ACCIDENTS SECONDAIRES ET TERTIAIRES
Tous les accidents consécutifs aux chancres , comme le chancre lui-même, peuvent se guérir spontanément , souvent sans explications possibles , d’autres fois à la suite de certaines conditions plus ou moins appréciables, telles que des sueurs accidentelles , un changement dans le régime alimentaire, dans les travaux du corps, dans le climat ; dans l’action dite critique de maladies concomitantes , etc. Mais , si beaucoup de bons observateurs ont noté des faits curieux dans ce sens, il faut convenir que ce sont les cas les plus rares, et que la syphilis constitutionnelle est peut-être, de toutes les maladies, une de celles qui réclament le plus impérieusement les secours de l’art.
TROïSlÈHE PARTIE. - TîlÉRAPEüTIQtJE.
Ce principe posé, disons que , si tous les médecins ne sont pas d’accord sur les soins que réclament les accidents prirriitifs, et sur les précautions à prendre pour prévenir les accidents secondaires, on est loin de s’entendre lorsqu’il s’agit du traitement de la vérole confirmée. Pour moi, voici ce. que les faits recueillis à ma clinir que m’ont appris :
Époque à laquelle il faut commencer le traitement. Il faut traiter, le plus promptement possible, les premiers accidents qui se montrent a la suite du chancre. La syphilis n’êst grave qii’autant qu’on lui laisse le temps de miner l’économie.
Conditions. — Il n’y a pas d’âge qui soit une contre-indication au traitement , ni de tempéra-^ ment qui s’y refuse d’une manière absolue.
Pour les femmes , le temps de la gestation, loin de s’opposer à ce que des soins énergiques soient donnés, exige encore plus d’attention et de sage promptitude. J’ai vu bien plus d’avortements chez les femmes syphilitiques non traitées que chez celles qui , pjrises à temps, étaient soumises à une médication méthodique. Il en est de même de l’époque de Faliaitement.
Climats. — Saisons. — Les climats et les saisons ne sont pas un obstacle absolu; sans doute, un climat tempéré, une saison chaude valent
traitement des accidents secondaires, etc. 61 5
inieux; mais dans les conditions opposées, et quand les accidents pressent, il est préférable de traiter de suite que d’attendre.
Vérole sans complication, Quand la syphilis générale existe seule, sans complication, qu’elle est au début chez un individu jouissant d’une bonne constitution et qui n’a jamais été tourmenté par de mauvais traitements , la guérrison est ordinairement facile et rapide.
Syphilis compliquée. Lorsque la syphilis constitutionnelle est compliquée , ses compUca-^ tions ne doivent jamais être négligées; si ce sont des affections aiguës de quelque importance, leur traitement doit être mis en première ligne , afin de réduire la vérole à sa plus grande simplicité possible ; il en est de même dans les cas où de nouveaux accidents vénériens primitifs sont acquis. Quand il s’agit d’affections lentes, chroniques , comme certaines maladies de la peau , les scrofules , des affections organiques, etc., il faut s’attaquer à la syphilis, autant que son traitement n’aggrave pas la maladie concomitante, tout en s’occupant des soins de celleci. En un mot, l’accident le plus saillant, l’épiphénomêne, quel qu’il soit, est celui qu’il faut d’abord combattre, sans négliger aucun des éléments qui peuvent fournir aux indications thérapeutiques. — Les traitements exclusifs qui
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s’adressent à un seul symptôme , quand dix réclament des modifications , sont ce qu’il y a de pis, à quelque doctrine qu’ils appartiennent.
Traitement antiphlogistique. — C’est ainsi que les antiphlogistiques doivent être mis en première ligne, toutes les fois qu’il existe des phénomènes de surexcitation et, à plus forte raison, d’inflammation. Il n’y a pas de succès assuré sans l’observation rigoureuse de cette règle. Quel qne soit l’accident, s’il est accompagné d’inflammation, selon son siège, son étendue, son intensité locale et ses réactions sympathiques, la méthode antiphlogistique dans tous ses détails doit d’abord être appliquée. Mais autant il est peu rationnel et dangereux de manquer à ce précepte, autant il est fâcheux de l’ériger en méthode absolue et curative dans tous les cas. Sans doute on peut additionner des milliers de symptômes réputés vénériens et qui lui cèdent ; mais les véritables accidents d’empoisonnement, dont elle peutheureusement modifier les complications, lui résistent et constituent alors ces cas particuliers que les fauteurs exclusifs de cette doctrine traitent, comme nous, par une médication plus puissante ei plus certaine.
Régime. - Le régime a tellement d’influence sur les maladies qui nous occupent, qu’on en a fait, en quelque sorte, un traitement spécial
SOUS le nom de cura f amis. Ce. que j’ai vu m’a appris que , toutes les fois que des accidents vénériens irritables, inflammatoires, avaient lieu chez des sujets robustes et vigoureux, la diète ou un régime sévère pouvait amener des modifications heureuses et faire disparaître une foule d’accidents indépendants du virus syphilitique. Mais la privation des aliments en tout ou en partie, relativement aux habitudes des malades, appliquée sans distinction de cas, comme méthode générale, est, en dépit des autorités puissantes qui peuvent la vanter, un des plus mauvais moyens à employer. C’est ainsi, en effet, que chez les individus faibles débilités, à tendance scrofuleuse, la diète ou le régime sévère aggrave la maladie, tandis qu’au contraire une bonne alimentation tonique devient la condition du succès du traitement. Cette vérité que, j’avance et que je soutiens peut être vérifiée tous les jours dans mon hôpital, où l’on voit des malades, qui manquaient de tout chez eux, reprendre vite et leur force et leur santé sous l’influence d’un meilleur régime, tandis cjue d’autres, accoutumés à l’aisance, dépérissent et n’obtiennent leur guérison qu’en quittant le séjour et la nourriture de l’hôpital. Le régime sera donc en raison de la nature plus ou moins inflammatoire de l’accident, de la' force des sujets, et surtout de leurs habitudes anté-
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l'ieiires, et des réparations qu’ils doivent obtenir.
Bains. — Les bains sont presque toujours d’un grand secours comme calmants ou comme propres à entretenir les fonctions de la peau, si utile? dans presque tous les symptômes, et surtout dans ceux qui ont le derme lui-même pour siège.
Considérations surV influence des voies digestives. — Si, dans le traitement des accidents secondaires, il est urgent que le derme jouisse de toute l’intégrité de ses fonctions, il est de la plus haute importance que les voies digestives soient parfaitement libres. Sans rapporter au tube gastro-intestinal la suprématie d’action dans l’économie et la direction arbitraire de la marche de la syphilis, il est incontestable que son influence est souvent immense, et cela peut-être plus encore dans les formes ulcéreuses, et dans les affections des systèmes lymphatiques et osseux.
Sudorifiques. — Les sudorifiques, comme rnédication générale, ont été trop vantés, et l’on semble avoir trop de faits en leur faveur pour oser les dépouiller de toute leur vertu curative. Cependant, sans partager en entier les idées de Cullen, sur la salsepareille en particulier, je dois dire que, dans les accidents généraux bien caractéristiques, cette substance ou ses succédanés sont loin de jouir de toute la puissance qu’on a bien voulu leur attribuer, et que des spéculations
commerciales ont toujours clierché à maintenir.
Je dois pourtant dire qu’il est des indications que cette classe de médicaments remplit, et qui la rendent utile dans la pratique raisonnée. C’est ainsi que, toutes les fois que les voies diges-^ tives sont saines , qu’il n’y a pas trop d’irritation locale ou générale, et que, surtout, les fonctionne la peau se font mal, les sudorifiques produisent de fort bons elfets, comme moyens adjuvants du traitement mercuriel, Ils sont encore indiqués et très utiles lorsqu’il existe des contre-indications à l’emploi du mercure; que celui-ci, mal administré, a produit des accidents, ou qu’on est obligé de le suspendre momentanément. Dans les maladies du système osseux et, plus particulièrement , quand la suppuration a lieu, ils restent souvent comme seule ressource, sinon active et curative , au moins comme médication morale, vu leur réputation vulgaire, et la confiance que leur accordent le plus grand nombre des malades.
Sous le rapport moral encore , si l’on peut s’exprimer ainsi, c’est aux sudorifiques qu’il faut avoir recours chez les malades sypbilopbobes, qui, poursuivis par l’idée d’une vérole mal traitée ou, selon eux, mal guérie, se croient en proie aux symptômes les plus bizarres dont ils ne présentent pourtant aucune trace; alors on peut faire cons-
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ciencieusement, avec ces médicaments décorés du nom de dépuratifs , ce qu’il n’est pas permis de tenter avec les mercuriaux.
Parmi les sudorifiques , en laissant à la salsepareille le premier rang, bien qu’elle ne soit pas toujours sûre, à moins d’autres conditions diaphorétiques, j’accorde à la tisane de Feltz une grande préférence ; ici, à moins d’indication particulière , la formule quej’emploie est celle de Feltz, communiquée par Boyer, qui la tenait du fils de l’auteur. Le gaïac, qui doit être mis en troisième ligne, m’a mieux réussi , d’après les observations générales , dans les maladies du système osseux. Quant à la tisane de Zittmaiin, les l'ésultats que j’en ai obtenus sont loin d’égaler les merveilles qu’on lui a attribuées, bien qu’elle puisse quelquefois réussir.
C’est sous la forme de tisane que j’emploie les sudorifiques, quand la position des malades le permet ; autrement, quand ils doivent cacher leur traitement , c’est sous la forme de sirops ou de robs.
A moins que les malades ne gardent le repos dans des appartements à une température de 14 à 16° centigrades , on fait prendre les tisanes froides pendant le jour, et alors elles agissent sur les voies digestives et sur les voies urinaires. On les administre chaudes et en un peu pins
grande quantité le soir, au moment du coucher. Dans ce cas, je me suis bien trouvé d’additionner les boissons d’une petite quantité d'acétate d’ammoniaque.
Toniques , antiscorbutiques, etc, — Les toniques, les antiscorbutiques ou anti - scrofuleux , selon les tempéraments ou les complications, ne doivent jamais être négligés; c’est ainsi que j’administre tous les jours, soit seuls , soit unis aux mercuriaux, le quinquina, les amers, les différents sucs d'herbes, les préparations ferrugineuses et surtout le proto-iodure de fer dont j’ai tiré un si grand parti dans les scrofules simples ou combinées à la syphilis, et enfin l’iode à l’intérieur ou localement, non pas comme antisyphilitique proprement dit, mais comme traitement de ces mêmes complications si fréc|uentes et si fâcheuses.
Un mot sur d’autres médications. — Mais, avant d’arriver au mercure qui a joui et qui , en dépit de tout, jouit encore d’une si juste célébrité, je ne dirai qu’un mot de quelques moyens qu’on a voulu lui substituer.
Quand on étudie l’histoire thérapeutique des maladies vénériennes , on ne tarde pas à se convaincre que , si l’amour désintéressé de l’humanité et de la science a dirigé beaucoup de
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travaux , des spéculations d’une autre nature en ont produit un bien plus grand nombre. Chacnn a voulu un traitement particulier , une métliode nominale qui fussent l’occasion d’un livre ou le prétexte d’un prospectus.
Je ne m’arrêterai pas aux moyens auxquels peuvent s’adresser ces reproches : je véux ici ne parler que de mon expérience personnelle sur les préparations d’or , d’argent, etc.
Dans les accidents primitifs , l’or, comme méthode générale , m’a toujours paru nul ou inutile. Dans les accidents généraux consécutifs, c’est la médication qui est la plus incertaine. Le plus grand nombre des accidents réputés guéris par ce médicament sont loin d’avoir tous le cachet spécial incontestable de la vérole, et, lorsqu’on l’a administré dans des cas assez caractérisés où d’autres méthodes , et le mercure en particulier, avaient échoué, il ne m’a pas semblé prouvé quë ce ne fût pas plutôt à la suspension du médicament alors nuisible qu’il fût plus rationnel de rapporter les honneurs de la cure.
Le traitement par l’or, malgré la recommandation de son habile auteur et des savants qui l’ont imité, n’est, pour moi, une- médication à employer que quand il ne me reste plus rien à faire.
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Ceci est mon opinion personnelle et n’attaqiie en rien les travaux intéressants publiés Sur, celte méthode.
Les préparations d’argent sous toutes les formes sous lescjuelles je les ai essayées, d’après les indications de M. le professeur Serres de Montpellier, m’ont paru encore bien plus incertaines, ainsi qu’ont pu le voir tous ceux qui suivent ma clinique. Contre les accidents primitifs et contre la vérole confirmée, commencées à de petites doses et poussées graduellement à la dose énorme de quatorze et seize grains par Jour > je n’ai fini par avoir que des irritations des voies digestives qui m’en ont fait cesser l’emploi.
Du mercure. — C’est donc aux mercüriaux, dans la vérole confirmée type , qü’il faut donner la préférence, quand il n’y a pas de contreindications. Le mercure n’ést certes pas un spécifique quand mêine, mais c’est le remède le plus sur et le plus puissant , jusqu’à ce qu’un spécifique soit trouvé, ou que, mieux connu et mieux appliqué , il échappe à ses détracteurs pour reprendre le rang qu’il doit occuper dans la thérapeutique.
Méthode que f emploie. — La méthode d’après laquelle j’applique le traitement mercuriel, à 1 hôpital des Vénériens et dans ma pratique pri-
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vce, n’appartient point à un système exclusif; les régies qui me dirigent sont déduites de l’observation .
Sans agiter ici la question de savoir à quelle classe de médicaments on doit rapporter le mercure , il est bien constant que , parmi les effets qu’il produit sur l’économie^ il en est d’incontestables et que les doctrines les plus opposées sont forcées de reconnaître. Ces effets sont ou des modifications pathologiques, ou des résultats curatifs. Mais on serait dans l’erreur si l’on supposait que les mercuriaux à des doses arrêtées et toujours les mêmes pour tous les sujets, dussent constamment agir; car il est des malades réfractaires , jusqu’à un certain point, à leur action. Ces propositions , dont la simplicité est telle , qu’il semble presque ridicule de les émettre , savoir , que sur certains individus le mercure est sans action, que, chez d’autres, il est nuisible, et que, chez quelques uns, il guérit, n’ont cependant pas toujours été reconnues; et, pour preuve, j’en appelle aux pièces des procès qu’on a, dans ces derniers temps, si souvent intentés à ce puissant médicament.
Mais pour nous , que l’observation clinique seule conduit, eu profitant de ces conditions si simples et si utiles dans la pratique, nous ne
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conclurons pas qu’un traitement mercuriel est resté sans effet, parce qu’il aura été continué longtemps ou répété sans résultat ; nous ne le regarderons pas comme nuisible , parce qu’administré à des doses mal proportionnées à la maladie et au malade , il aura produit des accidents momentanés ; et , enfin, nous ne lui dermanderons pas plus qu’il ne peut produire , savoir, la guérison des symptômes actuellement existants, et sans le rendre, dans tous les cas, garant de ceux qui pourraient revenir plus tard.
Pour obtenir de Ce remède ce qu’on a droit d’en espérer, il faudra donc l’employer à des doses convenables et qui ne sauraient être les mêmes, comme nous l’avons dit > pour tous les malades. La proportion de ces doses sera trouvée, pour chaque sujet, en. augmentant, peu à peu, jusqu’à ce qu’on obtienne une modiBcatiôn favorable dans la lésion qu’on combat , ou que des accidents vous arrêtent. Cet accroissement des doses, si nécessaire dans une foule de cas j m’a paru bien plus efficace lorsqu’il avait lieu brusquement, d’une dose plus faible à une dose plus forte, et en mettant cinq ou six jours d’intervalle, que lorsqu’il était journalier et par une gradation insensible. D’après ce qui précède, on conçoit qu’il est impossible de limiter, comme on a voulu le faire , la dose quotidienne du mé-
dicament pour tous les individus , et que les dilférences les plus grandes peuvent exister à ce sujet. B’un autre côté , il faut rester bien convaincu que c’est sur raction de chaque dose en particulier, qu’il faut, en quelque sorte, dompter, et non sur la quantité totale du médicament, prise au moins d’une manière absolue , et que tel individu qui atirà avalé cent grains de sublimé, par exemple , à doses fractionnées et pendant un temps fort long , aura été moins mercUrialisé que tel autre qui aura employé le mercure en moindre quantité, en somme^ mais à des doses journalières mieux 'âpprapriées à sa constitution et dans ùn espace de temps beaucoup plus court.
il fâUdrâ réduire à leur juste valeur lés accidents qui devront limiter les doses , où faire suspendre le médicament momentanément, oû d’une manière défînitivè; ainsi. Un des inconvénients du traitement mercuriel , presque généralement reconnu aujourd’hui , et recherché autrefois comme condition favorable, c’est son action sur là bouche. La stomatite mercuriêile (ptyalisme, salivation mercurielle) doit être mise en première ligne des mauvais effets que peut produire le mercure. S’il est quelques cas rares et exceptionnels où on voie des accidents vénériens s’amendér sous son influence, il est bien plus fréquent de voir ceux-ci s’aggraver.
surtout quand ils ont la cavité buccale pour siège, (TU, au moins, dans le plus grand nombre des cas, rester, pendant le cours de la salivation^ dans un qui n’a conduit à rien.
S’il est bien constanl que la salivation est inutile pour la guérison dont elle suspend quelque^ fois les progrès, que toujours elle constitue une maladie, sinon le plus souvent grave, au moins Gônstamment fort ennuveuse et pénible, il -faudra avoir le plus grand soin de l’éviter, en cessant d’augmenter la dose de l’agent ^ui la produit, dès que la bouche commence à s’affecter. Il faudra même suspendre complètement l’emploi du mercure, si la stomatite se développe, et laisser passer cet accident pour revenir au même traitement, en recommençant par des doses d’abord plus faibles, mais qui, souvent, pourront ensuite être de beaucoup augmentées , sans que le ptyalisme ait de nouveau lieu .
. La sensibilité de la bouche étant, dans une foule de cas, le premier signe qui indique que le malade reçoit l’impressioii du médicament et un des graduateurs qui eh déterminent la dosé, il faudra, dans la pratique, savoir en tirer tout le parti possible et ne pas se laisser tromper par des maladies étrangères et accidentelles. Il faudra pour cela, chaque fois qu’on couimence un traitement, s’assurer de l’état de cette cavité et tenir
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compte des mauvaises dispositions qui pourraient y attirer trop tôt, si je puis m’exprimer ainsi, l’action du médicament.
Après la stomatite, des dérangements de l’estomac et des intestins s’observent assez souvent sous l’influence des mercuriaux, surtout lorsqu’ils sont administrés à l’intérieur. En tenant compte, encore ici , des conditions antérieures, les doses seront ou diminuées ou suspendues, d’après les règles que nous venons de poser.
On tiendra la même conduite dans les cas d’hydrargyrie ou eczéma mercuriel, si rare et si dom teux , lorsqu’il ne résulte pas d’une action locale du mercure à la suite des frictions. Il en sera de même pour les douleurs vagues , les tremblements, la fièvre, et enfin pour tout symptôme morbide étranger à la vérole , mais qui, développé sous l’influence du médicament, ne manquerait pas d’augmenter si on en continuait l’usage. Mais, si les accidents que peut produire le mercure servent à en régler l’emploi , ses effets curatifs en sont encore le meilleur guide. Ainsi, tant qu’une dose amende le symptôme queTon combat, il faut s’y tenir et ne l’augmenter qu’au moment où son eflîcacité cesse.
La préparation à laquelle je donne la préférence aujourd’hui , non seulement dans le traitement des symptômes secondaires, mais encore
dans celui des symptômes primitifs, c’est le protoiodure de mercure , en commençant par un grain et sous la. forme de pilules.
Chez quelques malades, d’après les règles que nous avons posées plus haut, la dose journalière a pu être portée à six grains, et la somme totale du traitement quelquefois à deux cents, en le continuant jiisqu a disparition complète des symptômes. L’observation m’a conduit encore à ce résultat : que, de toutes les voies d’action, la plus puissante était le canal intestinal, et que la médication par la peau lui était bien inférieure et ne devait être employée que lorsque le mauvais état des organes de la digestion ne permettait pas de porter directement le médicament sur eux.
Toutefois, en donnant la préférence au protoiodure de mercure, je ne dois pas omettre, sans entrer dans d’autres détails étrangers au cadre de cet ouvrage , qu’il est des cas dans lesquels la forme sous laquelle le mercure est administré doit être changée, lorsque celle dont on a d’abord fait choix reste sans effet, ou produit des inconvénients. .
De V opium. ■ — L’opium, que quelques médecins ont mis au rang des médicaments spéciaux des maladies vénériennes, est un des agents les plus utiles dans leur thérapeutique. Il est indiqué toutes les fois que l’élément nerveux est en saillie
6Î6 TIÎOISIÈmÉ PAîlTIK. - — TïlÉRAFEDTIQÜE.
dans les symptômes que Ton a à eombattre., L’extfême irritabilité d’im organe en particnlier^ ou de tout le système en général , et la douleur, mépeoü fiilè de rinflammation, comme le disait si poétiquement Sarcone , le réclament souvent comme médication unique ou, tout au moins, adju-' vante. C’est surtout pendant rusage du mercure que l’opium devient indispensable, en établissant la tolérance des voies digestives, qui se refuseraient, sans lui, à l’administration de ce remède précieux. L’opium corrige la tendance que le mercure a à purger et empêclie les coliques ét les pincements d’estomac que quelques malades éprouvent par l’usage du sublimé en particulier.
Ses effets , relativement à la salivation, ne sont pas encore aussi bien déterminés. Dans son action directe sur la boücbe, il réprime pèuP être un peu le ptyalisme, ou, tout au moins, calme les douleurs qui l’accompagnent; mais, sur les voies digestives , en amenant fréquemment de la constipation , il y prédispose d’une manière in-^ contestable et qui mérite la plus grandeattention. Gomme correctif du mercure, l’opium combat avantageusement ou empêche même les tremblements qu’on observe, quelquefois à la suite de ce traitement.
En somme, l’opium, employé sous ses diverses formes, Comme traitement local ou générai?
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seul ou plus fréquemment combiné aux autres feétFodes de traitemeht7ne doit jamais être négligé.
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§ IV