‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 13 sur 56 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

RËCËEÏtCHËS CLINIQUES ET EXPÉRIMENTALES.

INOCULATION DU PUS DU CHANCRE, SIMPLE OU COMPLIQUE, DANS SES DIVERSES FORMES ET PERIODES.

Chancre régulier, bubon symptoniâtiqué , lynlphite suppürée , inoculation produisant la pustule caractéristique dans fous les cas.

Maisox. ...... âgé de 3i ans , entré le 2 août i836 , salle 7 , nu-»

niéro 33.

La date du début d’un chancre du limbe du prépuce et du frein né peut être précisée ; seulement, il y a une vingtaine de jours, qu’un bubon s’est montré à droite; en même temps, un vaisseau lymphatique du dos de la verge, se dirigeant vers

la tumeur de Taine , a marqué son trajet par de la rougeur et un point dur, vers le milieu de la face dorsale de Torgane. 11 y a une dizaine de jours qu’après avoir découvert le gland, le malade n’a pu ramener le prépuce , et un paraphimosis s’est établi.

Aujourd’hui, le chancre du frein est encore à la période de progrès, ainsi que celui du limbe du prépuce, qui s’est étendu en inoculant la division de la peau , opérée par la pression de la bride du paraphimosis; la muqueuse du prépuce, renversée, forme un bourrelet dur, sur lequel on voit quelques points ulcérés.

La petite tumeur lymphatique a suppuré et s’est ouverte spontanément depuis hier; le bubon est en pleine suppuration au sommet.

Le 3 août, on inocule le pus recueilli au bourrelet du paraphimosis, par une seule piqûre sur

%’ulcération ayant détruit la bride du paraphimosis, on se contente d’appliquer de la charpie imbibée de vin aromatique : même pansement pour le chancre du frein ; on cautérise avec le nitrate d’argent.

Le 6,; l’inoculation du 3 a produit la pustule caractéristique.

Le 8, on cautérise la pustule et Ton inocule le pus de Tulcére résultant de Touverture sponta-

OBSERVATIOXS PRATIQUES — - CHANCRES. 201

née de la lymphite du dos de la verge, oa ouvre le bubon qui donne beaucoup de pus;

Le 9 , on inocule le pus du bubon à la cuisse gauche.

Le 12, les inoculations du 8 et du 9 ont réussi, et la pustule est belle ; la première pustule d’inoculation, cautérisée et pansée au vin, est presque guérie. On cautérise les deux dernières.

Le bubon offre de l’induration à sa base, on le panse avec de l’onguent mercuriel et des cataplasmes.

Le 29 août, le chancre du frein est guéri, celui du prépuce est en voie de cicatrisation ; la surface du bubon offre quelques bourgeons charnus; il y a bien moins d’engorgement à la base.

Sur la cuisse gauche , les pustules ont résisté à la cautérisation; on les panse au vin aromatique.

Le 10 septembre, le chancre du prépuce est presque guéri.

Même pansement au vin aromatique, avec addition de tannin.

Le 20, le chancre du frein est cicatrisé; les inoculations de la cuisse sont en bonne voie de réparation.

Le 30, la cuisse est guérie; le bubon est couvert de bourgeons charnus ; on cautérise légèrement pour cicatriser.

Le 3 octobre, tout est guéri; le malade sort.

Chancre d’emble'e et blennorrhagie, inocuîalion posiiive dans le premier cas , négative dans le second.

JoAK Babt . . âgé de 17 ans, entré le 28 mai i83<î , salle i ,

numéro 5o.

11 y a cinq semaines que ce malade s’étant déchiré le frein pendant le coïtj la plaie devint chancreuse; deuxjoursplüstard, il lui survintune blennorrhagie ; toutefois il paraîtrait qu’il s’agit ici de deux infections^ car le malade a eu des re^ lations avec une première femme huit jours avant l’apparition de la blennorrhagie. Il a été traité, pour ces deux affections , par un pharmacien.

Le 29 mai , on inocule le pus de la blennôr^ rhagie à la cuisse gauche et le pus du chancre à la cuisse droite; on donne, pour la blennorrhagie , des injections au nitrate d’argent et quatre gros de cubébe par jour; on panse le chancre au vin aromatique, on le cautérise avec le nitrate d’argent.

Le i®' juin, la piqûre faite avec le pus du chancre à produit la pustule caractéristique , le pus de la blennorrhagie n’a rien produit; on donne l’émulsion de copahu.

Le 1 0 , la blennorrhagie est guérie, le chancre de la verge a disparu, la pustule d’inoculation a été éteinte par le caustique.

Le 1 T , le malade sort guéri .

OBSEEVATIONS PRATIQUES. - CHANCRES. 203

Chancre et blennorrhagie : l’inoculation du chancre a produit; celle de la blennorrhagie a donné un résultat négatif. .

CocE .... . . CtAüDE , âgé de aG ans , entré le 1 9 juin 1 835, salle i , numéro 3o.

Chez ce malade, la blennorrhagie s’est montrée trois jours après un coït suspect j deux jours plus tard, des chancres se sont développés à la racine du gland, La blennorrhagie a été très douloureuse au début, et l’écoulement très abondant. Aujourd’hui, la matière qui vient de l’urètre est encore sanieuse j mais le malade ne souffre pas en urinant; les chancres sont encore à la période d’ulcération ; on inocule leur pus à la cuisse droite , et le pus de la blennorrhée à la cuisse gauche.

Le 2 juin, la piqûre de la cuisse droite a produit la pustule caractéristique; celle de la cuisse gauche est cicatrisée. On montre ces résultats à la clinique faite dans l'amphithéâtre de l’École de médecine; puis on cautérise au nitrate d’argent; on traite la blennorrhagie par les injections d’acétate de plomb et les bols de copahu ; les chancres par la cautérisation et le vin aromatique. Le malade sort guéri, le 1 8 juillet.

Chancre , inoculation d’ une plaie du doigt , buhon axillaire, engorgement du pli du bras, inoculation, rc'sultat positif.

Goo. . , âgé de 34 ans, entre' le la août i83G , salle 3, numéro 6.

Ce malade avait coatracté des chancres au gland, depuis quatre semaines. Ily a quinze jours que le doigt index droit s’étant trouvé pris sous une pièce de vin, il fut déchiré en trois ou quatre endroits. Pendant les premiers jours, la plaie offrait une belle apparence; mais bientôt le malade, qui se servait de la main blessée pour appliquer les pansements sur les chancres de la verge, vit son doigt s’ulcérer et la blessure devenir terne et grisâtre. Bientôt, au pli du bras et dans le creux de l’aisselle, se sont développés des engorgements lymphatiques.

Aujourd’hui, les chancres de la verge sont presque guéris; les engorgements lymphatiques sont durs et assez volumineux ; ils n’occasionnent pas de douleur au toucher ; on inocule le pus recueilli à la surface de la plaie du doigt; on panse les chancres avec du vin aromatique; on cautérise au nitrate d’argent.

Le 1 1 août, la piqûre du pus du doigt a produit, sur la cuisse droite, la pustule caractéris-

tique; les bubons ne paraissent pas marcher vers la suppuration ; on les panse avec de l’onguent mercuriel et des cataplasmes.

Le 6 septembre, tout est guéri, sauf l’ulcération delà cuisse qu’on avait laissée marcher; mais elle est en pleine voie de réparation.

Le 10 septembre, le malade sort guéri.

Chancre enkysté ou débutant par un abcès des bourses; inoculation donnant un résultat positif.

Borct. . , âgé de 6oans, entré le SSavril 1 835, salle i, numéro ig.

Peu de jours après un coït suspect, ce malade s’aperçut de la présence de deux chancres sur la peau de la verge.

Aujourd’hui , les chancres offrent quelques points de leur surface en réparation; ils ont chacun à peu prés la largeur d’une pièce de vingt sous ; sur le scrotum , vers la partie moyenne, à un pouce de la racine des bourses, on remarque deux noyaux durs, placés dans l’épaisseur de la peau, avec induration circumambiante; le plus gros paraît suppurer à son centre; on ouvre et on inocule le pus sanieux et ténu qui en sort, à la cuisse droite; on panse les ulcères au cérat opiacé.

Le 27, la piqûre faite avec le pus du chancre enkysté des bourses a produit la pustule caractéristique; on la laisse se développer. Le deuxième chancre a été ouvert; on cautérise et on panse avec la pommade au calomel et à Topium.

Le 2 juin, on panse le chancre de la cuisse avec le vin aromatique ; ceux de la verge sont guéris, et ceu des bourses en voie de réparation.

Le 20, le malade sort guéri.

Ces chancres qui débutent par un abcès, dont les parois s’indurent de manière à leur former une véritable coque, avant l’ouverture, méritent, à tous égards, le nom expressif de chancres enkystés.

Chancres et blennorrhagie aiguë conlracte's dans im seul coït; inoculation donnant un résultat positif pour le pus du chancre, négatif pour celui de la blennorrhagie.

Cou. . EuonÂRD , âgé de ai ans, entré le 20 juin i835 , salle r, numéro 28.

Le début de la maladie date de six semaines. Dés le lendemain d’un coït pendant lequel, d’après les expressions du malade, il s’est beaucoup échauffé, se sont montrés des chancres au frein et sur le prépuce ; deux jours plus tard , s’est déclarée une blennorrhagie aiguë qui a occasionné de très vives douleurs.

Les chancres ont été traités par le précipité et des pansements au cérat mercuriel; il a, déplus, été cautérisé au nitrate d’argent, et a pris une soixantaine de pilules mercurielles, dans un autre service.

Aujourd’hui, les chancres sont encore à la période de progrès, la blennorrhagie offre une matière verdâtre et sanieuse; on inocule le chancre par deux piqûres à la cuisse droite et le pus blennorrhagique à la cuisse gauche ; on cautérise les chancres au nitrate d’argent; on panse au vin aromatique et pour la blennorrhagie on prescrit des injections à l’acétate de plomb.

Le 24 juin , les deux piqûres faites avec le pus du chancre ont donné la pustule caractéristique ; on cautérise la supérieure , on laisse l’autre se développer ; les piqûres faites avec le pus de la blennorrhagie n’ont rien donné; on continue la même médication ; on inociîle de nouveau le pus blennorrhagique.

Le 28 , l’inoculation faite avec le pus blennorrhagique le 24 n’a rien produit , les chancres sont en voie de réparation , la blennorrhagie coule peu, et la matière de l’écoulement est blanchâtre; la pustule d’inoculation qu’on avait laissée marcher a produit un chancre sur la cuisse ; on le cautérise et on le panse au vin aromatique.

Le 14 juillet, sous l’influence des injections et

du copahu administré sous la forme de bols avec la magnésie, la blennorrhagie a disparu, les chancres sont cicatrisés.

Le malade sort guéri le 18.

Chancres superficiels et folliculairesj inoculation produisant la pustule caractéristique.

Bour. . . , âgé de 20 ans, entré le 28 août i83G , salle 7 , numéro S.

Le début de la maladie date de vingt-quatre jours : à la suite de relations sexuelles assez difficiles, il se forma des érosions sur le gland dont la base est entourée par une couronne de petits mlcères ronds et occupant le fond des follieules j le limbe du prépuce offre des ulcérations superficielles que l’on nomme chancres superficiels. Il n’a été fait aucun traitement.

Aujourd’hui, par suite de l’irritation du prépuce, il y a un phimosis qui permet, toutefois, de découvrir en partie l’oi gane malade ; il ne vient pas de pus de l’urètre ; toutes les surfaces qu’on peut apercevoir montrent les points ulcérés, à la période de progrès. La suppuration est abondante.

On inocule, à la cuisse droite, le pus recueilli sur un ulcère superficiel, et n’ayant

OBSERVAÏfOJVS PRATIQUES. - CHANCRES. 209

détruit à peine que l’épaisseur de la muqueuse du gland.

A la cuisse gauche, on inocule le pus fourni par un chancre folliculaire dont l’orifice offrirait à peine l’entrée à une tête d’épingle.

Il n’y a pas de lymphite; mais, à gauche, on sent un ganglion engorgé, mobile et indolent.

Ce malade est vierge de toute médication ; on donne le traitement de M. Serres, par l’iodure d’argent : un douzième de grain par jour; eau de gomme pour boisson. On lave et on panse les chancres à l’eau de guimauve.

Le 1 " septembre, les inoculations ont produit la pustule caractéristique sur les deux cuisses; on les cautérise au nitrate d’argent.

Le 7 , la pustule de la cuisse gauche a disparu parla cautérisation, celle de droite est encore rouge; on la panse au vin aromatique , et on cautérise les bourgeons charnus de la surface ; on donne six douzièmes d’iodure d’argent , sans obtenir aucune action thérapeutique.

Jusqu’au \ « octobre, on augmente progressivement la dose d’iodure sans que le malade en éprouve un effet sensible; la maladie ne va ni mieux ni pis que si elle était abandonnée à elle-même. La dose est de quatre grains d’iodure d’argent par jour.

On se décide à suspendre une médication qui

n’amène aucun résultat, et l’on cautérise la surface ulcérée, puis on applique de la cliarpie imbibée de vin aromatique.

Le 4, les ulcères siipeifîciels du gland sont presque secs, le fond des follicules ulcérés est relevé et forme saillie comme des végétations au début. On cautérise et on panse au vin.

Le 6 , tout est puesque guéri , il ne reste qu’un ou deux points non cicatrisés au limbe du prépuce.

Le 10, le malade sort guéri.

Chancre régulier ; inoculation avec résultat.

Jos. . . Emilie, âgée de 24 ans, entrée le 27. mai i834, salle i , numéro 2.

Le début apparent de la maladie daté de huit jours. A la face interne des grandes lèvres et à l’anneau vulvaire, se sont montrés des boutons, cjuatre jours après un coït suspect, et bientôt, comme pour rinocuiatioo régulière, des chancres se sont formés; il n’y a pas de douleur en urinant, pas d’écoulement vaginal.

Aujourd’hui, les ulcérations sont à la période de progrès.

Le 28, on inocule le pus recueilli à la surface d’un chancre de la grande lèvre, sur la cuisse

droite, et le pus pris à l’anneau vulvaire, sur la cuisse gauche.

On remarque de l’indiiration aux grandes lèvres; elle paraît s’étendre peu à peu et occasionner de vives douleurs.

- On panse avec les émollients.

Le 29, les points inoculés sont rouges et vésicuieux.

Le 30, la vésicule est bien formée sur les deux cuisses.

Le hi- juin, la pustule de l’inoculation est pleine de pus, plate et large.

Le 6, on cautérise les points inoculés avec le nitrate d’argent.

Les ulcérations de la vulve demeurent a l’état de progrès et sonttrès douloureuses; on les touche avec un pinceau imbibé de créosote.

Le 7, demi-heure après l’application delà créosote, il y a eu des picotements très vifs. Aujourd’hui, les douleurs ont presque disparu.

Le 1 8, chaque jour, on a touché les ulcérations avec la créosote; elles paraissent être arrivées à la période de réparation; mais partout leur base s’est indurée, ainsi que le tissu des grandes lèvres.

Le 22, on donne les pilules de proto-iodure de mercure comme résolutif.

A la place des chancres d’inoculation, il ne reste que des taches brunâtres.

A l’anus, on remarque de l’irrita lion et une rhagade ; on panse avec des mèches imbibées de chlorure de soude, et on saupoudre avec le calomel.

Le 1 0 juillet, toutes les ulcérations ont disparu; l’induration a beaucoup diminué.

Le 22, il n’y a plus de dureté ; la malade sort guérie.

Chancre du col, blennorrhagie vaginale ; inoculation avec résultat caractéristique.

Hacl. . . Catherine , âgée de a3 ans , entrée le 8 avril i834 , salle I , numéro 4 .

Cette malade venait à peine d’être guérie d’une première affection, il y a sept mois , que, s’étant exposée de nouveau, elle contracta des chancres et une blennorrhagie d’une personne affectée d’un chancre seulement. Elle n’a fait aucun traitement. Il est à remarquer que, depuis fort longtemps, cette malade avait un écoulement chronique, qui donnait la blennorrhagie à chacun de ses nouveaux amants ; puis si, après s’être guéris, ils continuaient leurs relations avec elle, par une sorte d’acclimatement, ils résistaient à la contagion.

Aujourd’hui on trouve un chancre sur la grande lèvre gauche, et un autre sur la nymphe correspondante. A l’examen au spéculum, on voit, sécrétion vaginalepuriforme, catarrheutériu opalin , ulcération de la lèvre antérieure du col à fond gris, bords irréguliers et saillants.

Jusqu’au 1 0, on fait des injections émollientes et on panse le chancre avec du cérat opiacé.

Le 4 8, l'état d’acuité a disparu; la matière de l’écoulement est blanchâtre et moins abondante ; l’ulcération du col n’a pas changé d’aspect; on prend du pus à sa surface et on inocule à la cuisse droite, puis on recueille du muco-pus à la base du col, dans le cul-de-sac péri-utérin , et on le porte , par une piqûre , sur la cuisse gauche.

On cautérise les divers points ulcérés avec le nitrate d’argent.

Le 4 9, les points inoculés sont rouges et élevés.

Le 20, la vésicule est bien formée à droite et à gauche.

Le 22, pustule pleine de pus.

Le4 mai, les inoculations qu’on a laissées marcher ont produit des chancres bien caractérisés; les bords sont taillés à pic; le fond est grisâtre.

On cautérise et on panse avec la pommade au calomel et à l’opium. Le chancre de la nymphe a disparu sous l’influence de la cautérisation, celui de la grande lèvre est en voie de réparation.

âl4 SECONDE PARTIE. - PREMIÈRE SECTION.

On ordonne les injections et le tamponnement à Feau blanche.

L’ulcération du col, cautérisée six fois, a beaucoup diminué,* la portion qui reste offre Une surface granulée en voie de cicatrisation.

Le iO, le chancre de la lèvre antérieure est guéri. Les inoculations offrent des bourgeons charnus ; la base des ulcères s’indure.

Le 20, l’induration aux divers sièges des chancres a fait des progrès.

La plaie du col est guérie, ainsi que la bîennorrhée.

On ordonne les pilules de pi’oto-iodure de mercure, le sirop et la tisane sudorifiques pour combattre les indurations.

Le 30, amélioration rapide. Les inoculations sont guéries; l’induration a presque disparu.

Le 7 juin, tout est guéri; aux cuisses il ne reste c|ue des taches brunes. La malade, qui avait eu quelques symptômés de catarrhe pulmonaire# est aujourd’hui très bien.

Chancre, buhon symjjtoma tique , inocules arec résultat.

Bon . , ilgé de 2i ans , entré le 7 mars i833 , salle i ,

numéro 38.

La maladie date de cinq mois; à cette époque,

il s’établit un chancre sur la peau du prépuce; peu de jours après, un bubon se montra du côté droit; la marche de Fulcére, qui d’abord avait été régulière, prit le caractère phagédénique; une bonne portion du prépuce fut détruite et le gland lui-même rongé dans un tiers de son épaisseur ; le bubon arriva promptement à la suppuration et s’ouvrit spontanément. On administra un traitement par le deutocblorure de mercure, sous la forme piluiaire; il se déclara une forte salivation qui fut combattue par des gargarismes.

Aujourd’hui , le malade se présente avec un bubon largement ulcéré, la surface a deux pouces et demi de diamètre.

Le gland est presque détaché et les corps caverneux offrent une perte de substance arrivant jusqu’à rurètre; il y a , en générai, beaucoup d’irritation.

Partout on remarque les caractères de la période de progrès.

On applique les pansements, avec la décoction concentrée d’opium , on prescrit les antiphlogistiques généraux.

Le 18, l’état inflammatoire. paraît avoir cédé à la médication; on panse au cérat-calomel.

Le 21 , le chancre de l’aine va mieux, son fond se déterge; à la verge, on aperçoit des bourgeons charnus de bonne nature.

Le 1 " avril , on cautérise, avec le nitrate d’argent, le chancre du gland.

On continue les pansements au cérat-calomel.

Le 10, la circonférence de l’ulcère dé l’aine diminue; cependant, au centre, on voit encore lés caractères de la période ulcéra tive.

Le 21 , on prend du pus au centre de la plaie de l’aine et on l’inocule sur la cuisse gauche.

Le 24, l’inoculation a très bien réussi, et la pustule est formée.

Sur la peau, on aperçoit les taches d’une éruption au début ; on prescrit les pilules de protoiodure de mercure.

Le sirop et la tisane sudorifiques.

Le 7 mai, le bubon est en pleine voie de cicatrisation ; mais le chancre de la verge persiste à la période ulcéra tive.

On cautérise avec le nitrate d’argent .

Le 20, le chancre de l’aine est cicatrisé , sans 1 aiser d’induration marquée.

Le chancre inoculé à la cuisse gauche est en pleine voie de réparation.

Il s’est montré une syphilide lenticulaire ; mais elle a pris peu de développement.

Le 30 , la syphilide n’offre que quelques taches brunes.

Le 20 juin , l’éruption syphilitique a complètement disparu.

OBSERVATIOIVS PRATIQUES. - CHANCRES. 217

Malgré l.es divers pansements employés , tels que le miel ioduré, le cérat saturnin, le vin, le cérat-belladone , la décoction concentrée d’opium, la solution de sublimé, la cautérisation an nitrate d’argent et au nitrate acide de mercure, appliqués alternativement selon l’état plus ou moins inflammatoire des parties , l’ulcère de la verge persiste à l’état de progrès; déjà toute la portion supérieure du prépuce a été détruite, et le gland rongé jusqu’à quatre lignes en arriére du méat urinaire ; le canal parait comme disséqué circuïairement.

Le 10 juillet, les progrès de rulcération paraissent bien plus lents ; on cautérise et on panse avec la pommade au calomel et à l’opium.

Le 20, mieux marqué ; la moitié antérieure du chancre commence à se cicatriser.

Le 30 , à la partie inférieure vers le frein, la portion de prépuce qui reste se couvre de bourgeons charnus; mais, en dessus, le chancre continue à détruire les corps caverneux.

Le 20 août, la cicatrisation marche d’avant en arrière.

Le 30, on prend du pus à la surface des corps caverneux , et on l’inocule un pouce plus bas que la cicatrice de la première inoculation.

Le 4 septembre, la pustule d’inoculation est formée.

On panse l’ulcére avec la pommade^ au calomel et à l’opium ; on cautérise.

Le 20, les caractères de la période de réparation se montrent en plusieurs points de la surface du chancre.

On panse le chancre de la cuisse , résultant de l’inoculation du 30 août, avec le cérat opiacé.

Le 1*' octobre, le chancre est.réduit des deux tiers; on prend du pus à son centre et on inocule sur la cuisse droite par deux piqûres.

Le 6 , l’inoculation n’a rien produit.

Le 20 , Fulcération s’est emparée d’un bourrelet induré prés du frein ; il y a comme une gangrène intersticielle.

Le 1®^novembre, l’iilcére qui, depuis quelques jours, paraissait stationnaire, est en meilleure voie.

Le 27, tout est presque guéri; sur les corps caverneux on voit une cicatrice de plus d’un pouce d’étendue.

La plaie de la cuisse gauche , avant-dernière inoculation , est presque cicatrisée.

Enfin, le malade sort le 21 décembre. Il est à remarquer que, pendant toute la durée du traitement , la santé générale s’est assez bien maintenue; seulement deux fois , à deux mois et demi d’intervalle vers les derniers temps, il y a eu un peu de dévoiement qui a bientôt cédé à l’eau de riz gommée et édulcorée avec du sirop de grande

consolide ; le tempérament du sujet est sanguin et assez irritable; pendant tout le séjour à l’hôpital, il paraissait livré à une tristesse profonde ; ayant presque toujours faim , il se procurait souvent des aliments en plus de sa ration.

Cliancre pliagédénique , en partie gangreneux ; inoculation donnant la pustule pour le pus de l’ulcère en état progressif, sans résultat pour le pus de la partie gangreneuse. '

Pers. . . . , âgé de 20 ans , enti'é le i3 avril i834 , salle i , numéro i5.

Le début de la maladie date de deux mois et demi; à la suite d’une écorchure faite au prépuce pendant le coït , il s’établit un chancre dont la marche fut d’abord régulière; mais, après des excès répétés et un essai de cautérisation par un cigare enflammé , l’ulcère passa à un état inflammatoiré très aigu et prit la forme phagédénique.

Aujourd’hui, presque toute la surface du prépuce est prise, mais on distingue deux portions nettement séparées; tout ce qui appuie sur le bourrelet formant la base du gland offre un anneau gangreneux, le reste présente les caractères du chancre phagédénique proprement dit ; tout est à la période de progrès.

Le 1 4, on prend du pus sur l’anneau de la base

du prépuce et on Tinocule sur la cuisse droite ; on applique des pansements avec une décoction concentrée d’opium.

Le 1 8, la piqûre d’inoculation n’a rien produit; la gangrène paraît bornée.

On prend du pus à la surface du prépuce, vers le limbe, en dehors des limites de la gangrène, et Ton inocule à la cuisse gauche.

Qn panse au cérat-calomel et l’on cautérise avec le nitrate d’argent l’ulcération résultant de la destruction, par la gangrène, d’une partie du gland, et celle produite au frein par le chancre phagédénique.

Le 21, la piqûre d’inoculation a produit la pustule caractéristique.

Le 26, la marche de l’inoculation, jusqu’ici régulière, paraît affecter la forme phagédénique pultacée; elle est profonde et détruit rapidement les tissus.

On panse à la pommade au calomel et à l’opium; on cautérise au nitrate d’argent.

Le 30, il y a du mieux; on lave au chlorure de soude et on saupoudre de calomel.

Le 9 mai, la verge est presque guérie ; le chancre inoculé est en bonne voie de réparation.

Le l" mai, le malade sort guéri.

Chancre et blennorrhagie j inoculation positive dans le pi'emicr cas , négative dans le second.

Cha . . âgé de 20 ans, entré le 9 août i836 , salle 8 ,

numéro 18.

Ce malade, affecté d’une blennorrhagie qui, au début, fut très douloureuse, et de chancres à la base du gland, partie inférieure, se présente cinq semaines après l’invasion de la maladie. Il a déjà subi divers traitements, mais seulement par les antiphlogistiques. Aujourd’hui , l’écoulement blennorrhagique est assez intense; il y à balanite, et les chancres de la couronne du gland offrent plusieurs points en état de réparation.

On inocule le pus de la blennorrhagie à la cuisse droite, et le pus pris à la base du gland, sur un point offrant encore les caractères de la période d’ulcération, à la cuisse gauche.

Le 14 août, l’inoculation du pus du chancre sur la cuisse gauche a donné la pustule caractéristique ; la piqûre faite avec le pus de la blennorrhagie n’a rien produit. On cautérise la pustule d’inoculation. Prescription : émulsion de copahu, injection au nitrate d’argent, panser les chancres avec du vin aromatique.

Le malade sort guéri, le 6 septembre.

Chaucre et blennorrhagie , le pus du chancre inoculé a produit la pustule , le pus de la blennorrliagie a donne un résultat négatif. , ■ ,

Depl ...... âgé de 22 ans , entré le 29 avril i836 , salle 3 ,

numéro i4.

A la suite d’une balanite pour laquelle le malade ne fit aucun traitement, il se développa des végétations sur le gland ; elles furent coupées, et trois jours après, à la suite d’un coït suspect, des chancres se sont montrés à la place où les végétations siégeaient. En même temps, il s’est développé une blennorrhagie qui occasionne de vives douleurs.

Le 1 mai , on inocule le pus de rulcération du gland à la cuisse droite , et le pus de la blennorrhagie à la cuisse gauche. .

Le 4, la piqûre de la cuisse droite est rouge et légèrement vésiculeuse; celle de la cuisse gauche est tout à fait cicatrisée. On cautérise les chancres et oiiNpanse au vin aromatique. Pour la blennorrhagie, qui ne fait plus souffrir le malade, on donne injection au nitrate d’argent et émulsion de copahu.

Le 6, on cautérise la pustule d’inoculation avec le nitrate d’argent.

Le malade sort guéri, le 16 mai.

OBSEilVATlOjVS PRATIQUES. — CHAXCRES. 223

Cliancre du prépuce, chancre larvé , abcès du canal j inoculajion, résuliat positif dans tous les cas.

Bel. . . ÂKDBÉ , âgé de 19 ans , entré le i8 juillet j83G , salie 3 , numéro 1 .

Ce malade, affecté depuis quatre ans d’une blennorrhagie qu’il a plusieurs fois renouvelée, par des rapports suspects, et ramenée à l’état aigu, depuis trois semaines, a contracté des chancres au prépuce. La blennorrhagie , qui ne fournissait plus qu’un pus séreux, s’est accrue et a occasionné de vives douleurs.

Aujourd’hui) le canal offre, sur son trajet, plusieurs points indurés, principalement vers la fosse naviculaire. Le chancre du prépuce est à l’état progressif.

Le ^0 juillet, on inocule le pus de la blennorrhagie à la cuisse droite.

Le 22, la piqûre est rouge, mais marche lentement.

Le 23, 011 inocule le pus de la blennorrhagie à la cuisse droite, au dessous de la première piqûre, et le pus du chancre du prépuce à la cuisse gauche.

On panse l’ulcère du prépuce avec le vin aromatique, et Ton cautérise avec le nitrate d’argent.

Le 25, la piqûre faite, le 20, avec le pus de la blennorrhagie a donné la pustule caractéristique: on la cautérise au nitrate d’argent ; on donne des injections au vin aromatique. Les deux dernières inoculations sont rouges. Au dessous de la verge, vers un point correspondant à une induration du canal, on remarque de la fluctuation.

Le 27, les piqûres faites avec le pus du chancre du prépuce, et, pour la seconde fois, avec le pus de la blennorrhagie, ont produit la pustule caractéristique; on les cautérise au nitrate d’argent. La tumeur latérale au canal est de la grosseur d‘’une noisette; la peau est amincie; on ouvre, il s’en écoule un pus pareil à celui de la blennorrhagie. Le foyer offre tous les caractères des surfaces affectées de chancres ; d’ailleurs, on reconnaît qu’il communique avec le canal, par suite de l’écoulement de quelques gouttes d’urine, quand le malade pisse. Pour bien s’assurer s’il ne s’agit pas ici d’un chancre du canal, qui a marché de dedans en dehors, on inocule le pus qui s’est éeoulé lors de l’ouverture de l’abcès, à la cuisse gauche. Les premières piqûres d’inoculation ont disparu , sous l’influence de la cautérisation par le nitrate d’argent ; le chancre de la verge est presque guéri; mais le canal est induré jusqu’à la racine de la verge; on donne toujours les injections au vin aromatique, et l’on

OBSEBVATIONS PRATIQUES. — ^ CHANCRES. 225

cautérise l’intérieur du canal, au moyen d’un porte-caustique de Lallemand. On prescrit les pilules de proto-iodure de mercure.

Le 3 août, on cautérise les pustules résultant de l’inoculation du pus de l’abcés du canal ; il y a un peu moins d’induration.

Le 9 , la pustule est guérie, l’abcès de la verge presque fermé ; il ne passe plus d’urine.

Le 26, il n’y a presque plus d’induration au canal ; peu s’en faut que l’écoulement n’ait tout à fait disparu ; on donne quatre gros de cubèbe.

Le malade sort guéri, le 1 2 septembre.

Chancre larve , abcès , bubon symptomatique ; inoculation positive dans tous les cas.

Dim. . . . , âge' de aC ans , entré le 1 1 novembre i835 , salle i , numéro ig.

Ce malade ne peut préciser le début de sa maladie. 11 y a bien, dit-il, un mois et demi qu’il éprouvait, au méat urinaire, un peu de douleur en urinant; mais il n’en avait pas tenu compte jusqu’à ce que, il y a quinze jours, un bubon se fût montré du côté droit. La marche a été aiguë ; du reste, le malade n’a fait aucun traitement.

Aujourd’hui, ou sent de l’induration au méat

226 SECOKRE PARUE. - PREMIÈRE SECTIOîf.

urinaire et vers ia fosse naviculaire. En écartant les bords de l’ouverture, on ne voit aucune ulcération ; en pressant, on fait arriver un peu de pus; le canal de Turétre paraît sain, en arrière du point indiqué. A aucune époque, le malade n’a remarqué d’écoulement blennorrliagique. Les seules douleurs qu’il éprouve se rapportent au méat urinaire et à la fosse naviculaire. Le bubon est largement suppuré; on l’ouvre et il en sort beaucoup de pus rougeâtre et peu lié.

Le 23 novembre^ on inocule le pus du méat urinaire à la cuisse droite, par une piqûre, et le pus du bubon à la cuisse gauche.

On remarque que les lèvres de l’incision faite sur le bubon se sont ulcérées.

On cautérise au nitrate d’argent le bubon; on introduit dans l’urètre des brins de charpie couverts de pommade au calomel et à l’opium; on applique des cataplasmes sur l’aine.

Le 28, les piqûres d’iiioculation ont pris , et donné les pustules; on les laisse marcher. Près du frein, on aperçoit une petite tumeur dure.

Même pansement.

Le 1 décembre, on cautérise au nitrate d’argent et l’on panse, à la pommade au calomel et à l’opium, les chancres des cuisses résultant de rinoculation du pus de Furètre et de celui du bubon.

OBSEftV-^ïiOlVS PllAXlQUES. - CUANCKES. 227

Le 12, on ouvre, près du frein, un petit abcès, suite de la suppuration de la tumeur aperçue le 28 ; on en inocide le pus à la cuisse droite, par une piqûre.

Le 17, la piqûre de rinocuiation, fait^avec le pus de l’abcès chancreux ouvert le 1 2, a produit la pustule caractéristique.

Le 20, on cautérise la pustule d’inocuktion rompue depuis hier.

Il y a peu d’induration restant au méat urinaire.

Le bubon va mieux ; on le cautérise au nitrate d’argent.

Le 27, mieux général. Les chancres des cuisses sont presque guéris sous l’influence des cautérisations et des pansements à la pommade au calomel et à l’opium.

Le malade sort guéri, le 30.

Chancre , blennorrhagie avec ulcère du canal; inoculation donnant la pustule caractéristique.

Focc.. , ûgé de 19 ans, entre le i g juillet i83G , salie 3, numéro 13.

Le début apparent de la maladie date de huit

228 SECONDE Pi4RïlE. — PREMIÈRE SECTION.

jours avant l’entrée à l’hôpital ; le chancre siège à la racine du gland, partie supérieure, et de ce point part un lymphatique enflammé qui se dirige à droite, vers un engorgement commençant du mênie côté, et qui paraît embrasser les ganglions superficiels de l’aine; la tumeur, encore peu yolumineuse , occasionne de la douleur ; la peau est très rouge. La blennorrhagie, qui a paru seulement depuis huit jours, ne donne que très peu de pus; le malade rapporte au bout de la verge la douleur qu’il ressent pendant l’émission des urines.

Le 20, on place vingt-cinq sangsues sur le bubon , on donne des pilules opiacées camphrées.

En écartant les lèvres du méat urinaire on voit •la muqueuse ulcérée.

Le 25, on inocule le pus blennorrhagique à la cuisse droite par une piqûre.

Le développement du bubon paraît arrêté; on place des cataplasmes émollients.

On cautérise le chancre et l’on applique des pansements au viii aromatique.

On introduit dans l’urètre le nitrate d’argent, afin de cautériser les ulcérations du méat.

Le 27, la pustule d’inoculation est pointue, et paraît devoir réussir.

Le 28 , la pustule est formée, on la détruit par le nitrate d’argent.

Vers la racine de la verge , une piqûre de sangsue s’est inoculée ; on la cautérise.

Le bubon ne s’est pas développé; le chancre est guéri à moitié; en plusieurs points on voit des bourgeons charnus.

Le 6 août , le chancre du gland est guéri ; il ne vient presque plus rien de l’urètre ; on cautérise au nitrate d’argent.

Le 10, il n’y a plus rien à Turétre ; le bubon a disparu sous rinfluence de la compression et des applications d’eau blanche.

Le 16, le malade sort guéri.

Blennorrhagie., chancre ure'tral ; inoculation avec re'sultat.

Pbi. . . âgé de 20 aris , entré le 28 octobre i836, salle 8, numéro 4.

Depuis six semaines, ce malade est affecté d’une blennorrhagie qui, après quelques jours d’acuité, est bientôt passée à l’état chronique ; depuis lors s’étant livré à des relations sexuelles, il y a

230 SECONDE PAETTE. — PREMIÈRE SECTIOî*.

quinze jours qu’il s’est aperçii de la présence d’un chancre, visible en écartant les lèvres du méat urinaire.

Aujourd’hui la matière de l’écOülement est blanehàtre, mêlée de quelques stries brunes j on né sent aucune induration au canal de rurètre, sauf au méat, où il est facile, de reconnaître les caractères du chancre à base indurée. En écartant les lèvres de l’orifice, on aperçoit l’ulcère de peu d’étendue, mais, sur tous les points de sa surface, offrant les caractères de la période de progrès.

Le 29, on inocule le pus recueilli à rouveiture de l’urètre, mélange de la sécrétion du chancre et de la matière blennorrhoïque, à la cuisse droite, par une seule piqûre.

On cautérise le chancre avec le nitrate d’argent introduit à un pouce de profondeur dans le canal;, pnis on place de la charpie , en forme de mèche imbibée de vin aromatique.

Le 31, l’inoculation a pris et donné la pustule caractéristique : elle est belle et distendue par le pus; on la déchiré et on cautérise profondément avec le nitrate d’argent.

On cautérise toute la surface de l’iirétre avecle porte-caustique de Lallemand.

Polir le chancre, on continue le même pansemenî.

Le 6, le chancre est presque guéri ; l’induration de sa base paraît un peu moindre.

La blennorrhée ne coule presque plus ; on fait une nouvelle cautérisation générale.

Le 1 1 , tout est guéri ; seulement, au siège de Tulcére du méat, l’induration paraît persister.

Chancre, chancre larvé j bubon symptomatiqüe ; inoculation produisant la pustule caractéristique.

Av». . . âgé de 2c) ans , entré le 26 avril i836 , s%lle 7, numéro 1 1.

Le malade iie peut préciser l’époque du début de sa maladie; depuis fort longtemps , à de courts intervalles, il a contràcté des chancres; le dernier chancre j qui siège au frein , date à peu près d’un mois et demi; il y a vingt-six jours qu’à la suite d’un travail très fatigant, il s’est montré, dans l’aine gauche, un bubon dont la marche a été très aiguë ; le malade n’a cessé de se livrer à des relations sexuelles que depuis une quinzaine de jours ; à peu prés à cetté époque , il a éprouvé un chatoüiriement assez vif au méat urinaire, puis des cuissons en urinant; enfin il s’est aperçu qu’en pressant contre la paroi inférieure du canal il faisait sortir quelques gouttes de pus.

Aujourd’hui le chancre du frein est, en partie, à la période de réparation ; le huhon a suppuré; il siège dans les ganglions superficiels ; la tumeur est conique et fluctuante jusqu’à la base. En écartant les lèvres du méat urinaire , on voit la muqueuse rouge, mais non érodée ; il y a peu de douleur en urinant ; on sent un point dur à quelques lignes en arriére de la fosse naviculaire.

Le 27, on ouvre le bubon, qui donne beaucoup de pus mal lié , sanieux.

On inocule le pus venant de l’urètre par une piqûre à la cuisse gauche, et le pus recueilli sur un point de la suj?face du chancre qui parait encore en état stationnaire, à la cuisse droite.

Le 29 , les piqûres d’inoculation ont produit sur les deux cuisses la pustule caractéristique; on cautérise par le nitrate d’argent la pustule de la cuisse droite fournie par l’inoculation du chancre ; on laisse marcher celle de gauche produite par le pus du méat urinaire.

On panse le chancre et le bubon, dont l’ouverture ulcérée montre la nature chancreuse , par la cautérisation et le vin aromatique ; l’induration du canal fait des progrès ainsi qu’à la base du chancre; on ordonne le sirop cyanuré et le' sirop de gentiane dans la tisane de houblon, à cause du tempérament lymphatique du sujet.

Le 3 juin , en écartant les lèvres du méat uri-

OBSERVATIONS PRATIQDES; — CHANCRES. 233

naire , on voit la muqueuse s’ulcérant d’arrière en avant ; on introduit le nitrate d’argent dans l’iirétre , puis on fait des injections au vin aromatique.

La pustule d’inoculation de la cuisse gauche a produit un chancre qu’on cautérise et qu!on panse au vin .

Le 10, le chancre du frein est presque guéri; ^ le bubon tend à la réparation.

Le 1 5, les indurations de divers points se ramollissent assez promptement; la surface du bubon se couvre de bourgeons charnus. On continue toujours les pansements au vin et la cautérisation.

Le malade sort guéri le 25.

Cbancre, chancre larvé} inoculation produisant la pustule caractéristique.

Bal. . , âgé de 20 ans, entré le 3 janvier i887 , salle 7, numéro 20.

Il y a un mois que ce malade contracta un chancre du frein par suite de déchirure pendant le coït; huit jours après, se montra une blennorrhagie qui, d’abord , donna lieu à quelques gouttes d’un écoulement sanieux qui augmentait pendant quelques jours chaque fois que le malade commettait des écarts de régime.

Aujourd’hui le chancre du frein est à la période de réparation ; l’écoulement est peu abondant , sanieux,' en urinant, il y a de la douleur.

Le 4 , on inocule le pus dé Turétre à la cuisse gauche par une piqûre.

On cautérise le chancre du frein , et Ton panse au vin aromatique.

Le 6 , l’inoculation a réussi et la pustule est formée. Sur le trajet du canal , à un pouce et demi de profondeur, on sent un point induré.

On cautérise dans le canal avec le porte-eâustique I on fait des injections avec le vin et le tannin.

Le 1 2 , le chancre dü frëiti ést en bunne voie de réparation; sa marche est régulière depuis la cautérisation urétrale; l’induration a beaucoup diminué ; l’écoulement est toujours le même pour la quantité, mais moins sanieux.

La pustule de la cuisse gauche produite par l’inoculation du pus de l’urètre a marché malgré une cautérisation faite le 10 mai; le 13, le caractère de Tulcération n’est plus chancreux; il reste une plaie de cautérisation profonde que l’on panse au vin aromatique.

Le 21 , le chancre du frein est guéri sans laisser d’induration, par suite de l’application du nitrate d’argent et des pansements au vin ; l’écoulement urétral a presque disparu.

Le 30, ii ne reste plus rien^ il n’y a plus une seule goutte d’écoulement.

Le malade sort guéri , le 6 février.

Blennorrhagie , chancre larve' ; inoculation avec résultat à la période d’ulcération ét sans re'siiltat à la période de réparatioti .

Br. . . , ûgé de rg ans , entré le 9 mars i833 , salle i, numéro aâ.

Trois jours après un coït suspect , ce malade s’aperçut d’un écoulement de quelques gouttes de pus par TUrétre; lâ quantité de la sécrétion augmenta peü â peuj il y eut de vives douleurs en urinant, irritation du gland et phimosis, qui perniettent pbùrtant de découvrir les deux tiers de l’organe , . sur lequel on voit quelques rougeurs , mais pas d’excoriations.

Le 1 \ mars, on inocule le pus de la blennorrhagie à la cuisse droite , par trois piqûres.

On donne des pilules opiacées camphrées et des lotions émollientes.

Le 15, les inoculations ont fourni la pustule ; mais elle n’est pas très développée.

On inocule de nouveau, sur la cuisse gauche , le pus blénnorrhagique.

Le 17, à droite et à gauche, les pustules ont fourni le caractère pathognomonique.

Sur la cuisse droite , la première inoculation a produit des chancres entamant toute l’épaisseur de la peau et dont les bords sont taillés à pic.

En pressant le canal vers la fosse naviculaire, on sent une induration indiquant le siège d’un chancre; on traite toujours par les émollients.

Le 22 , on s’aperçoit de l’apparition de deux bubons, on applique des sangsues sur chacune des tumeurs. Il y a deux jours que le malade, en se pansant, s’est écorché près du frein; le pus de l’urètre a inoculé la plaie et amené une vive irritation; le prépuce devient œdémateux; il s’établit un phimosis.

On panse les chancres des cuisses avec le cérat opiacé.

Le 1 7 , pour combattre l’induration on donne des pilules de proto-iodure de mercure.

Contre la blennorrhagie on donne les injecr tions d’acétate de plomb.

Le 6 avril , le frein est presque détruit par le chancre inoculé, sur l’écorchure faite pendant les pansements.

L’écoulement a beaucoup diminué , la matière a perdu sa couleur verdâtre.

Le 10, le malade se plaint de douleurs aux gencives; la bouche est irritée, mais il n’y a pas

de ptyalisme; comme prophylactique, on touche avec l’acide hydrochlorique.

A la cuisse gauche, au dessous de la seconde inoculation qui est en bonne voie de cicatrisation, on porte le muco-pus de Turètre par trois piqûres.

Le 1 8, les piqûres n’ont rien produit ; il y a moins de dureté à la fosse naviculaire, et l’on reconnaît que le chancre urétral est arrivé à la période de réparation.

Le mai, les chancres des cuisses sont guéris; il n’y a presque plus d’écoulement.

Le 3, il n’y a plus d’induration; le chancre du frein est guéri; on suspend les pilules.

Le 14, le malade sort de l’hôpital.

Chancre et bubon symptomatique ; inoculation , re'sultat positif.

Leg.. Léoxarb, âge de i8 ans, entré le 12 octobre i835, salle 1 , numéro 25.

Depuis quinze jours , le malade s’est aperçu de la présence de chancres sur le gland; quatre jours après leur apparition, un bubon s’est développé adroite; sa marche a été aiguë; on l’ouvre le 14 octobre.

Le 16 , on inocule le pus du bubon à la cuisse gauche, et celui des chancres à la cuisse droite.

238 SECONDE PAUTIE. - PBE.UIÈUE SKEÏION.

Le 24 , les deux piqûres ont réussi et les pustules sont formées ; on prend du pus dans la pustule de la cuisse gauche, et l’on inocule à la cuisse droite;'; la première inoculation a été détruite par le caustique; on panse les chancres delà verge et le bubon avec le vin aromatique.

Le 24 , la piqûre faite avec le pus de la pustule de la cuisse gauche a produit le résultat caractéristique ; toutefois on la laisse marcher.

Le 29 , les chancres de la verge sont guéris et le bubon en bonne voie de réparation ; on panse les chancres de la cuisse droite ou dernière inoculation avec le vin aromatique ; on cautérise avec le nitrate d’argent; les deux premières inoculations ont diparu sous Faction du caustique.

On a remarqué que l’inoculation faite à la cuisse droite , au moyen de la pustule résultant de la première inoculation du pus recueilli dans le bubon, a marché avec beaucoup de rapidité.

Le malade sort guéri.

M. Cullerîer a vu faire ces inoculations et a suivi leur développement ; aussi a-t-il publiquement reconnu que le pus du bubon est susceptible de s’inoculer.

Chancre primitif de l’amis , inoculé avec résultat.

Tomb. . Baebe , âgée de 23 ans , entrée le 2 avril i833 , salle i , numéro i4.

Il y a un mois que, cette malade eut des rapports, à prœposterâvenere, avecsonmari affecté de chancres; il y eut déchirure du raphé et inoculation directe du pus chancreux; surles portions latérales, deux autres érailliires se sont ulcérées par la même action. Il y a une quinzaine de jours, elle consulta un médecin qui ordonna une application de six sangsues à la fesse ; les piqûres souillées parle pus de l’anus se sont inoculées.

Le 4 avril , on panse les divers chancres avec la pommade au calomel et à l’opium.

Iæ 26, les chancres résultant de J’inoculation des piqûres de sangsues se sont guéris, ainsi que les chancres latéraux de l’anus ; mais rulcére du raphé offre, dans le fond de la déchirure, tous les caractères de la période de progrès; on inocule son pus sur la cuisse gauche.

Le 28 , l’inoculation a réussi ; on détruit la pustule par la cautérisation au nitrate d’argent.

On panse l’anus avec une mèche imbibée, à sa partie inférieure , de chlorure de sodium ; on écarte les bords de la fîssuredu raphé et l’on intro-

(luit des brins de charpie couverts de . pommade au calomel.

Le 6 mai, la cautérisation a détruit la pustule d’inoculation. Le chancre de l’anus est presque guéri ; on le cautérise superficiellement.

La malade sort guérie , le 1 0.

Chancre , rhagades , papules muqueuses; inoculation positive pour les deux premiers cas , négative dans le second,

PiER. . Glotilbe , âgée de i6 ans , entrée le 2 avril i833, salle 1 , numéro i3.

Il y a à peu près six mois que cette malade est affectée de chancres à la vulve, et d’une blennorrhagie; depuis une quarantaine de jours, des éraillures de l’anus se sont inoculées et ont formé de profondes rhagades; presqu’en même temps des papules muqueuses se sont développées au pourtour de l’anus.

Le 8 avril , on inocule à la cuisse droite le pus pris à une ulcération de la fourchette, et le pus des papules muqueuses sur la cuisse gauche.

On cautérise et l’on panse à la pommade au calomel et à l’opium .

Le 12, l’inoculation faite avec le pus du chancre de la fourchette a produit la jiustule caiactéristique; celle du pus des papules muqueuses

ulcérées n’a rien produit; on inocule le pus d’une profonde rhagade de l’anus, dont tous les points paraissent à la période d’ulcération.

Le 1 6 , l’inoculation du 1 2 a réussi et produit la pustule.

On panse l’anus avec le chlorure de soude et le calomel. On cautérise les chancres avec le nitrate d’argent.

Le 1 9, mieux marqué; presque partout les ulcères ont pris l’aspect de la période de réparation.

Le 21 , mieux ; presque cicatrisation ; les papules muqueuses ont disparu.

On continue le même pansement.

La malade sort guérie, le 28.

Chancre ; inoculation par les ongles ; inoculation avec du pus conservé dans un tube ; résultat positif.

Tasg. . , ilgé de Sa ans , entré le 20 septembre i83G , salle 2 , numéro 17.

Il y a sept semaines que ce malade contracta des chancres du limhe du prépuce, pour lesquels il ne fit aucun traitement; bientôt les ulcères devinrent confluents; l’ouverture du prépuce se contracta, et il se forma presqu’un phimosis donnant lieu à une légère balanite.

242 SECt>^■üE PARTIE. - PllEMIÈRE SECTION.

Depuis une dizaine de jours ^ le malade porte, à la commissure gauche des lèvres, une petite plaque ayant l’apparence d’un tubercule muqueux ulcéré. Toutefois on pense que le mal de la lèvre est le résultat de l’irritation produite par l’usage de la pipe , auquel le malade se livre avec excès.

Aujourd’hui les chancres sont à la période de progrès, leur base n’est pas indurée.

On donne le cyanure d’argent à la dose de trois dixiémes de grain par jour ; les pansements sont faits avec du cérat simple.

Le 26 , on augmente la dose de cyanure d’argent d’un dixiéme.

Le 28 , nouvelle augmentation de deux dixiémes de grain; il n’y a aucun changement dans l’état du chancre ; le malade n’éprouve rien qu’il puisse rapporter à l’influence du médicament.

Le 30 , on porte la dose de cyanure à huit dixièmes de grain.

Le 5 octobre, on remarque sur la cuisse gauche, vers l’union du tiers supérieur interne avec le tiers moyen, une pustule parfaitement semblable aux pustules résultant de l’inoculation ; le malade prétend quelle a succédé à une écorchure qu’il s’est faite en se grattant.

L’état du chancre du prépuce est le même ,*

observahons pratiques. chakcres, 243

d’un autre côté, le malide n’éprouve aucune influence du" cyanure d’argent, on porte la dose à trois grains.

On prend du pus à la pustule de la cuisse gauche, et on l’inocule par une piqûre sur la cuisse droite.

Le 8, la piqûre d’inoculation a pris et donné une pustule pleine de pus, dont on remplit un tube de verre ouvert à ses deux bouts.

La nature de l’inoculation par les ongles du malade étant connue, on la cautérise avec le nitrate d’argent.

Le 1 0 , on inocule le pus conservé dans le tube par une piqûre au dessous de l’inoculation première , sur la cuisse gauche.

Le 11, l’inoculation du pus conservé a produit la pustule caractéristique.

Le malade prend quatre grains de cyanure d’argent; les chancres vont mieux et produisent des bourgeons charnus.

Le 12, la pustule d’inoculation par le tube est belle et très grosse.

On donne six grains de cyanure d’argent, sans que le malade en éprouve d’effet appréciable.

Le 14, on cautérise la pustule d’inoculation du pus conservé dans le tube.

La première inoculation laite par les ongles

a marché , cjuoicjue ayant été cautérisée ; on la panse au cérat.

La pustule d’inoculation faite la deuxième à la cuisse droite a marché et produit un chancre qui est pansé au cérat.

Le 27, la première et la troisième inoculation sont en bonne voie de guérison; la première surtout est presque cicatrisée.

On remarque, à la base de l’inoculation de la cuisse droite, qui n’a pas été cautérisée, un noyau induré. Ainsi, quoic[ue la cautérisation au nitrate d’argent n’ait pas arrêté la marché des inoculations que l’on a soumises à son action, elles ont été tellement modifiées dans leur nature, que, ramenées à l’état de plaie simple, elles ont marché vers la cicatrisation, tandis que l’inoculation non cautérisée a suivi la marche progressive. Pour obtenir la cicatrisation, on fait des pansements au vin aromatique.

Le malade sort guéri, le 4 novembre.

Chancre , blennori-hagic ; inoculation avec résultat pour le pus du chancre et sans résultat pour la blennorrhagie 5 inoculation du pus cbancreux mêlé à l’acide hydrochloriquc sans résultat.

ViLi.. . . , ügé de 28 ans , entré le 19 septembre i83G , salle 2 ,

Ce malade, affecté d’un phimosis naturel, n

peut préciser l’époque à laquelle il contracta des chancres. Seulement il y a un mots et demi qu’il s’est aperçu d’une balanite avec gonflement du prépuce. La blennorrhagie, arrivée neuf jours après un coït suspect, date de trois semaines; elle a conservé beaucoup d’acuité; il n’y a pas eu de traitement.

Aujourd’hui la blennorrhagie coule abondamment et fournit une matière jaune-verdâtre.

En découvrant le gland, on aperçoit, à sa base, deux plaques ulcérées, et, sur le prépuce, quelques points excoriés; les ulcères offrent l’apparence d’une réparation vicieuse.

Le 21 , on a inoculé le pus blennorrhagique à la cuisse gauche; il n’y a pas d’induration sur le trajet du canal.

Sur la surface du chancre, on prend du pus que l’on divise en deux portions : on inocule la première à la cuisse droite, et la seconde, mêlée avec de l’acide hydrochlorique, est de même inoculée à la cuisse droite, au dessous de la piqûre faite avec le pus sans mélange.

On cautérise le chancre et la balanite, puis on panse au vin arcunatique; on donne des injections au nitrate d’argent.

Le 24, la piqûre faite avec le pus blennorrliagique n’a rien produit. Elle avait d’abord un peu rougi le second jour; mais, le lendemain, elle a

2i6 SECOSBE »A«TÎE. — ^ PaEMIÈnE SECTfOy.

disparu. La piqûre d'inoculation faite avec le pus du chancre a donné la pustule caractéristique j enfin celle qui a été faite avec le pus cjiancreux mélangé à l’acide hydrochlorique n’a rien produit et s’est guérie dés le lendemain.

On continue le même traitement par la cautérisation et les injections au nitrate d’argent.

Le 26, on cautérise la pustule d’inoculation, dont la basje olfre de la dureté; au traitement indiqué on ajoute, pour la blennorrhagie, le cubébe à la dose de six gros par jour.

Le 7 octobre, les chancres sont guéris; la balanite a disparu depuis trois jours; la blennorrhagie coule peu et sans occasionner de douleur.

Le 10, la pustule d’inoculation, qui n’a pas été éteinte par le caustique, est pansée au vin et cautérisée an nitrate d’argent.

Le 1 8, le chancre de la cuisse est presque guéri; la blennorrhagie ne coule plus; à la verge, tout est guéri ; il ne reste pas d’induratiôn à la place des chancres.

Le malade sort guéri, le 21 octobre.

Chancre, bubon symptomatique inoculé avec résultat; pus

cbancreux desséché à l’eau bouillante , puis délaj-é avec de l’eau

et inoculé sans résultat.

Derï. . , â^é de 29 ans , entré le 20 septembre i836 , salie 1 , numéro 26.

Ce malade contracta des chancres il y a six semaines ; ils siègent sur le prépuce, partie interne et supérieure.

Depuis quinze jours, un bubon s’est montré du côté gauche.

Aujourd’hui les chancres sont, en partie, â la période de réparation.

Le bubon occupe les ganglions superficiels j il est volumineux ; à son sommet, la fluctuation est douteuse.

On cautérise les chancres avec le nitrate d’argent, et l’on applique le pansement au vin aromatique.

Sur le bubon, on place un vésicatoire qui, demain, sera pansé avec la solution de sublimé, à vingt grains par once d’eau.

Le 26, la fluctuation est devenue manifeste. On ouvre le bubon, qui donne un pus sanguinolent et peu lié; on l’inocule de-suite à la cuisse droite.

Les chancres sont tout à fait modifiés et marchent vers la cicatrisation.

2i8 SECONDE PARTIE. — PREMIÈRE SECTION.

Sur le bubon ouvert, on place un cataplasme; pour le chancre , on continue les pansements au vin aromatique.

Le 28 , l’inoculation du pus du bubon n’a rien produit; cependant la plaie de l’ouverture est arrondie , et ses bords ulcérés ont l’aspect chancreux.

On pratique une nouvelle inoculation du pus du bubon à la cuisse droite.

Le 30, la pustule d’inoculation s’est développée ; on la cautérise au nitrate d’argent.

On recueille du pus chancreux que l’on fait sécher dans une capsule exposée à la chaleur de l’eau bouillante, puis on verse quelques gouttes d’eau pour délayer, et l’on pratique l’inoculation à la cuisse.

Le 3 octobre, l’inoculation du pus desséché n’a rien produit.

Les chancres du prépuce sont guéris ; le bubon a beaucoup diminué; depuis deux jours, on a pansé avec de l’onguent mercuriel, afin d’obtenir la résolution de la base.

Le 1 0, on applique sur le bubon les pansements au vin aromatique; on cautérise sa surface au nitrate d’argent. •

On ne sent plus d’engorgement à la base; il y a ]»roduclion de bourgeorîs charnus.

Le malade sort guéri, le 25.

Chancre à la pe'riode de réparation inoculé sans résultat.

Bigx. . Acexaxdre , âgé de 24 ans , entré le i3 juin i835, salle i , numéro 48,

Vers les premiers jours du mois de mai , ce malade contracta des chancres autour du gland prés de la couronne, au frein et au prépuce; ceux du gland ont guéri sous l’influence de la pommade au calomel et à l’opium , et d’une cautérisation par le nitrate d’argent. Il ne reste aujourd’hui qu’un chancre à fond rosé qui siège sur le prépuce , et un autre à fond granulé occupant la région du frein : on panse au cérat opiacé.

Le 1 8 , on cautérise au nitrate d’argent les ulcérations qui paraissent rester sans modification ; on panse à la pommade au calomel et à l’opium.

Le 24 juin, il y a très peu de changement ; on inocule le pus de l’ulcération à fond rosé à la cuisse droite, et le pus recueilli sur celle à fond granulé à la cuisse gauche; on panse au vin aromatique.

Le 29 , les chancres ont fait des progrès vers la guérison; les piqûres d’inoculation n’ont rien produit ; on cautérise avec le nitrate d’argent ; on panse au vin aromatique.

Le malade sort guéri , le 3 juillet.

250 Seconde partie. — première section.

Chancre phagéde'nique diphtéritiqiie inocule' par les ongles à la région sous-claviculaire; inoculation sans résultat du pus de ce dernier ulcère arrivé à la pétiode de réparation bubon syinpathi(|ue.

Tco, . . , âgé de ans, entré le lo mai i836 , salle 2 , numéro 9.

Il y a trois semaines que ce malade contracia, au frein , un chancre qui , d’abord , fit peu de progrès; mais, à la suite d’excès de boisson et de plusieurs nuits de veille, Tulcére s’enflamma et, passant à l’état pbagédénique, détruisit le frein et une portion de l’épaisseur du gland ; à la même époque à laquelle le chancre devint phagédénique, un bubon se développa dans l’aine droite; sa marche a été indolente.

Aujourd’hui le chancre offre tous les caractères apparents du chancre pbagédénique; la plaie qu’il a déterminée est profonde , et son fond est recouvert d’une fausse membrane grisâtre , pultacée, ayant de l’analogie avec la pourriture d’hôpital; sur le bubon induré et volumineux, on place des vésicatoires qui sont pansés avec la solution de sublimé opiacée.

Le chancre est cautérisé par le nitrate d’argent; on panse au vin aromatique.

Le 31 mai , le chancre va mieux ; mais il y a

OfiSERVATIOiVS PRATIQOES. - CHANCRES. 251

encore de fausses membranes en quelques points de sa surface; le bubon a peu diminué ; on continue le même pansement; on ordonne le sirop cyanuré.

Le 6 juillet , le chancre paraît modifié ; à sa surface on voit plusieurs points à la période de réparation ; le bubon a diminué de moitié; on le soumet à la compression à l’aide du bandage en spica ; le malade se plaint d’une écorchure prés delà clavicule, plaie qu’il a faite avec les ongles en se grattant vers les premiers temps de sa maladie, et qui, depuis lors , ne s’est pas cicatrisée : elle a la largeur d’une pièce de dix sous et offre l’aspect d’un chancre à la période de réparation; on inocule le pus qu’elle fournit à la cuisse droite; on cautérise et l’on panse au vin aromatique.

Le 10, l’inoculation du pus de-F ulcération de la clavicule n’a rien produit. Le bubon est presque nivelé et offre peu d’induration ; le chancre est en voie de cicatrisation.

Le 30 juin, le chancre est guéri; il reste fort peu d’induration à sa place; le bubon a presque disparu.

Le malade sort guéri, le 18 août.

Blennorrhagie, chancre en réparation ; inoculation sansrésuUat.

Mabti..., âgé de 28 ans, entré le 27 juin i836, salle 1, numéro 17.

Depuis un an, ce malade est affecté d’une blennorrhagie en quelque sorte intermittente, pour laquelle il n’a jamais fait de traitement régulier.

Depuis un mois , il a contracté un chancre du frein; aujourd’hui l’écoulement urétral esthlanehâtre; il n’y a pas de douleur en urinant.

Le chancre est partout à la période de réparation; on ne sent pas d’induration à sa hase.

Depuis le début de la maladie, on n’a pu noter aucun accident qu’il fût possible de rapporter à une infection syphilitique secondaire , et la santé s’est toujours maintenue dans le meilleur état.

Le 25, on inocule le pus de la blennorrhée à la cuisse droite par deux piqûres. Le pus des chancres est inoculé de même à la cuisse gauche.

Pour la blennorhée , on donne les injections à l’acétate de plomb, et le copahu sous forme de bols.

On cautérise le chancre au nitrate d’argent et on applique le pansement au vin aromatique.

Le 3 juillet, les inoculations n’ont rien produit à gauche ni à droite; il n’y a pas de pustule; l’é-

coulement blennorrhagique a beaucoup diminué; le chancre est presque sec.

On continue le même traitement.

Le 6, l’écoulement est tari depuis hier ; le chancre est parfaitement cicatrisé, sans laisser d’induration.

Le malade sort guéri.

Chancre phage'dénique induré à la période de réparation ; inoculation sans résultat.

Bocli.. âgé de 20 ans, entré le 19 août i836j salle 8, numéro iG.

Il y a près de deux mois que ce malade contracta un chancre du prépuce par une éraillure du limbe. L’ulcère , d’abord peu étendu , s’enflamma par suite d’écarts de régime et envahit la presque totalité du limbe ; il se fit une induration remarquable de la base de l’ulcère, dont la surface prit l’aspect d’un chancre phagédénique par excès d’induration, détruisant les tissus par une espèce de gangrène intersticielle. Cinq ou six jours après le passage de la forme régulière à cette dernière , le tronc et les membres devinrent lé siège d’une éruption de syphilide lenticulaire ; à l’anus se développèrent des plaques de tubercules muqueux. A la région in-

254 SECONDE PARTIE. - PREMIÈRE SECTiüN.

guinale droite , la teasioa ganglionnaire amena de la dureté I il n’a été fait aucun traitement. Aujourd’hui l’état générai est assez hou ; les fonctions digestives se font bien ; le tempérament a de la tendance vers le lymphatisme.

A la surface du chancre , tous les points paraissent à la période de réparation.

La syphilide est encore à l’état aigu ^ les papules sont saillantes.

Le 20, on prend du pus sur le chancre et on l’inocule à la cuisse droite.

On ordonne les pilules d’iodure d’argent , d’après la formule de M. Serres de Montpellier, en débutant par la dose d’un douzième de grain par jour; le malade prend de l’eau de gomme pour boisson ; on panse le chancre avec du cérat.

Le 27 , aucun changement dans l’état général; le point inoculé n’a rien produit.

On augmente la dose de l’iodure d’argent et on la porte à trois douzièmes de grain.

Le l"*’ septembre, même état. Il est impossible de noter quelque effet qu’on puisse rapporter à Faction du médicament.

On donne cinq douzièmes d’iodure d’argent.

■ Le 9 , on ne remarque pas la moindre modification , et la maladie suit la marche ordinaire comme si elle était restée sans traitement.

Les digestions se fout bien ; le chancre tend à

OBSERVATiOSâ PRATIQUES, CHANCRES. 255

se cicatriser j seulement l’induration de sa base reste dans le statu quo.

On augmente progressivement la dose de Tiodure

Le 9, on donne sept douzièmes; le Î2, un grain; le 20, quinze douzièmes ; le 26, dix-sept douzièmes; enfin, le 2 octobre, toujours sans aùcune modification avantageuse, on est arrivé à la dose de cinquante-quatre douzièmes.

On prescrit six grains d’iodure d’argent en une seule prise, le matin à jeun.

Le T, on donne de même huit grains d’iodure; enfin le iO, le malade avale douze grains d’iodure d’argent sans en éprouver la moindre action. La syphilide marche; les papules muqueuses de l’anus se sont étendues; l’induration de la base du chancre, qui n’est pas tout à fait cicatrisé , persiste. On croit dès lors devoir abandonner le traitement de M. Serres, qu’on a suivi avec la plus stricte exactitude pendant si longtemps avec un insuccès complet.

On prescrit les pilules de proto-iodure de mercure, la tisane de houblon, le sirop antiscorbutique et des fumigations de cinabre chaque deux jours.

Sur les papules muqueuses de l’anus on applique les pansements au calomel et au chlorure de sotlium.

Le 14, déjà on aperçoit du mieux : les papules sont moins saillantes.

La sécrétion, qui avait lieu à la surface des papules muqueuses , a presque disparu.

On donne deux pilules , afin d’activer la guérison; les fonctions s’exécutent toujours avec la plus grande régularité.

Le 1 9, il n’y a presque plus de squammes; sur les bras il ne reste guère que des taches brunes; aux cuisses il n’y a plus rien.

Les papules de l’anus sont sèches; l’induration du prépuce a diminué de moitié ; la dureté ganglionnaire de l’aine a disparu ; on porte la dose de l’iodure de mercure à trois pilules.

Le 27, il ne reste sur le tronc et aux bras que quelques taches brunes qui s’effacent peu à peu ; [les papules de l’anus ont disparu ; il n’y a plus d’induration au siège du chancre du prépuce.

Le 1®'' octobre, le malade sort bien guéri.

Chancre à la pe'riode de réparation ; inoculation sans résultat.

QcA^ . . âgé de 24 ans, entré le juillet i885, salle i, numéro 8.

11 y a cinq semaines que ce malade fut affecté d’uua blennorrhagie très douloureuse au début,

OBSERVATIONS REATIQÜES. ^ — CHANCRES. 257

et qui se montra trois jours après le coït. Sur la peau du prépuce , vers la base du gland , il remarqua deux ulcérations. Jusqu’à ce jour, aucun traitement n’a été fait; mais un phimosis étant survenu, par suite de l’accroissement du chancre du prépuce, le malade est entré à l’hôpital.

Aujourd’hui il n’éprouve aucune douleur en urinant , mais il souffre beaucoup du bout de la verge, qui est très tuméfiée. La peau du prépuce est d’un rouge violacé ; on sent, au dessous, deux points indurés correspondant au siège, que le malade assigne aux chancres de la muqueuse; on place des sangsues au pénil; on prend du pus à l’ouverture du prépuce, et l’on inocule à la cuisse droite.

Le 4- juillet, la piqûre d’inoculation n’a rien donné, le malade prend des bols de copahu, on cautérise le gland et le prépuce avec du nitrate d’argent ; le phimosis n’est plus à l’état inflammatoire.

Le H , on inocule de nouveau, on donne les pilules de proto-iodure de mercure à cause de l’induration qui persiste à la base du prépuce; on cautérise les chancres, on panse au vin aromatique.

Le 12, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit, les chancres sont presque guéris, la blennorrhagie a disparu sous l’influence des

258 SECÜNDK FAllTJE. - PKEJliÈUE SECTIO-V.

bols de copahu et des injections d’acétate de plomb.

Le L3 août, tout est guéri, on pratique la circoncision.

Le malade sort guéri , le î 5 septembre.

chaudes à la période de réparation; blennorrhagie à l’élat aigu ; inoculation sans résultat dans les deux cas.

LéV.-. ... Pierre, âge de ’sQ ans, entré le 3 juin i835, siille ij nuniéro i3.

Ce malade , affecté, depuis trois semaines, de chancres ayant leur siégeai! frein et à la couronne du gland, n’a fait aucun traitement.

Aujourd’hui les ulcères, en pleine voie de réparation, paraissent très irrités et occasionnent beaucoup de douleur; le malade attribue cet état à un coït qui à précédé de deux jours son entrée à l’hôpital : on ordonne des bains locaux avec une décoction concentrée d’opium^

Le 5, il s’est déclaré une blennorrhagie àigüë; le malade souffre beaucoup ; on inocule le pus blennorrhagique aux deux cuisses, on place vingt sangsues au périnée.

Le 8, les inoculations faites avec le pus blennorrliagique n’ont rien donné; on prend du

UJSSERVAÏIÜNS l>ilATi<2lJES. — CïiAXCKES. 259

pus sur la surface du chancre en réparation , et l’on inocule aux deux cuisses; on panse les ulcères avec de la pommade au calomel et à l’opium.

Le 1 0 , les piqûres faites le 8 avec le pus du chancre n’ont rien produit; on inocule de nouveau le pus blennorrhagique à la cuisse gauche et le pus du chancre à la cuisse droite; on donno des injections à l’acétate de plomb; on cautérise le chancre qui reste près du pénil ; ceux de la couronne du gland sont cicatrisés i

Le 12, le chancre s’est complètement cica^ trisé ; on inocule de nouveau le pus blennorrhagique a la cuisse droite, les inoculations du 10 n’ayant rien produit.

Le 13, la piqûre de la dernière inoculation est rouge et enflammée; l’écoulement est peu abondant; le malade n’éprouve aucune douleur en urinant ; on continue les injections , on donne les bols de copahu.

Le 1 8 , la fausse pustule , à laquelle l’inoculation du 12 avait donné lieu, s’est séchée et a disparu ; la blennorrhagie est presque guérie»

Le 24, le malade sort guéri.

260 SECONDE EAUTIE. - PllEMlÊRE SECTION.

Chancre du pre'puce à la période de réparation ; blennorrhagie ; bubon sympathique; inoculation négative dans tous les cas.

FoüaN..., âgé dè 20 ans, entré le 21 novembre 1 835, salle i, numéro ii.

Il y a à peu près trois mois que ce malade contracta une blennorrhagie et un chancre du prépuce; il ne fit aucun traitement. -Depuis quinze jours un bubon s’est développé dans l’aine droite , sa marche a été aiguë.

Aujourd’hui la blennorrhagie occasionne encoredela douleur en urinant. En écartant les lèvres du méat urinaire, on aperçoit quelques points érodés sur la muqueuse , pareils à ceux qu’on trouve dans la balanite; le chancre du prépuce offre tous les caractères de la période de réparation; sa surface est couverte de bourgeons charnus; le bubon est suppuré, il n’y a pas d’engorgement à sa base, pas plus qu’à celle du chancre; on ouvre, il s’écoule beaucoup de pus crémeux blanchâtre.

Le 23 , on inocule le pus de la blennorrhagie à la cuisse gauche , le pus du bubon à la cuisse droite; et celui du chancre à la période de réparation, par une piqûre faite sur la cuisse droite, au dessous de celle du bubon.

OBSERTATIOTfS PRATIQUES. - CHANCRES. 261

Pour la blennorrhagie, on ordonne les injections au sulfate de zinc, on cautérise le chancre et on panse à la pommade au calomel et à l’opium; on place des cataplasmes sur le bubon.

Le 28 , aucune des inoculations n’a produit de résultat; on inocule de nouveau le pus de la blennorrhagie à la cuisse gauche.

On continue la même médication.

Le 6 décembre, l’inoculation du 28 novembre n’a rien produit; la blennorrhagie coule moins ; le chancre est presque guéri. Le bubon, dont l’ouverture ne s’est point ulcérée, est en voie de guérison ; on a fait quelques frictions résolutives avec l’onguent mercuriel.

Le 18 , le chancre est guéri; le bubon presque fermé ne donne plus de pus; on cautérise, au nitrate d’argent , quelques bourgeons charnus à son ouverture; la blennorrhagie ne fournit plus qu’un suintement blanc muqueux.

On ordonne au malade de prendre les bols de copahu; il continue les injections.

Sorti après guérison complète , le 30.

Chancres à la période de réparation inoculation sans résultat.

Fbasç. . âgé de 20 ans, entré le i'’’ août i836, salle 3, numéro 33.

Il y a sept semaines que ce malade contracta

des chancres à la base du gland, qui, de proche en proche , se sont inoculés à toute sa circonférrence , et sur la partie correspoudante du pré-^ puce; quelques points sont passés à la période de réparation et des végétations se sont développées. Sur les bourses, il s’est formé une ulcération qui s’est agrandie peu à peu ; on n’a pas fait de pansement particulier. .

Aujourd’hui, à la couronne dirgland, il ne reste que des végétations, offrant quelques points ulcérés dans leurs interstices; au méat urinaire, on voit un chancre offrant tous les caractères de la période de réparation; sur les bourses, à la partie antérieure et supérieure, à un pouce au dessous de la verge, siège une ulcération à bords irréguliers, renversés, déchiquetés, le fond en est vermeil ; toute l’épaisseur de la peau est traversée; la forme générale de l’ulcère est celle d’un infundibulum irrégulier; tous les points paraissent être à la période de réparation.

Le 3 , on inocule le pus recueilli à la surface de Fulcère des bourses, par deux piqûres, sur la cuisse droite.

Oii applique le pansement au vin aromatique aux ulcérations intersticielles des végétations, ainsi qu’au chancre du méat urinaire, qui est aussi cautérisé avec le nitrate d’argent.

Le 7 , les piqûres d’inoculation n’ont rien

produit /les ulcères intersticieis sont guéris , le chancre du méat presque sec.

On cautérise et on panse au vin Fulcère des bourses.

Le \ 0, on coupe les végétations ; le chancre du méat est cicatrisé.

L’ulcère des bourses offre partout les bourgeons de la période de réparation; la peau s’est comme froncée autour; la circonférence a diminué d’étendue et le fond s’est soulevé.

Le 1 5 , tout est guéri , saris laisser d’induration; le malade sort de l’hôpital.

Chancre, balanite; bubon symptomatique inocule' arec résultat.

Aiex . . âgé de 22 ans, entré le i4 novembre i835 , salle i ,

numéro 9.

La maladie a débuté, il y a cinq semaines, par des chancres sur le gland et à la partie interne du prépuce. Bientôt une balanite s’est établie par suite d’un phimosis incomplet. Il n’y a pas eu de traitement.

Depuis trois semaines, un bubon s’est développé à gauche; aujourd'hui il est en suppuration ; il y a beaucoup d’écoulement.

Le 17, lendemain de l’ouverture du bubon,

on inocule son pus à la cuisse gauche, et le pus de la balanite, mêlé au pus des chancres du gland, est inoculé sur la cuisse droite.

Pour la balanite , on cautérise circulairement avec le nitrate d’argent, et on panse au vin aromatique; on place des cataplasmes sur le bubon.

Le 19, les piqûres d’inoculation ont produit la pustule à droite et à gauche ; celle de gauche s’est développée avec plus de rapidité que celle de droite.

Le 21 , on cautérise profondément les pustules d’inoculation afin de les détruire, on cautérise de même le foyer du bubon, dont on a été obligé d’enlever des lambeaux de peau trop décollés pour servir à la cicatrice, on panse au vin aromatique; même pansement pour les chancres du gland.

Le 1 décembre, les chancres du gland et du prépuce -sont guéris ; les pustules d’inoculation ont disparu sous l’influence de la cautérisation au nitrate d’argent ; le foyer du bubon est en voie de réparation ; on continue le pansement au vin aromatique et les cautérisations .

Le malade sort guéri, le 1 5.

OBSERTATIONS PRATIQUES. - CHANCRES. 265

Balanite avec chancres superficiels; inoculation positive.

Boxj. . , âge' de 4o ans , entré le iS août i836 , salle 3 , numéro i3.

Ce malade , affecté de phimosis naturel, douze jours après un coït suspect, s’aperçut d’un gonflement du prépuce. Depuis trois ou quatre jours, il avait bien ressenti quelques picotements au bout de la verge ; mais, à l’époque indiquée, tout à coup, à la suite d’une longue marche , il a éprouvé, en même temps que le gonflement dont nous avons parlé, de très vives douleurs, et un écoulement abondant est venu baigner le limbe du prépuce. Aujpurd’hui il a un peu d’œdème des parties. On ne. sent aucune induration. En écartant les bords de l’ouverture étroite du prépuce, on voit, sur le gland, quelques ulcérations qui ont entamé l’épaisseur de la muqueuse; la matière de Técoulement est verdâtre et sanieuse ; l’urètre ne fournit pas de pus à la pression ; du reste, le malade n’a jamais souffert, et les douleurs qu’il éprouve en urinant sont rapportées par lui, comme affectant seulement le gland et le prépuce au moment où l’iirine passe sur ces parties excoriées.

Le 24, on inocule le pus qui se présente à Tou-

verture du prépuce à la cuisse gauche, par une seule piqûre.

On cautérise les surfaces malades avec un crayon de nitrate d’argent promené rapidement entre le gland et le prépuce ; on fait des injections au vin aromatique et on introduit quelques brins de charpie, pour empêcher le contact des muqueuses entre elles.

Le 26, la piqûre d’inoculation a produit la pustule ; on continue la même médication; il y a déjà mieux marqué.

Le 27, on cautérise la pustule d’inoculation avec le nitrate d’argent.

L’ouverture du prépuce permettant l’introduction d’un linge sec, on cautérise de nouveau et on isole les parties malades.

Le I D août, la balanite a complètement disparu; les ulcérations du gland et du prépuce sont cicatrisées; il ne reste aucune induration sur le siège des parties malades. ,

On pratique la circoncision.

Le 20, la plaie résultant de l’opération est presque toute réunie; on cautérise quelques bourgeons charnus.

Le malade sort guéri.

OBSERVATrOTfS PRATIQUES. - CnAISCRES. 267

Chainres superficiels, balanite, phimosis; inoculation avec re'sultat.

Bon . . , âge de 1 9 ans , entré le 3 mai jS36, salle 2, numéro 1 8.

Peu de jours après un coït suspect , ce malade, affecté d’un phimosis naturel, s’aperçut d’un peu de gonflement 5 il éprouvait des cuissons au gland pendant l’émission de l’urine; enfin bientôt, par l’ouverture du prépuce, arriva un écoulement abondant.

Aujourd’hui on aperçoit la muqueuse rouge et offrant, çà et là, des plaques ulcérées pareilles à des chancres superficiels. Il ne vient pas de pus en pressant le canal de l’urètre; à travers le gonflement du prépuce on ne sent aucune induration.

Ce malade a été, pendant quelque temps, traité dans un autre service. On lui faisait prendre des pilules de deuto-iodure de mercure.

Le 4 mai , on inocule le pus recueilli à rorifice du prépuce par une piqûre sur la cuisse droite.

On cautérise circulairement la balanite, en introduisant le nitrate d’argent entre le gland et le prépuce.

On fait des injections pour laver les surfaces avec le vin aromatique-

Quelques brins de eharpîe fine introduits à l’aide d’un stylet servent à empêcher le contact des muqueuses enflammées.

Le 7, la piqûre d’inoculation a produit la pustule caractéristique du chancre ; on la détruit par le nitrate d’argent.

On continue pour la balanite la cautérisation et le vin. ,

On peut déjà découvrir presque tout le gland.

Le 10, la pustule d’inoculation cautérisée a disparu.

Sur le gland , il ne reste que deux ou trois ulcères, mais offrant les caractères de la période de réparation.

On cautérise au nitrate d’argent et on panse au vin aromatique.

Le 1 8 , tout est guéri ; on remarque que le phimosis est en partie causé par la longueur du frein, qui s’étend presque jusqu’au méat urinaire, et, par là , empêche le prépuce de se renverser en arrière; on en pratique la résection.

On fait , sur la petite plaie , des pansements au cérat opiacé.

A la place du chancre superficiel on ne sent aucune induration.

Le malade sort guéri, le 24 mai.

Chancres transforme's , blennorrhagie; inoculation sans résultat.

Cha . LonSE, âge'e de 19 ans, entre'ele i'"" avril i834, salle i ,

numéro t.

Le début de la maladie date de cinq semaines; la personne avec laquelle elle a été contractée avait seulement un chancre,

A la partie interne des grandes lèvres et sur les bords, se montrèrent quelques boutons qui, suivant la marche régulière des pustules d’inoculation , se remplirent de pus , s’ouvrirent et laissèrent voir autant de chancres ; en même temps il se manifesta une blennorrhagie vaginale aiguë très douloureuse pendant une dizaine de jours , puis elle passa à l’état chronique.

Aujourd’hui, quoiqu’il n’ait été fait aucun tj’aitement, les ulcères paraissent à la période de réparation, leur fond s’est élevé; leur surface, recouverte d’une sécrétion grisâtre albumineuse qu’on ne peut détacher , laisse suinter un pus séreux.

La matière de la blennorrhagie est blanchâtre, crémeuse ; il n’y a pas de douleur en urinant.

Le 2, on donne un bain , lotions émollientes.

270 SECONDE PAIîTlE. — PllEJliÊÜE SECTION.

Le 5, on inocule à la cuisse gauche le pus recueilli à la surface d’un point ulcéré de ia grande lèvre.

On panse au cérat.

. Le 7 , l’inoculation n’a rien produit ; on prend le pus d’un des chancres transformés qui fournit le plus de matière purulente, et on inocule à la cuisse gauche au dessous de la première piqùj’e.

On fait des injections à l’eau blanche.

Le 8, les piqûres d’inoculation sont rouges j mais. peu saillantes.

Le 9, la rougeur des poiUts inoculés adisparü, ët rien li’a pri^.

On panse les chancres a la pommade au calomel et à l’opium .

Le 18sj on examine au spéculum,* le col est sain, son diamètre antéro-postérieur a onze lignes, même diamètre trâns verse ; la sécrétion vaginale est crémeuse, celle qui vient de l’utérus transparente.

Les ulcères des grandes lèvres sont presque tous guéris.

On fait des injections et on tamponne à i’eàu

blanche.

Le 28 , tout est guéri ; la malade sort.

.En terminant ce qui est relatif aux chancres, nous croyons devoir citér les observations remarquables publiées dans la thèse de M. Lavergne qui s’exprime ainsi :

« M. Rièord n’â-t-il pas prouvé > en présentant àTAcadémie deux pièces d’anatomie pathologique, que les chancres urétraüx existaient > chancres que l’inoculation avait fait reconnaîtî’Cj et que j’ai pu étudier avant et après la mort, dont j’ai pu aussi recueillir les observations que je vais rapporter.

» F" Obs. Boisseau, âgé de vingt-deux ans^ est entré à l’hôpital du Midi le 2 avril 1836^ salle 3, n" 13 j il avait eu atitécédemment quatre blennorrhagies différentes à des époques qu’il ne pouvait préciser : toutes avaient été parfaitement guéries. La dernière qui lui avait causé beaucoup de douleurs, après deux mois de durée sans traitement, avait été suivie d’une orchite, pour laquelle le malade fut admis à l’hôpital ; l’orchite datait de huit jours avant l’arrivée du malade. Après quelques applications de sangsues^ le gonflement du testicule avait un peu diminué; M. Ricord avait indiqué comme complication la pré-

* De la nOfi-ideniUc de la blennorrhagie et du chancre, pa^c 24. = iS37) numéro 27.

272 SECOI^DE PARTliî. - l’ilEMitUE SECTION.-

sence d’un hydrocèle à Fétat aigu, dont il pratiqua la ponction avec succès.

» Mais les douleurs, qui, par suite de cette ponction, avaient diminué d’une manière notable reparurent au troisième jour, en même temps qu’un nouvel épanchement de liquide dans la tunique vaginale. Nouvelle ponction, même résultat; M. Ricord fit une troisième ponction et une injection vineuse. Malgré Fétat aigu, tout alla comme à Fétat simple. .

» Le 30 mai, le malade était guéri de son orchite et de son hydrocèle; mais Fécoulemeiit blennorrhagique, qui, d’abord inoculé, donna la pustule caractéristique, avait persisté malgré l’emploi des balsamic|ues et des révulsifs. Dans cet état, le malade quitta l’hôpital pour vaquer à ses occupations; il y revint bientôt avec une orchite compliquée d’hydrocèle, comme dans l’affection du premier testicule. On pratiqua alors la ponction de Fhydrocèle, à l’aide du bistouri; mais l’écoulement blennorrhagique étant augmenté progressivement , les garde-robes né se faisaient pas; on prescrivit au malade la manne dans du sérum; enfin un marasme progressif que rien ne put arrêter amena la mort.

» Autopsié. — L’appareil génito-urinaire ayant été enlevé, et l’urètre, ainsi que la vessie, fendu par sa partie supérieure, on découvrit des ulcé-

OBSERVATIOJSS PRATIQUES. — CHANCRES. 273

rations qui avaient détruit la prostate et la partie correspondante de Furétre dans toute son épaisseur. En avant, un lambeau de la membrane muqueuse urétrale, détaché des parties sousjacentes et seulement adhérentes à la partie antérieure, était légèrement hypertrophié^ en arriére, existait un second lambeau c[ui était aussi hypertrophié et induré; plusieurs ulcérations arrondies avec la forme caractéristique des ulcérations vénériennes, entamant toute l’épaisseur de la muqueuse vésicale, paraissent à la surface de la vessie. La vésicule séminale gauche offrait un vaste abcès et quelques ulcérations, la droite était intacte; mais le canal éjaculateur et le canal déférent du côté gauche établissaient une continuité de maladie depuis l’urètre jusqu’à l’épididyme suppuré, qui offrait dans son intérieur un abcès qui déjà avait entamé une partie du testicule; sur le même organe, la ponction palliative qui avait été faite avait suffi pour amener la formation de fausses membranes, établissant déjà un lieu d’union entre les deux surfaces de la tunique vaginale. Dans le testicule droit soumis à l’injection vineuse, l’adhérence des deux surfaces était complète pendant la vie comme après la mort, et aucun indice , si ce n’est l’inoculation , n’avait pu faire connaitre la lésion que nous venons de décrire. Il est important de noter que

274 SECONBE PARTIE. - PREMIÈRE SECÏlÔy.

le malade navad jamcds été sondé ni soumis à l’usage d’injections .

B II<iObs, Jean Bourdon, âgé de dix-sept ans , est entré â l’hôpilal du Midi vers la fin de septembre 1836, salle 7, n“ 30. Il y a six mois, il contracta un chancre du gland , pour lequel il ne fit d’abord aucun traitement; bientôt il s’aperçut d’un suintement léger par le méat urinaire, qui augmenta assez lentement. A la suite d’un travail forcé il fut pris d’un phiniosis très inflammatoire, pour lequel un médecin voulut pratiquer la section inférieure; mais le débridement porta tout à fait sur le côté, et les bords de la plaie s’inpculérent. Malgré tous les traitements employés, on ne put guérir la maladie ; ce fut dans cet état qu’il entra dans notre service.

)) Il offrait alors un extrême amaigrissement, quoique les fonctions se fissent assez bien; le gland et les lambeaux du prépuce ulcérés se confondaient de manière à offrir l’apparence d’une verge à trois tètes. Les chancres avaient tous les caractères de la période de progrès, et malgré les divers pansements locaux aussi bien que les soins hygiéniques propres à favoriser le traitement interne , on ne put obtenir que bien peu d’amélioration. L’écoulement blennorrhagique fut souvent sanieux et accompagné de douleurs; inoculé, il donna la pustule caractéristique, qu’on fit

OBSERVATIONS PlSATfQÏjES. - CHANCRES. 275

avorter. Ainsi, après plusieurs mois de souffrances, sans que jamais aucun instrument n’ait été introduit dans les profondeurs de l’urètre, une incontinence d’urine survint, ce qui avait porté BI. Ricord à la faire dépendre d’ulcérations siégeant au col de la vessie et dans le cîinai de Furètre; l’incontinence d’urine n’a pas cessé jusqu’à la mort du sujet qui a eu lieu le 20 décembre 1 836, et à laquelle n contribué une diarrhée que rien n’a pu arrêter, bien qu’à l’autopsie le canal intestinal n’ait présenté aucune altération, pas plus que les autres organes abdominaux, qui étaient à l’état normal , si ce n’est la vessie. Du côté de la poitrine U existait cjuelques anciennes adhérences; à droite, il y avait quelques petits foyers dépendant probablement de la fonte de tubercules.

n Les organes génito - urinaires enlevés , la vessie et le canal de Furétre fendus, les bords de la vessie offrent plusieurs lignes d’épaisseur; ils sont durs et calleux; sa capacité se trouve diminuée de rnoitié; le fond offi-e aussi une grande quantité de bourgeons charnus et de granulations. Au chancre du méat urinaire se joint une ulcération de la partie spongieuse de l’urètre, à un pouce de ’ profondeur , ayant une étendue à forme allongée de huit lignes et enlamaut toute l’épaisseur de lu muqueuse ; mais, en

276 SFXOSBE PARTIE. — PREriHÊRE SECTION.

arrière de la région dubiilbe;, sur la région membraneuse et prostatique, le col de la vessie, la cavité de cet organe, on trouve les traces d’un vaste chancre phagédénique. Et surtout sur les parties latérales de la prostate, on remarque deux larges excavations séparées par une languette hypertrophiée et indurée, pénétrant jusque dans son épaisseur. Â la partie inférieure, le prépuce renversé offre les traces de l’opération dont les bords se sont inoculés.

« Sur la couronne du gland, existe un vaste chancre ; sur les parties latérales se trouvent les deux plaies, résultant de l’opération du phimosis devenues chancreusesj enfin un chancre du méat urinaire et delà portion spongieuse.

« III® Obs. — Florence, âgée de dix-neuf ans, entra à l’hôpital du Midi, le 1 7 janvier \ 836, salle de l’Infirmerie, n" 10, Elle avait eu antécédemment deux blenoorrhagies qui avaient cédé aux injections d’eau blanche. A son entrée, elle avait une vaginite datant de quinze jours. Ce ne fut que le huitième jour de sa vaginite qu’elle ressentit de violentes douleurs en urinant , ce qui la détermina à entrer à l’hôpital. Le pus de la vaginite, pris dans l’inlérieur du vagin où le spéculum ne fit rien découvrir , ne produisit rien à l’inoculation; celui de l’urétrite produisit la pustule caractéristique du chancre. M. Ricord dia-

OBSERVATiOKS PRATIQUES. - CHANCRES.

giiostiqua alors un chancre urétral , dont l’existence ne tarda pas à être tout à fait démontrée par son apparition a-u méat urinaire. Un mois de traitement suffit pour la guérir totalement.

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OBSERVATIONS PRATIQÜES. - BLENNORRHAGIES. 279

DEUXIÈME SÈCTÏO^\

INOCULATION DU MtTCO-PüS DE LA ÈLÈNNÔRRHÂGIÈ SIMULÉ OU COMPLIQUÉE ET DANS SES DIFFÉ&ENTS SIÈGES^

Blennorrhagie urétrâlè digiîë; iriocnlatiori sàus re'süitat.

Càf. . âge âÎ! 4fiaiis, entre le 27 juin 1 §35, salle' t, nnlne'rri ii.

La maladie a débuté trois jours après le coït; elle dure depuis cinq , et s’accompagne de symptômes d’une extrême acuité ; la matière de l’écoulement est verdâtre, marquée de quelques stries de sang.

On place vingt-cinq sangsues au périnée, on dorme un lavement purgatif, les garde-robes ne se faisant pas depuis quatre jours.

Deux pilules camphrées par jour.

Le 29, il y a eu un peu moins de douleur; sur le trajet du canal on ne sent aucun point induré;

on inocule le pus blennorrhagiqiie, par deux piqûres^ à la cuisse gauche.

Le 3 juillet, il y a eu un peu d’irritation aux points qu’on a inoculés ; la peau est rouge et soulevée, mais il n’y a pas de pustule.

Le 4, le bouton rouge, produit par les inoculations, s’éteint sans développer de pustule.

La blennorrhagie n’occasionne plus de douleur pendant l’émission des urines.

On prescrit les injections au sulfate de zinc et le cubébe.

Le 6, on inocule, à la cuisse droite, le pus de la blennorrhagie par deux piqûres.

La matière de l’écoulement est blanchâtre.

Le 10, on a remarqué pour les piqûres le même bouton qui fut produit par l’inoculation du 27 , et il s’est éteint de même sans donner de pustule.

Le 1 1 , nouvelle inoculation par deux piqûres à la cuisse gauche.

La quantité de l’écoulement est bien moindre.

La matière est bien moins chargée de pus.

On continue les injections et le cubèbe.

Le 14, les inoculations du 11 n’ont rien produit , pas même de bouton inflammatoire.

OBSERVATIONS PRATIQUES, - BEENVORRHAGIES. 281

La bleiinorrliagie ne donne plus qu’un flux muqueux.

Le 22, le malade sort guéri, l’écoulement est tari depuis le 17.

Blennorrhagie ure'trale; inoculation sans résultat.

Mar . . . , âgé de 22 ans , entré le 1 3 avril 1 836, salle 3, numéro 26 .

La maladie date d’un mois j d’abord très aiguë, elle passa bientôt à l’état chronique , par suite de l’usage des bains, sans autre traitement.

Aujourd’hui, la matière de la blennorrhagie est blanchâtre ; sur le trajet du canal on ne sent aucune induration, il n’y a pas de douleur en urinant ni dans les érections j on pratique l’inoculation, par deux piqûres, à la cuisse droite.

On donne le cubébe ferrugineux.

Le 18, les inoculations n’ont rien produit.

On continue le traitement.

Le 21 , la matière purulente de l’écoulement a beaucoup diminué.

Le 1"’' mai, il n’y a guère plus qu’une sécrétion muqueuse.

Le 10, il n’existe plus d’écoulement ,* seulement, le matin, on voit une goutte transparente au méat urinaire.

282 SECONDE PARTIE. — DEÜSlÊàlE SECTION.

Blennorrhagie nrclryle 5 inoculation sans résultat.

Bous. . . . , Agé de 28 ans, entré le i5 ayrll i8-36, salle 3, numéro 28;

L’affection date de huit jours , elle s’est montrée quatre jours après le coït; il y a beaucoup de douleur en urinant, tension du canal, mais pas de point induré sur son trajet. En écartant lés lèvres du méat urinaire^ oii voit la muqüeusë rouge et bëürsoüflée ; récoülerdent est sanietix et peu lié.

On inocule le pus bleUnorrhagique, par dèdx piqûres, à la cuisse droitOi

On placé vingt-cinq sangsues aù périnée.

On donne deux pilules opiacées camphrées et le cubèbe ferrugineux.

Le 18, les inoculations n’ont rien produit; récoulement paraît modifiéi ■

Oh continue le même traitement.

Le pus blennorrhagique est inoculé à la cuisse gauche par deux piqûres.

Le 28, les inoculations n’ont pas donné de résultat.

l/écoulement perd par degrés sa teinte roti- .geâtre , mais lentement.

On augmente la dose du cubèbe , on su.spend

oefiEnvATlO^■s pkatîoües. — bèen^orrhaoies. 283

les injections d’acétate de plomb , et l’on donne le sulfate de zinc.

Le 30 , mieux marqué ; récoulemefit est blanchâtre et sans douleur.

Même médication.

Le 6 mai^ il n’y a guère plus que super- sécrétion muqueuse.

Le 16, le malade sort guéri.

Blennorrhagie ure'trale aiguë;, inoculation sans re'sultat.

R . . , âgë tie 1 8 ans , entre' le i3 mai iSSC, salle 3, numéro i8.

La maladie date de qiiinz'e jours; elle s’est montrée huit jdürs après Un eoït suspect; pendant l’émission des urines, les douleurs sont très vives. La matière de l’écoulement est verdâtre, mêlée d’un grand nombre de stries de sang; le canal iirétral n’est pas induré, mais très tendu.

Le 14 mai, on inocule le pus blennorrhagique à la cuisse droite par deux piqûres.

On applique virîg-cinc[ sangsues au périnée; depuis quatre jours , le malade n’ayant pas été à la garde-robe, on lui fait prendre une bouteilled’eau de Sedlitz.

Le 17, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit; il y a bien moins de douleur en uri-

284 SECONDE PAP.TiE. - DEUXIÈME SECTION,

nant; la matière de récoulement est toujours très abondante.

On ordonne les injections au nitrate d’argent.

Le 21 , mieux marqué; la matière de l’écoulement h’ofFre plus de stries de sang, sa couleur est blanchâtre; il y a tendance au passage à l’état muqueux.

On ordonne le cubèbe à la dose de quatre gros par jour ; on continue les injections au nitrate d’argent.

Le 23 , il n’y a plus que super-sécrétion muqueuse. On continue la même médication.

Le malade sort guéri, le 7 juin.

Rleanorrlie'e ur(itrale 5 inoouîation sans résultat.

Mou .... J âgé de 28 ans, entré le 28 avi’il 1 83G, salle 3, numéro 1 1.

La maladie s’est montrée huit jours après le coït ; elle a aujourd’hui onze jours de durée.

Au début, il n’y a pas eu de douleur, et presque de suite l’écoulement s’est montré blanchâtre avec les caractères de la blennorrhée.

Sur le prépuce , on voit une induration marquant le siège d’un chancre guéri il y a un mois.

Le 27, on inocule le pus blennorrboïque à la cuisse droite.

OBSERVAÏIOXS PRATIQUES. - BLENiNOfiRHAGI ES. 285

On donne les injections au nitrate d’argent, et le copahu en émulsion.

Le 30,:. les inoculations n’ont rien produit; l’écoulement a diminué.

Le 1“ mai, on cautérise le canal avec le portecaustique.

Le 2, l’écoulement a augmenté; il est purulent, mêlé de stries de sang.

Le 4, presque disparition de la blennorrhée ; il n’y a plus qu’un peu de flux muqueux.

Le malade sort guéri, le 1 0.

[Blennorrliagle uretrale aigue 5 inoculalion sans re'sultat.

V.,.,âgé (le. 28 ans, entre' le 3o mai i835, salle i, numéro 44.

La maladie a débuté huit jours après un coït suspect; elle dure depuis dix, et offre tous les symptômes de la plus violente acuité. On a traité, d’après les conseils d’un herboriste, par la tisane de racine de fraisier.

On applique trente sangsues au périnée.

Le 8 juin, on inocule le pus blennorrhagique à la cuisse gauche par deux piqûres.

Le 1 0, on ordonne des injections avec le sulfate de zinc, la blennorrhagie étant bien moins dou-

286 SECÜNDK PAUTIE. - DîiüX!È.UÎÎ SEEÏIOX,

loureuse. Cependant, dans la matière de l’écoiilement, on remarque quelques stries de sang.

Le 11, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit.

La matière de l’écoulement est blanc jaunâtre, et sa quantité a un peu diminué.

Le 21 , les inoculations du 1 5 n’aytmt rien donné, on inocule de nouveau.

Onordonne le cubèbe à la^ose de deux gros,

Le 30, les dernières piqûres sont demeurées sans résultat; récoulement est beaucoup moindre.

Le 6 juillet, il n’y a plus que supersécrétion muqueuse.

Le 11 , le malade sort guéri-

Bleiinoi'rbagie uretrale; inoculation sans résultat.

Lez. . . . , âgé tle 26 ans, entré le 3i mai i83G, salle 3, numéro !o.

Il y a un mois que , huit jours après un coït suspect, la blennorrliagie se déclara. Elle fut très douloureuse au début; mais l’état d’acuité ne dura que huit jours , quoique le malade ne fît aucun traitement. Aujourd’hui la matière assez abondante de récoulement est d’un blanc jaunà-

OBSERV'ATîOXS PKATiQUES. - BLENNüKRHAGîES. '281

tre; il n’y a pas de douleur, ni de dureté au canal de F urètre.

On inocule le pus blennorrhagique par deux piqûres à la cuisse gauche.

On ordonne les injections au nitrate d’argent et le copaim en émulsion.

Le 3 juin , les piqûres d’inoculation n’ont pas pris ; on continue le traitement.

Le 6, récoiilement a beaucoup diminué; la matière muqueuse domine.

Le 10, on suspend les injections de nitrate d’argent.

Le 12, il ne reste presque plus d’écoulement.

Le malade sort guéri, le 20.

Blennorrhagie urétrale aiguë j inoculation gans résultat.

M. . , , âgé dé i8 ans, entré le kô arril 1806, salle 3, numéro 10.

L’affection a débnté il y a cinq jours; le malade souffre beaucoup ; l’écoulement est très abondant, d’une couleur jaune veidâtre; on remarque quelques stries de sang; le canal de l’urétre est douloureux au toucher, il est tendu; mais on ne trouve aucune induration sur son trajet.

Le 27 , on inocule le pus bîennorrhagique par deux piqûres sur la cuisse droite.

On place trente sangsues au périnée ; ce soir , le malade prendra un lavement camphré ; une saignée conditionnelle est ordonnée contre, la fièvre qui dure depuis deux jours ; diète absolue.

Le 29, la fièvre dure encore; on pratique la saignée ordonnée le 27.

Le 31 , il y a moins de douleur; l’état inflammatoire parait se calmer.

Les piqûres d’inoculation n’ont rien produit. On ordonne les injections au nitrate d’argent.

Le 6 mai, l’écoulement a diminué, sa couleur jaunâtre a disparu, la* sécrétion est blanche et plutôt muqueuse que purulente. On ordonne l’émulsion de copahu à la dose de quatre cuillerées par jour.

' Le 1 1 , il reste un peu de flux muqueux le matin : on porte la dose de l’émulsion à six cuillerées.

On suspend les injections au nitrate d’argent.

Blennori hagie urétralc aiguë j inoculation sans résultat.

Fab. . , . , Agé de 2t ans, entré le 27 décembre i83C, salle 3, numéro g.

La maladie date de quinze jours; elle s’est

OBSERVATIONS PRATIQUES. - BLENNORRHAGIES. 289

montrée trois jours après le coït. Au début, le malade a beaucoup souffert; la cbaude-pisse a été cordée. Il y a de la tension au canal, mais pas d’induration; l’état aigu persiste; la matière de récoulement est jaune verdâtre; la muqueuse urétrale paraît rouge et gonflée.

On inocule le pus bîennorrhagique à la cuisse gauche par deux piqûres.

On place trente sangsues au périnée.

Le 30, l’état d’acuité a presque complètement disparu ; on donne l’émulsion de copaliu à la dose de quatre cuillerées.

Le iO, l’écoulement a diminué; la matière est blanchâtre et muqueuse.

Le 1 3 , l’écoulement est encore abondant; on donne des injections à i’iodure de fer.

Le 16, il ne reste plus de blennorrhagie; tout a disparu. .

Le 17, le malade sort guéri.

Blennorrhagie urdtrale aiguë ; inoculation sans résultat.

Ch«. . . , âgé de 22 ans, entré le i3 septembre i836, salle 3, numéro g.

La maladie a débuté huit jours après le coït; elle date aujourd’hui de quatre.

290 SECONDE PARTIE. — DÉÜXfÈMË SECtlOX.

La matière de récoülemênt est verdâtre, très purulente; le malade soufFre beaucoup en Urinant. On inocule le pus blennorrhagique, par deux piqûres, a la cuisse droite.

Le 16, les piqûres d’inoculation ii’orit rien produit. On çautérise le canal dé rurètre avec le porte-caustique de M. Lallemand, et rutt donne deux pilules opiacées camphrées.

Le 1 7 , la blennorrhagie a beaucoup coulé depuis hier; il y a eu quelques stries dé sang , mais pas de douleur. .

Le 18, récouleffient a beaucoup diminué, il est blanc et presque tout muqueux.

On ordonne l’émulsion de côpahu à la dose de quatre cuiltêrées par jour.

Le 19, il n’y a presque plus d’écoülement; on pratique une cautérisation de l’urètre.

Le 20 , les mêmes phénomènes de la premièré cautérisation ont. reparu.

Le 28, il ne reste plus qu’une goutte de muco-pus , le matin. On donne l’émulsion de cppahu à la dose de six cuillerées.

Le 29 , il n’y a plus d’écoulement.

Le 4 octobre, le malade sort guéri.

OBSEilVAtlOKS PRATIQUES. — BLENNORRHAGIES. 291 Blennoi’i’hagie urétrale aiguë; inoculation sans résultat.

Ois. . , âgé de 20 ans, entré le 4 octobre i836, salle 3, numéro 4.

Le début de la maladie date de six jours; Técdüîément à’èst montré qùâtrè jotirs après des rapports suspects. Les douleurs en urinant ont été très vives.

Aujourd’hui, l’état d’acuité persiste; la muqueuse urétrale, rouge et gonflée au méat urinaire, ne paraît pas ulcérée.

La matière de l’écoulement est très abon.dante et d’une couleur jaune verdâtre.

On inocule le pus blennorrhagique , par deux piqûres, à la Cuisse droite ; on place vingt sangsues au périnée; ori donne les pilules opiacées camphrées.

Le 8, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit; ori prescrit les injections au nitrate d’argent et l’émulsion de copahu.

Le 10, plus de douleur en urinant; la ma:tiére de l’écoulement est blanchâtre.

Le 12, amélioration remarquable; on donne un lavement avec le sulfate de magnésie contre la constipation.

Le 18, la blennorrhagie est presque guérie;

292 SECÔXDE PARTIE. — r- DEUXIÈME SECTIOX.

on donne l’émulsion de copahii à la dose de six cuillerées par jour. '

Le malade sort guéri, le 24.

Blennorrliagie urétrale aiguë; moculaliou sans résultat.

Vas. . . . , âgé de 19 ans, entré le S juillet i836; salle 3, numéro 8.

La maladie date de quatre jours, elle s’est montrée quatrejours après un coït suspect; au début, le malade a éprouvé de vives douleurs en urinant; l'écoulement est devenu très abondant.

Aujourd’hui la blennorrhagie est encore à l’état aigu ; le malade soulFre beaucoup, le mucopus est sanieux et verdâtre; la muqueuse urétrale parait excoriée superficiellement; le canal est tendu, mais non induré ; la pression fait éprouver de la douleur.

Le 6 juillet , on inocule le pus blennorrhagique à la cuisse gauche par deux piqûres.

On ordonne les pilules opiacées camphrées, l’application de trente sangsues au périnée , un lavement avec deux onces de miel de mercuriale.

Le 10, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit; la blennorrhagie est moins douloureuse, l’écoulement un peu moins marqué de stries sanguinolentes.

OBSERVATIONS PRATIQUES. : — BLENNORRHAGIES. 293

On continue les pilules camphrées.

Demain on fera des injections au nitrate d’argent. ■

Le 1 5 , nouvelle inoculation du pus bîennorrhagique par deux piqûres à la cuisse gauche.

La matière de l’écoulement paraît modifiée d’une manière remarquable; sa couleur est d’un blanc légèrement jaunâtre. ■

On cesse l’usage des pilules camphrées , la douleur ayant c.ompiètement disparu.

Aux injections , on ajoute l’administration des bols de copahu solidifié par la magnésie.

Le 1 7, l’écoulement a beaucoup diminué.

Les piqûres d’inoculation n’ont rien produit.

Le 21 , la blennorrhagie ne fournit plus qu’une sécrétion muqueuse un peu trouble.

Le 26, il arrive seulement, le matin, une goutte de matière séro-muqueuse.

Le 27 , le malade sort guéri.

Blennorrhagie urétrale aiguë; inoculation sans l'e'sultat.

Bic. . , âge' de 17 ans, entré le 19 avril i8-36, salle 2, nume'ro iS.

La blennorrhagie dont ce malade est affecté parut dès le surlendemain d'un coït pendant le-

29 i SFXOXDE PAÎITIB. — deuxième sectiox.

quel il s’éialtb^auppup échauffé; la niarchedela maladie a été très aiguë ; il y a eu beaucoup de douleur; par l’usage de quelques bains et du re^ pps , l’état d’acuité disparut; on ordonna le copahu, et récoulemént s’arrêta; rnais, par suite des fatigues d’un voyage entrepris au moment où la mùlsidie yenait à peine 4p cesser, l’écoulement reparut abondant, blanchâtre et n’occasipnnant que peu de (Ipulewr.

Aujourd’hui la reprudescence de . la blennorrhagie date de trois jours ; on remarque , en écartant les lèvres du méat urinaire, la muqueuse comme excoriée ; le passage de l’urine occasionnait, en ce point, des cuissons assez vives; le malade s’est écorché avec le bout de la seringue a injection dont il a voulu se servir.

Qn inocule le pus blennorrhagique, par deux piqûres, à la cuisse drpite.

On ordonne l’usage des injections au sulfate d’alumine.

Le 22 , les piqûres d’inoculation n’ont rien produit; l’écpulement a beaucoup dinainué; les rougeurs du méat urinaire ont disparu.

On ordonne la potion de Chopart.

Le 27 , l’écoulement a presque complétemenl disparu ; on continue la potion.

Le malade sort guéri, le 29.

OBSERVATIONS I?RATIQÜES. — BLENNORRHAGIES. 295

Blennorrhagie urétrale; inoculation sansre'sultat.

Lac...., âge' de 26 ans, entré le 16 décembre 1 836, salle 2, numéro i.

Le début de la maladie date de trois semaines; il y eut d’abord beaucoup de douleur; la chaudepisse était cordée.

Aujourd’hui on ne sent pas d’induration sur le canal de l’urètre ; pas de doüleur à la pression , léger picotement pendant l’émission des urines ^ la matière de l’écoulement est hlanchâtrev Dans l’aine gauçhe, on rema^rqué un engorgement ganglionnaire tout à fait indolent.

Le M, on inocule le muco-pus blennorrhagique k la cuisse gauche; on ordonne les injections au nitrate d’argent, un quart de grain par once d’eau.

Le 4 9, la piqûre d’inoculation n’a rien produit, la blennorrhagie coule moins ; on ordonne le enbèbe à la dose de quatre gros , on continue les injections; le muco-pus est inoculé de nouveau à la cuisse droite.

Le 20, la piqûre d’inoculation n’a rien produit, la blennorrhagie ne fournit plus qu’une matière très muqueuse , mêlée de quelques filets de pus. On inocule k k cuisse gauche.

Le 24, la dernière piqûre d’inoculation n’a rien produit; la blennorrhagie ne coule plus; l’engorgement ganglionnaire n’a fait aucun progrès. Le 29 , le malade sort guéri.

Blennorrliagie urétralej inoculation sans résultat.

BtÆiv . , âgé de 17 ans, entréle 20 juin i835, salle i, numéro 5.

L’affection blennorrhagique date de trois semaines; il y a huit jours, sans cause appréciable, un bubon s’est développé dans l’aine gauche, et l’écoulement a presque complètement disparu; lorsqu’on presse le canal, il sort quelques gouttes de muco-pus clair et blanchâtre ; le malade n’a fait encore aucun traitement.

On place des sangsues sur le bubon, qui n’offre aucun point de suppuration , et a suivi une marche sub-aiguë.

Le 24, on inocule le pus blennorrhagique à la cuisse droite; on donne des injections au sulfate de zinc; on fait des frictions mercurielles sur le bubon, qui est très dur.

Le 28^ les piqûres d’inoculation n’ont rien produit; la blennorrhagie ne coule presque plus; le bubon se résout un peu.

OBSERVATIONS PRATIQUES. - BLENNORRHAGIES. 297

Le 1 0 juillet, le bubon sur lequel on a appliqué une compression méthodique a tout à fait disparu; la blennorrhagie ne coule plus depuis six jours. Le malade sort guéri.

Blennori'bagie urétrale aignë; inoculation sans résultat.

Asdb. . . ., âgé de 26 ans, entré le 16 août 1886, salle i, numéro 3.

Le malade ne peut préciser l’époque à laquelle la blennorrhagie a débuté; seulement il a remarqué que, huit jours après un dernier coït, il a beaucoup souffert , et que la matière de l’écoulement a beaucoup augmenté.

Aujourd’hui la blennorrhagie.est à l’état aigu; l’écoulement est sanieux et ténu. On place vingt sangsues aü prrinée ; on donne un lavement de miel de mercuriale.

L’inoculation de la matière blennorrhagique est faite, par deux piqûres, à la cuisse droite.

Le 19, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit; on donne des pilules camphrées; il n’y a presque plus de douleur; on cautérise au nitrate d’argent solide , à l’aide du porte-caustique de Lallemand.

Le 21 , il n’y a presque plus d’écoulement; on donne les injections au nitrate d’argent.

Le malade sort guéri, le 30.

298 SECONDE PARTIE. - DEÜXïÈME SECTION.

Blennorrlifigie urétrale aiguë; inoculation sans résultat.

Das. . . , âgé de 25 ans , entré le ii novembre i836, salle 2, numéro i.

Huit jours après le coït , ce malade a été affecté d’une blennorrhagie très douloureuse au début; le canal de Furètre, tendu et très sensible à la pression, offre les syrnptôines de la chaude-pisse cordée; aujourd’hui l’état aigu est dans toute son intensité; la matière de l’écoulement est verdâtre et sanieiise; toutefois^ en écartant les lèvres méat urinajre boursouflé, on ne voit pas d’ulcération; sur le trajet du canal, on ne sent pa^ de points indurés, niais une tension générale; à gauche, il y a dans l’aine un large engorgement indolent ; mais le malade dit qu’il existait avant la hlennoïrhagie.

Le 1 2 , on inocule le pus hlennorrhagique à la cuisse droite ; on place vingt sangsues au périnée; on donne deux pilules opiacées camphrées: bains locaux de guimauve.

Le 18, le malade souffre moins; la matière de l’écoulement est moins sanieiise; les érections sont moins fréquentes; l’engorgement de Faine demeure stationnaire | h% inoeulationâ

OBSERyATlOXS PRATIQUES. - BLENNORRHAGIES. 299

n’ont rien produit. On inocule de nouveau à la cuisse gauche le pus blerinorrliagique ; le malade ne va pas à la selle ; on donne un lavement de sulfate de magnésie.

On continue les pilules opiacées camphrées.

Qn ordonne des injections au nitrate d’argent , un quart de grain par once.

ï^e 18, les piqûres de rinoculation du 15 n’ont rien produit; la blennorrhagie est bien moins abondante et sans douleur; la matière de l’écoulement est blanchâtre; on continue les injections, on donne quatre gros de cubèbe.

Le 14 décembre, le malade, sort guéri.

Blennorrh.igie urétrale; inoculation sans résultat.

Ceint. . âgé de 24 ans, entré le i8 juillet i836, salle 3, numéro 17.

Il y a huit jours qtje ce malade fut affecté d’une blennorrhagie qui s’est développée six jours après le coït; l’écoulement s’est établi sans douleur, et aujourd’hui la naaladie a tout à fait l’aspect de la blennorrbée; en écartant les lèvres du méat urinaire, qui est un peu rouge et un peu gonflé, on aperçoit la muflueuse urétrale légèrement érodée; dans les m^liéres de l’écoulement on

300 SECOÎÎDE PARTIE. - DEDXIÈME SECTIOX.

remarque quelques stries de sang; il n’y a pas de dureté sur le trajet du canal; seulement, â deux pouces de profondeur, on sent un point douloureux au toucher.

Le 17, on inocule la sécrétion urétrale à la cuisse gauche; on donne des injections au nitrate d’argent et le baume de copahu.

Le 20 , les piqimes d’inoculation n’ont rien produit; l’écoulement a beaucoup diminué; on pratiqué une cautérisation avec le nitrate d’argent solide.

Le 21 , on reprend les injections et le éopabu.

Le malade sort; le 24 août.

Blennorrhagie nrefcrale aiguë; inoculation sans résultati

Gcit. . . , âge de 24 ans, entre' le i3 mai i836, salle 3 , nume'ro 17.

La maladie date de huit jours et a été très douloureuse au début ; aujourd’hui la matière de l’écoulément est abondante et sanieuse.

Le 14, on inocule le pus blennorrhagique, taché de quelques stries de sang, sur la cuisse droite; on place vingt-cinq sangsues au périnée.

Le 17, la piqûre d’inoculation n’a rien produit; l’acuité de la blennorrhagie a beaucoup diminué; le malade ne souffre plus en urinant.

OBSERVATIONS PRATIQUES. - BLENNORRHAGIES. 301

On donne des injections avec le nitrate d’argent , un quart de grain par once d’eau.

Le 15, mieux marqué; on prescrit le cubèbe à la dose de six gros dans la journée , en trois prises.

Le 20, il y a eu un peu de^ diarrhée; on donne le cubèbe à la dose de quatre gros, uni au sirop diacode ; on continue les injections au nir trate d’argent. .

La guérison est complète le 3 juin, et le malade sort.

Blennorrhagie ure'trale aiguë; inoculation sans. résultat.

Kel. . , âgé de 22 ans, entré le 3i mai i83G, salle 3, numéro 24.

Chez ce malade, l’afFectiondatede douze jours; elle s’est montrée trois jours après le coït, et, dés le début, a occasionné de très vives douleurs, soit en urinant, soit pendant les érections. La matière de l’écoulement est verdâtre et sanieuse; en écartant les lèvres du méat urinaire, on aperçoit, sur le canal, des érosions superficielles; on place des sangsues au périnée ; on donne des pilules camphrées; le pus blennorrliagique est inoculé à la cuisse gauche.

302 SECONDR PARTIE. — DEUXIÈME SÈCTJÔN.

Lé 4 juin, la piqûre d’inocülation n’a rien donné; on prescrit les injections aü nitrate d’argent, un quart de grain par once d’eau.

Le 8, la blennorrhagie a beaucoup dîrïiîriué; on donne les bols de copaliu.

Le malade sort guéri, le 22.

Blennorrhagie ure'trale aiguë; inoculation sans re’sufet.

Leg. Ûgë de i8 ans, entre le 3 1 mai i836, salle 3, numéro i8. ’

Trois jours après des rapports suspects, ce malade éprouva de très vives douleurs en urinant, et une blennorrhagie très intense se manifesta.

Aujourd’hui la maladie date de huit jours; l’écoulement est puriforme et verdâtre; le malade souffre beaücoup. Soit pendant l’émission des urines, soit pendant les érections.

Le 1 juin , on inocule le pus bïeimorrhagique à la cuisse droite ; on place vingt-cinq sangsues au périnée; on donne deux pilules camphrées.

Le 4, la piqûre d’inoculation n’a pas réussi; la blennorrhagie est ùn pèu moins douloureuse; on donne les injections au nitrate d’argent, un quart de grain par once d’eau ; on continue l’usage des pilules opiacées camphrées.

OBSERVATIONS PRATFQÜES. - BLÈNNORRHAGIES. 303

Le 1 0, l’écoulement est blanchâtre et sans douleur; on pratique une cautérisation au nitrate d’argent avec le porte-caustique.

Le 12, il n’y a presque plus d’écoulement.

Le malade sort guéri, le 20.

Blennorrhagie urétrale ütcc e'rosioa, inoculée sans résultat.

R, . . , âgé de 22 ans , entré le .7 octobre i-836, salle 3 , numéro G.

La maladie date de dix-sept jours ; elle a occasionné, à son début, de très vives douleurs. Le malade a éprouvé tous les accidents de la chaudepisse cordée la plus intense.

Aujourd’hui les douleurs sont encore très aiguës ; la matière de l’écoulement est purulente et sanieüse ; les lèvres dû méat urinaire sont érodées, ainsi que F urètre, aussi loin qù’il est possible de l’apercevoir ; aii toùéhep, le canal paraît comme tendu sur une sonde ; mais il n’y a pas de point particulier d’induration.

On place vingt-cinq sangsues au périnée ; on donne deux pilules opiacées camphrées.

Le 8, on inocule le pus recueilli au méat urinaire; on donne les injections au nitrate d’argent.

Le 9; la matière de l’écoulement paraît un peu modifiée; il y a beaucoup moins de douleur.

Le 10, la piqûre d’inoculation n’a pas réussi; on continue les injecticns; on donne quatre gros de cubèbe .

Le 18, la blennorrîiagie qui était beaucoup mieux, dont la matière blanchâtre s’écoulait presque sans douleur, est repassée à l’état aigu, par suite de l’imprudence du malade, qui a bu deux verres de vin. On suspend les injections; on continue les pilules opiacées camphrées.

Le 19, les symptômes d’acuité ont cédé; on fait une cautérisation de toute la surface de Fiirêtre avec le nitrate d’argent, au moyen du porte-caustique de Lallemand.

- Le 21 , la matière de l’écoulement est tout à fait modifiée et a beaucoup diminué ; on continue les pilules.

Le 24, la blennorrhagie a presque complètement disparu; on pratique encore une cautérisation au nitrate d’argent.

• Le malade sort guéri, le 1 1 novembre.

OBSERVATIONS PRATIQUES. — BLENNORRHAGIES. 305

Blennorrhagie ure'trale; inoculation sansre'sultat.

Fi» . ,, âgé de 19 ans, entré le 19 avril i836, salle 3,

numéro 18.

Huit jours après un coït suspect/ce malade fut affecté d’une blennorrhagie très douloureuse au début. Aujourd’hui, l’état aigu dure encore ; les érections sont fréquentes et occasionnent de vives douleurs.

On place vingt-cinq sangsues au périnée ; le malade étant constipé, on donne une bouteille d’eau de Sedlitz.

Le 27, les douleurs ont disparu; les érections . ont cédé aux pilules camphrées; la matière de l’écoulement n’est pas très abondante; mais elle contient beaucoup de pus verdâtre : on inocule à la cuisse droite ; injection au nitrate d’argent.

Le 29, la piqûre d’inoculation ne donne aucun résultat ; la matière blennorrhagique blanchit un peu.

Le 10 mai, la blennorrhagie ne coule plus; le malade a eu, sans douleur , des pollutions nocturnes, et l’écoulement n’a pas reparu.

3fl6 SECONDE PAltTlE. — - DEUXIÈME SECTION.

Le 24 mai , guérison confirmée; le malade sort.

Blennorrhagie ure'traleaiguëj inoculation sans re'sultat.

Pay, . . , âgé de ai ans, entré le 5 jiiillet i836, salle a, numéro lo.

Six jours après un coït suspect, ce malade fut pris d’une blennorrhagie qui le fit beaucoup soulFrir. Aujourd’hui , huitième jour après l’apparition de l’écoulement pour lequel on n’a fait encore aucun traitement, la matière est verdâtre; il y a beaucoup de douleur en urinant.’ On place vingt sangsues au périnée; on donne un lavement de sulfate de magnésie.

Le 8 juillet, inoculation du pus de la blennorrhagie à la cuisse droite.

Le 11, la piqûre n’a rien produit; l’écoiilement est moins abondant, il y a moins d’acuité et de douleur en urinant; pi-escription : injections avec le nitrate d’argent à la dose d’un quart de grain par once d’eau.

Le 1 -4 , mieux marqué ; la matière de l’écoulement est blanchâtre et presque séreuse; prescription : injections au nitrate d’argent et

OBSERVATIONS PRATIQUES. - BLENNORRHAGIES. 307

quatre gros de cubébe pris en deux doses. Cette médication est suivie jusqu’au 27, jour où le malade sort parfaitement guéri.

Blennorrliagie urétrale aiguë ; inoculatioa sans résultat.

Dtiî. . âge (le iS anSj entre le 24 octobre i835, salle i , numéro 21.

Cinq jours après un coït suspect, ce malade fut pris d’une blennorrhagie dont le flux a été progressif jusqu’à ce jour , où il se montre très abondant. Le malade éprouve de très vives douleurs en urinant; il n’a été soumis à aucune espèce de mécücation ; la matière de l’écoulement est verdâtre et sanieuse ; on ne remarque point de dureté sur le trajet du canal de l’urètre.

Le 26 octobre, on inocule le pus de la blennorrhagie sur la cuisse gauche, où l’on pratique deux piqûres. Le malade ne va pas à la selle depuis trois jours. Prescription : lavement avec sulfate de magnésie deux onces, pilules camphrées, bain local de guimauve.

Le 27 , les points inoculés sont légèrement rouges; même prescription que la veille.

Le 28, les deux piqûres sont cicatrisées, et l’inoculation n’a donné aucun résultat.

Le 1®' novembre, l’inflammation diminue.’

Le 2, on inocule de nouveau, par deux piqûres, à la cuisse droite; la matière de la blennorrhagie est encore un peu sanieuse.

Le 6, les inoculations du 2 n’ayant donné aucun résultat, on inocule de nouveau sur la cuisse gauche.

Le 8, les piqûres sont cicatrisées. Prescription: émulsion de copahu , injections au nitrate d’argent. Le malade sort guéri, le 25.

Blennorrhagie uretJ'ale passée à l’état aiguj inoculation sans résultat.

LiÉx. . . Feaxçois , âgé de aa ans, entré le 28 juin i835, salle i, numéro 5a.

Depuis six mois , ce malade est affecté d’uoe blennorrhagie , c[u’il paraît avoir renouvelée à plusieurs reprises. Il n’a jamais fait de traitement : quelques jours de repos, quelques haiiis suffisaient pour faire disparaître l’état aigu et ramener la maladie à l’état chronique.

Aujourd’hui récoulement est très abondant

OBSERVATIONS PRATIQUES. - BLENNOBP.HAGIE3. 309

par suite des excès auxquels le malade s’est livré; il y a de la douleur en urinant ; le malade est fortement constipé. On inocule le pus blennorrhagique à la cuisse gauche; on donne une bouteille d’eau de Sedlitz; on cautériseavec le nitrate d’argent; on donne des pilules camphrées.

Le 28, la hlennorrhagie a beaucoup diminué; la piqûre d’inoculatiOn n’a rien produit; on donne quatre gros de cubéhe.

Le 27, le malade sort complètement guéri.

Huit jours après sa sortie, il s’est représenté à la consultation; l’écoulement n’a pas reparu.

Balanite, blennorrhagie urétrale aiguë ; inoculation pratique'e sans résultat.

Gci. . . . , dgé de 27 ans, entré le ie‘' novembre iS36, salle 3, numéro i .

Il y a six semaines que ce malade contracta une blennorrhagie aiguë, pour laquelle il ne lit aucun traitement. Trois semaines plus tard, à. la suite de fatigues , il s’établit une balanite favorisée par un phimosis naturel.

Aujourd’hui la blennorrhagie est à l’état très aigu par suite d’une recrudescence inflammatoire qui date d’une huilaine de jours. La sécré-

lion purulente a beaucoup augmenté; les cloiileufs sont très vives pendant rémission des urines; il n’y a pas de dureté sur le trajet du canal de rurétre ; la matière de lecoulement est un peu sanieuse. .

La balanite paraît sur-excitée; on ap«’çoitsur le gland des plaques très rouges marquant autant de points sur lesquels l’épithélium a été enlevé,

Le 4 , on inocule le pus provenant de la blennorrhagie à la cuisse gauche par deux piqûres ; on fait pour la balanite dés injections d’eau de Goulard.

Le 12, les piqûres d’inoculation^'n’ont rien produit.

On inocule de nouveau le pus blennorrhagique, par deux piqûres, à la cuisse droite; on cautérise la balanite avec le nitrate d’argent, en promenant le crayon circula irement entre le gland et le prépuce; puis on introduit de la charpie fine pour empêcher le contact des muqueuses entre elles, l’interposition du linge sec ii’étant pas possible, vu l’étroitesse du limbe du prépuce et-Tétat inflammatoire.

Oh cautérise la Surface urétrale avec le nitrate d’argent à l’aide du porte-caustiquè.

Le 18, la balanite a disparu; la blennorrhagie cotilê fort peu, •

Les piqûres d’inoculation faites le 12 n’ont

OBSERVATIONS PRATIQUES, -r- BLENNORRHAGIES, 3 1 1

rien donné; on continue la cautérisation urétrale; on ordonne le cubèbe à la dose de quatre gros par jour.

Le 24 , l’écoulement urétral n’olfre plus que les caractères d’une supersécrétion muqueuse.

Le malade sort guéri, le 30.

Blennorrliagie utéro-vaginaîe , ulcération du col ; inociilation sans résultat.

Sai. . . . CAnorisE, âgée de 28 ans , entrée le 16 juin i835, salle i, numéro 19.

Depuis sept ans, cette malade est affectée d’une blennorrhagie ayant eu plusieurs recrudescences d’acuité ; bien souvent , elle a communiqué la blennorrhagie, mais jamais de chancres : du reste, elle dit qu’elle n’a jamais aperçu de tels ulcères sur elle-même. Elle n’a jamais eu de symptômes qu’on put rapporter à une infection syphilitique secondaire.

Aujourd’hui l’écoulement blennorrhagique est très abondant et de couleur verdâtre ; en examinant les organes génitaux au spéculum,, on voit des mucosités purulentes arriver de l’orifice du col dont la lèvre postérieure offre une ulcération en forme de vésicatoire, et la commissure

gauche une fissure ulcérée ; le vagin est rouge et la muqueuse granulée par le gonflement inflammatoire des follicules.

On prend du pus sur l’ulcération de la commissure, et on l’inocule à la cuisse droite par deux piqûres; puis le pus recueilli à la .surface du vagin est porté sur la cuisse gauche de la même manière.

Le 19, les inoculations n’ont rien produit; la matière de l’écoulement est blanchâtre et indique la tendance au retour à l’état chronique.

Le 24 , on examine au spéculum ; le vagin est pâle; les granulations ont disparu; l’ulcère de la commissure est granulé sur toute la surface; on pratique la cautérisation des points ulcérés, et on promène rapidement le nitrate d’argent sur la muqueuse depuis l’intérieur du col utérin jusqu’à la vulve. On ordonne les injections et le tamponnement à l’eau blanche.

Le 27, il n’y a presque plus d’écoulement; l’ulcère superficiel de la lèvre postérieure du col a disparu ; l’épithélium est lisse.

Le 29, tout est guéri ; la malade quitte l’hôpital .

OBSERVATIONS PRATIQUES. - BLENNORRHAGIES.' 3 1 3

Bleiinorrhée utero-Yaginale ; ulcération du col inoculée sans, résultat.

PtAis. . . Akne , âgée de Sg ans, entrée le ai juillet i835 , .salle i, numéro 6.

Le début de la maladie date de deux ans. A la même époque , un chancre de l’anneau vulvaire et Une blennorrViagie se manifestèrent; le chancre fut traité par l’onguent mercuriel et le cérat saturnin , la guérison fut obtenue après deux mois de traitement ; trois mois plus tard se montra une syphilide lenticulaire qui disparut après un mois de traitement par les pilules de proto-iodure de mercure, le sirop et la tisane sudorifiques.

Aujourd’hui la malade se présente avec une blennorrhée qui, sans jamais s’an’êter d’une manière complète , a eu de fréquentes recrudescences. Par l’examen au spéculum , on voit un écoulement utéro-vaginal abondant; le col offre plusieurs points profondément érodés dont la surface est grisâtre et recouverte d’une sécrétion albumineuse adhérente.

On ordonne des injections et le tamponnement à l’eau blanche.

Le 0 août , l’écoulement a un peu diminué, mais les ulcérations du col sont à peu près dans

le même état. On prend du pus-à leur surface et on l’inocule à la cuisse droite ; puis ori applique une cautérisation .générale par le nitrate d’argent solide. Injections et tamponnement à l’eau blanche. •

Le 12, l’inoculation du 5 n’a rien produit; on pratique une nouvelle cautérisation au nitrate d’ar.gent.

Le 20 , l’écoulement a presque disparu ; on voit que les ulcérations du col sont , la plupart, eica- Irisées; celles qui restent à la lèvre postérieure sont roses et granulées.

On pratique une cautérisation au nitrate d’argent.

Le 25, il n’y a presque plus d’écoulement.

On continue les injections et le tamponnement.

Le 31 , la muqueuse vaginale est pâle et saine; toute la surface du col offre un épithélium lisse et bien organisé.

La malade sort guérie de l’hôpital.

Blennorrhagie ure'trale, épididymite ; inoculation-sans résultat.

Eko. . . , figé de. 21 ans, entre le 6 juin i836, salle i, numéro 27.

Ches ce malade, la blennorrhagie date d’un

OBSERVATIONS PRATIQUES, - BLENNORRHAGIES. 315

mois; elle parut huit jours après un coït suspect; pendant les premiers jours , la maladie marcha avec beaucoup d’acuité et occasionna de vives douleurs qui disparurent bientôt, le malade s’étant soumis au régime et ayant gardé le repos; une quinzaine de jours après le début de la blennorrhagie, il eut recours au traitement par les bols d’Arménie et le vin de salsepareille ; d’abord l’écoulement diminua un peu, mais bientôt se déclara luie constipation très forte ; lés urines devinrent rouges; enfin , d’après lés expressions du malade, il fut pris d’un grand échauffement, à la suite duquel arriva une épididymite, pour le traitement de laquelle il entra à l’hôpital.

Aujourd’hui la blennorrhagie coule fort peu, sa matière est légèrement verdâtre ; il n’y a pas de dureté au canal, pas de douleur en urinant ou à la pression; à droite, il existe une épididymite à l’état aigu; l’affection est symphatique> le cordon et le corps du testicule sont sains, mais l’épididyme a quadruplé de volume; on place trente sangsues sur le trajet du cordon, on applique sur les bourses un cataplasme laudauisé.

On prescrit une bouteille d’eau de Sedlitz, afin de dégager le rectun.

Le 8, les symptômes d’acuité de l’épididymite

3i6 SECONDE PARTIE. - DECXlÈME SECTION.

ont im peu baissé ; toutefois on place vingt-cinq sangsues sur le trajet du cordon; on pratique sur les bourses des frictions avec un demi-gros d’onguent mercuriel. La matière de l’écoulement a paru un peu plus abondante.

On inocule le muco-pus venant de rurétre par deux piqûres à la cuisse droite ; on applique des cataplasmes sur les bourses.

Le 12, les piqûres d’inoculation n’ôiit rien produit. '

L’épididymiteabeaucoupdimïnué, on continue le même pansement par les frictions résolutives d’onguent mercuriel ; contre la blennorrhagie on donne des injections au sulfate de zinc.

Le 21, à l’épididyme, il ne reste qu’un noyau induré; on continue le même pansement.

La blennorrhagie coule fort peu, on ordonne le cubèbe à la dose de quatre gros.

Le 27, on applique sur le scrotum des compresses imbibées d’eau blanche.

On suspend les injections , contre la blennorrhagie; on continue le cubèbe.

Le 11 juillet, le malade sort guéri.

blennorrhagies. 317

Blennorrhagie ure'trale, epididymite ; inoculation sans résultat.

Moe.. Édouae», âgé de i8 ans, entré le lo octobre 1 835, salle i,

Ce malade, affecté d’une blennorrhagie dont il ne peut préciser la date , vu les nombreuses recrudescences qui se sont succédé, entre pour être traité d’une épididymite sympathique survenue à la suite d’un excès de table.

Aujourd’hui, sous l’influence de rirritation de l’épididymite , l’écoulement blennorrhagique est supprimé presque entièrement, et ce n’est que le matin qu’on aperçoit , à l’extrémité de la verge, quelques gouttes d’une matière blanchâtre ; on applique des sangsues sur le trajet du cordon et des cataplasmes sur les bourses.

Le 17, l’inflammation de l’épididyme a beaucoup diminué, mais la blennorrhagie a reparu assez ahondante; on donne des injections à l’acétate de plomb , on fait des frictions mercurielles sur le testicule.

Le 28 , on inocule le pus blennorrhagique à la cuisse gauche.

Le 30, la piqûre n’a rien produit; on continue les injections ; on donne les bols de copahu.

Le malade sort guéri, le 20 novembre.

3i8 SECONDE PARTIE. ^ — DEEXIÊSIE SECTION.

Blennorrhagie urétrale, épidiclymitc sympathique; inoculation du pus de la blennorrhagie sans résultat.

fiESK. . . JiicoLAs, âge de 21 ans, entre le 24 mai i835, salle i, nume'ro 54.

Il y a. deux mois, ce malade fut affecté de blennorrhagie; la maladie se montra deux jours après le coït, elle ne fut pas très douloureuse au début; jusqu’à présent, le nialade n’a faitaucun traitement; quatre jours avant son entrée, il s’est développé une épididymite à gauche.

Aujourd’hui l’écoulement est blanchâtre et très peu abondant; le deuxième, jour du développement de l’épididymite, il a été presque supprimé; le cordon est sain, on applique trente sangsues sur son trajet: sur le testicule, on fait des frictions avec l’onguent mercuriel et on place des cataplasmes.

Le 8 juin, l’épididymite est bien moins intense, la blennorrhagie est revenue assez abondante: on inocule son pus à la cuisse droite, on donne des injections à l’acétate de plomb et les bols de copahu.

Le 42, i’inoculatien du pus blennorrhagique. est demeurée sans résultat.

Le malade sort guéri, le 27.

OBSEÊVATIOKS TEATIQUES. — BLENNORRHAGIES, 3Î9

Bleniiorrliagie ui’étrale et e'picUJymites^'mpathiquejpiisdela blennoirhagiej inoculé sans résultat.

Paï,, JctiEN , âgé de i8 ans, entré le-So mai i836, salle i, numéro 8 .

La blennorrhagie date de six semaines ; elle s’est montréé huit jours après un coït suspect; il y a huit jours, à la suite d’un travail forcé, épididymite à gauche; le malade a beaucoup souffert au début ; il a eu de fortes coliques , des envies de vomir et du mal- de tète.

Aujourd’hui le testicule est peu développé; l’épididyme est assez gros, mais peu tendu; le cordon est sain. Prescription, vingt sangsues sur le trajet du cordon, cataplasmes; pour la blennorrhagie : injections au sulfate de zinc; avant tout on inocule le pus blanchâtre qui vient de l’urètre, à la cuisse droite.

Le 8, la piqûre n’a rien produit; on inocule de nouveau à la cuisse gauche.

On fait sur le testicule des frictions avec un demi-gros d’onguent mercuriel.

Le 9, tout v^a mieux; on donne les bols de copahu.

320 SECONDE PARTIE. - DEUXlÈSIE SECTION.

Le 10, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit.

Le malade sort guéri, le 20 juin.

Blennoi’rhagie uléro-vaginale, ulcération saignante du col, inoculation sans résultat.

Bü. . Sophie, âgée de 19 ans, entrée le 28 juillet i835, salle r, numéro i. .

Il y a quinze jours que la malade s’aperçut d’un écoulement abondant; elle éprouva de vives cuissons à la vulve.

Aujourd’hui rexamen au spéculum fait reconnaître la présence d’un catarrhe utérin purulent; le vagin offre ça et là des plaques rouges et comme excoriées ; sur le col, à la surface interne et antérieure de la lèvre postérieure, on aperçoit une ulcération saignante. On inocule le pus recueilli à sa surface à la cuisse droite.

Le 30, la piqûre d’inoculajion n’a pas réussi. On cautérise l’ulcération du col au nitrate d’argent; on ordonne les injections et le tamponnement avec l’eau blanche.

OBSERVATIONS PRATIQUES. - BLENNORRHAGIES. 321

Le 6 août, l’écoulement a beaucoup diminué. On cautérise^ on continue les injections et le tamponnement.

La malade sort guérie, le 26.

Blennorrhagie ure'trale , bubon indure' ; inoculation sans résultat.

Jac. âgé de i8 ans , enti'é le lo mai i836, salle 2 , numéro 26.

Chez ce malade, la blennorrhagie date de deux mois ; elle a presque toujours été indolente. Il y a une quinzaine de jours qu’il s’est développé un bubon du côté droit ; sa marche est lente ; il n’y a pas de douleur à la pression; il offre peu de volume , et depuis quelques jours parait demeurer stationnaire.

Aujourd’hui la matière de l’écoulement est abondante, blanchâtre et en grande partie muqueuse.

Le 12 mai, on inocule le pus blennorrhagique, par deux piqûres, sur la cuisse droite ; sur le bubon on applique la compression et des compresses imbibées d’eau blanche ; pour la blennorrhagie on donne le cubèbe ferrugineux à la dose de quatre gros par jour.

322 SECONDE PARTIE. - DEBXIÈHE SECÏiON.

Le 16> les piqûres d’inoculation n’ont rien produit.

Le bubon parait s’affaisser ; l’écoulement blennorrbagique a diminué.

Le 18, le bubon a prescjue tout à fait dispait. sous Finfluence de la compression ; on donne six gros de cubèbe ferrugineux ; il reste fort peu d’écoulement.

Le 24, il ne reste absolument rien à la place du bubon ; la blennorrhagie ne coule plus depuis deux jolirs.

Le malade sort guéri.

Blennorrhagie ure'trale , bubon sympathique ; inoculation sans re'sultat.

Be. . . . , âge' de 82 ans , entre le ti juillets 836, salle ij numéro 27.

Depuis trois mois, ce malade est affecté d’une blennorrhagie donc le début fut très douloureux, et pour laquelle, jusqu’à ce jour, il n’a fait aucun traitement.

il y a à peu près cinq semaines qu’un bubon s’est montré dans l’aine gauche ; sa marche a été sub-aiguë; aujourd’hui il a suppuré.

La blennorrhagie donne lieu à un écoulement

OBSERVATIONS PRATIQUES. - BLENNORRHAGIES. 323

blanchâtre assez abondant j il ii'y a pas de douleur et pas de dureté sur le trajet du canal de l’urètre.

Le bubon paraît largement décollé ; il y a de l’engorgeraent dur à la base, qui paraît embrasser quelques ganglions profonds.

Le 1 2, on ouvre le bubon^ sur lequel on applique des cataplasmes.

Le 1 8, on inocule le pus du bubon, par deux piqûres, à la cuisse gauche.

Le plis de la blennorrhagie est inoculé de même à la cuisse droite.

Comme résolutif, on fait des frictions sur le bubon avec de l’onguent mercurieL

On traite la blennorrhagie par des injections avec le sulfate de zinc.

Le 17, aucune des piqûres d’inoculation n’a produit; la blennorrhagie a fort peu diminué.

Le 21 , le bubon fournit beaucoup de pus , mais sa base a un peu diminué; ou continue l’onguent mercuriel et les cataplasmes. Contre là blennorrhagie, on joint aux injections les bols de copahu à la dose de deux gros par jour.

Le 30 , le bubon se résout, il reste peu d’induration; la blennorrhagie a presque totalement disparu.

On continue le même traitements

Le 4 août , le bubon est affaissé , on cesse les

appiications mercuriélles, on place des compresses d’éati blanche.

Le 1 0 , le malade sort guéri.

Blennorrhagie urétrale, lymphite et bubon sympathique ; inoculation sans résultat.

Nob. . âgé de 20 ans, entré le 3 janvier i836, salle 2, nuiriéro i4.

Chez ce malade, la blennorrhagie date de trois semaines ; à aucune époque de sa durée, elle n’a occasionné de douleurs. Il y a une dizaine de jours que, sur le dos de la verge, un lymphatique fut irrité, et une trace rouge, se dirigeant vers l’aine droite, a marqué son trajet; en même temps un bubon s’est développé.

On n’a fait jusqu’à ce jour aucun traitement; aujourd’hui la blennorrhagie fournit un écoulement abondant, dont la matière est blanc-verdâtre.

La trace rouge du lymphatique a presque complètement disparu; mais, au toucher, on sent le vaisseau induré.

L’engorgement ganglionnaire peu développé est tout à fait indolent et ne fait aucun progrès.

OBSEBVATIONS PRATIQDES. — BLENNORRHAGIES. 325

Le h, on inocule le pus de la blennorrhagie à la cuisse droite.

Le 8, la piqûre d’inoculation n’a rien produit; on inocule de nouveau.

Le 18, l’inoculation du .8 n’a produit aucun résultat. On place des cataplasmes sur le bubon, le malade ayant ressenti quelque douleur.

Le 23, on ordonne les injections avec l’iodure de fer, à la dose de demi-gros pour huit onces d’eau.

Le 1 0 février , la blennorrhagie coule un peu moins ; on porte la dose de l’iodure de fer à un gros, pour la même quantité de liquide.

Le 13j l’écoulement persiste; la matière est encore mucoso-purnlente.

On donne les injections à deux gros.

Le 1 T, il ne reste qu’un flux muqueux ; le malade n’éprouve aucune douleur dans le canal.

On porte la dose de l’iodure à trois gros pour huit onces d’eau.

Le 21 février, la blennorrhagie ne coule plus, on suspend les injections.

Le 3 mars, le malade sort parfaitement guéri.

326 SECONDE PARTIE. — DEUXIÈME SECTIifiN.

Blennorrhagie urétrale , bubon sympathique; inoculation de la blennorrhagie sans résultat.

Mei. . . , âgé de so ans , entré le 3o avril i3.3G, salle 3 , numéro 8.

L’affection blennorrhagique date de dix-huit mois; le malade n’a fait aucun traitement; il y a trois semaines que, huit jours après un coït suspect et à la suite d’excès de table , un bubon s’est développé à droite : sa marche est indolente.

Aujourd’hui on place des vésicatoires sur le buhon , on panse au sublimé, à vingt grains par once d’eau.

Le 10 septembre, on inocule le pus de la blennorrhagie à la cuisse gauche.

Le 16, la piqûre faite le 10 n’a rien produit; le bubon a beaucoup diminué sous l’influence des vé.sicatoires et des pansements au sublimé.

On donne contre la blennorrhagie des injections avec l’iodure de fer.

Le 22 , la blennorrhagie ne coule plus ; le bubon a presque entièrement disparu.

Le malade sort guéri, le 27 septembre.

OBSERVATIONS PRATIQUES. — BLENNORRHAGIES. 327

Blennorrhagie urétrale , bubon sympathique ; inoculation sans re'sultat.

Des . . âgé de 82 ans, entré le novembre i83G, salle 3,

numéro 24.

Il y a deux mois , ce malade fut affecté d’une blennorrhagie qui céda bientôt aux antiphlogistiques et à l’usage de la limonade nitrique. Il y a un mois et demi, qu’a la suite d’un travail très fatigant, il s’est développé, dans l’aine gauche, un bubon dont la marche a été sub-aiguë , et qui s’ouvrit seul, quelque temps avant l’entrée du malade dans l’hôpital.

Aujourd’hui la blennorrhagie est complètement guérie ; le bubon offre beaucoup d’empâtement à sa base,* la peau qui le recouvre est décollée en plusieurs points est d’un rouge livide ,* on remarque deux ou trois ouvertures ayant tout à fait l’aspect des trajets fistulèux.

Le 2, on inocule, à la cuisse droite, le pus recueilli sur un point du foyer qui paraît à la période d’ulcération; on divise les trajets; on enlève quelques lambeaux de peau.

Le 4, la piqûre d’inoculation n’a rien produit ; on cautérise le bubon et on panse au vin.

Le 8, on place sur le bubon des cataplasmes et de l’onguent mercuriel.

Le 10, la base de l’engorgement a presque tout à fait disparu.

Blennorrhagie ure'trale et bubon sympathique ; inoculation sans re'sultàt.

Chahv. . . ., âge’ de 28 ans, entre' le 19 avril i836, salle 2, numéro s.

La blennorrhagie date de deux mois à peu prés, et le bubon de quinze jours.

Aujourd’hui l’écoulement est abondant et blanchâtre. Ce malade ne souffre pas en urinant, von inocule le pus venant de Furétre.

Le 21, la piqûre d’inoculation n’a pas réussi; on donne les injections au nitrate d’argent, un quart de grain par once d’eau, et l’émulsion de copahu.

Le 4 mai, on ouvre le bubon et l’on applique des cataplasmes; pour la blennorrhagie, même médication par le nitrate d’argent et le copahu.

Le 7, la piqûre faite avec le pus de l’urètre n’a rien produit; la blennorrhagie a disparu.

Le 17, tout est guéri; le malade sort.

OBSERVATIONS PRATIQUES. •— BLENNORRHAGIES. 329

Blennorrhagie iiietralc , .suivie d’un engorgement ganglionnaire non suppuré; inoculation du pus de la blennorrhagie ; re'sultat négatif.

Col. . , âgé de 22 ans, enli’é le 3i mai i836, salle 3, numéro i.

Huit jours après un coït suspect, ce malade fut affecté d’une blennorrhagie aiguë , pour laquelle il ne fit aucun traitement.

Aujourd'hui la maladie a deux mois et demi de durée; l’écoulement se fait sans douleur; il est très abondant et puriforme. H reste à gauche un léger engorgement ganglionnaire, qui, depuis un mois, n’a pas fait de progrès.

Le 3 juin, on inocule le pus de la blennorrhagie à la cuisse droite ; on donne des injections au nitrate d’argent, et deux gros de ciibèbe, matin et soir.

Le 10, la blennorrhagie a presque tout à fait disparu; la piqûre d’inoculation n’a donné aiicun résultat; on continue les injections et le cubèbe.

Le malade sort guéri, le 1®" juillet.

Blennorrhagie urétrale, bubons indolents; inoculation du pus de la blennorrhagie sans re'sultat.

FEiin. . , , âgé de 22 ans , entré le 19 septembre i836, salle i, numéro 28.

La blennorrhagie a été contractée il y a un mois ; elle s’est développée huit jours après un coït suspect. D’abord très douloureuse^ elle passa, en quelques jours, à l’état chronique; deux bubons sub-inflammatoires se sont développés à droite et à gauche , et iis sont, aujourd’hui, très volumineux. Le malade n’a jamais eu de chancres; on ne trouve à la verge aucune trace de cicatrices d’ulcération ; la blennorrhagie est très abondante. Prescription : injections avec l’acétate de plomb; vésicatoires sur les bubons pansés avec la solution de sublimé à vingt grains par once d’eau.

Le 21 septembre, on inocule le pus de la blennorrhée, avant de commencer la médication, sur la cuisse droite.

Le 24, les piqûres sont cicatrisées.

Le 29, les bubons ont beaucoup diminué; on place le quatrième vésicatoire; on donne cubébe, quatre gros p r jour.

Le 12 octobre, tout est guéri.

OBSEBVATfOXS PRATIQUES. — BLENNORRHAGIES. 331

. Blennorrhagie ure'trale ; inoculation sans résultat .

Dei, .... LÉosî, âgé de 1 7 ans, entré le 3 mai 1 836, salle 3, numéro i .

Pour la première fois, il y a deux mois et demi, ce malade fut affecté d’une blennorrhagie, pour laquelle il fultraité par un autre médecin. Pendant cinq semaines, son traitement a consisté en cppalîu administré sous diverses formes. La maladie fut déclarée guérie, et le malade sortit de l’hôpital. Mais trois jours après, sans avoir eu de rapports sexuels et sans qu’il se fût exposé à aucun excès, la blennorrhagie a reparu, mais sans douleur. Prescription : injections avec le nitrate d’argent, un quart de grain par once d’eau. On inocule le pus de la blennorrhagie à la cuisse droite.

Le 6, les piqûres n’ont rien produit. Prescription : injections au nitrate d’argent; cubèbe, quatre gros en deux doses, matin et soir.

Le malade sort guéri , le 9 mai. Il est revenu à la consultation, huit jours après, et la blennorrhagie n’a pas reparu.

Blennori'liagie. Chancre de nouvelle infection; blennorrhagie nre'tro-gënitale ; ulcération granulée du col : inoculation sans résultat sur la malade et sur un sujet sain.

Soy. . Pôle, âgée de 28 ans, entrée le iC juin i835, salle i, numéro 21.

Cette malade contracta une blennorrhagie dans les premiers jours du mois de février. Après une vingtaine de jours d’état aigu , la maladie passa à l’état chronique sans qu’il fût fait aucun traitement; dés lors, la malade, qui crut n’avoir autre chose qu’une augmentation de fleurs blanches, se livra à des relations sexuelles qui, à deux ou trois reprises , amenèrent un état voisin de l’état aigu enfin , api'és avoir communiqué plusieurs fois la blennorrhagie , elle se décida à se présenter à l’hôpital pour se faire traiter de chancres contractés depuis une huitaine de jours.

Aujourd’hui On constate la présence de chancres confluents de l’entrée de la vulve et d’un écoulement très abondant. Après examen au spéculum, on trouve que la blennorrhagie à l’état aigu esturétro-génitale; le doigt introduit dans le vagin et pressant sur la convexité de l’urètre fait arriver le pus de l’intérieur du canal, dont les parois, vues à travers le méat urinaire, paraissent gonflées, mais sans érosion; la muqueuse vaginale

OBSEnVATIONS PRATIQUES. — BLENNORRHAGIES. 333

est rouge et granulée j le col, à travers lequel arrive le pus de la blennorrhagie utérine, présente , au museau de tanche, à la lèvre antérieure et à la postérieure , des ulcérations profondes ayant tout à fait l’aspect du chancre ; leur fond est couvert d’une membrane pulpeuse grisâtre ; à la commissure des lèvres, à gauche, on voit une ulcération superficielle granulée qui file dans la cavité du col.

Le 1 T , on donne un bain et l’on prescrit les injections émollientes.

Le 20 , on panse les chancres de la vulve avec la pommade au calomel et à l’opium.

Le 23 , on applique le spéculum et l’on cautérise la cavité de l’utérus et du col ; le nitrate d’argent est appliqué fortement sur les ulcérations, puis promené légèrement à la surface du col et du vagin; la malade n’éprouve aucune douleur par l’application du caustique; tamponnement avec de la charpie sèche.

Le 24 , l’écoulement a beaucoup donné depuis la cautérisation.

Le 25, la matière de la blennorrhagie est moins chargée de pus.

Les ulcérations du col se sont presque complètement débarrassées de la croûte pulpeuse qui recouvrait leur face.

On ordonne des injections avec de l’eau blanche depuis hier.

Le 30, les chancres de la vulve paraissent tendre vers la période de réparation ; les érosions du col ofFrent un fond rose , couvert de bourgeons j la suppuration est très active à leur surface; lés bords ne sont plus relevés; on prend du pus à la lèvre postérieure du col, et on l’inocule à la cuisse droite par deux piqûres , puis on pratique la cautérisation générale par le nitrate d’argent solide ; on tamponne avec de la charpie sèclie.

Le 7 juillet, l’écoulement a beaucoup diminué; la surface du vagin paraît saine et n’olfre plus de rougeurs iii de granulations; les mucosités arrivant à travers le col sont transparentes; les ulcérations de la lèvre postérieure sont presqu’au niveau des parties voisines; leur surface est en pleine réparation ; elles fournissent toujours beaucoup de pus : à la lèvre antérieure, on cautérise ; il n’y a plus qu’urie uleération partout granulée; celle de la commissurea disparu par l’action des cautérisations portées à l’intérieurdu col.

Par l’urètre , il ne vient plus dé pus, il y a seulement supersécrétion muqueuse.

On prend du pus sur rulcératiOn de la lèvre postérieure du col , et on Finocule sur le bras gauche d’un sujet sain, à la face interne, par deux piqûres; puis on inocule avec le même pus la cuisse gauche de la malade.

OBSERVATIONS PRATIQUES. - BLENNORRHAGIES. 335

L’inoculation du 30 juin n’a rien produit.

A l’aide du spéculum, on pratique une cautérisation générale en appuyant plus particuliérement sur les points ulcérés.

Le 10, les inoculations pratiquées sur le sujet sain n’ont rien produit. Il n’y a rien non plus à la cuisse de la malade.

L’écoulement a presque entièrement disparu | on fait des injections d’eau blanche*

Le 1 T, on examine les organes au spéculum j les ulcérations du col ont disparu ; les chancres de la vulve sont guéris depuis six jours.

Il n’y a pas d’écoulement ; la malade sort de l’hôpital .

Cliancre, bubon, blennorrhagié vaginale avec érosion superficielle du col; inoculation sans re'sultat.

Giîstil . Maegueiüte, âgée de 19 ans, entrée le 19 mai i835,

infirmerie , numéro 21.

La maladie date de quatre mois ; des chancres se montrèrent à l’orifice de la vulve en même temps qu’une blennorrhagie abondante; quinze jours plus tard , des bubons se développèrent des deux côtés, leur marche fut aiguë ; on les ouvrit, et ils prirent l’aspect de bubons symptomatiques.

iVujourd’hui les chancres et les bubons sont à la période de réparation; la matière de la blennorrhagie est verdâtre et chargée de pus. A l’aide du spéculum, on voit le col érodé superficiellement en plusieurs points, comme dans certains cas de balanite ; le vagin est rouge et couvert d’une sécrétion purulente ténue; les mucosités qui viennent de l’utérus paraissent transparentes.

On cautérise les chancres dont la surface est couverte de bourgeons granulés , ainsi que les bubons offrant la même période de réparation; on panse à la pommade- au calomel et à l’opium.

Le 21 , on inocule le pus recueilli à la surface du vagin, en arrière de l’anneau vulvaire, sur la cuisse gauche et par deux piqûres.

Le 26, les piqûres d’inoculation n’ont rien donné ; on continue les mêmes pansements.

On fait des injections à l’eau blanche.

Le 30, les chancres de la vulve sont guéris, ainsi que le bubon droit.

L’écoulement est toujours abondant.

On fait des injections au sulfate d’alumine.

Le 7 juillet, on cautérise, avec le nitrate d’argent, la surface du col et le vagin.

Le 10, l’écoulement a presque disparu.

Le 14, on examine au spéculum; le col et le vagin sont parfaitement sains.

La malade sort guérie.

OBSERVATIONS PRATIQUES. — BLENNORRHAGIES, 337

Chancre, blennorrhagie , abcès de l’èpididyme ; inoculation sans résultat.

Dac. . . ViCTOK, âgé de 20 ans, enli’é le 20 juin iS35, salle 1, numéro 60 .

Ce malade , affecté, depuis deux mois, d'une blennorrhagie qui s’est montrée six jours après le coït, et d’un chancre du frein qui fut contracté par suite de la déchirure de cette partie , a fait, jifequ’à ce jour, quelques essais de traitement, mais toujours sans, régularité^ aussi n’at-il obtenu aucune amélioration dans son état ; et, quatre jours avant son entrée à l’hôpital, il lui est survenu une épididymite.

Aujourd’hui l’écoulement urétral a lieu sans douleur; la matière blennorrhagique est blanchâtre ; au frein, il existe un chancre à la période d’ulcération; le cordon testiculaire est engorgé dans toute son étendue, et l’épididymeest très volumineux.

Contre la blennorrhagie, on ordonne les injections avec le sulfate de zinc et les bols de copahu; sur le scrotum on place des cataplasmes, et l’on fait des frictions avec de l’onguent mercuriel.

On panse le chancre avec la pommade au calomel et à l’opium.

â38 SECONDE P.lRTiÉ. ^ bSÜN-ÈÙÈ SECTION.

Le malade ne va pas à la selle depuis trois jours • on donne un lavement de sulfate de magnésie deux onces, et, vu l’inflammation de l’épididyme, on place vingt sangsues sur le trajet du cordon testiculaire.

Le 27 , l’écoulement bléiinorrhagique a diminué ; le chancre du frein a été cautérisé avec le nitrate d’argent; il y à moins d’inflammation du côté de l’épididyme, sür lequel on sent un point dur et bosselé.

Le 1 *’■ juillet , la blennorrhagie est presque tarie; lé chancre persiste , et moitié de la surface est encore à la période de progrès ; le point bosselé de l’épididyme paraît s’abcéder.

Le Ifl, le malade ne voit plus que quelques gouttes de pus bîennorrhagiqiie, le matin ; le chancre est en pleine voie de cicatrisation ; le point abcédé Sur l’épididyme est ouvert, et l’on inocule son pus à la cuisse droite.

Le 17, la piqûre faite avec le pus de l’épididymen’a rien produit; la blennorrhagie est guérie, le chancre presque cicatrisé; le foyer de l’alïcés donné peü de pus; on place des compresses d’eau blanche sur le scrotum.

Le malade sort guéri, le 8 août.

OBSÈRVATIOiîfS PRÀtlOÜES. — BLENNORRHAGIES. 339

Phimosis, bàlanlto avec érosion ; ihocülation sans re'sultai.

ReS... âgeds 21 ans, ciitrë le g iriâi i8-36, salle 2, ntinicro ibi

Sans poiitOif précisëi’ d’iine lîiàriiêrë bièh exaétë îé début de là ïtialadré, depuis quinze jours à peu près, cèîiîalàdè à épfoütë, au gland, des dtiîsSôns âsSéz vives. Dii reste, if est affecté d’uii pbitîïb'sis coiigéiiial qui lui permettait de déeOuvrîd ütie partie dü giànd. îlepUis l’épbqUe indiquée, lë prépUcë ëst devenu cedématëux , et les douleurs ont beaucoup augmenté; il n’éprouve en urinant aucune douleur qu’il puisse rapporter au canal de Furétre; il souffre seulement par suite du contact de i’urine avec la portion excoriée du limbe du prépuce. Autant que l’on peut s’en assurer, le pus abondant qui s’écoule par cette ouverture ne vient pas de Furétre. On inocule le püs recueilli sur les parties érodées de la portion du gland que Fon peut découvrir à là cüisSë droite ; preScriptioît , vifigtcihq sangsues àü pénil, applications éiiïolliëntes et opiacées.

Le 11 mài, la piqûre èst rouge, mais ndri vësiculeuse; Fœdéme dü prépucë à beaucoup diminué; on peut corislàler la présence d’uûe bàl

nitè avec des érosions du gland disposées par plaques et étendues jusqu’à sa liase; la partie interne du prépuce offre aussi de larges points érodés j on cautérise toute la surface avec le nitrate d’argent, et l’on place un linge sec entre le gland et le prépuce. La douleur, très vive d’abord, atout à fait cessé au bout d’une demi-heure.

Le 12, le prépuce n’offre plus d’oedéme; les surfaces malades sont presque sèches et sans douleur ; la piqûre de l’inoculation est un peu vésiculeuse et pointue. Le 16, la balanite est complètement guérie; la vésicule d’inoculation est sèche. Le malade sort guéri , le 17.

Balanite avec érosion; buhon sympathique : inoculation du pus de la balanite et de celui du bubon ; résultat négatif.

I/AfT... Antoine, âgé de 22 ans, entré le 21 novembre i836, salle I, numéro 21 . , -

Le malade, affecté de phimosis congénial, ne peut préciser l’époque à laquelle la balanite s’est établie; seulement il dit que, depuis un mois, les douleurs sont très fortes, et que le prépuce est devenu œdémateux. Il y a quinze jours, un bubon se montra à gauche; sa

OnSEUVATIOXS PRATIQUES. - BLEXNORRnAGlES. 341

marche est sub-aiguë, et le malade accuse peu de douleur.

Aujourd’hui on peut découvrir le gland , qui offre plusieurs érosions, dont quelques unes, plus profondes , ont leur siège à gauche près du frein.

Le 23, on inocule le pus de la balanite sur la cuisse droite; on cautérise au nitrate d’argent toute la surface malade ; puis on place un linge sec entre le gland et le prépuce.

Le 26, il ne reste que quelques points érodés prés du frein ; la piqûre d’inoculation, qui d’abord avait paru suivre une marche régulière de développement, s’est séchée sans donner de résultat; le bubon a été pansé avec des cataplasmes.

Le 12 décembre, on ouvre le bubon. Le gland est guéri.

Le 14, on inocule le pus du bubon à la cuisse gauche.

Le 17, la piqûre d’inoculation n’a rien produit; on cautérise le foyer du bubon, qui paraît en bonne voie de réparation.

Le malade sort guéri, le 30.

342 SKÇOXRE PAfgiE. — DE|iX:!ÈEE SECTIQX'.

Balanite avec érosion , blennorrhagie , bubon; inoculation sans résultat.

Lkm . . îigé tle 34 ans, entré le i4 novembre i835, salle i,

numéro :5.

I| y a yirigt jours , ce iBala4p s’apergnt d’une érosion vers la base gl‘3nd ; bientôt après sqryint une blennprrliagip » et enfin UU l>ubou se 4éveloppa à droite.

Aujourd’hui le gland érodé pfFre une partie de sa surface en réparntip.ri j la blennorrhagie, dou*^ lu ntarche a été très aigue ? PU“ raît peu abondante et sanieuse; le bubon a suppuré.

Le 1 8 , on ouvre le bubon et l’on inopule son pus à la cuisse ganebe; le pus de l’UÎcération , en forme de vésicatoire , qui siège sur le gland , est inopulé à la partie supérieure de- H cuisse gauclie , et celui de la blennorrhagie a la même cuisse, partie inférieure 5 on cautérise rérosjon du gland et l’on plape dessus de la charpie trempée dans l’eau blanche ; on place des cataplasmes sur le bubon; pour la blennorrhagie, on cautérise l’intérieur du canal avec le portecaustique de Lallemand.

OBSEEVATION’S PRATIQUES. - BLESNORRIIAGIES. 34-3

Le 21 , les inoculations n’ont rien produit, et le malade sort guéri.

Balanite avec érosion, bubon inoculé sans résultat.

I.ESP, . . Jeas , âgé de aG ans, entré le aojiiin i835, salle i , numéro 5i.

Quinze jours après un coït suspect, ce malade fut affecté d’une balanite j on remarquait quelr.ques excoriations vers la base du gland? dix jours après le début de la maladie, un bubon s’est développé, sa marche a été sub-aiguë; aujourd’hui il a suppuré; aucun traitement n’a été fait.

Le 21 juin, on inocule le pus du bubon sur les deux cuisses, on traite la balanite par la cautérisation au nitrate d’argent et l’interposition d’un linge sec entre le gland et le prépuce.

Le 26, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit.

Le 27, on inocule de nouveau aux deux cuisses; le bubon a peu de tendance à la cicatrisation; les lèvres de l’ouverture demeurent écartées et comme ulcérées.

Le 25, les piqûres d’inoculation sont rouges et pointues.

3i4 SECONDE PARTIE. - DEUXIÈME SECTION.

Le 1®’’ juillet, rien ii’a pris; on inocule à la cuisse droite le pus recueilli sur un point à l’état d’ulcération.

Le 3, les piqûres n’ont rien donné; on cautérise le foyer du bubon, on panse au vin.

Le 4, nouvelle inoculation, sans résultat; on cautérise au nitrate d’argent, et l’on panse, au vin aromatique, la plaie, qui a pris un aspect fongueux.

Le 20, le bubon est guéri sous l’influence des cautérisations et du vin ; on applique quelques compresses imbibées d’eau blanche.

Le malade sort guéri , le 24 j uillet.

Balanite avec e'i'OFÎon 3 inoculation sans résultat.

Bax.. ., âgé de 26 ans , entré le 24 mai i834, salle 2, numéro 18.

Ce malade, affecté d’un phimosis incomplet, s’écorcha le gland pendant un coït suspect, il y a dix-huit jours. Depuis, tout le prépuce s’est œdéniatisé; le gland a gonflé, et il s’est établi une bâlano-posthite très douloureuse. Sur le gland et sur la muqueuse du prépuce, on remarque des plaqties légèrement ulcérées, et qui paraissent proverdr d’une destruction de la muqueuse; la

OBSERVATIÔXS PRATIQUES. - 3LENN0RRHAGÎES. 35-5

suppuration est abondante, sanieusej le limbe du prépuce est fendillé; il ne vient pas de pus de l’urètre.

Le 21, on inocule le pus recueilli à l’orifice du prépuce sur la cuisse droite, par deux piqûres; on cautérise, avec le nitrate d’argent, la muqueuse du gland et celle du prépuce; on fait des injections de vin aromatique.

Le 27, la maladie a presque disparu; il ne reste qu’une ulcération au frein ; on la cautérise, et on place un linge sec entre le gland et le prépuce.

Le 28, les piqûres d’inoculation faites le 25 n’ont rien produit.

L’ulcération du frein est en bonne voie; on continue la cautérisation légère et le vin aromatique.

Le malade sort guéri, le 31 mai.

Cliancrc a la période de réparation, balanite; inoculation sans résultat.

Lerg. . . , â"é de aG ans, entré le 24 mai i83G, salle 2, numéro 26.

Ce malade, affecté d’un phimosis naturel, ne peut préciser l’époque à lac|iîslie débutèrent des

chancres à la base (lu gland et de la partie interne et siipérieuré du prépuce. Il y a à peu près un mois, il les vit, après avoir découvert le gland avec beaucoup de difficulté. Depuis lors, le prépuce (levintoBdéiuateux, et il s’établit une balanite, Il y a une dizaine de jours que des taches de syphilide lenticulaire se sont naontrées sur le tronc et sur les bras ; à la place du chancre on sept de l’induration ; il n’y a pas de blennorrhagie; le canal de. Furétre n’offre pas de dureté; pas d’engçrgement dans l’aine.

Le 27 mai, on inocule le pus de la balanite, pour s’assurer si les chancres du gland et du prépuce sont encore à la période d’ulcération, par une piqûre à la cuisse gauche.

Qn traite la balanite par les moyens ordinaires: la cautérisation au iiitrate d’argent et le linge sec introduit entre le gland et le prépuce.

Le 3 juin, la piqûre d’inoculation n’a rien produit; Fériiption de la syphilide lenticulaire a fait peu de progrès.

On donne les pilules de proto-iodure de mercure, le sirop et la tisane sudorifiques.

Le 25, la syphilide pâlit j l’induration des chancres commence â disparaître.

La balanite ne fournit plus de pus.

Le malade sort guéri, le 12 août.

ODSERyATJQîTS PBATfQUES, — BLENNORRHAGIES. 347

Balanite ; inqculatipn sans fpsultat.

Gie. .. J âge de aG ans , entre' le. 3 juillet i8.36jSalle !,nuine'ro 5.

Depuis quatre ans, ce malade est affecté d’une balapitp chronique, qui passe à l’état aigu à la suite du moindre excès de boisson ou de relations sexuelles. A chaque recrudescenee, le seul traitement mis en usage a été quelques bains locaux, pendant trois ou quatre jours, puis une espèce de lavage par burine retenue en pinçant le limbe du prépuce ; mais, toujours, il restait quelques points excoriés vers la base du gland et près du frein.

Il y a dix jours que la maladie est passée à l’état aigu; la sécrétion purulente est considérable; la surface du gland est semblable à celle d’un yésicatoire.

Le 6 juillet, pn inocule le pus delà balanite, par deux piqûres , sur la cuisse droite.

On cautérise avec le nitrate d’argent; on interet pose entre les muqueuses un morceau de linge sec.

Le 9 , les piqûres d’inoculation n’oiit rien produit; réçQulement de la balanite a beaucoup diminué.

On cautérise de nouveau.

Guérison complète, le 23 juillet.

Balanite avec érosion superficielle j inoculation sans résultat.

P. . . , ù'gi,é (le'aG ans, entré le ai mal i836, salle 3, numéro 7.

Ce malade, affecté d’un phimosis naturel, s’aperçut, à la suite d’une blennorrhagie qui dura près de huit mois, de quelques végétations près du frein ; elles furent excisées, et bientôt après il s’établit une balanite peu intense.

Il y a huit jours que, sans cause appréciable, la balanite a passé à l’état aigu; il y a beaucoup de suppuration; le prépuce est gonflé, rouge et douloureux; à la partie interne, on voit sur la muqueuse des points légèrement érodés.

On inocule à la cuisse droite, par deux piqûres, le pus recueilli au limbe du prépuce. .

On cautérise circulairement avec le nitrate d’argent.

On injecte de Feau blanche entre le gland et le prépuce ; puis on interpose un plumasseau de charpié sèche.

Le 2T > les inoculations n’ont rien produit.

Le 3 Juin , tout est guéri; le malade sort,

OBSJERVATIOKS PRATIQUES. - BLE?iNORRHAGlES. 349

Balanite avec érosion et ulcéralion du limbe du pi’e[)uce ; inocu lalion sans re'sullat.

jAQi:EM..,,âge'de3o ans, entré Ie4 jnillet i835, salle i, numéro 35.

Il y a deux mois que ce malade fut affecté d’une blennorrhagie qui se montra huit jours après le coït supposé infectant ; elle fut d’abord très douloureuse ; puis, par suite d’un régime antiphlogistique et de quelques bains, la maladie passa à l’état chronique; de temps en temps, il y avait quelques recrudescences; les tisanes de graine de lin , de guimauve ont été les seuls médicaments employés. Depuis douze jours, il s’est déclaré une balanite avec œdème du prépuce, dont le limbe paraît ulcéré en plusieurs points ; à la portion inférieure, surtout, on voit desfentes assez profondes.

Aujourd’hui le prépuce, très infiltré, forme un phimosis assez intense, et la balanite fournit une très grande quantité de pus verdâtre. On place trente sangsues au pénil ; on fait des lotions avec la décoction concentrée d’opium. Le pus, recueilli dans une des fentes du prépuce, est inoculé , par deux piqûres , sur la cuisse droite.

350 SECONDÉ rirriÉ. — DECxiÈ-nÈ sEctîô^; etc.

Le 8, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit; le prépuce est bien moins irifdtré;

On ne sent pas d’iUduratîon sur le gland, dont on cautérise la surface, ainsi que celle de la muqueuse du prépuce, avec le nitrate d’argent prcméné circuiairement ; puis on fait des injections avec l’eau de Goulard.

Lé 9, oh peut découvrir le giàiid> sUr lequel on né vhit âüCUné tracé de cliancre ; il hé vieUt fias dé pus par lë ëanal de Furétrë; le prëpticë ëst partout cicatrisé.

Le 1 1 , le malade sort guéri.

2® PART. - SËCf. — ’ OBS. PUAT. — BLBOAS. 351

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