourrissons, sans qu’ils en aient ressenti d’influence fâcheuse. Sous ce rapport, les faits de Profeta et surtout ceux.de Pellizzari ne laissent rien à désirer. Pellizzari examinait la nourrice ou la mère, infectée en général après l’accouchement, constatait ses lésions, l’avertissait du danger où se trouvait son enfant en lui indiquant quelles précautions pouvaient l’en préserver. Or, cinq enfants sur six restèrent indemnes; un seul futinfecté, mais pour avoir contracté un chancre sourcilier, une nuit que sa mère l’ayant gardé auprès d’elle, le souilla avec la sécrétion de plaques muqueuses buccales. Ces observations sont tellement nettes, tellement détaillées, qu’elles nous semblent devoir entraîner la conviction.
Nous n’en saurions dire autant des faits contraires rapportés par Brunelli et Cerasi, qui tous sont passibles de sérieuses objections. Est-ce à dire, comme l’ont fait quelques auteurs, que le lait [est bien syphilitique, mais que les sécrétions stomacales en neutralisent le contagium? Les expériences de Padova touchant la nullité d’action du suc gastrique sur les plaies syphilitiques démontrent suffisamment l’inanité de celte hypothèse.
Reste à savoir si le lait est. inoculable. Sur ce dernier point l’expérience a prononcé sans appel. En 1866, Padova tenta huit fois cette inoculation sans aucun résultat positif, soit qu’il ait simplement piqué la peau, soit qu’il l’ait préalablement, dénudée au moyen de vésicatoires, soit même qu’il ait pratiqué l’injection sous-cutanée du liquide au moyen de la seringue de Pravaz. De son côté, Profeta est arrivé au môme résultat. Appuyé sur tous ces faits, nous pouvons donc en tirer celte conclusion formelle que le lait par lui-même n’est jamais un agent de contagion syphilitique.
L’innocuité de la salive n’est pas moins bien constatée. Sans en souffrir aucunement, Profeta s’est inoculé à plusieurs reprises, au moyen d’incisions multiples, la salive de sujets syphilitiques en pleine période secondaire, mais dont la muqueuse buccale était indemne d’accidents. Une expérience faite par le même auteur sur un de ses amis avec la salive d’un tertiaire fut aussi négative.
Nous en dirons autant des larmes, que Vidal et Diday ont soumises à l’inoculation sans plus de succès.
Nous ne saurions douter qu’il n’en soit de même pour la sueur , bien que nous n’ayons pas à cet égard d’expériences directes.
Nout reviendrons ultérieurement(voyez Syphilis par conception, syphilis héréditaire) sur l’importante question du sperme chez les syphilitiques. Qu’il nous suffise de dire ici qu’il ne fait point exception parmi les humeurs physiologiques et qu’aucun fait ne démontre son inoculabilitè. Qu’il porteen germe la syphilis du fœtus, que par le fœtus infecté il puisse la transmettre à la mère, ce sont là questions fort obscures encore sur lesquelles la discusssion viendra plus tard ; mais alors même qu’elles seraient résolues dans un sens positif, nous ferons remarquer qu’il n’y a aucune comparaison à établir entre ce mode de transmission de la syphilis et l’inoculation.
7" Les humeurs pathologiques, fournies par un sujet infecté, mais ne dérivant point d'une lésion spécifique, ne sont probablement point susceptibles de transmettre la syphilis.
Nous avons déjà fait entrevoir à propos de la syphilis vaccinale (page 512), quelles divergences séparent encore les sypliiligraphes sur la question dont nous allons nous occuper. D’accord avec Clerc, Rollet, Basset, Bidenkap, nous sommes tenté de croire à 1 innocuité des fluides (pus, muco-pus), nés sur un terrain syphilitique. Les faits confirmatifs de cette manière de voir sont nets et précis.
a. Rollet et Basset ont impunément inoculé à plusieurs reprises, sur des individus vierges de syphilis, du muco-pus blennorrha-
gique, emprunté à des sujets infectés, mais en ayant soin de le recueillir pur de tout mélange.
b. Les mêmes auteurs ont., dans les mêmes conditions, pratiqué de nombreuses inoculations en se servant du pus d’une chancrelle artificiellement produite chez un syphilitique. Dans ce dernier cas ils n’ont jamais vu se développer sur le point piqué qu’une chancrelle. Cette expérience renouvelée par Bidenkap a donné un résultat identique.
J’avoue que de tels faits sont de nature à entraîner la conviction et qu’aucun doute ne serait permis, si l’opinion adverse n’était soutenue par des observateurs d’un haut mérite : Langlebert, Fournier, Melchior Robert, Profeta. Pour triompher de leurs objections, il faudrait en effet prouver que dans tous les cas rapportés par ces auteurs où le chancre huntérien, s’il faut les en croire, reconnut pour origine une chancrelle ou une blennorrhagie de syphilitique, la contamination fut produite par le sang, ou un liquide notoirement contagieux. Or, une pareille démonstration n’est pas possible, et d’autre part, les faits contraires ne sont pas assez nombreux pour que la question puisse être considérée comme définitivement jugée. Scientifiquement donc, le doute nous est encore imposé.
Rien ne serait plus intéressant que l’étude du principe contagieux en lui-même; malheureusement, en face de nos réactifs chimiques, comme sous le microscope, il est resté jusqu’ici insaisissable. Les prétendus corpuscules que Lorstorfer décrivit il y a quelques années dans le sang des syphilitiques et qui n’étaient autre chose que des particules graisseuses, pas plus que le vibrio lineola de Donné, la crypta sypliilitica de Salishury ou les organismes cellulaires de Shadafoldi n’ont pu tenir contre une observation rigoureuse.
Aux questions concernant les attributs physiques de la substance contagieuse , nous ne pouvons donc répondre que par les données approximatives que nous fournit l’examen des différents produits que nous savons la recéler. Le plus simple de ces produits étant la sérosité chancreuse, liquide très-légèrement teinté en jaune, et dont la contagiosité n’est nullement amoindrie par l’absence de toute cellule, de tout leucocyte, nous pouvons en déduire que la substance contagieuse est à peu près incolore et n’est point composée de cellules. Mais s’agit-il de pousser plus loin l’analyse, et de discerner la part qui revient, soit à la partie liquide, soit aux granulations que Chauveau a fait connaître dans les humeurs infectieuses, la rigueur scientifique nous fait un devoir de res-
ÉTIOLOGIE.
1er dans le doute. Nous ajouterons cependant que les récents travaux . de ce physiologiste militent en faveur de la contagiosité exclusive des éléments figurés (voy. Chancre simple , chapitre I, page 312). Toujours est-il que, soit solide, soit liquide, l’agent contagieux est fixe, c’est-à-dire non volatil, attendu que l’on n’a jamais constaté de contamination par l’air ou par l’haleine, bien que les anciens syphiligraphes aient cru à Yhalituositê du mal gaulois, admise aujourd’hui encore, mais seulement pour la grande épidémie du quinzième siècle, par Anglada.il est un, car, variées de mille façons, quels que soient les liquides au moyen desquels elles sont pratiquées, les inoculations ne donnent jamais que deux sortes de résultats, les uns positifs, les autres négatifs. Or, tous les résultats positifs aboutissent au développement d’un chancre toujours le même dans ses caractères essentiels et dans ses conséquences. Des accidents de la syphilis, le primitif seul est en même temps contagieux et transmissible dans sa forme; les secondaires sont contagieux mais non directement transmissibles; les tertiaires ne sont ni contagieux ni transmissibles; mais il n’en est aucun qui puisse devenir l’origine d’une contamination amoindrie, d’une vérole tronquée. La goutte de liquide contagieux qui lui donne naissance, si bénins que puissent être et que soient souvent en réalité les symptômes qu’elle détermine, porte fatalement en germe toutes les conséquences des infections même les plus graves. La vérole est ou elle n’est pas.
La plupart des auteurs insistent sur le polymorphisme de l’agent contagieux; si par cette expression ils prétendent désigner autre chose que la grande variété de ses véhicules, c’est tomber dans un singulier défaut de logique, puisque tous conviennent que sa forme nous a toujours échappé.
Parmi ces caractères particuliers de la substance contagieuse, il convient de noter la vitalité, attestée par ce fait que la contagion médiate a pu se faire, à longue échéance, au moyen d’objets qui en avaient été imprégnés ; puis la résistance à l'action des divers fluides physiologiques ou morbides. La salive, le lait, l’urine, le mucus, lui servent trop souvent de véhicules pour qu’il soit utile d’insister à leur égard; rappelons que Padova a péremptoirement démontré son intégrité en présence du suc gastrique. Il en est de même du sérum, de la lymphe, du pus, ainsi que nous l’a prouvé la transmission de la maladie par le fluide vaccinal (voy. page 512), par la matière de l’écoulement blennorrhagique (cas de Hunter, page 8), par le produit de sécrétion des syphilides pustuleuses (Wallace, Vidal, Rinecker). Quelques auteurs ont cependant avancé que ses propriétés disparaissent quand on mélange cette substance avec
. le pus chancrelleux. C’est là une inexactitude à laquelle nous opposons les trois propositions suivantes :
a. V inoculation dans une même piqûre d'un mélange de conlagium syphilitique et de pus chancrelleux donne à la fois le chancre simple et le chancre syphilitique . Ce fait nous est prouvé en partie par des cas assez nombreux de Ricord, Fournier, Profeta, qui nous montrent des sujets sains contractant la vérole au contact de chancres simples développés sur des syphilitiques. Une expérience due à Melchior Robert ne laisse aucun doute sur ce point. Un malade portait deux chancres, l’un à la lèvre, l’autre au pénis et présentait les signes classiques de l’infection. Plusieurs auto-inoculations successives pratiquées avec le sécrétum du chancre pénien furent positives; le produit de l’une d’elles fut transporté sur la cuisse d’un sujet sain qui souffrit d’abord d’un chancre simple, puis, toujoursau pointmême delapiqûre, d’un chancrehuntérien, et plus tard d’éruptions syphilitiques. Dans ce cas, le premier malade portait évidemment un ulcère mixte (voy. page 343) sur le gland, c’est ce qui a permis à l’inoculation d’être positive; quand le pus de ce second ulcère fut inoculé au second malade, il fut mêlé sans doute à une certaine quantité de sang, ou ausecrétum d’une lésion spécifique; de là la double contamination qui s’ensuivit.
b. L’ application sur un chancre simple préexistant de l'agent contagieux syphilitique y détermine le développement ultérieur d'un ulcère induré suivi de syphilis. La preuve expérimentale de ce fait a été donnée par Lindwurm, qui, en 1861, infecta une jeune fille par ce moyen. Le chancre simple dont elle était atteinte guérit d’abord, puis la cicatrice s’indura, suppura légèrement, et les accidents constitutionnels parurent.
c. L’application du pus chancrelleux sur un chancre syphilitique préexistant y détermine l'apparition immédiate d’un chancre susceptible de transmettre les deux contages. Nous ne faisons que signaler ici ce dernier point; la transmission du chancre mixte en nature, dans sa double entité pathologique, a excité trop de discussions pour que nous n’y revenions pas ultérieurement.
Enfin bien que nous ne possédions pas à cet égard un grand nombre d’expériences, il est hors de doute que la matière contagieuse de la vérole est annihilée par les composés chimiques énergiques, acides ou alcalis; certaines essences organiques jouissant de la même propriété ont été utilisées par différents praticiens pour la composition de liquides préservatifs. Nous passerons en revue ces préparations quand nous nous occuperons de prophylaxie.
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Fréquence «lu chancre syphilitique. — NOUS avons déjà recherché quelle est la proportion du chancre syphilitique, comparativement au chancre simple et à la blennorrhagie. (Voy. p. 31â et suiv.) Nous savons, en outre, quels écarts offre sa fréquence suivant les races, les contrées, les climats. Il convient d’examiner maintenant l’influence qu’exercent sur sa propagation certaines conditions individuelles, telles que la position sociale, la profession, les antécédents pathologiques.
Voyons d’abord quelle est la catégorie de femmes qui servent le plus particulièrement à la transmission de la syphilis. (Voy. le tableau de la page 316.) Contrairement à ce qui se passe pour la chancrelle, nous voyons s’accroître la nocivité des femmes, qu’un certain degré de moralité semblerait devoir garantir. Femmes mariées, maîtresses, concubines constituent en effet la cinquième partie (20 pour 100) de la population féminine infectante, alors qu’elles comptaient à peine pour un neuvième (11 pour 100) dans la propagation du chancre simple. Au contraire, les prostituées de maison transmettent, dans une égale proportion, vérole et chancre simple. Nous devons au docteur Schperk, médecin en chef de l’hôpital Kalinkjnsky, une intéressante élude sur les chances proportionnelles qu’on a de prendre la syphilis avec une fille de maison, suivant son âge. Cet auteur établit qu’à partir de vingt-cinq ans tout le personnel des maisons est syphilitique, et par cela môme que l’infection date d’une époque plus ancienne, comme la syphilis n’est transmissible que pendant ses périodes de début, devient à peu près inoffensif.
De 15
ans ou a 50 p. 100 de chance.
— Très-faibles.
Au-dessus de 40
— Nulles.
11 n’en est pas de même pour les prostituées clandestines, dont la plupart ne deviennent syphilitiques qu’à un âge plus avancé, et sont, par conséquent, dangereuses plus longtemps.
Si, d’un autre côté, nous examinons sur quels individus s’exerce la contagion, nous constatons que les professions les plus maltraitées par la vérole ne se présentent point absolument dans le même ordre que pour le chancre mou; au Midi, par exemple, dans le service de M. Léon Le Fort, comme il est facile de le constater par le tableau suivant, les employés de commerce, classe relativement éclairée, comptent pour un nombre de 38
parmi 838 malades atteints de chancres primitifs. Bien qu’il ne soit pas facile d’interpréter toutes les remarques qu’elle peut
suggérer, la comparaison de ce nous semble donc intéressante
Journaliers 50
Employés cle commerce 38
Cordonniers 34
Maçons 29
Ébénistes 25
Peintres en bâtiment 24
Serruriers 24
Menuisiers 22
Tailleurs d’habits 20
tableau avec celui de la page 317
Terrassiers 19
Garçons de marchand de vin... 19
Garçons de restaurant.. 18
Bijoutiers 18
Cochers 17
Boulangers 17
Garçons de café 16
Cuisiniers 15
Mécaniciens 10
Une des circonstances qui inlluent le plus sur la fréquence du chancre syphilitique, c’est que, à moins d’exceptions fort rares, un sujet n’en peut être atteint qu’une seule fois. Le développement des accidents généraux, la modification ressentie par l’organisme du fait de l’infection, ont pour effets de créer une immunité absolue pour l’existence entière du sujet frappé, et peut-être même pour ses descendants. Cependant, nous l’avons dit, quelques cas échappent à cette loi; l’examen des conditions dans lesquelles naît, se développe ou disparaît cette immunité, va nous permettre de les exposer.
Il n’est pas facile de déterminer à quel moment de l’infection syphilitique le tégument perd la propriété d’offrir un terrain favorable au développement du chancre; ce qui est certain, c’est que, avant même l’apparition du premier symptôme, pendant l’incubation de l’ulcère initial, celte immunité vient révéler la souillure générale de l’économie. Deux inoculations faites sur le malade de Belhomme, au septième et au neuvième jour de la première, restèrent stériles, mais d’autre part, Wallace el Puche obtinrent chacun un résultat positif: le premier, au huitième jour; le second, au vingt-deuxième. Comme on le voit, il est impossible de rien formuler de précis sur ce point. N’est-il pas naturel, du reste, que le temps nécessaire à la saturation de l’organisme soit sujet à varier, comme varie l’incubation elle-même.
Dans tous les cas, l’apparition du chancre est la marque à peu près irrécusable de celte saturation. En dépit des protestations des unicistes, s’il est un fait bien constaté, c'est l’irréinoculabilité de cet accident. Quelques auteurs, parmi lesquels Auzias-Turenne, Lee, Langlebert, Melchior Robert, Davassc, sont parvenus, après l’avoir soumis à des excitations variées, ii faire sécréter au chancre
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huntérien un pus irritant, et dont l'inoculation suffisait parfois à faire naître une de ces fausses pustules dont il a été question (page 392). Mais aucun de ces auteurs n’est arrivé à reproduire le chancre infectant avec ses caractères essentiels. Ce n’est point à dire, cependant, qu’il n’existe de ce fait aucun exemple dans la science. Sur les centaines de mille auto-inoculations, grâce auxquelles depuis trente-cinq ans tant de problèmes ont été élucidés, quatre seulement ont donné, comme résultat inattendu, la reproduction du chancre auquel avait été emprunté le liquide mis à l’essai. Nous résumons ici ces cas, dont la véritable interprétation nous échappe peut-être, comme des exceptions trop peu nombreuses pour atteindre la grande loi de l’irréinoculabilité. Tout au plus nous semble-t-il logique d’en conclure, contrairement à la plupart des auteurs, que le fait de subir une deuxième infection syphilitique ne prouve nullement qu’un sujet soit guéri de la première.
Noms
Moment
Résultat
des inoculatcurs.
de l’inoculation.
de l’inoculation.