‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 11 sur 56 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

côté droit et non pas au côté gauche ; mais j’avertis, au préalable, que si le préservatif se répandait par hasard d’un côté à l’autre, les deux points seraient également préservés, et qu’on ne pourrait, par conséquent, obtenir l’infection dans le côté gauche. Sept jours après, je mé présentai dans l’hôpital sans la moindre marque de maladie.

Ma conjecture s’étant convertie en réalité, l’expérience fut constatée, etc.

1 0® EXPÉRIENCE ; incision contagieuse , avec la résolution de me préserver.

Le 19 mars, je me fis une incision au côté gauche du prépuce, avec les mêmes circonstances. Le 26, je me présentai sans la moindre marque de maladie.

Le but était rempli.

L’expérience fut constatée et consignée, etc.

Il' expérience; doubles mcisions toutes contagieuses, à Vun et à Vautre côté du prépuce, avec la résolution préalable de préserver un côté et de permettre l’injection dans Vautre.

Le 3 juin, je me fis trois légères incisions contagieuses, très rapprochées les unes des autres, au côté droit du prépuce, et trois autres également

IXOCULATIO?» DANS LA THÊRxU>£11TIQUE. 177

contagieuses au côté gauche. J’appliquai le préservatif à droite et non à gauche , et, pour éviter l’inconvénient qui avait éloigné du but dans la neuvième expérience, je plaçai de la charpie entre les deux côtés, pour que le préservatif ne s’étendit pas d’un côté à l’autre. Le troisième jour, les blessures où j’avais appliqué le préservatif étaient cicatrisées; mais les blessures du côté gauche présentèrent un chancre bien caractérisé. Un bubon apparut aussi dans l’aine gauche.

Je fus guéri de tout en moins de yingtjours.

Le but de cette expérience était rempli, aussi bien que celui de tontes les autres.

Dans les intervalles de chaque séance, je m’étais présenté chez chacun de MM. les commissaires.

Il y a plus d’un an que ces expériences sont terminées; je conserve des cicatrices dans le bras gauche résultat d’autres épreuves exécutées il y a plusieurs années. Personne ne m’a connu de meilleure santé que celle dont je jouii4‘p4»é‘^eht. ^ . ^01

Luxa. .

Aux recherches et aux expériences de Luna Laideron, auquel s’adresse, avec justice, le reproche d’avoir gardé son préservât! fi^^cret, préservatif qui , d’après toutes les probabilités , est un savon caustique, s’ajoutent les expériences faites avec

différents agents, tels que des produits de sécrétions normales et morbides, des substances chimiques et médicamenteuses.

Le pus du chancre mélangé à l’urine, au mucus vaginal , au muco-pusdeFurétrite,

— — de la balanite,

— — de la vaginite, à la salive,

aux matières fécales , à la sueur, au sperme.

Dans tous ces mélanges, le pus virulent du chancre n’a subi aucune modification qui pût l’altérer dans sa nature ou le décomposer; mais un fait qui ne doit pas échapper à l’observation rigoureuse, c’est que, pour agir, il a toujours fallu que le pus virulent ne fût pas trop délayé; car, mélangé en trop petite quantité, il ne peut communiquer à tout le liquide qui lui sert alors de véhicula sa propriété contagieuse.

• - Toutes les fois que j’ai inoculé du pus virulent du chancre mélangé à un alcali ou à un acide un peu concentré, les résultats de l’inoculation ont été nuis, les substances chimiques le décomposant, n<p pas qu’elles aient des vertus spécifiques spéciales , comme quelques personnes l’ont pensé, mais par leur propriété de détruire

INOCULATION DANS LA THÉUAPEUTIQüE. 179

les matières ou les produits organiques sans distinction d’espèce; c’est ainsi que les acides sulfurique, nitrique, hydrochlorique, acétique , que les chlorures purs, mêlés à du pus virulent, ont constamment empêché celui-ci d’agir par l’inoculation, et tandis que, sur une même sujet, on inoculait le pus pur qui donnait la pustule, le pus, altéré par une des substances que nous venons d’indiquer, restait sans effet, placé tout à côté du premier et dans les mêmes conditions de succès, sauf l’agent neutralisant; il en a été de même avec les caustiques alcalins, ta potasse, la soude, l’alcali volatil; le vin, l’alcool, les décoctions concentrées de tan produisent les mêmes résultats.

Mais si ces substances ont pu être regardées comme prophylactiques, par les conséquences qu’elles ont amenées après l’inoculation, il faut être bien prévenu que les résultats n’avaient lieu que lorsque le mélange avait été fait avant ou à l’instant de l’inoculation ; car, dès que le pus virulent a été implanté, si on peut s’exprimer ainsi , dans les tissus, que ceux-ci sont infectés, même dans les premiers jours , à moins de détruire , par une véritable cautérisation, les parties à une profondeur qui dépasse celles qui ont été contaminées, la neutralisation n’a pas lieu et le chancre se développe. U’après les expériences

ri .goii relises de l’inoculation, les moyens prophylactiques pris parmi ceux que nous venons d’indiquer, on ne peut compter sur leur efficacité que pour détruire le pus virulent qui n’aurait encore été que déposé sur une surface restée saine, ou bien détruire momentanément une sécrétion virulente sur un individu qui, sans cela, peut communiquer du mal.

Quant aux mercuriaux , dont quelques personnes avaient cru trouver une preuve de spécificité, en avançant que, mêlés au pus virulent, ils détruisaient la propriété contagieuse de celuici’^, ils n’agissènt que de deux manières, ou bien comme caustiques ou coagulants, ainsi que le fait le sublimé corrosif, soit en poudre , soit en dissolution, et ce n’est là qu’un effet chimique; ou bien dans les mélanges aux corps gras, qui ne font alors

^ Pelit-Radel , dans son Traité des maladies sypliiliiitjues , dit , page 17.

ft Le délétère syphilitique , si bien connu par ses eflèts sur notre organisme, est loin d’être aussi exactement apprécié quanta sa nature. Toujours uni à une matière muqueuse ou purulente qui lui sert comme de matière, il se refuse à toute tcntavive qu’on pourrait faire sur lui. Néanmoins, quelque peu de prise qu’il laisse aux recherches, il est encore quelques faits que celles-ci ont donné lieu d’établir, savoir que le délétère trituré avec un oxyde de mercure ou un sel quelconque mercuriel pei'd sa propriété d’infection, qui conserve néanmoins celle-ci après un long contact avec les caustiques les plus violents.» Cette assertion est absolument faussé.

que s’opposer mécaniquement à l’application du virus, et encore cela n’a-t-il pas toujours lieu.

■ Un fait qui n’est peut-être pas sans intérêt doit être signalé. On sait que, dans sa Théorie du traitement du bubon par le vésicatoire et la solution de sublimé corrosif, M. Malapert a émis cette idée, que la préparation mercurielle, employée là commecaustique, produisait un effet bien autrement précieux, en ce qu’elle neutralisait sur place le virus vénérien et transformait ainsi un bubon virulent en bubon simple ou bénin. Eh bien î l’expérience nous a appris que des bubons ainsi traités, et d’après les indications que notre savant confrère a bien voulu nous donner luimême, et qui étaient souvent arrivés à suppuration , ont fourni un pus virulent inoculable, comme celui du chancre auquel ils avaient succédé, et semblable au pus des bubons virulents non traités par cette méthode. Mélangé aux corps gras, le pus virulent ne subit aucune modification et reste inoculable.

Employée dans le but de connaître les effets des agents thérapeutiques curatifs ou antisyphilitiques, l’inoculation ne peut pas être d’un grand secours. Sans doute on pourra, si on le veut, distinguer, pendant une médication générale ou locale, le moment où l’ulcère primitif cesse de fournir un pus contagieux et tend à la guérison ;

18â PÎSEMifenÉ PAltTIE. CIÎAPITÙE IV.

mais le passage de la période ulcéreuse a celle dite de réparation ou de cicatrisation ne pourra pas, dans tous les cas, être la preuve de la neutralisation du virus par l’elFet du médicament actuellement employé, attendu que ce résultat peut, dans quelques circonstances, être spontané.

S lï.

Toutefois rinoculation a été sérieusement employée comme moyen thérapeutique et dans le but de modifier une affection ancienne rebelle ou réputée incurable.

Qu’il me soit permis, à ce sujet, de citer les observations de Percy, qui paraît avoir été le premier à tenter l’inoculation syphilitique comme moyen thérapeutique, mais qui n’est pas le premier, comme le pense Deguerre, à avoir essayé l’inoculation dans un autre sens’^.

Voici ce qu’on r apporte de Percy, dans un mémoire cité par Petit-Radel, Deguerre et autres :

« Un tambour du régiment de Rouergue avait inutilement passé par les remèdes, à Landau et à Besançon, pour une vérole dont les symptômes

^ Deguerre, Essais sur Vinnculation du virus syphiliiiqiie. Pa-

étaient un bubon à l’aine droite, un chancre profond à la base du gland, près le frein, des douleurs dans tous les membres et une espèce d’ictère universel. Le désir d’être guéri avait rendu cet homme docile et exact pendant les deux traitements, dont l’un avait été sans succès, et l’autre que celui de cicatriser le chancre, sans avoir rien fait ni à la jaunisse ni au bubon^ pour lequel le malade se servit de pilules mercurielles et d’emplâtres fondants, jusqu’à ce que, sa constance étant lassée, il contracta une seconde vérole qui, quinze jours après les risques qu’il en avait courus, se déclara par une infinité de porreaux à la verge, par Un chancre au prépuce et par le renouvellement de l’ancien, par l’accroissement inflammatoire de son hubon et l’augmenlation des douleurs qui lui étaient restées par tout le corps j l’ictère seul parut ne s’en être pas senti. Dans cet état, le malade rentra à l’hôpital Saint-Louis de Besançon, où il eut vingt frictions qui dissipèrent en même temps ses premiers et ses derniers symptômes, et lui rendirent une santé qui s’est toujours bien soutenue.

En 1 777, un employé aux fermes du roi passa par les remèdes pour un chancre au voile du palais, deux autres à la verge, et une multitude de crêtes à l’anus. Après des préparations bien conduites, il reçut dix-huit frictions de deux

gros chacune ; il saliva à la cinquième ; mais le ptyalisme n’ayant suspendu que fort peu de * temps les frictions, il arriva en six semaines au nombre ci-dessus désigné. 11 quitta les remèdes sans avoir tiré d’autre fruit que la cicatrisation des deux chancres de la verge; celui delà gorge existait encore, et les crêtes qu’on avait coupées et cautérisées ne furent pas longtemps à renaître; il y eut déplus une sorte d’aphonie accompagnée d’un bruissement continuel dans les oreilles. Un de ses parents le mit entre les mains d’un ancien chirurgien-major d’artillerie, qui lui fit essuyer un nouveau traitement, lequel fut aussi infructueux que l’autre. Ce chirurgien excisa les crêtes; elles revinrent encore; la gorge resta dans le même état; le bruissement d’oreilles et l’extinction de voix persévérèrent. Il ne guérit donc pas ce malade, dont l’état se trouva pire, même après six mois de régime et de remèdes. Alors l’ennui et les sollicitations de ses amis l’ayant ramené auprès des femmes débauchées, il prit évidemment une nouvelle vérole qui, en moins de huit jours, rouvrit les anciens chancres , en produisit un troisième, ainsi qu’un bubon à l’aine droite , et ulcéra l’arrière-bouche dans presque toute son étendue. Le soin de celte nouvelle maladie fut confiée à M. Percy père. Après avoir convenablement prépaié le malade, il lui donna

seize frictions ; il n’y eut point d’apparence de salivation; le bubon se dissipa; les crêtes tombèrent d’elles-mêmes ; le garde recouvra enfin une santé qui ne s’est point encore démentie.

M. Percy, allant passer chez lui le quartier d’hiver de l’année 1778, trouva, à la maison, un soldat du régiment de Grenoble , artillerie, qui , parce qu’il y avait été autrefois son domestique, y était venu du consentement de M. Percy père, pour se rétablir d’une maladie qu’il avait, soi-disant, essuyée à Strasbourg. Cette maladie, il l’avait encore : c’était une vérole affreuse, ayant pour symptômes un chancre qui avait détruit la glande amygdale gauche; un autre chancre qui occupait les deux tiers de la couronne du gland , une dartre au périnée, au scrotum, et au haut de la cuisse gauche , un teint plombé et des boutons violets au front ; vérole pour laquelle il avait déjà passé deux fois par les remèdes. et pris une infinité de drogues , comme il l’avoua par la suite. Après quelques préparations préliminaires et avoir essayé inutilement la tisane de Felz, M. Percy fit l’insertion du virus vénérien à ce malade, en présence de plusieurs chirurgiens et médecins; après avoir délayé dans un peu de salive , le pus chancreux qu’il avait sur une tablette de verre, il en chargea la pointe d’une lancette , qu’il porta horizontalement sur la partie du hras droit oii

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s’attache le tendon du deltoïde ; il y fit, entre l’épiderme et le corps réticulaire , une première piqûre sans effusion de sangj puis, ayant rechargé le même instrument, il en fit une seconde, ensuite une troisième ; il en pratiqua autant au bras gauche dans le même endroit et avec les mêmes précautions ; il n’appliqua aucun appareil sur ces piqûres; il mit le malade au régime végétal et lui prescrivit une abondante boisson de tisane sudorifique. Cinq jours s’écoulèrent sans qu’il parût rien de particulier; le sixième à midi, le maladeéprouva une douleur assez vive au bras gauche; à deux heures, il en eut une semblable au bras droit ; les piqûres devinrent béantes; le soir^ une zone rouge environna Tun et l’autre bras; le malade eut alors quelques horripilations; pendant la nuit, il eut mal à la tête et des alternatives de chaud et de froid. Le lendemain, septièrne jour de l’inoculation , les piqûres furent enflammées et douloureuses , les bras enflés dans presque toute leur étendue; quelques glandes axillaires se tuméfièrent; la gorge fut ardente, le malade eut la fièvre , toute la journée et sur le soir, vers les neuf heures , temps auquel il se plaignit que sa dartre et son chancre le faisaient beaucoup souffrir. Le 8 de l’inoculation, la gorge était dans le même état que la veille; les piqûres ne formaient plus qu’une plaie snppurée ; les dartres et

IXOCULATION DANS LA THERAPEUTIQUE,

les chancres n’avaient que très peu augmenté. Le 9 et le 10, les choses semblèrent être dans le même état; le 11, l’aine gauche s’engorgea; plusieurs glandes s’agroupèrent et affectèrent les signes d’un bubon : ce n’en fut cependant pas un. Le 14, la plaie du bras droit fut cicatrisée parfaitement , celle du bras gauche s’était agrandie; la gorge alla mieux; les douleurs causées par là dartre et le chancre se dissipèrent. Enfin, le 1 8, il n’y parut presque pas : le malade était rendu à son premier état , excepté que les chancres de l’amygdale et de la couronne du gland étaient plus étendus, et qu’il lui restait un ulcère profond au bras gauche. A cette époque, M. Percy fut obligé d’aller rejoindre son régiment , il laissa le soin du traitement à M. son père, qui commença les préparations un mois et demi après l’inoculation : il lui administra des frictions au nombre de seize. Ce traitement eut tout le succès qu’on pouvait désirer. »

S’il est vrai que M. Percy ait eu à se louer des expériences qu’il a tentées , et si nous voyons quelquefois des malades, traités pour des accidents récents, guérir alors des symptômes plus anciens qui , jusque-là , avaient résisté, ces résultats ne sont pas assez certains et réguliers pour conseiller une pareille pratique. Qu’on profite d’une maladie nouvelle que le malade a lui-même contractée

pour le débarrasser d’une autre qu’il avait auparavant , rien de mieux ; mais l’engager à subir une nouvelle infection dont les chances primitives ne peuvent pas être rigoureusement prévues, voilà ce qu’on ne peut , au moins dans l’état actuel de la science, regarder comme une méthode rationnelle.

Pour ceux qui veulent toujours tout confondre, l’inoculation d’une nouvelle blennorrhagie a été conseillée , et est encore mise en pratique par beaucoup de médecins, soit pour guérir un écoulement chronique, soit pour combattre, par la révulsion, les accidents que peut produire la blennorrhagie , tels que l’épididymite , l’ophthalmie, l’arthrite , etc.

Quelques médecins , dans ces cas , se contentent de conseiller un nouveau coït infectant; d’autres, à l’instar de Hirscheld, de Berlin , de Swédiaur, de Tarbes, de Toulouse, de Perollë, d’Yvan, de M. Larrey, etc., pratiquent une espèce d’inoculation avec lé muco-pus blennorrhagique porté sur une sonde dans l’urètre ou appliqué sur la muqueuse qu’on veut infecter à Taide d’un plumasseau de charpie qui en est imprégné. Jamais avec la lancette, comme pour le chancre, on ne peut inoculer la matière blennorrhagique, soit, comme nous l’avons déjà dit, de façon à produire un ulcère, soit même de manière à dé-

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terminer un écoulement j de telle sorte que, s’il est bien certain que le muco-pus blennorrhagique soit contagieux et puisse être considéré comme l’agent le plus efFicace d’une maladie semblable à celle qui la produit, le plus ordinairement c’est à l’actioii mécanique seule des instruments qu’on emploie , pour en faire l’application, qu’il faut rapporter les effets qu’on obtient, comme le voulait Bromfield, et comme le pensait feu Guîleriér.

Toutefois, s’ir n’était pas prouvé, pour moi, que les cas dans lesquels il est utile de rappeler un ancien écoulement , ou d’en développer unnouveau, sont aussi rares que quelques personnes les croient bénévolement fréquents, et qu’on a , le plus souvent alors, aggravé la maladie qu’on voulait combattre , ou qu’on lui a apporté une nouvelle complication, je ne me permettrai l’application du muco-pus blennorrhagique d’un individu à un autre qu’aprés m’être assuré, sur celui à qui on devrait l’emprunter, qu’il ne fournit rien par l’inoculation à la lancette j autrement, sans cette précaution, un malade, avec des symptômes blennorrhoïdes ^ pourrait, étant affecté de chancres larvés, communiquer à un individu, qui n’aurait eu, jusque-là, qu’une simple affection catarrhale, sans conséquences futures fâcheuses, toutes les chances si redoutables de la syphilis î

§ III

Mais si rinociilation. a été tentée pour guérir les maladies vénérienlie-s et syphilitiques ellesmêmes , soit dans leur prophylaxie, soit dans le traitement curatif à l’état d’affections primitives ou secondaires, on a songé aussi à l’appliquer à la cure de maladies étrangères à la vérole, et qui, souvent inguérissables , alors qu’elles étaient essentielles, semblaient, étant combinées à lasyphb lis, céderai! traitement réputé spécial de célle'ci.

En effet, quel est le médecin qiii> dans une foule de cas d’affection à étiologie obscure, à marche insidieuse, et réfractaire aux agents thérapeutiques ordinaires , n’a cherché avec soin, dans ces cas, s’il ne pouvait découvrir quelque élément syphilitique et saisir Un prétexte de médication spécifique si souvent couronnée de succès? Mais si ces faits sont nombreux et journaliers, n’est'il pas vrai, pour tout bon observateur, qu’il est des circonstances dans lesquelles des maladies d’abord complètement étrangères à la syphilis, et qui n’avaient cédé à aucune médication , ont, à la suite d’une infection syphilitique, subi une modification par laquelle elles sont devenues accessibles aux antisyphilitiques et ont guéri et disparu avec les accidents vénériens qui

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étaient venus s’y mêler? J’ai souvent montré, à ma clinique , des affections cutanées anciennes, graves et jusque-là incurables, qui avaient eu, dans ces circonstances, ces heureux résultats.

D’après des observations analogues, à mes expériences, M. le docteur Martini, médecin distingué de Vienne, qui me fut adressé à rhôpilal des A^énériens par M. le professeur Alibert, avait Commencé des recherches fort curieuses dans ce sens , lorsqu’une maladie grave vint interrompre des travaux poursuivis avec courage etinstruction.

Toutefois , si l’on pouvait permettre à la thérapeutique l’usage médical du virus vénérien, comme on lui permet celui de tant d’autres poisons dont elle tire souvent un parti heureux, ce ne pourrait être qu’avec une extrême réserve et après des observations mieux faites ; car il ne faut pas oublier que les conséquences d’une vérole constitutionnelle qu’on chercherait à déterminer seraient absolument impossibles à prévoir, et que, le plus ordinairement, la syphilis est précisément grave en raison directe des maladies antécédentes ou concomitantes dont peut être infecté le sujet qui vient à la contracter.

§ IV

Mais, sous le point de vue thérapeutique, l’i-

182 rSESUEUE PARTIE. - CHAPITRE IV.

iioculation artificielle des maladies vénériennes peut-elle servir dans la détermination du choix d’une méthode de traitement?

S’il était prouvé que toute affection syphilitique , que tout chancre inoculable,’ que toute syphilis vraie primitive ne fussent curables que par les mercuriaux, et que ceux-ci fussent nuisibles dans les cas contraires , comme l’ont cru Hunter et les médecins de son école, l’inoculation pourrait être ici d’un grand secours. Si encore tout chancre inoculable devait être suivi d’accidents secondaires, et que les mercuriaux ou toute autre médication eussent des propriétés prophylactiques de l’infection générale, l’inoculation serait encore fort utile. Mais, comme l’observation l’apprend tous les jours, les accidents primitifs guérissent fréquemment seuls, par des soins de propreté ou par des médications locales de différentes espèces et sans qu’on puisse leur supposer à toutes des propriétés spécifiques. D’un autre côté, il est bien prouvé que tous les accidents primitifs (chancres) susceptibles d’être inoculés ne déterminent pas l’empoisonnement général, etque,dans les circonstances dans lesquelles les symptômes secondaires doivent se montrer, le traitement mercuriel , par exemple , employé pendant la durée des accidents primitifs, est tellement loin de les prévenir, dans tous les cas etd’une manière constante que quelques

observateurs superficiels de l’école physiologique n’ont pas craint d’avancer que les accidents prétendus secondaires de la vérole n’étaient que la conséquence de l’emploi des mercuriaux, bien que ceux-ci, en définitive, continués ou employés après avoir été suspendus, constituassent encore le meilleur traitement curatif des accidents dont on les accusait d’être la cause ; et que , dans les cas où ils n’avaient pas prévenu leur développement, on pût fort bien admettre qu’il n’avaient pas été convenablement employés ; et qu’enfin le plus grand nombre des accidents secondaires caractéristiques de la vérole se montrassent, dans les conditions voulues , bien plus souvent chez les malades dont les accidents primitifs n’avaient pas été traités par les mercuriaux.

En résumé , pour les médecins qui restent convaincus qu’il n’y a pas de guérison radicale de la vérole, sans que les accidents primitifs aient été traités par les mercuriaux, et qui, d’un autre côté , sans donner dans toutes les exagérations des antagonistes du mercure , restent cependant convaincus que ce médicament ne doit pas être administré inutilement , l’inoculation est incontestablement la seule pierre de touche irrécusable, toutes les fois qu’on arrivera à temps pour en faire une utile application. Que si, un jour, le mercure est définitivement mieux apprécié, ou qu’on

194 PRES!. PAUr. — CH. IV. — INOC. DANS LA THÉRAP.

trouve un spécifique absolu de la syphilis , c’est l’inoculation qui en prouvera la valeur ou en indiquerafemploi.

Aujourd’hui, pour les personnes encore incertaines dans leur thérapeutique, si l’inoculation ne sert pas, d’une manière rigoureuse, à poser les indications du traitement , elle reste d’une grande valeur sous le rapport du pronostic, quant aux chances futures du malade, quant à son avenir,* tout individu qui a eu des sjmptomès inocula:^ blés restant positivement sus^^ceptible de ï empoisonnement général) et pouvant avoir ^ plus tard, des symptômes de vérole constitutionnelle î

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