‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 12 sur 56 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l’inoculation l’EÜT ETBE APPLIQUEE A l’hYGIÉNE ET A LA MÉDECINE LÉGALE.

Lorsque Celse traite des maladies des organes génitaux, avant d’entrer en matière, il croit devoir s’excuser sur l’indécence de son sujet, comme si un reproche, dans ce sens, pouvait s’adresser au médecin qui s’occupe du soulagement de l’humanité ! Autant il aurait valu dire à Mascagni c[u’il y avait des choses sales en anatomie. Or, en traitant de l’inoculation sous le point de vue hygiénique, je ne dois pas craindre à mon tour qu’on m’accuse d’immoralité.

Pour quiconque voit les liommes t;>ls qu’ils sont dans le cabinet du médecin, et sans ce fai-

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de la morale nécessaire et obligée dans la société, il reste évident qu’il y a des circonstances dans lesquelles des rapports sexuels deviennent indispensables, sous peine des conséquences morales et sociales les plus graves dans le cas d’un refus. Sans doute que toutes les fois qu’un malade nous consulte, et qu’il porte des symptômes suspects, contractés dans les circonstances où se contractent habituellement les accidents syphilitiques, il faudra, dans le doute, s’abstenir, et loin, comme l’ont publié les auteurs du Dictionnaire en i 5 volumes , de donner aisément des patentes nettes à nos malades , sur des convictions mal assises, nous nous garderons bien d’affirmer que tel ou tel symptôme reconnu contagieux est tout à fait innocent , comme ils l’ont fait pour le bubon; mais nous délivrerons cette patente nette dans des circonstances graves et urgentes à tout individu qui présenterait une ulcération qui ne fournira pas un pus susceptible de s’inoculer, et qui n’est point actuellement sous l’influence d’une sécrétion morbide abondante et susceptible, comme cause d’irritation , de déterminer l’inflammation des tissus sains, avec lesquels elle pourrait être mise en contact.

Maintenant, si de ce qui précède on passe aux cas de médecine légale qui ont trait aux maladies vénériennes, on sera effrayé de la difficulté

I\OCüLATIOX APPLIQUÉE A l’hYGIEIVE, ETC. 197

des questions qui, trop souvent, se présentent, et de la légèreté avec laquelle elles ont fréquemment été décidées par les hommes de l’art.

Dans les questions de viol , par exemple , les conséquences de l’infection syphilitique sont souvent invoquées comme preuve. Eh bien! aujourd’hui, dans l’état actuel de la science, quel aurait été le médecin qui, en voyant un homme affecté de blennorrhagie, accusé d’avoir violé une femme actuellement infectée de chancre, n’aurait pas regardé cette prétendue coïncidence comme une preuve d’une grande valeur? Mais, lorsqu’on sait, d’une manière incontestable, que le chancre seul peut produire le chancre, si le muco-pus blennorrhagique de l’individu supposé coupable ne produit rien par l’inoculation, après avoir été convenablement essayé , ne restera-t-il pas évident, dans un cas d’infection récente, qu’il ne saurait être condamné? Dans d’autres circonstances encore , ne sera-t-il pas prouvé , par la même voie d’expérimentation, que des individus accusés d’avoir communiqué la vérole, ce qui ne manque pas d’aggraver la position de toutes personnes prévenues dans ce sens, n’auront déterminé, par violence mécanique, ou par le fait de quelque sécrétion normale ou morbide, que de simples inflammations ? Ne pourrat-on pas alors, bien souvent, par la certitude

198 PREM, PART. CH. V. — IN. APP. A l’hYG. , ETC.

d'un diagnostic, seul positif dans des cas de ce genre , éloigner de fâcheuses imputations , on reconnaître de vrais coupables , dans des conditions où, sans ce moyen, le médecin consciencieux serait resté dans un doute, qui, bien que sage, ne paraît pas toujours permis à rhomme instruit?

De tels résultats, dont on ne peut, au reste, prévoir encore toute la portée , subiraient seulg pour justifier les nombreuses recherches que j’ai faites, si, d’ailleurs, elles n’avaient déjà largement servi à élucider des questions restées jusqu’à présent insolubles, et à renverser une foule de préjugés consacrés par le temps et de puissantes autorités.

DEÜSIIÈME PARTIE.

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