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ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES GÉNÉRALES

générescence graisseuse et rentre dans l’organisme par résorption, ou bien aboutit à la fonte purulente. Dans aucun cas la vitalité de ce syphilome secondaire n’est assez grande pour le transformer en un tissu définitif. Après sa disparition les éléments des tissus au sein desquels il s’était établi reprennent leur disposition normale sans qu’il en résulte fatalement aucune perte de substance.

III. La marche centrifuge du néoplasme , soit dans son développement, soit dans sa régression. — C’est toujours du centre à la périphérie que se fait l’infiltration; les bords de la lésion sont donc plus jeunes que le centre : de 1;\ les différences d’aspect que l’on peut relever dans ces deux parties. Quand le centre se déprime sous l’influence de la régression, la néoplasie peut atteindre sur les bords son maximum de développement : telle est la raison de certaines formes en cupules, en anneaux, etc.

Il est facile, grâce à ces données, de se rendre compte des signes cliniques de ces lésions. Soit la papule : elle est saillante, parce qu’il y a infiltration cellulaire; dure, parce que cette infiltration est dense; elle est brillante, parce que l’épiderme est tendu â son sommet; entourée d’une collerette, parce que la couche cornée finit par se rompre sous l’effort de cette tension; elle est rouge, parce que la matière colorante du sang fournit des exlravasats; et, enfin, quand elle se résorbe, l’épiderme se ride à sa surface et s’élimine par une desquamation éphémère.

Ce néoplasme type, bien représenté par la papule syphilitique, peut subir, ainsi que nous l’avons dit, une série de modifications secondaires et par leur importance et par l’ordre de leur apparition. La sécrétion épidermique se fait-elle à sa surface en plus grande abondance, la lésion devient squameuse et prend, dans une certaine mesure, l’apparence du psoriasis : c’est la papule squameuse. L’hypertrophie des papilles, déterminée par une irritation vulgaire à la surface du bouton syphilitique, donnera lieu, soit à la papule cornée, soit à la papule verruqueuse ou condylomateuse. L’exsudation à sa surface d’une petite quantité de sérum la transformera en papulo-vésicule , et la papulo-pjustule naîtra de môme de la fonte purulente de l’infiltrat.

Comme on le voit, plus encore peut-être dans l’ordre de lésions qui nous occupe que partout ailleurs, la nature semble avoir horreur des divisons tranchées. Ce n’est pas que les syphiligraphes se soient fait faute de lui en trouver; il est peu de traité, au contraire, où chaque boulon ne soit étiqueté et numéroté à grand renfort de divisions et de subdivisions, et nulle question n’a excité plus de polémiques. En pouvait-il être autrement, puisque ces divi-

SYPHIL1DES SECONDAIRES.

sions variaient, non pas selon l’observation qui n’en fournit pas, mais selon les observateurs! L’anatomie pathologique, avec son admirable synLhèse, nous fournit, croyons-nous, une plus juste appréciation de ces phénomènes en nous montrant l’impossibilité de toute division naturelle. Nous ne classifierons donc pas, et, si nous étudions successivement l 'érythème, la papule et

pustule, c’est pour passer en revue, dans l’ordre que leur donne le processus pathologique, les différentes modifications qui peuvent atteindre la papule, qui est la lésion mère de toute syphilide.

Si nous abordons la physiologie pathologique de ces éruptions, ce n’est que pour constater l’insuffisance absolue de nos documents. Dans un cas, nous avons observé un groupe de papules qui simulait le zona intercostal par la disposition et la localisation de ses éléments (service Horteloup). Fournier a signalé un malade chez lequel, à plusieurs reprises, des crises névralgiques localisées à la partie antérieure de la langue annoncèrent une éruption de plaques lisses sur cet organe. D’autre part, Reder dit avoir vu, chez un militaire atteiut d’une blessure du médian, un exanthème généralisé respecter le territoire du nerf malade. Il est donc vraisemblable que le système nerveux ne reste pas étranger aux développements des syphilides ; mais jusqu’où va son influence, dans quelle mesure s’associe-t-elle à celle des circulations sanguine et lymphatique, c’est ce qu’il ne nous est pas possible de préciser.

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