‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 14 sur 56 · TROISIÈME SECTION · texte numérisé non relu

TROISIÈME SECTION

INOCtJ LAITON DU PüS FOURNI PAR LES BUBONS.

Chancre et bubon s}’mptoniatic;u,e j inoculation avec résultat.

Mien. âgé de i8 ans, entré le 3 oeiobre i83.5, salle i, numéro 68.

Le malade ne petit préciser le début de ririfecîion; elle remonte aii moins à deux mois. II y a üiïe vingtaine dé jours qu’un bubon s’est montré à droite; c’est aussi à droite, près du frein, que siège ié ciiâncré, dont presque toute la surface oflre les marques de la période de réparation; il n’y a pas d’induration à sa base.

Le bubon màrcbe ïénleniént; vers son sommet, oii sent un peu dé fluctuation; la tumeur est superficielle; le point fluctuant paraît appartenir à un ganglion seul ; la masse ambiante du tissu

cellulaire elles glandes inguinales sont engorgées.

0)1 cautérise le ehancre et l’on panse au vin aromatique.

Sur le bubon, on place un vésicatoire qu’on pansera avec Fonguent mercuriel.

Même pansement jusqu’au 21 , sans autre changement notable ; seulement, la suppuration paraît s’étendre en largeur.

Le 22, on ouvre le bubon qui donne une assez grande quantité de pus. rougeâtre. Le foyer est profond, de forme sphérique. On inocule le pus à la cuisse droite par une piqûre.

Le chancre du frein est guéid sous rinfluence de la cautérisation et du panserrient au vin.

Le 24, l’inoculation du 22 a pris, et la pustule est large et bien développée; on l’ouvre et on inocule son pus à la cuisse gauche.

Le 2T, l’inoculation du 24 a pris; la pustule est formée ; on la déchire,- et, au dessous, on voit l’ulcère chancreux entamant toute l’épaisseur de la peau.

On panse les deux inoculations ainsi que le bubon au vin aromaticjue; on cautérise au nitrate d’argent.

La suppuration paraît s’étendre dans la masse indurée qui enveloppait, en quelque sorte, le .ganglion suppuré; la tumeur s’affaisse, mais il se produit du décollement.

OBSERVATIONS PUATIQUES. - BUBONS. 353

Le 1 "■ décembre, les inoculations sont en bonne voie de guérison.

La peau qui recouvre le bubon se détruit par une ulcération rapide, et le foyer se montre.

On fait des applications de vin aromatique.

Le 10 mai, mieux marqué; la période de réparation commence.

On continue le même pansement.

Le malade sort guéri, le 30.

Chancre ; bubon S3"mpiomatique , inoculé sans résultat le premier

jour , puis donnant la pustule caractéinstiquédu chancre.

Mabcii. . ,, âgé de 27 ans, entré le i8 juin i836, salle i, numéro 42.

Le chancre siégeant près du frein a débuté il y a cinq semaines ; il fut traité d’abord par la salsepareille.

Il y a douze jours qu’un bubon s’est piontré à gauche. Aujourd’hui, le chancre est à la période de réparation; le bubon est abc'édé; on ouvre et on inocule, au moment de l’ouverture, à la cuisse gauche par deux piqûres.

Le pus du chancre est inoculé à la cuisse droite par une piqûre.

Le 1 7, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit ; les lèvres de l’incision faite sur le bubon se sont ulcérées»

On inocule de nouveau le pus du bubon à la cuisse gauche.

On cautérise le chancre et l’on panse au vin aromatique.

Le 24, les piqûres faites le A 1 ont réussi, elles pu tules sont très belles.

Le chancre est guéri; on cautérise le bubon et l’on panse au vin aromatique.

Le 26 5 on cautérise au nitrate d’argent la pustule inférieure, quoique rés développée, on espère la détruire ; il y a peu d’amélioration du côté du bubon.

Le 3 juillet, la pustule cautérisée le 26 juin est presque détruite; on cautérise profondément le chancre résultant de la pustule supéiieure qu’on avait laissée marcher, et l’on panse au via. Le bubon conserve de l’induration vers la base; on le panse au cérat calomel.

Le 42,.le chancre de là cuisse a été modifié par la cautérisation ; son fond est rosé; il n’y a pas d’induration à îa base; on le panse au vin.

Le 20, il y a du mieux dans le buhon ; le fond du foyer se déterge; l’induration commence à disparatre.

Le 30, il ne reste que fort peu de dureté à la

OBSEfiVATIONS PRATIQUES. — BUBONS. 355

base; on continue le pansement au cérat calomeL Le chancre de la cuisse est guéri.

Le 4 août, la cicatrisation du bubon fait des progrès rapides; on cautérise les bourgeons charnus.

Le malade sort guéri, le 8 août.

Chanci’ef bubon s^^mptoniütique , inocuîalion arec résultât.

Rica.. . 5 îigé de 3f> ans, entré le 24 octobre,! 835, salle i, nuniéro %.

Ce malade porte, à la racine du gland, des chancres peu développés et qui, pour la plupart, sont a la période de réparation. Il ne peut préciser le début de la maladie; seulement il dit que le bubon abcédé qu’il a au côté gauche s’est développé il y a quinze jours. Sa marche a été aiguë et douloureuse; la peau est rouge, adhérente; la base de la tumeur n’offre pas d’induralion ; elle a pour siège les ganglions superficiels. Sur le dos de la verge, on remarque un lymphatique formant un trajet dur, indolent qui part d’un chancre assez grand du côté gauche de la racine

du gland pour se diriger vers le bubon du meme côté.

Le 27 octobre, on ouvre le bubon dont il sort beaucoup de pus.

On cautérise les chancres du gland, sur lesquels on applique la pommade au calomel et à l’opium.

Le 30, les bords de l’ouverture du bubon paraissent ulcérés.

On prend du pus au fond du foyer, et on inocule à la cuisse droite .

Au gland, il ne reste que le chancre de gauche; les autres ont disparu sous l’action de la pommade et de la cautérisation au nitrate d’argent.

Le i®'' novembre, les deux piqûres d’inoculation faites le 27 octobre ont fourni les pustules caractéristiques. On cautérise les pustules inférieures avec le nitrate d’argent.

Le chancre de la verge est en pleine voie de réparation.

On cautérise le foyer du bubon dont le fond paraît s’élever peu à peu.

Le 8, on cautérise la deuxième pustule d’inoculation, qui,’ déjà, était couverte d’une croûte épaisse cachant l’ulcération chancreuse.

On applique le vin aromatique sur le bubon, et l’on cautérise au nitrate d’argent.

Le 12, il ne reste aucune trace de la piqûre

d’inoculation cautérisée le 1" novembre; celle qu’on avait laissée marcher jusqu’au 8 a résisté au nitrate; on la panse au vin aromatique. Le bubon va mieux; son fond s’est élevé et produit, presque partout , les. bourgeons charnus de la période de réparation.

On continue le même pansement.

Le malade sort guéri, le 27.

Chancre; blennorrhagie; bubon symptomatique, inoculation avec résultat.

Fac, , , dgé de 22 ans , entre' le 3o septembre i836, salle 3, nume'ro 7.

11 y a deux mois que ce malade contracta une blennorrhagie. Quinze jours plus tard, il s’aperçut de l’existence d’un chancre occupant la partie inférieure et gauche du frein. Enfin, quatorze jours après l’apparition du chancre, un bubon se développa dans l’aine gauche; sa marche a été sub-aiguê.

Aujourd’hui la blennorrhagie est peu intense; cependant l’écoulement est verdâtre; il y a de la douleur en urinant.

338 SECONDE PARTIE. — TROISIÈME SECTIOîf.

Lechancrè, dans une partie de sa surface, offre les caractères de la période de réparation; il u’y a pas d’induration à la base.

Le bubon, assez volumineux, paraît avoir son siège dans les ganglions superficiels et donne^ à son sommet , une sensation assez prononcée de fluctuation; toutefois il paraît y atoir peu de pus ; il y a adhérence à la peaü et à la base.

Ou ouvre le bubon et l’on inoCule son pus à la cuisse gauche par une seule piqûre ; le pus de la blennorrhagie est inoculé à la cuisse droite.

On cautérise le chancre du frein et on le panse au vin aromatique.

Contre la blennorrhagie, on donne les injections au nitrate d’argent , et le cubébe à la dose de quatre gros.

Le 3 octobre, les piqûres d’inoculation faites le 30 septembre n’ont rien donné, pas même de rougeur. Cependant les bords de ï’ouverlure du bubon se sont ulcérés et présentent rappàféhcë chancreiise. On inocule de nouveau le pus du bubon à la cuisse gauche.

On continue le traitement indiqué.

Le 7, la piqûre d’inoculation faite, le 3, avec le pus du bubon a produit la pustule caractéristique; on la détruit par la cautérisation au nitrate d’argent.

L’éct ulement blennorrhagique a beaucoup di-

miiiué ; le chancre, sous l’influence des pansements au vin aromatique et de la cautérisation, offre partout les marques de la période de réparation.

Le bubon, pansé avec des cataplasmes et cautérisé, va mieux ; l’engorgement de la base disparaît ; la sécrétion purulente a beaucoup diminué; on cautérise le fond du foyer.

Le 12, le chancre est presque guéri; la blennorrhagie donne une matière blanchâtre; il nj a pas de douleur en urinant.

Le bubon, dont le fond s’est soulevé, offre l’apparence d’une plaie plate ; on le cautérise et oii applique les pansements au vin aromatique.

Le 20, la blennorrhagie a disparu; le chancre est guéri depuis trois jours.

Le bubon offre les bourgeons de la période de réparation.

On continue les cautérisations et les pansements au vin.

Le 27, le bubon est presque guéri ; on cautérise superficiellement, de manière à faire sécher la plaie.

Le 1"^ novembre, le malade sort guéri. Il ne reste pas d’induration à la base du bubon.

Cbancre: bubon symptomatique , inoculation avec résultat.

Bast. . . , ilgé tle i8 ans. entré lê 24 octobre i835^ salle i,

Il y a six semaines que, huit jours après un coït suspect, un chancre s’établit sur la peau de la verge ; sa présence avait été notée dés le troisième jour ; il débuta par une pustule qui n’a été rompue que le huitième jour ainsi que nous l’avons dit. Presqu’à la même époque, un bubon se montra à droite et fut traité par les sangsues et les vésicatoires ; il disparut et laissa à peine un léger engorgement dur. Les chancres furent guérisparla cautérisa tionj mais, une douzaine de jours auparavant, le bubon s’enflamma, et la suppuration devint manifeste au quatorzième jour.

Aujourd’hui, à la place du chancre cuiané de la verge, il ne reste plus d’induration.

Le bubon a largement suppuré; on l’ouvre le 25 ; il vient beaucoup de pus rougeâtre ; le foyer est vaste ; il y a de l’engorgement à la base.

On applique des cataplasmes.

Le 28, on inocule le pus du bubon, sur la cuisse

droite, parune seule piqûre; les bords de rincision d’ouverture paraissent ulcérés.

Le 30, la piqûre d’inoculation a pris et fourni la pustule caractéristique.

Le novembre, on détruit, par le nitrate d’argent, la pustule d’inoculation.

On cautérise le foyer du bubon et l’on panse avec la pommade au calomel et à l’opium.

Le 10, on place des cantharides en poudredans le foyer pour obtenir le recollement des parties.

Le 1 5, il y a mieux marqué; les bourgeons charnus se sont développés.

On cautérise superficiellement.

Le 18, la cicatrisation du bubon marche.

On panse avec des compresses trempées dans l’eau de Goulard.

Le malade sort guéri, le 30.

Chancre; bubon symptomatique, inoculation avec re'siillat.

Bak. . , Agé de 23 uns , entre le 21 juillet i835, s.alle i, numéro sG.

Le malade ne peut préciser d’une manière exacte le début de sa maladie. Au jour de son en-

trée, les chancres de la couronne du gland sont, en partie, à la période de réparation; il porte, à gauche, un bubon qui a débuté il y a huit jours et dont la marche est aiguë.

Le 22 , sur le bubon , on place vingt sangsues; on cautérise les chancres et l’on panse au vin aromatique.

Le 28, les chancres sont presque guéris , mais le bubon marche : on sent déjà de la suppuration.

Le 9 août, on ouvre le bubon et l’on inocule son pus à la cuisse gauche par une piqûre ; les chancres du gland sont guéris.

Le 15, la piqûre d’inoculation paraît avoir réussi ; mais elle se développe lentement.

Les bords de l’incision faite sur le bubon ont pris la forme ulcéreuse.

On cautérise au nitrate d’argent.

Le 18, la pustule d’inoculation a marché , elle est, aujourd'hui, caractéristique; on la détruit par la cautérisation.

Le 21 , la pustule a complètement disparu par la cautérisation.

Le bubon a peu de tendance à la réparation ; la peau qui recouvrait le foyer a été détruite par l’ulcération.

Le 29, l’aspect du foyer a un peu changé; il se produit quelques bourgeons charnus, marques de la période de réparation.

ÔBSERVATIOISS PRAtiQüES. — BUDONS. 363

On inocule, à la cuisse droite, le pus recueilli sur un point de la surface qui paraît encore à l’état ulcéreux.

Le 2 septembre , la piqûre d’inoculation n’a rien produit ; toute la surface est à la période de réparation.

On cautérise légèrement afin de cicatriser.

Le 6 , la cicatrice est formée presque partout ; on applique des compresses imbibées d’eau de Goulard.

Le 7, le malade sort guéri.

Chancfcs; bubons symptomatiques, inoculation sans résultat le jour de l’ouverture, et fournissant la pustule par l’inoculation faite le lendemain.

Càb; . . . îlgé de 27 ans, entré le 7 septembre rS36, salle à, numéro 10.

Il y a à peu près un mois que ce malade contracta un cbancre dont il ne nota la présence sur la peau du prépuce que buit jours après le coït ; huit jours plus tard , se montrèrent des bubons à droite et à gauche ; leur marche a été aiguë.

Aujourd’hui le chancre est à la période de réparation ; les bubons abcédés n’offrent pas d’engorgement à la base et paraissent tout à fait

superficiels; sur le dos de la verge, on sent un cordon dur , résultat de Tinflainmation d’un lymphatique qui , d’après ce que dit le malade , était rouge et gonflé au moment du début des bubons et arrivait jusqu’à l’aine gauche.

11 ne reste que de l’induration , ou tension lymphatique ; le bubon gauche s’est ouvert seul il y a trois jours; les ouvertures ont leurs bords arrondis et paraissent ulcérées. .

Le i 0 , on ouvre le bubon droit et l’on inocule son pus à la cuisse droite ; le pus du bubon gauche est inoculé à la cuisse gauche.

On cautérise au nitrate d’argent le chancre occupant le limbe du prépuce ; on fait le pansement au vin aromatique; dans les deux bubons, il y a beaucoup de décollement; on applique des cataplasmes.

Le 1 2, l’inoculation, du côté gauche, faite avec le pus du bubon, ouvert spontanément trois jours avant l’entrée du malade, a produit la pustule caractéristique. Sur la cuisse droite , l’inoculation du pus du bubon droit, faite le jour de l’ouverture , n’a rien produit.

On inocule de nouveau le pus du bubon droit à la cuisse droite.

Le 1 3 , on cautérise la pustule de la première inoculation; la deuxième, faite le 12, a réussi. Pour le chancre, même pansement.

Le 1 6 , on place de la poudre de cantharides dans le foyer des bubons, afin de favoriser la production des bourgeons charnus, à l’aide desquels on puisse obtenir le recollement; on cautérise; les chancres sont guéris.

Le 1 8 , les bubons sont en pleine voie de réparation; on panse au vin aromatique.

Le malade sort guéri, le 4 novembre.

Chancre ; bubon syniptomatiqae, inoculation avec résultat.

Eip.., âgé de 3o ans, entré le i6 septembre i836, salle 2, numéro g.

Le malade ne peut préciser l’époque à laquelle il a contracté des chancres au frein ; il n’a fait aucun traitement'; il y a vingt jours qu’un bubon s’est développé à droite ; sa marche a été très aiguë; il a suppuré et s’est ouvert spontanément, il ya huit jours.

Aujourd’hui le chancre du frein est en voie de réparation ; le foyer du bubon, peu étendu et superficiel, paraît avoir appartenu à un seul ganglion : il n’y a pas d’engorgement à la base; les bords de l’ouverture spontanée se sont ulcérés.

Le 1 7 , on inocule le pus du bubon à la cuisse droite ; on cautérise les chancres du frein ; on

panse 'vin aromatique. Même médication pour le buboiii

Le 21 , on cautérise la pustule d’inoculatioa ^ le chancre du, frein est guéri.

Le malade sort le 23 novembre.

Chancres J bubon symptomatique, inoculatiou àvecre'saltat.

Bohl. . , âge de 26 ans^ entre' le 2 mai i835, salle i,. numéro 48.

Trois semaines après un coït suspect , ce malade s’est aperçu de la présence, de deux petits chancres auprès du frein et, presqu’en même temps, il a senti , à droite et à gauche, des bubons se développer. Il parait, du reste, d’après les aveux du malade,, que ce n’est qu’au moment où il a éprouvé de la douleur dans l’aine qu’il a examiné sa verge et a trouvé les ulcères peu étendus, et aujourd’hui en pleine voie de répara,tioii. Sans avoir fait aucun traitement, il entre quinze jours après le début des bubons, qui ont suppuré et dont la marche a été aiguë : il y a beaucoup de décollement, surtout à droite.

Le 4 mai , on ouvre le bubon droit ; on cautérise les chancres ; on panse au vin aromatique.

Le 8, on ouvre le bubon gauche; sur l’abdo-

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