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LÉSIONS DES ARTICULATIONS, ETC

jamais défaut dans les pays humides, lels que le Japon, où les articulations présentent une susceptibilité morbide particulière. Celle affection offre une telle ressemblance avec le rhumatisme ordinaire, que l’on est bien tenté de se demander s’il ne s’agit point là d’un rhumatisme coïncidant avec la syphilis. Douleurs d’intensité moyenne, s’exaspérant peu par les mouvements, nocturnes surtout, rougeur à peine marquée, empâtement et épanchement légers, fièvre modérée, nulle le matin et pouvant aller le soir jusqu’à 39 degrés (Baumler et Duflin) ; tels seraient ses traits distinctifs. Notons encore le défaut de sueurs profuses, l’absence de manifestations viscérales, la présence d’accidents simultanés sur les bourses séreuses comme nous le verrons plus loin, et enfin la longue durée de l’état morbide, sa résistance aux agents ordinaires comparée à l’efficacité absolue et immédiate des mercuriaux et des iodiques. Le fait suivant donnera une idée de ce dernier caractère. Un jeune homme eut un chancre à Yokohama en septembre 1873; il fut pris, un mois plus tard, d’accidents rhumatismaux des plus francs. En dépit d’une excellente hygiène et d’un traitement antirhumatismal énergique, son état empirait de jour en jour ; lorsqu’au bout de deux mois, A. Vaffier, alors médecin de la marine, le vit, et soupçonnant la cause de son mal, lui administra la liqueur de Van-Swielen et de l’iodure de potassium. Sous l'influence de celle cure mixte, la guérison se produisit en moins de quinze jours.

L 'arthrite hypercr inique ou hydarthrose s’observe à une époque bien plus tardive que les précédentes, deux ou trois ans après le début de la syphilis, vers la lin de la période secondaire, en même temps que l’orchi-épididymile et l’irilis. Chronologiquement, c’est donc un accident de transition. Son débul lent n’est marqué par aucune douleur et la sécrétion intra-articulaire peut atteindre un degré considérable sans que le sujet en ait conscience. Chez bien des vénériens, c’est par hasard que l’on constate, au cours de l’examen, tel épanchement considérable, du genou par exemple. Les culs-de-sac tricipitaux sont fortement soulevés, et la rolule distante des condyles de plus de 1 centimètre; cependant ces malades qui n’ont nullement appelé l’attention sur ce point, disent ne pas souffrir, et, sauf un peu de gêne, se livrent à la marche comme par le passé. — L’affection est en général mono-articulaire et atteint surtout le genou.

Le traitement spécifique n’a pas de peine à la faire disparaître. Mais quand sa nature est méconnue, il peut se faire qu’elle persiste, que la synoviale acquière un certain épaississement, et que, sous l’influence d’une cause occasionnelle insignifiante, elle four-

nisse une nouvelle sécrétion, s'épaississe encore et devienne ains l’origine d’une véritable tumeur spécifique, lésion tertiaire, que nous étudierons ultérieurement.

Synoviales tendineuses, bourses séreuses. — C’est en 1868 que Verneuil fit connaître les lésions syphilitiques des bourses tendineuses. Outre un mémoire de Fournier qui parut peu après sur le même sujet, nous citerons encore la thèse de Roch (1872), et celle de Vaffier (1875).

Dans une première série de cas, il s’agit le plus souvent d’un épanchement au sein de la cavité séreuse qui entoure les tendons extenseurs des doigts. Pas de trace d’inflammation à la périphérie; pas de gonflement ni de rougeur de la peau au-dessus de la tumeur bien circonscrite, aplatie, triangulaire, à hase tournée vers les doigts, qui occupe la région carpo-métacarpienne, sans dépasser le ligament dorsal transverse ; douleur médiocre à la pression, un peu de gêne seulement et de faiblesse dans les mouvements du poignet ; tel est le tableau symptomatique de cette lésion. La coïncidence de cette hydropisie avec les poussées secondaires de récidive, sa résolution sous l’influence de la cure spécifique, établissent d’ailleurs nettement les rapports de cause à effet qui la relient à. la syphilis. Son pronostic est absolument dépourvu de gravité.

Tout autre est Y hydropisie aiguë, qui, spontanément et surtout sous l’influence dé la pression, se traduit par une douleur vive nettement localisée à la synoviale malade. Les points où on l’observe le plus communément sont les articulations de l’épaule et du genou, du cou-de-pied, autour desquelles se groupent tant de bourses séreuses, la face postérieure de l’olécrâne et celle du calcanéum. On a également signalé l’inflammation de la bourse qui sépare le tendon du biceps brachial de celui du brachial antérieur. Non moins fréquente est celle de la bourse antibrachiale qui accompagne le tendon du biceps, et qui correspond iï la douleur très-vive et très-persistante dite de la saignée. En résumé, partout où se rencontrent des bourses tendineuses, derrière la malléole externe pour les péroniers latéraux, sur la face dorsale du pied pour les extenseurs des orteils, etc., il faut être attentif iï rechercher dans la lésion de ces membranes l’explication des douleurs accusées par les malades. Pareille signification doit être attribuée à Yhygroma comme manifestation de la syphilis secondaire sur les bourses séreuses naturelles ou accidentelles.

Contracture musculaire. — • Les troubles fonctionnels des muscles ne dénotent pas toujours un état morbide des fibres et des tendons. Instruments du système nerveux, ces organes nous trans-

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