‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 84 sur 262 · TROUBLES DES FONCTIONS UTÉRINES · texte numérisé non relu

TROUBLES DES FONCTIONS UTÉRINES

do suppression temporaire du flux périodique; une femme du service de Fournier disait avoir passé quinze mois de sa vérole à se croire enceinte à tous moments. Il est bon d’être prévenu de ce fait pour éviter une erreur de diagnostic assez commune dans bien des cas d’aménorrhée spécifique simulant un début de grossesse.

Mais c’est surtout sur l’utérus gravide que se fait sentir l’influence du virus. Avant tout nous devons dire qu’elle ne paraît pas entraver la fécondation et que jusqu’ici aucune preuve n’a été apportée à l’appui de la prétendue stérilité syphilitique mise en avant par quelques auteurs. Malheureusementil n’en eslpas de même des obstacles qu’elle apporte au développement de l’œuf ; on ne saurait contester que la vérole ne soit et de beaucoup la cause la plus commune des avortements. Des diverses hypothèses auxquelles on peut recourir pour expliquer ce fait : 1° action directe sur les fibres utérines déterminant leur contraction et le décollement des membranes; 2° congestion de l’organe et asphyxie consécutive de l’embryon; 3° empoisonnement direct et primitif du fœtus par un principe morbide; de ces trois hypothèses, dis-je, la dernière, selon toute vraisemblance, nous donne l’explication la plus probable du processus abortif dont il est ici question.

L’exactitude de celte interprétation paraît bien évidente, lorsque l’on compare les effets de la syphilis à ceux d’un poison mieux connu, à ceux du plomb par exemple. Depuis les travaux de G. Paul, on sait que les saturnines portent rarement à terme; 19 femmes observées par cet auteur curent ensemble 102 grossesses, dont 20 seulement se terminèrent heureusement, 70 aboutirent à l’expulsion prématurée du produit de la conception; soit trois fausses couches pour un accouchement normal. Dans un cas, une de ces malades présenta successivement: à dix-huit ans, deux fausses couches de trois mois; à vingt ans, un enfant à terme mort en vingt-quatre heures; à vingt-un ans, deux nouvelles fausses couches de trois mois, et à vingt-trois ans eut enfin une fille à terme restée depuis en bonne santé. Une autre femme eut treize grossesses, dont trois heureuses avant de s’exposer au plomb, et plus tard huit fausses couches, un mort-né, et un enfant mort à cinq mois. Telles qu’elles sont présentées, ces observations offrent une si frappante ressemblance avec les faits d’avortement qui font l’objet de cette étude, que, si la cause en était cachée, bien peu de praticiens hésiteraient à leur attribuer une origine spécifique. La syphilis en effet n’agit pas autrement. Sur 390 grossesses observées à Lourcine chez des syphilitiques, 249 sont arrivées à terme, et 141 ont abouti soit h l’accouchement prématuré, soit à l’avorte-

ment, soit un cas de mort pour le fœtus sur moins de trois naissances, et la proportion serait sans doute encore plus malheureuse, si la statistique s’était bornée à enregistrer les faits relatifs à la syphilis secondaire. Rien de plus démonstratif que l’exemple suivant emprunté à Fournier. Une femme a d’abord trois beaux enfants et prend la syphilis du fait de son mari ; depuis lors elle eut sept grossesses qui se terminèrent : la première à cinq mois ; la seconde à sept mois et demi, l’enfant succomba au bout de quinze jours; la troisième presque à terme, mais le fœtus ne vivait plus; la quatrième et la cinquième aboutirent à l’accouchement prématuré d’un mort-né; enfin la sixième et la septième furent interrompues au troisième mois et à la sixième semaine. Lorsque, grâce à la thérapeutique ou par suite de sa marche naturellement bénigne, l’infection va s’affaiblissant, la durée des grossesses suit une progression remarquable régulièrement croissante, jusqu’à ce que le terme normal soit atteint; souvent alors le fœtus porte les stigmates de la vérole et meurt en naissant; un suivant, bien que syphilitique, échappe à la cachexie et survit; enfin, s’il y a grossesse nouvelle, on peut compter sur la naissance en temps voulu d’un enfant bien portant.

Un difficile problème consiste à rechercher ce qu’il advient du produit de la conception, lorsque la mère, saine au début, devient syphilitique pendant le cours delà grossesse. Sans insister ici sur un point qui devra nous occuper ultérieurement, il me suffira d’indiquer le quatrième mois comme le terme moyen au delà duquel on peut voir survenir l’infection sans trop redouter l’avortement; au contraire ce résultat est à peu près inévitable, si le virus prend possession de l’organisme pendant les trois premiers mois.

Pour ce qui a trait aux lésions placentaires, spécifiques ou non, considérées par quelques auteurs comme la cause locale, déterminante des accidents abortifs, elles seront l’objet d’un examen ultérieur. Nous rappellerons cependant ici que Fournier a signalé la production assez fréquente de l’hydramnios chez les gravides syphilitiques. Suivant le même auteur l’infection, ou plutôt l’anémie qui en résulte, prédisposerait également aux métrorrhagies de la période puerpérale.

Troubles «lu système nerveux. — La nutrition insuffisante et viciée des différentes parties du système nerveux est la cause principale des accidents que nous allons examiner; de là leur diffusion, leur faible intensité et le caractère peu durable des désordres qu’ils entraînent, puisque la cachexie subaiguë qui marque

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le début de la période secondaire est transitoire et dans tous les cas justiciable des spécifiques. Des symptômes de névropathie, généralement localisés, peuvent être encore provoqués indirectement par la lésion d’un organe voisin, os ou ganglion, comprimant la substance nerveuse.

Nous mentionnerons tout d’abord un état de faiblesse générale et d’alanguissement comparable pour beaucoup de points à celui qui succède aux grandes hémorrhagies. Le cœur battant sans force, le pouls dépressible, la tendance aux syncopes témoignent de l’asthénie circulatoire; l’inappétence et la constipation, l’inertie intestinale tiennent à l’asthénie digestive. Enfin, chez certaines femmes il y a incontestablement asthénie nerveuse , diminution des forces, paresse des sens et obtusion de l'intelligence, sorte d’engourdissement cérébral pouvant aller jusqu’à la torpeur et à l’hébétude, et simulant l’état prodromique delà méningite tuberculeuse. Dans quelques cas exceptionnels, on peut même observer une véritable perversion des facultés avec paroles incohérentes et délire des actes. Tous ces phénomènes répétés sont essentiellement passagers. J’en dirai autant des troubles des sens: éblouissement, dilatation des pupilles, amblyopie, bourdonnements d’oreille, otalgie, dureté de l’ouïe. Une conséquence plus durable de l’infection est l 'insomnie essentielle , c’est-à-dire sans douleur, et pour ainsi dire sans motif, sans cause connue. Le malade, dès qu’il parvient à s’assoupir, est réveillé par un cauchemar, ou tout au moins en proie à une agitation qui le laisse au réveil brisé, courbaturé, plus fatigué que la veille au moment où il se couchait.

La céphalée syphilitique (et par céphalée nous entendons une douleur interne, profonde, ayant son siège dans la masse cérébrale et non dans la boîte osseuse ou le péricrâne)est un accident fréquent et tenace. A un degré plus ou moins accentué, il est même douteux qu’aucun syphilitique y échappe. C’est au niveau des bosses frontales, des tempes ou de l’occiput qu’elle siège de préférence. Chez beaucoup de malades, tout se borne à un sentiment de lourdeur inaccoutumée; ilsse plaignent d’avoir la têteprise, embarrassée, mais peuvent encore se livrer à leurs occupations habituelles. Plus intense, l’algie arrive souvent à constituer une véritable migraine interdisant tout travail de l’intelligence et troublant le sommeil. Il est rare que s’exagérant elle commande le séjour au lit, détermine de véritables angoisses et terrasse les maladespar une sensation pénible de tous les instants. Plus rare encore est la céphalalgie extrêmement intense qui, pour l’acuité des souffrances, ne saurait être comparée qu’au paroxysme de la colique hépatique

ou de la colique néphrétique. Ceux qui en sontalteints se roulent et se tordent sur leur lit, jettent des cris, pleurent et se démènent, obéissent à des impulsions dont ils n’ont, pas conscience et qui peuvent les conduire au suicide, perdent pour ainsi dire la notion des choses qui les entourent en cherchant dans une continuelle agitation un soulagement à leurs tortures; ils sont véritablement affolés par la douleur. Les malades en proie à ces sensations gravatives ou lancinantes, qui leur font croire tantôt qu’ils ont la tête serrée dans un étau et qu’elle va éclater, tantôt qu’elle est dilacérée ou frappée à coups de marteau, ne tardent pas à donner des signes de tristesse et d’une paresse d’esprit qui peut aller jusqu’à l’abrutissement, surtout lorsque la céphalée est continue, sans autre modification qu’un redoublement nocturne. Toutefois cette forme est rare surtout dans les cas graves. Il est beaucoup plus fréquent de voiries douleurs revenir par accès intermittents, quelquefois même d’une périodicité mathématiquement régulière; quand la nuit commence elles reparaissent, et ce n’est que vers le jour que vient l’apaisement. Rien de plus variable que la durée de ce symptôme qui peut s’évanouir au bout de quelques jours, mais, dans bien des cas, persiste jusqu’à l’intervention de la thérapeutique. Il est vrai que le mercure jouit à son égard d’une puissance merveilleuse, tant pour la rapidité que pour la certitude de son action. A ce double point de vue l’iodure de potassium ne lui est certainement pas supérieur; cependant, comme il soulage également, beaucoup de praticiens croient devoir associer son action à celle de l’hydrargyre et prescrivent dans ce cas le • traitement mixte.

La perturbation générale causée par la syphilis a souvent pour conséquence l’ exaspération de certaines névroses préexistantes, ou leur réveil , quand elles sont assoupies. Ce phénomène est particulièrement évident chez les hystériques et chez les épileptiques, comme on en pourra juger par l’exemple suivant. Une femme très-éprouvée autrefois par l’épilepsie en était à peu près guérie; en dix ans, six attaques seulement étaient survenues dont quatre à la suite de chagrins ou d’émotions. A vingt-sept ans, elle contracte la syphilis ; dès le quatre-vingt-dixième jour le mal reparaît, et avec une telle intensité que, lorsqu’elle se présenta à Lourcine, elle était déjà tombée onze fois en moins de quatre mois. Mais il y a plus : dans un organisme absolument indemne de tout passé névropathique, la syphilis peut provoquer d’emblée l’hystérie, avec le cortège complet de ses manifestations habituelles, sensations douloureuses fixes ou erratiques, défail-

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lances, lipothymies, spasmes et crises convulsives. Elle peut de même créer de toutes pièces l’épilepsie, une épilepsie spéciale, un peu modifiée, essentiellement transitoire, mais dont il ne serait certainement pas facile de reconnaître la nature, si l’on n’était prévenu que tout symptôme de ce genre survenant sans antécédent chez un adulte doit faire soupçonner la syphilis. En dépit de ce précepte, les erreurs de diagnostic sont extrêmement fréquentes ; un jeune sujet souffre-t-il d’attaques répétées, on le gorge d’antispasmodiques de toutes sortes, et si le mal résiste, combien peu de praticiens songent à donner le mercure, dont l’efficacité est sans égale, quand ils se trouvent en présence d’un tableau clinique qui rappelle trait pour trait celui de l’épilepsie vraie!

Nous noterons cependant comme dénotant l’origine syphilitique de ce syndrôme le caractère irrégulier et incomplet de la crise, la limitation du spasme à un seul côté, la coexistence d’autres troubles cérébraux, particulièrement de la céphalée, et enfin la présence d’éruptions cutanées caractéristiques. Cet accident n’est pas très-rare en effet dans les premiers temps de la période secondaire. Little l’a observé au quatrième mois, etDidaya cité un cas dans lequel il se produisit au troisième mois de l’infection. Par quel mécanisme la syphilis arrive-t-elle à mettre en jeu l’excitabilité du bulbe, à créer cette névrose vaso-motrice des vaisseaux cérébraux à laquelle on s’accorde généralement à rapporter la cause immédiate des accès épileptiformes (Schuster); c’est là un problème dont la solution ne nous a pas encore été donnée. Il semble pourtant que ce processus doive être séparé de celui que nous verrons provoquer aussi des convulsions à un âge plus avancé de la vérole; l’anatomie pathologique n’ayant pas jusqu’ici révélé, comme elle l’a fait pour l’épilepsie tertiaire, qu’il s’agisse dans ce cas d’une néoplasie intra-crânienne, il ne nous répugne nullement d’y voir un effet direct particulier de latoxhémie, une sorte de protestation du mésocéphale contre la présence du virus dans le sang et la dyscrasie qu’elle entraîne.

Nous mentionnerons enfin toute une série de troubles fort curieux, relatifs à la sensibilité de la peau. C’est l 'analgésie, que l’on observe le plus fréquemment, tantôt générale, ce qui est rare, tantôt partielle, disséminée par îlots sur la surface du corps, mais alors toujours ou presque toujours symétrique. On la recherchera sur les membres, du côté de l’extension, sur la face dorsale des avant-bras et surtout du métacarpe, où elle peut se limiter et où elle ne fait jamais défaut quand elle existe en quelque autre région.

Les joues, les seins, sont souvent aussi frappés de celte insensibilité qui peut aussi se propager aux muqueuses des orifices naturels. Dans ces points, une piqûre môme profonde, tant qu’elle reste bornée aux téguments, s’accuse tout au plus par une sensation de contact. Chez quelques malades, le sens de la douleur est tellement aboli, que l’on peut pincer et tordre la peau sans parvenir à le mettre en jeu. On peut de môme promener une épingle sur la conjonctive, la pituitaire, le voile du palais, le pharynx, sans provoquer de réflexe. Chose étrange, la perception tactile peut persister, exempte de toute atteinte chez les analgésiques !

L 'anesthésie est en effet moins fréquente et ne se produit guère isolément. Nous en dirons autant de la thermo -anesthésie. Fournier a cité le fait d’une syphilitique qui se brûla profondément- la main en saisissant un fer chaud dont elle ne pouvait apprécier la température. Chez certaines femmes, car ces troubles ne s’observent guère chez l’homme, le même auteur a pu constater également Y analgésie des muscles qui étaient devenus insensibles au pincement et à la pression et même Y abolition du sens musculaire. Ces malades n’ont plus la notion du mouvement ou du repos, et ne peuvent apprécier que par la vue les changements d’attitude qu’on leur imprime. Mais ce sont là des phénomènes exceptionnels.

Le système sympathique n’échappe pas à ce désordre général. C’est surtout par des troubles de caloricité qu’il réagit contre le virus. Nombre de syphilitiques souffrent d’un refroidissement notable des extrémités. La température prise au moyen d’un thermomètre à cuvette plate maintenue pendant un temps suffisant au contact de la surface cutanée descend jusqu’à 28°, 26% 25° et môme 23°.

Au toucher, les parties cyanosées paraissent fraîches, froides et même, dans certains cas, comme glacées. Les femmes se plaignent de ne pouvoir se servir de leurs mains que l’engour- i dissement rend inhabiles à tout travail. Cette algidité s’étend par- f fois à toute la surface du corps et se fait sentir surtout pendant la i nuit. Subitement le pouls devient petit, filiforme; les malades frissonnent, claquent des dents, et s’enterrent vainement sous des monceaux de couvertures, sans pouvoir se protéger contre cette sensation générale de froid. Il est plus rare d’observer des bouffées \ de chaleur, très-passagères d’ailleurs, qui se portent tout d’un coup à la tête et se répandent comme des vapeurs dans les différentes j parties du corps. Plus rares encore sont les phénomènes d 'hyperhydrose, consistant en poussées sudorales tantôt généralisées et intermittentes, le plus souvent nocturnes ou consécutives .à un ij exercice, à une fatigue môme légère, tantôt partielles, bornées I

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aux extrémités et continues, survenant sans cause apparente.

La caractéristique générale des accidents qu’il nous reste à étudier, c’est de donner lieu à des manifestations cliniques localisées. Au point de vue de leur pathogénie, nous ne sommes nullement fixé : on peut supposer, en effet, que le virus détermine par sa présence, soit une altération organique éphémère, telle qu’une exosmose séreuse au dedans du névrilème, ce qui rapprocherait ces symptômes de ceux qu’on rattache généralement au rhumatisme syphilitique, soit une simple modification fonctionnelle sine materia dans les branches nerveuses ou les centres d’où elles émanent. Mais on peut aussi se demander si, dans les canaux osseux qui leur livrent passage, les nerfs ne se trouvent pas comprimés par le périoste tuméfié, ou s’ils ne subissent pas dans le cours de leur trajet, par le fait de leur voisinage avec un organe spécifiquement lésé, une irritation secondaire de même nature. Nous en dirons autant pour les symptômes de paralysie qui décèlent une altération des hémisphères et qui, dans bien des cas, n’ont sans doute pas d’autres causes que la saillie à la surface interne du crâne d’une ostéite ou d’une périostose soulevant la dure-mère au détriment des circonvolutions correspondantes. Toutefois, je le répète, l’anatomie pathologique nous fait à peu près complètement défaut; aussi ne peut-on s’appuyer avec quelque assurance sur ces données qui ne sont, en somme, que des hypothèses.

Les névralgies syphilitiques se localisent particulièrement à la tête sur le trijumeau, et surtout dans les branches frontales et susorbitaires. Les douleurs, qui peuvent occuper une grande étendue des rameaux péricràniens, s’exaspèrent le soir et pendant la nuit et constituent, pour le syphilitique, une variété de mal de tête trèssouvent confondue avec la céphalée vraie, ou l’algie symptomatique de la périostose crânienne. La névralgie du lingual est rare, mais a été observée; dans un cas, le malade ne souffrait que dans le tiers antérieur de l’organe et accusait une sensation de brûlure continue, de tension sourde et pénible ou de traits de feu intermittents sillonnant l’organe. Parmi les autres nerfs le plus ordinairement lésés, nous noterons encore l’auriculaire et le mastoïdien du plexus cervical, le grand occipital, les branches lombo-abdominale et crurale, et le sciatique qui n’est jamais atteint que dans une partie de son trajet, les intercostaux qui, devenant ainsi l’origine d’un point de côté syphilitique, contribuent sans doute à l’asthme . secondaire, et, par les rameaux qu’ils envoient aux seins concurremment avec les branches thoraciques du plexus cervical,

donnent lieu à la mastodynie bilatérale, symptôme fréquent et tenace. — Il est bon de savoir que ces douleurs peuvent se montrer en l’absence de toute autre manifestation spéciale. Dans une curieuse observation de Mauriac, une jeune femme fut prise soudain d’une névralgie scapulo-brachiale des plus intenses : les fonctions musculaires étaient compromises au point que la malade ne pouvait plus tenir une cuiller; les doigts étaient tuméfiés par un œdème uniformément distribué ; peu après survinrent d’atroces douleurs de tète déterminant, au plus fort des paroxysmes, une sorte de trismus et qui n’étaient calmées que par des injections de morphine. Or* ce ne fut que trente-huit jours après le début du mal que parut la première éruption. 11 est beaucoup plus fréquent de voir semblable accident survenir isolément à une période avancée de la maladie. — Aussi ne devra-t-on jamais oublier de prescrire les mercuriaux contre les névralgies rebelles aux moyens ordinaires; la sédation immédiate sous l’influence des spécifiques constitue en effet, pour les douleurs nerveuses, le critérium de leur origine spécifique.

Les paralysies que l’on observe pendant la période secondaire sont également remarquables parla rapidité avec laquelle on en a raison au moyen du mercure et de l’iodure de potassium. C’est sur le facial que se manifeste le plus souvent l’akinésie. Cet accident peut compter parmi les plus précoces; dans un cas, il est vrai, exceptionnel, Bahuand (d’Angers) l’observa juste un mois après le coït infectant, au septième jour de la roséole. Nous l’avons vu, chez une femme, coïncider avec une poussée de roséole récidivante. Inertie des muscles qui concourent à l’expression mimique, déviation labiale, affaissement de la joue et de la narine correspondante, occlusion incomplète de l’œil , tels sont ses symptômes habituels sur lesquels je ne m’étendrai pas plus longuement. Quant à la question de savoir si les signes qui dénotent l’origine centrale de l’altération nerveuse se rencontrent dans le cours de cette affection, c’est un point que le petit nombre d’observations publiées jusqu’ici ne suffit pas à éclairer. La lésion des troisième et sixième paires est beaucoup plus rare et même, lorsqu’elle se présente pendant la période secondaire, bien plus tardive; ses symptômes seront étudiés ultérieurement.

Plus rare encore est Y hémiplégie qui, vers le sixième mois, sans attaque, sans ictus d’aucune sorte, s’éiablit peu à peu chez •le syphilitique. A la suite de maux de tête violents et prolongés, souvent au moment d’une poussée de dermatose, le malade se sent engourdi, hébété, moins sûr de ses mouvements et

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