‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 82 sur 262 · AMYGDALES · texte numérisé non relu

AMYGDALES

d’une inflammation ni, comme on pourrait être tenté de le supposer, d’un gonflement lié à la présence d’éruptions spécifiques, attendu qu’on peut observer cette lésion en l’absence de toute localisation morbide vulgaire ou spécifique sur la muqueuse ; les follicules de l’arrière- bouche subissent un simple engorgement d’origine spécifique, absolument identique, nous le répétons, à celui que nous avons déjà décrit comme caractéristique de l’adénite.

S’il est vrai, comme nous le croyons, que le système lymphatique tout entier offre, au début de la syphilis, une vulnérabilité spéciale, nous devons nous demander par quel symptôme se révèle l’atteinte des capsules surrénales, dont la couche corticale tout au moins n’est qu’un amas de follicules lymphatiques. Malgré le silence de l’anatomie pathologique, je vais essayer de répondre à cette question. Monneret et Michaelis ont les premiers fait connaître une singulière altération maculeuse de la peau, rangée à tort dans les syphilides par Hardy et Pillon (syphilide pigmentaire) et décrite plus tard par Bazin sous le nom impropre de vitiligo. S’il est un fait certain, en effet, c’est que cette lésion, qui survient à une époque indéterminée (deux premières années de la syphilis), qui affecte «à peu près exclusivement la femme, qui se limite habituellement à la région cervicale et dont la marche indéterminée se joue du traitement spécifique, c’est que celte lésion, dis-je, n’offre aucun des caractères propres aux syphilides. Et d’autre part, en montrant que certains points de la peau, plus clairs en apparence à cause du voisinage des taches fauves, n’ont en réalité rien perdu de leur pigment, le microscope permet d’affirmer qu’il n’y a ni décoloration, ni vitiligo, mais seulement hyperchromie (Tanturri). Le palper ne fait reconnaître aucune élevure des parties malades, la pression ne modifie en rien leur teinte fauve étendue en nappe, ou réticulée, découpée par des languettes de peau saine; il n’y a donc ni congestion ni néoformation vasculaire, comme on l’avait soutenu, car nous ne sommes point là en présence d’une éruption.

De quoi s’agit-il, en somme? Rien de plus simple au point de vue anatomique que l’exagération partielle du pigment malpighien, seule lésion révélée par l’histologie sous ces marbrures bistrées; mais il est plus difficile d’en rattacher le processus à l’intervention delà syphilis. Aussi que d’interprétations n’ont-elles pas été proposées! Bazin et Pellizari ont nié le caractère spécifique de la lésion ; on leur a répondu par des statistiques irréfutables ; Gamberini a dénoncé une prétendue faculté chromatogène que le sang acquerrait au début de l’infection ; mais l’hématologie a controuvé ces

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